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Dire vrai ou Dieu entre racisme et religion

De
181 pages
Cet ouvrage met en lumière les obstacles idéologiques qu'un auteur doit affronter lorsqu'il entreprend un travail critique sur le thème des religions, et plus spécialement lorsqu'il s'agit de commenter les aspects phallocrates et les incitations à la haine qui surgissent parfois des Ecritures saintes issues d'époques antédiluviennes. Intolérance religieuse et racisme en toile de fond, voilà peut-être l'explication proposée par l'auteur lorsqu'il évoque les actes de terrorisme qui sèment l'effroi et le désordre dans le monde contemporain.
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DIRE VRAI
ou Dieu, entre racisme et religions

Extrait des publications de l'auteur
- Editorial Idearium [Conclusiones de los plenarios - IV Congreso de derecho societario], Universidad de Mendoza, Facultad de Ciencias lur{dicas y Sociales (Argentine), "La concentration de empresas" (Thèse soutenue le 21 mai 1986). - Rivista delle società (A. Guiffrè editore), "Les bons de souscription d'actions: un nouveau produit financier" ; Travaux exécutés en collaboration avec Jean Guyénott, professeur de droit commercial à Paris II et Marcelo U. Salerno, professeur de droit civil à l'université de Buenos-Aires, (Milano, anno 310, luglio-ottobre 1986). - La Ley (Buenos Aires, ano Liv n° 98 à 102), "La organizacion juridicial en Francia: reformas y reflexiones" (mai 1990). - Estudios Universales [Mélange. Hommage à Juan Bautista Alberdi], Universidad de Concepcion (Chili), "Derecho y Bicentenario" (2-1991). - Éditions L'Harmattan [collection Logiques juridiques dirigée par Gérard Marcou, professeur agrégé de Droit public]: "Histoire de la banqueroute et faillite contemporaine" (1993).

- Éditions L'Harmattan [collection Logiques juridiques]: "Le
Timeshare ou la multipropriété échangée - Les nouveaux droits des acquéreurs après la directive C.E. du 26 octobre 1994" (mars 1995). - Éditions L'Harmattan: "Les vacances en temps partagé Guide d'achat et d'utilisation". Ouvrage réalisé en collaboration avec Maître Michel Lechau, avocat à la Cour (1996 [épuisé]). Nouvelle édition revue et mise à jour (septembre 2000). - Ediciones universidad de Concepcion (Chili): "La quiebra a través de los tiempos" , Revista de Derecho, Facultad de Ciencias lur{dicas y Sociales (n° 199, ano LXIV, enero 1996). - Éditions L'Harmattan: "L'hébergement touristique au secours du patrimoine monumental ancien" (avril 1998). - Éditions L'Harmattan: "Stupéfiants et psychotropes, un sépulcre pour I'humanité" Guin 2000).

Daniel DESURVIRE

DIRE VRAI*
ou Dieu, entre racisme et religions

* « Dire de ce qui est qu'il est ou de ce qui n'est pas qu'il n'est pas, c'est dire vrai. Dire de ce qui n'est pas qu'il est ou de ce qui est qu'il n'est pas, c'est dire faux ». Aristote

L'Harmattan 5-7, me de l'École-Polyteclmique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Cheminements Spirituels
Collection dirigée par pierre de Givenchy
Toutes réflexions théologiques, spirituelles. Toutes expériences mystiques, religieuses qu'elles se situent au sein ou hors des grandes religions méritent d'être connues. C'est pourquoi nous favorisons leur édition dans cette collection. Vous pouvez nous envoyer vos écrits, même les plus personnels. Nous vous répondrons: Pierre de Givenchy 12, rue de Recouvrance 45000 Orléans

Déj à parus
DESURVlRE, Dire vrai ou Dieu entre racisme et religions, 2003

GALLO J.G., Lafin de l'histoire ou la Sagesse chrétienne, 2003 GENTOU A., Invités à vivre, 2003 SCIAMMA P., Dieu et l'homme méditations, 2003

~L'Hannattan,2003 ISBN: 2-7475-5746-4 EAN 9782747557467

Réflexion autobiographique
L'alternative pour l'écrivain, qui d'ordinaire s'investit dans l'écriture pour se vendre le mieux possible, consiste à se faire apprécier dans sa discipline en vue d'interpeller un public plus sélectif, voire de servir de référence. Pour ma part, je ne pense pas que le désir d'être lu par un lecteur profane ou averti emporte ma préférence dès lors qu'une partie authentique de moi-même demeure sur la touche1. Ou encore, différemment exprimé, je souhaite fermer la page narcissique de l'auteur pour m'ouvrir davantage sur la critique de ma propre analyse, voire photographier puis disséquer ma vision controversée et paradoxale de ce monde. Dans cette recherche de l'équilibre entre la satisfaction créatrice et I'honnêteté
1

Mes travaux antérieurs furent bâtis autour d'événements

juridiques, sociaux ou politiques âprement controversés par les médias. Ainsi, prenant à revers l'opinion consumériste des associations de consommateurs et des législateurs de la fin du siècle dernier, mes articles et ouvrages publiés en France, en Angleterre et en Amérique du Sud, déclinent successivement le Timeshare comme un excellent concept de vacances, ou la vente multi-niveaux comme un outil convivial et récréatif du « Multilevel Marketing» à la française. Dans ma lutte contre les drogues de plaisir, la plus grave pandémie sociale et sanitaire jamais égalée, la responsabilité des narco-États y est clairement établie, nonobstant l'attitude ambiguë de politiciens assez complaisants pour faire campagne pour la dépénalisation de la consommation et de la vente de stupéfiants. Ces différents sujets m'ont permis d'aborder l'actualité événementielle sous l'angle polémique du moment, en veillant à ne jamais m'isoler dans un dogme réducteur. Sur les débats de fonds, il me tarde à présent d'aller plus loin dans l'introspection et l'acuité des matières critiques à explorer, pour lesquelles j'entends ne pas éluder ma propre réflexion, même au détour d'un sujet qui fâche.

Dire vrai intérieure, il s'agira dorénavant de rompre avec l'égotisme mécanique de l'écriture. Après quelques milliers de pages noircies dans les colonnes de revues et d'éditions en sciences sociales, et cela durant près de trois décennies, j'aspire désormais au confort d'une écriture pleinement émancipée à dessein de m'affranchir de tabous récurrents qui sclérosent, sans le dire, le droit d'expression. À présent, il est temps pour moi de gagner davantage en sincérité, d'imprimer ma pensée avec des mots capables de mieux coller avec la réalité, d'élargir

mon champ de prospection littéraire puis surtout - car c'est
ici toucher du doigt la vraie difficulté - ne plus écrire avec la crainte d'emprunter des cheminements interdits par la bonne conscience populaire. Sans l'ombre d'un regret ou d'un quelque ressentiment enfoui, il m'importe peu dorénavant d'être sérié ou profilé par quelque potentat inquisiteur garant de l'éthique conformiste du jour. Plus simplement, je m'efforcerai de passer outre les règles préétablies de ceux qui ont le pouvoir de proscrire ou d'encenser un créneau idéalisé, en d'autres termes de décider de l'ordre manichéen des valeurs de ce monde2.
2 Nous verrons plus loin de quelle manière il est possible d'explorer la relation dyadique de mots ou d'expressions qui font peur (la mort, le racisme, le terrorisme islamiste.. .), Cela, pour mieux examiner leur sémantique, voire appréhender leur évidence axiomatique. Inversement, nous observerons comment des précepteurs de la morale occultent sournoisement cette réalité en diabolisant la part de vérité qu'ils ne veulent pas entendre et dont, par ce procédé, ils en interdisent l'accès. Dépouillés d'une partie indispensable de leur information, la discipline et l'événement n'appartiennent plus qu'à une élite de décideurs encensés. Forte de son influence, elle s'érige en sage pour s'accaparer le substrat du propos reformé à son image et se prévaloir de l'appréciation éthique et politique qu'il conviendra d'adopter en public pour que celui-ci lui emboîte le pas. 8

Réflexion

autobiographique

Jamais la langue de bois, les non-dits, les fauxsemblants et les tabous imposés subrepticement par des groupes de pression n'ont davantage imposé leur tyrannie intellectuelle sous des dehors moralistes, sans doute inquiétés par l'explosion informatique de l'écriture et de la communication interactive du web. En quelques instants, des journalistes, relayés par les médias de l'audiovisuel et instrumentés par des maîtres à penser, peuvent anéantir une œuvre de l'esprit auprès d'un public facile3. Grâce aux techniques avancées de diffusion hertziennes et la rapidité éditorialiste, les professionnels de la communication disposent d'un pouvoir critique exorbitant. Cette efficacité médiatique est d'autant plus redoutable qu'elle permet de conspuer ou de falsifier un ouvrage qui aura réclamé des semaines, voire des mois de labeur, sans que l'auditeur ou le téléspectateur ait les moyens de vérifier instantanément la bonne foi et l'authenticité des raisons qui président à cette action fulgurante de mise à mort par la censure. Reste à l'auteur les quelques centaines, au mieux les milliers de lecteurs qu'il aura convaincu par son savoir et son talent, puis encore les recours judiciaires - toujours tardifs lorsque

le mal est fait - à hauteur de ses ressources inégales face
aux diplodocus industriels et financiers de l'information. Autrefois, je croyais très naïvement qu'écrire dans un journal spécialisé ou dans une collection de sciences sociales suffisait à développer ma pensée pour la répandre.
3

Cette clientèle, majoritairementincrédule face aux allégations

journalistiques, ne demande que très rarement à vérifier le contenu d'allégations radio-télévisées dans une recherche contradictoire. Le téléspectateur n'a, sur le moment, nul besoin de s'investir à lire quant au sujet du reportage qui lui est diffusé, a fortiori de parcourir les pages du livre faisant l'objet d'une diatribe. L'image subjective prive le public d'une réflexion corrective à terme, voire d'une démarche personnelle du fait de l'impact instantané du cliché qui agit de façon subliminale. 9

Dire vrai
En fait, ce sont d'abord les comités de rédaction, sorte de mandarins universitaires qui, ostensiblement, prescrivent leur hygiène mentale, notamment en imposant un mimétisme de style, puis en écartant aussi l'éventuel intrus qui oserait s'affranchir de la connaissance hors des chemins alambiqués du savoir professoral. Quand un doctorant écrit, le professeur signe et le comité entérine. Quid de l'autodidacte qui aurait l'audace de s'aventurer dans l'espace réservé de la forteresse académique, véritable fabrique des clones universitaires? Pourtant, sans jamais avoir usurpé un titre ou un diplôme, j'ai rédigé, sous l'enseigne d'une profession étrangère au monde juridique, quelques centaines d'articles et d'études dans les pages de revues généralistes ou techniques du droit4. Par le passé, j'eus l'insigne honneur de diriger le Centre d'études juridique, économique et politique à l'Institut Catholique de Paris (C.E.l.E.P.). Ces activités m'emmenèrent de temps à autre à être convié à des conférences au titre d'intervenant et autres congrès professionnels en France et outre-Atlantique. Enfin, j'ai également eu l'avantage de publier quelques ouvrages listés sur des collections d'obédience universitaire. Il s'agit là, pour un modeste dilettante, d'un parcours captivant qui m'a permis de fraterniser avec d'illustres professeurs français, grecs, turcs, argentins, chiliens et d'ailleurs, n'étant moi-même pourvu d'aucun titre doctoral ou d'agrégation d'enseignant précisément dans ces disciplines. En quelque sorte, je suis entré sans effraction
4

Mes travaux parus dans différentes publications (JurisClasseur, E.J.T., A.J.D.I, Petites affiches, Investissement Conseil, Espace, La Vie judiciaire, Le Quotidien juridique, La Ley, Revista delle societa...) furent soutenus par Maître Jean Guyénot (Voir infra, note 7) et le professeur Marcelo Urbano Salerno. Par la suite, d'autres autorités universitaires ou politiques en France et à l'étranger m'ont encouragé et assisté dans ce parcours atypique. 10

Réflexion autobiographique dans la cour des grands, simplement nanti de la pugnacité du labeur et de l'alchimie d'une jeunesse audacieuse. Ce bagage éphémère de self-made-man fit cependant bonne impression, sinon illusion un bon quart de siècle dans les milieux de la presse juridique et professionnelle, du cercle très fermé de l'Ordre judiciaire et du Barreau, mais aussi dans le monde des affaires certes moins claquemurés. Évoluer à contre-courant, c'est toute l'histoire de ma vie! Flatté de cette expérience autodidacte, qui, avec le recul du temps s'apparente à une gageure, je regrette néanmoins que cette exception ne s'ouvre que peu ou prou à une cUilturenon introduite par les enseignes diplômantes. Quelques professionnels indépendants, chefs d'entreprises, syndicalistes et métiers libéraux honorent parfois de leur esprit les éditoriaux. Ces derniers, plongés dans le monde actif de la production et des impitoyables objectifs, imprègnent le savoir de leur pragmatisme, alors que les enseignants ne connaissent du savoir qu'une expérience virtuelle. Ce pourquoi, l'écriture des praticiens, certes plus audacieuse dans le style et moins feutrée dans la formulation, ne prive en rien la qualité et le mérite de travaux souvent aussi pointus que les celle de leur maître. Les directeurs de publications spécialisées dans les sciences sociales - la corrélation aux conventions établies dut-elle en souffrir - devraient, à mon humble avis, plus souvent confier leurs colonnes à cette manne de talentueux étudiants sans cesse renouvelée, qui relaye l'inactivité quelquefois patente de leur magistère de faculté solidement campé sur le prestige que leur confère une chaire d'agrégation. D'aucuns n'osent que trop rarement remettre
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François Pasqualini (Professeur agrégé des facultés de droit) préfaça mon étude «Histoire de la banqueroute et la faillite contemporaine»,. travaux qui firent l'objet d'une citation lors du IVe congrès du droit des sociétés à Mendoza (mai 1986). Il

Dire vrai en cause leur savoir en s'abstenant de publier et par là., de contribuer à enrichir leur spécialité par l'opiniâtreté de la recherche, donc du risque. D'ailleurs, ce sont fréquemment les mêmes noms qui reviennent au bas des études, masquant bien évidemment le travail de leurs émules estudiantines en quête d'un jury pour soutenir une thèse en troisième cycle! La France est de surcroît l'un des rares pays du monde occidental à ne pas exiger des professeurs agrégés des Facultés et des Maîtres de recherche œuvrant au sein d'illustres institutions, qu'ils se remettent périodiquement en question en produisant un quota de travaux publiés dans les éditions universitaires consacrées à leur discipline. Cette propension à l'inertie (laxisme corporatif propre aux intouchables) et à la désertion des salles de professeurs, dessert la réputation des cerveaux productifs dans les rangs de ces corps scientifiques. D'aucuns se souviennent encore du pamphlet présidentiel lequel depuis leur colle à l'épiderme - lorsque le Général De Gaulle en visite au C.N.R.S. s'exclama avec ironie devant un parterre de journalistes: «j'ai rencontré

beaucoup de chercheurs, mais où sont les trouveurs » ?
La liberté d'expression prenant fatalement ses assises dans l'individualisme, j'en abuserai pour mon plaisir et tant pis si cet espace privé dérange, mais tant mieux si mon besoin d'écrire me pousse à adhérer à un style moins conformiste. Afin de me libérer de toute contrainte morale et d'ambition matérielle, je ne m'assigne pas pour objectif indispensable de publier ce travail. Si cela doit se faire, j'aurais à ce moment pris la mesure de mes responsabilités envers les lecteurs si tant est que l'éditeur en accepte l'augure. Dans l'intervalle, la rédaction de cet ouvrage m'aura permis de réaliser cette œuvre de l'esprit dans la sérénité, sans redouter l'échec d'un refus de principe, comme ce fut le cas par exemple d'un article qui me fut retourné par une presse spécialisée 12

Réflexion

autobiographique

dans les domaines du droit et de l'économie, au motif que j'avais mis en exergue les pratiques délétères d'un narcoÉtat (la Hollande), sévissant au sein même de la Communauté européenne'. S'il est politiquement indigeste d'exposer une doctrine critique à l'égard de la conduite d'une nation membre de l'Union européenne au prétexte de ménager les susceptibilités éthiques et diplomatiques intracommunautaires, il n'en est pas moins révélateur d'une presse sous influence politique, voire sous contrôle économique. Celle-ci se retranche derrière ses rigidités conservatrices et une continence protocolaire qui relèvent plutôt de la compromission plénipotentiaire, circonspecte et frileuse, que de la liberté d'écrire à dessein de partager honnêtement le contenu de ses recherches et informations. Réinventer son écriture, surtout lorsque celle-ci ne procède pas d'une motivation journalistique ou littéraire, mais plutôt d'une délivrance voisine d'une thérapie introspective, suppose une remise à niveau de son savoirfaire. Or, si le talent et la motivation sont des outils indispensables à la crédibilité d'un auteur, en faire usage sans accommodement, sinon pour une postérité anonyme, pourrait quelque part laisser entendre moins de rigueur rédactionnelle. Toutefois, je vois mal s'installer la négligence dans la libre création d'une œuvre, fut-elle intime et sans importance économique, dès lors qu'elle implique un art. Enfin, je ne saurais accepter mon retrait du monde actif, voire la régression inéluctablement accrochée aux maillons de l'âge, sans assumer honorablement cette seconde partie de mon parcours.
6

Cette analyse en droit comparé international fut néanmoins

récupérée dans les pages d'un ouvrage publié aux Éditions L'Harmattan «Stupéfiants et psychotropes, un sépulcre pour l'humanité », au chapitre de la légalisation en droit interne de certaines drogues, confusément douces aux Pays-Bas (p. 183). 13

Dire vrai Ce fut mon regretté ami, Jean Guyénott (Maître de conférence à la Faculté de droit à l'Université Paris II), qui évoquait avec un fatalisme empreint de malice, de quelle manière il vivait son crépuscule à travers la chute de l'âge et le cancer qui le rongeait inexorablement. Exprimé pudiquement dans sa maladie, Jean évoquait le déclin comme un compagnon d'infortune à qui il cédait malgré lui I'hospitalité de son corps et de son esprit. Sa notoriété empêcha néanmoins toute méprise quant à la qualité de son œuvre gigantesque. Son dévouement à l'enseignement et le respect qu'il portait à ses étudiants le conduisait à répondre à chaque lettre par une lettre, gratifiant chacun de son temps si précieux et de la générosité de son savoir. Mais il savait surtout dispenser habilement son talent dans les hémicycles toujours pleins de ses étudiants admiratifs'. Sur la seconde partie de mon modeste parcours, je tenterai d'atteindre le but de mes aspirations trop souvent reléguées à plus tard, à défaut de détermination voire de courage, car; «dire vrai, c'est déjà ne pas se mentir à moi-même ». Dans ce dessein, il me faudra occulter le regard critique du voisinage quotidien des biens-pensants et le jugement stéréotypé d'une conscience collective programmée, laquelle ne sait désormais plus guère s'exprimer autrement que par des chuchotements et des euphémismes injectés de casuistique, c'est-à-dire de contrevérités et de sophismes. Ce recueil de réflexions
7

Ce personnage universellement reconnu et admiré pour ses travaux ne fut pourtant jamais admis en agrégation par ses pairs au rang de professeur. Son profil hors normes, dispendieux et chaleureux, ne collait certes pas avec la froide rigidité des mandarins universitaires vraisemblablement, pour certains, envieux et agacés par son œuvre colossale. Son entreprise fut cependant saluée à son mérite par l'Ordre national de la Légion d'honneur et par bien d'autres autorités universitaires étrangères (Amérique du Sud, Etats-Unis et de nombreux pays d'Europe). 14

Réflexion

autobiographique

construit dans un désordre apparentS quant à l'exposition des monographies successives, se propose de rompre avec la réserve conventionnelle du conformisme éditorial, et d'innover l'architecture technique de l'expression écrite. Au risque d'être mal entendu ou montré du doigt dès lors qu'une forme inhabituelle de )'esprit pourrait embarrasser, voire provoquer l'indignation des personnes autorisées, je tenterai tout au long de ce parcours de me défaire de mon graphisme habituel. Mais principalement, je m'efforcerai de gommer cette précieuse réserve épistolaire, privative d'exhaustion littérale et d'exploration empathique9. En l'occurrence, lorsque des idées menacent l'éthique aseptisée de l' intelligentsa ou sont jugées subversives au discours de l'élite moralisatrice de la classe dirigeante, des barrières invisibles mais efficaces se dressent pour censurer, voire condamner leur diffusion. Ce monolytisme du jugement met en exergue la fragilité des politiques et de leurs sycophantes soi-disant muselés par l'intimidation terroriste ou la sanction économique. Par trop de défiance craintive, on finit par réduire le libre8

Dans la construction de cet ouvrage, j'ai souhaité ne pas masquer quelle était ma religion face à la mort, c'est-à-dire dans le scepticisme, ou plutôt dans l'incroyance (1ère partie). Cette approche temporelle de la thaumaturgie des cultes était probablement nécessaire pour dépassionner le jugement qui découle de ma discrète et prudente p.erception de l'au-delà, puis de mes choix philosophiques et analyses politico-sociales autour du délicat sujet des religions abordé en seconde partie. 9 La seule méthode qui prévaut pour démontrer le fondement et la véracité d'une idée ou d'une thèse, consiste à l'exposer sous tous ses angles ou en regard de ses différents appuis sans craindre de nuire à son propre jugement ou à celui d'autrui. Une approche timorée du sujet ne procédant à aucun inventaire contradictoire ou se refusant à accepter des perceptions autres que la sienne ne peut être que partiale, approximative et timorée. 15

Dire vrai arbitre des auteurs dès lors qu'ils se mettent à disséquer les vraies ,qu,estions de société... Autant dire, ce qui pudiquement se murmure dans les chaumières et sur le zinc, ou ce que tout le monde pense sans se risquer à jeter le masque de peur d'attirer à soi l'anathème et la honte. Oser s'exprimer à visage découvert sur des sujets interdits revient en quelque sorte à renvoyer à la surface les pensées secrètes de gens qui ont tout simplement peur des effets péjoratifs d'une interprétation erronée ou malhonnête de leurs propos. Car c'est par l'infamie ou la menace quérulente que les pouvoirs publics tendent ostensiblement depuis plusieurs décennies, à dresser un apostolat à la morale. Dans une logique imposée, certains mots souffrent aujourd'hui d'inflation sémantique comme le substantif « racisme» qui ne désigne pas la pathologie du mot et de ce fait ne permet pas d'en rechercher l'étiopathogénie sociale. Il est plus commode de jeter l'opprobre sur le raciste en tant que sujet, lequel cache forcément un individu antipathique dont il faut combattre les thèses sans besoin de connaître les souffrances de la personne. Par de telles occultations, nos glorieux précepteurs déportent le sens des mots, les sortent de leur contexte, puis insinuent l'incapacité présumée des citoyens non initiés à exercer le droit de s'exprimer spontanément sur des sujets corrosifs, voire de comprendre ce qui leur arrive. Le climat social vicié autour du traumatisme de la victim,e malade d'un sentiment xénophobe ou de frustration communautaire, l'incite à s'en cacher plutôt que d'en parler. Certains vocables dérangeants autour d'une pomme de discorde, voire révélateurs d'un fait de société susceptible d'induire une provocation incontrôlable, semblent relever d'une conscience exclusive qui s'autorise la désinformation. À titre d'exemple, acquérir en librairie un livre sur 3èmeReich ou sur l'étude des perversions sexuelles le culpabilise aussitôt le néophyte imprudent; car même si 16

Réflexion autobiographique cette démarche entre dans un cadre éducatif ou pour la rédaction d'un mémoire, le filtre mental du diktat culturel est toujours là pour profiler les lectures présumées malsaines et blâmables. Il en résulte que l'accès à certaines lectures interroge fatalement l'observateur circonspect et soupçonneux à l'égard d'autrui, car imprégné par la culture de masse. Chaque génération d'hommes et de femmes a pourtant le droit de se forger une opinion sans qu'elle soit préalablement modelée par un maître à penser. Les acquis collectifs, au prétexte qu'ils sont patents, ne doivent pas pour autant se fermer à la circulation de développements renouvelés, lesquels s'enrichissent naturellement de nouvelles perceptions. De sorte qu'il ne faut jamais craindre de mettre sur table tout ce qui relève d'un fait ou de l'histoire ou de l'actualité. Comprendre et transmettre à son tour pour étudier de nouveau, c'est donner vie au savoir et le remettre en question. Réciproquement, c'est en formulant la morale pour les autres que l'on peut provoquer des idées révisionnistes, par défit ou rejet d'une culture trop bien ficelée. Si nous sommes convaincus de la vérité, alors nous n'avons nul besoin d'éluder un point de vue, d'occulter un mot ou présumer qu'il peut être dangereux d'offrir trop d'arguments à un public profane. En l'occurrence, la vérité est parfois embarrassante, inopportune, voire insupportable dès lors qu'elle procède à une remise en cause des valeurs instituées. Son affirmation peut fragiliser l'establishment et rompre avec un équilibre intellectuel qui se sera peu à peu installé dans l'opacité et la facilité. Par analogie, je compare la vérité à l'alchimie de 1'honnêteté, cette solution paradoxale obtenue après avoir dissout la fable, la suspension d'incrédulité ou la dissimulation dans l'éprouvette transparente de la réalité quotidienne. De même que l'eau fortement adoucie devient corrosive comme du vitriol, la vérité purifiée de toutes ses impuretés falsificatrices s'accommode mal des rouages de 17

Dire vrai notre société qui compose habilement avec l'imposture et l'occultation, lesquels s'écoulent mieux et sans dommage apparent. C'est ainsi que des politiques ont préféré taire les causes du racisme au profit de la répression du mal qui dédouane le sens de l'éthique, plutôt qu'elle procède à l'écoute et à la recherche d'une thérapie sociale salvatrice et durable. En occultant les racines pathogènes de ce trauma multiculturel récurrent, les politiques ont laissé prospérer les clivages interethniques dans l' arborisation intracommunautaire des ressortissants étrangers en mal d'intégration. Puis en travestissant cette vérité de terrain incontournable d'un caparaçon pénal juridico-judiciaire, le législateur n'aura fait qu'attiser davantage les sentiments xénophobes entre les communautés convaincues entreelles de racisme, lesquelles ont encore plus de force pour se combattre mutuellement sur la place publique. Que le lecteur ne se méprenne pas, je ne règle pas mes comptes ni ne cherche à vilipender une élite politique qui a le mérite, par ses prises de positions, de susciter le débat même si cela doit se faire sur son terrain. Certes, le dialogue ou la liberté de s'exprimer en termes choisis réclame toujours plus d'habileté en face de censeurs doctrinaires particulièrement vigilants. Depuis 1981, la social-démocratie s'est furtivement imposée dans la communication médiatique jusqu'à façonner un ordre moral où prône comme corollaire, l'indulgence laxiste. À cette mainmise sur cette logique fédérative, le lobbying démagogue d'une certaine culture plébéienne introduisit une large permissivité dans les biotopes de la délinquance en injectant une aimable complaisance dans les professions judiciaires et de l'enseignement. Ratissant large dans le suffrage populaire, des politiciens zélés, à l'instar de B. Kouchner et D. Voynet, allèrent même jusqu'à capter la clientèle électorale des toxicophiles en leur promettant la dépénalisation des drogues douces (Voir infra, note 140). 18

Réflexion autobiographique Après avoir ouvert une brèche dans la cuirasse de l'État de droit, vint le naufrage des institutions laïques mises à mal par des courtisans islamophiles aveuglés par un prosélytisme musulman dogmatique, lequel y trouva un terrain de prédilection pour imposer ses enseignes phallocrates et ses violences de banlieue. Là encore, rendons grâce à la politique du tout laisser-faire de gauche, qui contraint le pays après chacune de ses mandatures à se surpasser pour braver les inhibitions collectivistes, comme à reconquérir le droit légitime de débattre sur les raisons réputées inavouables qui génèrent la xénophobie ou le terrorisme sans passer pour des réactionnaires. Le sous-titre du présent ouvrage porte déjà au rouge, le fer qui marque ma manière d'entreprendre le thème sensible de l'intolérance. Mais derrière ce diagnostic social du racisme, se profile une autre forme sombre, sournoise et inquiétante de la déchéance; celle des barbes foisonnantes qui exacerbe à grand renfort d'exhortations des hordes de fidèles en mal d'intégration, lesquels se réfugient volontiers dans un communautarisme religieux, asocial et autodestructeur. Pourtant, aucune divinité digne et respectable ne saurait proférer des propos qui enseignent la haine et propagent la peur (Voir supra, notes 54 et 94), car s'il est un Dieu au sens noble du Verbe, celui-là ne connaîtrait que la compréhension et

l'amour. Seul l'altruisme - ferment du savoir éclectique conduit à la sagesse, alors que le fanatisme n'aboutit qu'à l'occultation du progrès et à l'asthénie intellectuelle. La conscience vaut tous les dieux et supplante

toutes les convictions. Il est rappelé plus bas que: « quelle
que soit l'interprétation de l'au-delà ou de l'inconscient, bien mourir c'est avoir mérité durant son existence terrestre ». Or, poser une bombe, s'immoler pour tuer ou provoquer des conflits au nom d'une cause prétendue juste, sont autant d'aveux d'impuissance dans le dialogue 19

Dire vrai

et de pusillanimitéface à ses contemporains. « La violence
n'exprimerait-elle pas la puissance de l'impuissance» selon l'esthète Oscar Wilde? Il n'est donc pas possible

d'être respecté ni aimé de la sorte - sinon par des sociopathes, - sachant que le meurtre ne saurait être
intimement gratifiant. Je crois fermement qu'il est difficile de vivre en ayant perdu l'estime de soi-même après s'être laissé déposséder de celle des autres, en particulier de ceux qu'on aime. Mais il est vraisemblablement encore plus insupportable de se voir mourir en en étant dépourvu. En d'autres endroits, il me faudra sortir de mes tiroirs poussiéreux quelques notes personnelles sur mes

croyances rédhibitoires à Dieu ou à Diable (1ère partie,
chapitre II), résurgence d'une adolescence qui n'avait cure de la formulation classique des gens de lettre et de leur conformisme littéraire. Devrais-je reconquérir la liberté de mon impétueuse jeunesse, abandonner les constructions rituelles des livres de droit, fustiger les caricatures journalistiques et les défendus moralistes qui empêchent de penser plus loin? A contrario, n'y aurait-il pas davantage de grandeur dans le sentiment contenu, plus de raison dans l'écoute révélée par la pensée silencieuse? En d'autres termes, faut-il mettre ce livre au panier? Il doit certainement exister une propédeutique moins empruntée pour s'exprimer sur le papier, sans nécessairement devoir servir les causes entendues ou flatter l'éthique des sages qui borne les jalons de la soi-disant dérive d'opinion. Pour exister de nouveau et autrement, il n'est donc pas question de réussir, d'obéir ou de flagorner, mais d'essayer. Cette gageure me séduit: débusquer l'imposture culturelle fabriquée par l'angélisme opportuniste et le confort intellectuel du leadership de l'International socialisme10.
10 Parmi ces bien-pensants, se réfugient d'honorables hommes politiques, des enseignants, des philosophes, des égéries et

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