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Fragments de l'anonyme

De
374 pages
Ecrivain allemand des Lumières, contemporain de Kant, G. E. Lessing expose ici ses idées particulièrement subversives pour l'orthodoxie religieuse, sous couvert de celles d'un théologien luthérien H. S. Reimarus. Leur démarche commune : développer l'idée d'un christianisme raisonnable, d'une religion rationnelle pratique, distincte du christianisme apostolique, l'idée d'un déisme sans la divinité du Christ, ouvrant désormais la porte à une libre pensée oeuvrant pour un humanisme de la tolérance.
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G. E. Lessing et H. S. Reimarus
Fragments de l’anonyme de Wolfenbüttel
Traduction de Marc Géraud, Présentation d’Émile Jalley
FragmentsDe l’anonyme de Wolfenbüttel
G. E. Lessing et H. S. Reimarus Fragments De l’anonyme de Wolfenbüttel
© L'HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05732-3 EAN : 9782343057323
 G. E. Lessing H. S. Reimarus 1729-1781 1694-1768
Sommaire Préface de l’éditeur 9 Du but de Jésus et de ses disciples 13 I Du but de la doctrine de Jésus 13 II 59 §§ 10-32Fragment sur l’histoire de la résurrection 69De la tolérance des déistes 143 Un supplément tiré des papiers de l’anonyme, concernant laRévélation 159 I De la diffamation de la raison sur les chaires 161 IIImpossibilité d’une révélation que tous les hommes pourraientcroire d’une manière fondée 173 III Traversée de la mer Rouge par les Israélites 213 IV Que les livres de l’ancien testament n’ont pas été écrits pour révélerune religion 223 Ajouts de l’éditeur aux fragments de l’anonyme 249 I 253 II 257 III 261 IV 265 L’éducationdu genre humain 269 V 279 Présentation d’Émile Jalley 283 Entre Leibniz et Kant 283 1. Aufklärung et préromantisme : de Lessing à Herder 287 1.1. Milieux sociaux et courants d’idées 288 1.2. Les divers aspects de la penséeà l’époque de l’Aufklärung292 1.2.1. L’idée des lumières 292 1.2.2. Aufklärung et attitude religieuse 293 A) L’Aufklärung antichrétienne : Reimarus (1694-1768) 293 7
B) L’offensive indirecte contre le Christianisme: Mendelssohn et Nicolai 294 C) Les Théologiens à l’École de l’Aufklärung 296 D) Lessing (1729-1781) et le problème religieux 296 a) Vie et ouvrages 297 b) La pensée religieuse de Lessing 297 Premières réflexions 298Le déisme de Lessing et sa critique religieuse 298 L’Évolution religieuse de l’Humanité et de l’Individu 301Les dernières conceptions de Lessing 303 1.2.3. Autres thèmes de l’Aufklärung 303 2.1. Hegel 305 2.2. Chevalier 307 2.3. Bréhier 307 2.4. Châtelet 308 2.5. Belaval 311 Synopsis 315 Du but de Jésus et de ses disciples 316 I Du but de la doctrine de Jésus 316 II 327 De la tolérance des déistes 342 Un supplément tiré des papiers de l’anonyme, concernant la Révélation 346 I De la diffamation de la raison sur les chaires 347 II Impossibilité d’une révélation que tous les hommes pourraientcroire d’une manière fondée 348 III Traversée de la mer Rouge par les Israélites 358 IV Que les livres de l’ancien testament n’ont pas été écrits pour révélerune religion 359 Ajouts de l’éditeur aux fragments de l’anonyme 365 L’éducation du genre humain 368
Préface de l’éditeurSi j’avais suivi mes premières idées, je n’aurais pas édité le présent fragment, ou je l’aurais fait uniquement en son temps, dans le coin reculé et peu fréquenté des balayures de bibliothèque, où ses prédécesseurs ont été publiés. C’est contre mon gré que je me le fais prendre des mains plus tôt : mais que faire contre la violence ? Je dois dire dès le début que ce fragment se rattache au fragment sur l’histoire de la résurrection qui a déjà occupé tant de plumes, et qui en occupera longtemps encore neuf contre une, qui voudrait tenter son salut face aux autres fragments. La cause de ce phénomène, le fait que justement le fragment sur l’histoire de la résurrection a éveillé tellement d’athlètes, est claire. La chose sur laquelle on se dispute est si importante et la dispute semble si facile ! Tout orateur qui se croit capable de faire un sermon pascal se croit aussi capable des’occuper de mon anonyme. Le boiteux veut partout danser le premier : et il fait imprimer bien des choses qui précisément ne mériteraient que d’être dites,et ne le méritent même guère. Mais loin de moi d’apercevoir tous les dignes hommes qui ont écrit jusqu’à présent contre le fragment en question dans cette lumière pitoyable. Je reconnais parmi quelques-unsd’entre eux de véritables savants, qui ne sont pas en cause si leur adversaire ne git pas au sol. Les tours qu’ils jouent ne sont pas mauvais; mais ils n’ont pas compté avec la réfraction des rayons: l’adversaire n’est pas là où il leur paraît se trouver dans son nuage, et leurs tours ne le touchent pas, ou tout au plus le frôlent. D’une certaine manière, il ne peut être question que moi, l’éditeur, je ne sois ici en faute. On ne peut pas savoir en considérant le fragment quelle place il affirme ou devrait affirmer dans le bâtiment. Je n’aidonc fait aucun signe: et l’on peut fort bien comprendre que la figure d’une gouttière ait été prise pour une pierre porteuse, la corniche d’un mur pare-feu pour un morceau de l’architrave, et traitées en conséquence.À vrai dire, je pourrais avancer, pour m’excuser, que j’ai quand même mis en garde contre l’écueil sur lequel on s’échoue, en ne présentant des fragments que comme des fragments. À vrai dire, je pourrais prétexter mon 9