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Agir et résister en chrétiens

De
136 pages

Les débats qui ont surgi à l’occasion de la proposition de loi dite du « mariage pour tous » ont révélé de profondes divergences au sein de la société française et réveillé des antagonismes que l’on croyait éteints. D'ailleurs, ces divergences n'ont pas épargné les communautés chrétiennes. Dialogues de sourds, procès d’intention n’ont pas manqué pas plus que les jugements péremptoires enfermant les uns dans un passéisme indélébile, les autres dans le camp des apprentis sorciers. Il reste de ces confrontations le sentiment de décalages profonds sur la conception de l’être humain et sur son avenir.

Comment agir – ou résister – dans la complexité des situations actuelles et des questions inédites issues de nouvelles connaissances scientifiques, en biogénétique par exemple, de l’inquiétude de la conscience écologique, ou des disparités économiques et sociales qui prennent une dimension mondiale ? Comment agir et au nom de quoi alors que des équilibres anciens sont ébranlés et que nous vivons dans une société sécularisée, irréligieuse, postchrétienne et plurielle où ni la raison ni la nature ne peuvent servir de socle commun ? À défaut d'une « morale chrétienne » dont il suffirait d'appliquer les commandements, beaucoup de chrétiens cherchent les repères qui leur permettent de se comporter dans l'existence en fidélité à leur foi : c'est le sens de l'éthique. Et beaucoup, qui ne sont pas chrétiens, voudraient aussi comprendre ce qui motive les positions de ces derniers. C'est à proposer ces repères que le présent ouvrage voudrait contribuer.



JEAN-MARIE PLOUX est théologien, prêtre de la Mission de France. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages dont Dieu et le malheur du monde (Ed. de l’Atelier, 2012).


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Jean-Marie Ploux
Agir et résister en chrétiens
Au nom de quoi ?
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Tous droits réservés © Les Éditions de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2013 Imprimé en France – Printed in France ISBN : 978-2-7082-4425-2
La vie éthique n’est pas une vie de préceptes, mais une intelligence de la vie, une harmonie entre ce que l’on pense et ce que l’on vit. La vie éthique est une lumière sur le monde, elle est construction, et non simplement défense contre le mal. Giuseppe Tognon inGiuseppe Capograssi, Introduction à la vie éthique, Les Éditions de la Revue Conférence,1992.
Introduction
Sommaire
Chapitre 1. Agir en chrétiens dans le monde ? (Mais) comment peut-on être chrétien aujourd’hui ? Qu’est-ce que l’éthique ? Une morale chrétienne ? Un changement de civilisation
Chapitre 2. Un profond bouleversement humain Un autre temps La Modernité persistante Un nouveau monde dans un temps nouveau Une autre société Une société sécularisée Une société irréligieuse Une société postchrétienne Une société plurielle
Chapitre 3. Les trois plans de l’éthique La personne singulière Le contexte culturel et historique La dimension universelle des références morales Les « interdits » La « règle d’or » Trois plans inséparables
Chapitre 4. Retour sur l’histoire Au nom de quoi agissaient les chrétiens ? L’écart progressif entre l’homme et Dieu La coupure aristotélicienne La Raison suffit On ne s’entend plus
Chapitre 5. En avons-nous fini avec le concept de « nature » ? Entre relativité et relativisme La question des limites Qu’est-ce que la finitude ? Les inconséquences de l’homme Le fatalisme humain
Chapitre 6. L’engagement chrétien La solidarité chrétienne avec tous les êtres humains « Dans » le monde sans être « du » monde ?
Dans une République laïque Un choix personnel, dans une communauté
Chapitre 7. Qu’est-ce qu’un chrétien ? Qu’est-ce que l’Évangile ? Agir dans l’immédiat et en amont Voir, écouter et comprendre avant d’agir La Parole donnée
Chapitre 8. L’ouverture à l’universel Pas sans les autres L’Esprit est donné à tous Et tous sont porteurs d’un aspect de la Parole créatrice Un écho universel ?
Chapitre 9. L’unicité de la personne humaine Chaque être humain est une personne unique La fraternité universelle Un sermon historique
Chapitre 10. Le plus vulnérable « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles » L’évangile au-delà du politique
Chapitre 11. L’autre avant soi-même Le service Primauté du bien commun
Chapitre 12. Le refus de la violence Qu’est-ce que la violence ? Refus de la violence Pourquoi ce critère est-il si difficile à tenir ? Les Absolus meurtriers Le discours « en général » La repentance et le pardon Une existence paradoxale
Conclusion
Pour aller plus loin
Mes conseils pour vivre libre Remettez-vous à Dieu Cultivez votre jardin secret Soyez cohérents avec vous-même Acceptez les différences Suivez le Christ
Postface. Faute d’écoute, la parole ne sera que slogan Ça bouge dans les rues de Paris N’avoir pour vie que le présent Réhabiliter la rhétorique ? Le corps c’est mieux que l’écran : vive la 3 D ! Du Web 2.0 et de la Loi de 1905 Écoute quand je parle !
Bibliographie
IntrodNction
« L’humanité est à un tournant de son histoire, eu égard aux progrès enregistrés en divers domaines. S’il faut saluer les acquis positi fs qui contribuent au bien-être authentique de l’humanité en matière de santé, d’éd ucation et de communication par exemple, il y a lieu de reconnaître que la plupart des hommes et des femmes de notre temps continuent de vivre dans une précarité quotidienne aux conséquences funestes. [...] Ainsi la crise financière que nous traversons fait-elle oublier que son origine plonge dans une profonde crise anthropologique. Dans la négation du primat de l’homme ! On s’est créé des idoles nouvelles. L’adoration de l’a ntique veau d’or a trouvé un visage nouveau et impitoyable dans le fétichisme de l’argent, et dans la dictature de l’économie sans visage, ni but vraiment humain ». « La crise m ondiale qui touche les finances et l’économie semble mettre en lumière leurs difformités, et surtout la grave déficience de leur orientation anthropologique qui réduit l’homme à une seule de ses nécessités : la consommation. Et pire encore, l’être humain est con sidéré comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter{1}. » On ne pourra pas dire que François, le nouvel évêque de Rome, pratique la « langue de bois » ! Ce qui est en cause dans les multiples facettes de ce tournant de l’humanité, c’est en effet le sort de l’homme depuis sa conception jusqu’à sa mort et, dans tous les cas de figure, de son existence et de son avenir. E t si ce discours s’adresse, par l’intermédiaire des ambassadeurs, à ceux et celles qui portent la responsabilité des décisions qui engagent la vie des êtres humains, il concerne en premier lieu et de façon évidente l’ensemble des membres de l’Église catholique. Il est bien clair sans doute que c’est notre situation dans la société française qui nous préoccupe en premier, et il y a de quoi car la « cr ise », comme on l’appelle, s’insinue partout et nous concerne tous. En même temps, beaucoup ont le sentiment que le socle commun s’est fissuré et que nous ne mettons plus la même chose sous les mêmes mots : celui de nature humaine par exemple ou bien celui de personne. Mais il est clair aussi que nous ne pouvons rien penser de cette société qui soit coupé de l’Europe et du reste du monde. Et, pour un chrétien, il est non mo ins clair que nous devons penser et agir dans une Église universelle, à l’échelle de la diversité des cultures et des situations. Ne nous enfermons pas dans l’horizon restreint de l’hexagone et sachons que beaucoup d’autres suivent la route du Christ sur d’autres terres et dans des contextes souvent plus difficiles et que nous avons beaucoup à recevoir de leur fidélité. N’oublions pas non plus que beaucoup d’autres qui ne sont pas chrétiens portent aussi le souci de l’homme. Alors, il faut dire d’entrée de jeu que la communau té chrétienne n’a pas vocation à toujours critiquer et dénoncer à partir d’un point de vue imprenable et illusoire, qu’elle ne promeut pas une contre-culture ou un isolement comm unautaire, mais qu’elle est partie prenante d’une société et d’une histoire dont elle est solidaire{2}. « Être chrétien, c’est refuser les murs » rappelle opportunément François Soulage, président du Secours catholique C’est à éclairer ce chemin que ce livre voudrait co ntribuer. Et il s’adresse aussi bien aux chrétiens pour proposer quelques repères sur leur chemin qu’à ceux qui ne le sont pas pour tenter de leur faire comprendre la position des premiers. Ceci posé, il faut s’entendre sur les mots : agir d ans le monde, éthique et morale (chapitre 1) et rappeler de façon concrète en quel temps nous vivons (chapitre 2). Il conviendra ensuite de dire ce qu’est le positionnem ent chrétien dans notre société
(chapitres 3 et 4) et comment il se situe sur l’hor izon de l’universel (chapitres 5 et 6) avant de rappeler ce que chrétien veut dire et d’én oncer quelques critères d’action conformes à cet engagement (chapitres 7 à 11).
Agir e
Chapitre 1 chrétiens dans le monde ?
Il faut dire d’emblée que ce livre n’aurait pas de sens si, d’aventure, les chrétiens eux-mêmes ou d’autres qui ne le sont pas, pensaient que la foi est une affaire qui ressort du domaine privé sans aucune conséquence dans le domaine public. Que la foi soit le fruit d’un choix de conscience personnelle et qu’à ce titre elle relève du « privé », personne ne saurait le contester. Mais que la foi soit dépou rvue ou interdite d’effet dans le domaine de l’action, des conduites, des choix de so ciété etc., ce serait l’assigner au domaine d’une rêverie inconsistante. La séparation légitime de l’État et de l’Église ne saurait en aucun cas recouvrir celle du « public » et du « privé »{3}. Mais comme l’Église catholique a refusé longtemps le régime ou les modalités de la séparation avec l’État, on comprend que beaucoup – y compris chrétiens –, soie nt enclins à projeter cette séparation dans le domaine de la vie personnelle. Chrétien d’un côté, citoyen de l’autre. Or, un chrétien espère conformer sa vie à l’évangile dans toutes les dimensions de son existence.
(Mais) comment peut-on être chrétien aujourd’hui ?
Oui, comment peut-on être chrétien aujourd’hui, apr ès deux mille ans d’histoire chrétienne si peu convaincants dans la pratique de l’évangile ? Comment peut-on être chrétien aujourd’hui dans une société devenue irréligieuse et sans référence à Dieu où beaucoup considèrent que la voie chrétienne est lié e à une civilisation dépassée ? Comment peut-on être chrétien aujourd’hui et solidaire d’une Église accusée de dire non à tout ? Mais surtout, comment être chrétien dans u n monde et une société – les nôtres – si complexes et traversés de contradictions ? Il n’y a pas que les récents débats autour du « mariage pour tous » qui ont révélé les profonds clivages qui traversent notre société, sép arent les Églises de notre société mais aussi les chrétiens entre eux. Toutes les ques tions qui ont trait aux conditions humaines de la vie divisent ces derniers, de la con ception de la vie à sa fin ultime. Il suffit de lire le courrier des lecteurs d’un journal commeLaCroix, pour voir à quel point, comme chrétiens, nous ne nous entendons plus {4}. Mais nous sommes désaccordés depuis bien plus longtemps sur toutes les questions qui concernent les conditions de la vie humaine, par exemple dans l’ordre économique et social, sur les questions de défense militaire, d’un point de vue national ou international. En quelle direction agir et comment ? Cette question se pose en tous les domaines et souvent de manière entièrement neuve car elle naît des nouvelles connaissances scientifiques et des innovations techniques, elle naît aussi des changements historiques qui affectent nos sociétés dans une interdépendance de plus en plus étroite. Les chrétiens ne sont pas mieux armés que les autres pour agir dans une société en plein bouleversement. Ainsi, comment aborder les questions qui touchent à l’être humain dans le nouveau contexte des connaissances et des techniques qui affectent la génétique ou la biologie ? Par exemple s’il faut évaluer la responsabilité d’u ne personne devant la justice, ne cherche-t-on pas à tenir compte de son patrimoine g énétique, des conditions de son
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