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Utopies réalisables

De
257 pages
L'utopie sociale naît d'une insatisfaction collective. L'utopie réalisable, c'est la réponse collective à cette insatisfaction. Mais comment répondre collectivement à une insatisfaction ? et quelles limites une collectivité doit-elle respecter pour satisfaire à son utopie réalisée ? Telles sont les questions soulevées - avec une grande précision et quelques dessins au trait - par le livre de Yona Friedman, paru pour la première fois en 1974, et revu et augmenté pour cette édition.
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UTOPIES RÉALISABLES
DU MÊME AUTEUR
AUX ÉDITIONS DE LÉCLAT
L’Architecture de survie.Une philosophie de la pauvreté, 2003. Vous avez un chien. C’est lui qui vous a choisi(e)2005 Construire une image(à paraître 2008)
CHEZ DAUTRES ÉDITEURS
L’architecture mobile, Paris-Tournai, Casterman, 1958, 1970. Pour une architecture scientifique, Paris, 1971 Comment vivre entre les autres sans être esclave et sans être chef,Pauvert, Paris, 1974. Les pictogrammes de la Genèse, Paris, 1975. Alternatives énergétiques, Dangles, Paris, 1980 L’univers erratique, PUF, Paris, 1994. Théorie et images, IFA, Paris, 2000 The “Trompe l’œil” universe, CCA Kitakyushu, 2002 Pro Domo, Actar, Barcelone, 2003 Manuel I,CNAEI, 2007
Yona Friedman
Utopies réalisables
Editions de l’éclat
Première édition : janvier 2000 Deuxième édition : mai 2008
© 2000 – Editions de l’éclat, Paris-Tel-Aviv www.lyber-eclat.net
PRÉFACE
L’analyse de certaines utopies sociales présen-tées dans ce livre implique, en sous-entendu, l’acte d’accusation et la critique des deux « méchants » de notre époque que sont : « l’État mafia » et la « Mafia des médias » (presse, télévi-sion, etc.). L’existence d’un « État mafia » est la conséquence de l’impossibilité du maintien de l’État démocratique classique dès que les dimensions de l’État dépassent certaines limites, et la « mafia des médias » en découle directe-ment, par suite de l’impossibilité de la commu-nication globale » (mondiale).Internet peut être cité en exemple pour montrer que cette impossibilité n’est pas le résultat de difficultés techniques, mais vient plutôt de l’inadaptation humaine fondamentale à la communication généralisée (de tout le monde vers tout le monde)*.L’échec de ces deux utopies généreuses, la démocratie et la « communica-tion globale » entre les hommes, entraîne logi-quement la formation de ces mafias qui agissent en notre nom etcontrenos intérêts. En même temps qu’un acte d’accusation, ce
* Les passages ajoutés pour cette nouvelle édition sont en itali -ques. Toutefois l’éditeur n’a pas signalé typographiquement ceux qui ont été supprimés.
  livre veut être aussi un acte d’encouragement : il s’agit d’encourager l’individu à ne donner ni son consentement tacite ni son aide, à ces deux mafias. Ce n’est pas là une invitation à la révo-lution, mais une invitation à la résistance. Comment a-t-il été possible que, durant la Seconde Guerre mondiale, la puissance envahis-seuse rencontre si peu de résistance ? L’envahis-seur jouait sur le fait qu’un seul soldat ou un seul policier suffisait pour imposer un compor-tement donné à quelques centaines d’«enva-his ». Pourtant, dans certaines régions, ces petits groupes d’occupants se sont montrés incapables de s’imposer aux occupés, supérieurs en nom-bre (en Yougoslavie, par exemple), et le nazisme n’a pas réussi à « tenir le pays ». Nos mafias modernes, l’État et les médias, ont mis au point une attitude moins brutale – et plus adroite – que le nazisme d’autrefois : ils essaient de nous convaincre que c’estnousqui voulons ce qu’ilsveulent. Il n’en reste pas moins que ce livre se veut optimiste, parce que je considère que cette tacti-que, pour habile qu’elle soit, ne peut plus réus-sir. La série des crises que nous subissons est en telle contradiction avec les promesses de l’État et des médias, qu’il n’est plus guère possible d’être dupe. Tous ceux qui ont voulu, ou accepté les deux mafias, vont commencer à se rendre compte qu’ils ont été parfaitement stupides, ou qu’ils ont été abusés par la presse et par l’État dont l’activité principale est de leur mentir.
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Le phénomène de la dégradation de l’État et des médias ne résulte pas d’une malveillance pure et simple des politiciens ou des journalis-tes ; il découle de certaines impossibilités fon-damentales dont on ne parle jamais : les « dirigeants » ne peuvent plus gouverner les États, ils ne peuvent plus « garder le contact » avec des masses devenues trop grandes. Par ambition, par goût du pouvoir, par amour des signes extérieurs du pouvoir, ils ne peuvent se résigner à devenir les gouvernants de petites organisations, à envisager la limitation de puis-sance qui résulterait du caractère égalitaire des organisations de petites dimensions, et, natu-rellement, du nombre plus réduit des « gouver-nés ». Quand la foule des gouvernés, se sentant abandonnée, commence à organiser sa sur vie en petites communautés capables de se suffire à elles-mêmes et d’assurer leurs ser vices publics, alors les gouvernements, plus soucieux de théâtre et de « simulation » que d’assurer le bon fonctionnement des ser vices publics défaillants, étiquettent comme « mouvements marginaux » ces tentatives.
POURTANT,LES MOUVEMENTS MARGINAUX DAU-JOURDHUI REPRÉSENTENT PEUT-ÊTRE LES SOLU-TIONS DU FUTUR
Quant aux médias, ils ne fonctionnent qu’en tant que « critiques dramatiques » des perfor-mances théâtrales des gouvernements, plus