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Interview de Jésus-Christ

De
168 pages
Ce petit livre veut répondre à un certain nombre de questions que chacun de nous se pose ou s'est posé à propos de sa foi en Jésus-Christ , mais auxquelles, bien souvent, personne n'ose répondre. Une enquête passionnante où se trouvent réunies les dernières découvertes historiques archéologiques touchant sa vie et surtout sa doctrine.
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INTERVIEW DE JÉSUS-CHRIST

Les questions de Benoît

www.librairiehannattan.com diffusion.harmattan@wanadoo. IT harmattan 1@wanadoo. fr
2006 ISBN: 2-296-00830-5 EAN : 9782296008304 @ L'Harmattan,

Éric AGlER

INTERVIEW DE JÉSUS-CHRIST Les questions de Benoît

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
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Collection Cheminements Spirituels Dirigée par Élisabeth Le Quéré Toutes réflexions théologiques, spirituelles, Toutes expériences mystiques, religieuses, qu'elles se situent au sein ou hors des grandes religions méritent d'être connues. C'est pourquoi nous favorisons leur édition dans cette collection « Cheminements Spirituels» chez l'Harmattan. Vous pouvez nous envoyer vos écrits, même les plus personnels. Nous vous répondrons.
Élisabeth Le Quéré Centre de Recouvrance 12, rue de Recouvrance 45000 Orléans Tel: 02 38 54 13 58

Déjà parus:

ABANDA A DJEM., Le combat pour l'essentiel BEQUART P., Science et croyance: histoire d'une convergence BERNABEU A., Laissons les enfants grandir BOMBLED J.P., Quand la modernité raconte le salut... CONTE A.-M., L'ivre de vie CRUSE R., Entretiens avec un rebelle DESURVIRE, Dire vrai ou Dieu entre racisme et religions

De CHALENDAR C., Un Journal décousu DUROC R., Lafoi et la raison FINET R., Rêver à deux FINKELSTEIN B., L 'héritage de Babel, éloge de la diversité GALLO J.G., Lafin de l'histoire ou la Sagesse chrétienne GARBAR F., Chasser le mal GENTOU A., Invités à vivre GILBERT M, RATH N., Les Sectes HARRIS J.P., Ste Bernadette KAANICHE H., L'accompagnement spirituel en milieu hospitalier KIRCHNER D., Dieu, Créateur ou biblique KHOUTTOUL M, C'est possible? KRUMB J-M, Lesfondements de la morale chrétienne LE CHEVALLIER E., Unis vers l'univers LECLERCQ P., Un Dieu vivant, Pour un monde vivant NASTRI G., L'amour trinitaire et son refus de la modernité NICOLAS B., Enfeuilletant l'Évangile ou l'Évangile selon ma grand-mère

OBERSON F., Je crois en Dieu, moi non plus... ROCHECOURT G., La cigale
SANT ANER P. M -A., Qui est Croyant?

SCIAMMA P., Dieu et ['homme - Méditations VERCELLETO P., Réflexions sur les stigmates

Du même auteur: LA DES/NTERGRAT/ON FAMIL/ALE Ed. Delachaux & Niestlé, Paris DIAGNOSTICS POUR NOTRE TEMPS Ed. Limmatdruck SA, Zürich UN MECENAT POPULAIRE Migros et la culture Ed. Limmatdruck SA, Zürich DEVIENS UN CADRE PARTICIPATIF Bréviaire du responsable d'entreprise Ed. Stella valdensis, Lausanne

« Jésus-Christ afait sortir la religion de la religion» Albert Schweitzer

Avant-propos

Il ne pouvait en parler à son père, ni même à sa mère; quelque chose s'était déchiré dans son cœur depuis qu'il avait lu cet article de presse qui déclarait en titre: «Jésus n'était pas le Messie, mais un maître de sagesse» C'est ainsi que Benoît, mon filleul, m'appela un jour pour me dire son désarroi. Il s'ensuivit alors une série d'entretiens verbaux et même épistolaires, mais toujours confidentiels, portant sur son impératif besoin de ressourcement spirituel. L'objectif visé était: comment, tout en conservant sa foi, aller au-delà des mythes et des dogmes pour pratiquer une réflexion d'un ordre plus laïc, débouchant sur la joie de vivre et sur la force d'agir? Les sept entretiens qui en résultèrent, contés ici tels qu'ils furent vécus et parlés, à bâtons rompus, en des langages directs s'attaquant sans fard aux sujets brûlants, réussirent à convaincre Benoît et ses camarades de faculté. Ils s'en déclarèrent enchantés. Mon souhait est qu'ils puissent aussi répondre à l'attente d'autres jeunes gens, ou moins jeunes, qui souffrent des froideurs d'une civilisation par trop technicienne en même temps que de traditions religieuses dépassées. Une nouvelle voie s'ouvre à eux: c'est celle d'un retour à une foi chrétienne épurée, libératrice, plus laïque et privée, pratiquée à la manière d'une méditation. Le Jésus

originel «retrouvé », grâce aux travaux d'historiens et d'archéologues modernes, est en effet plus proche de cette génération que le christianisme deux fois millénaire de nos pères.

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1er DIALOGUE

A la découverte de leshoua

Après que Benoît m'eut confié sa révolte, je lui proposai d'aller en parler à Jésus, encore caché au fond des évangiles, sous forme d'une «interview» portant sur son véritable message. Magnifique, me répondit-il, je vais pouvoir formuler librement mes questions, seul ou en concertation avec mes camarades et c'est toi qui vas nous répondre après avoir interviewé le Seigneur. Mais fais-le honnêtement, non pas à la manière d'un théologien engagé, mais du sociologue que tu es.

Pourquoi assassine-t-on à nouveau notre Seigneur? Tu sais, cher parrain, combien je suis resté bouleversé et perturbé depuis que j'ai lu cet article sur « L'Evangile inconnu» de F. Amsler qui affirme que les attributs et titres de gloire de Jésus-Christ ne seraient que des « adjonctions tardives» faites dans le but de séduire des populations gréco-romaines restées attachées au culte de surhommes divinisés. Que penses-tu de cela? Comme toi, j'en suis resté choqué. Cependant, oublie ce « papier» au titre accrocheur et penche-toi plutôt sur l'ouvrage lui-même1. Tu y découvriras un fait important. À l'encontre de nos croyances traditionnelles, les premiers fidèles de Jésus furent davantage séduit par sa doctrine que par les péripéties de sa vie, montrant plus d'intérêt pour le message que pour le messager. Ce n'est qu'un demi-siècle plus tard, après la destruction de Jérusalem par les Romains en l'an 70, que quelques notes (logia) sur sa doctrine parvinrent aux judéo-chrétiens qui se trouvaient en exil. Et c'est alors seulement que Marc, Matthieu et Luc purent les
I

Frédéric

Amsler

- L'Evangile

inconnu, Labor et Fides, 2001

Il

recueillir pour en faire la matière de leurs écrits. Tout en les enrichissant d'anecdotes et de récits merveilleux, hélas souvent peu crédibles et tendancieux. Paul et Jean, néanmoins, furent sur ce point des chroniqueurs plus réservés, plus fiables aussi, car ils étaient présents à Jérusalem du temps de leshoual. Mais alors, qu'était donc la vraie pensée de Jésus? Selon le professeur F. Amsler, les «logia» recueillies annonçaient surtout une doctrine, celle du royaume de Dieu conçu comme un mode de vie, radicalement nouveau, impliquant de se dépouiller de toutes ses sécurités qu'elles soient matérielles ou psychologiques. Jésus apparaît dit-il: «comme un maître de sagesse dont l'enseignement s'appuyait davantage sur les réalités de la vie que sur la lecture des Ecritures juives. Les auteurs des notes connaissaient indubitablement les circonstances de l'exécution de Jésus, mais cette mort tragique ne fut pas pour eux l'objet d'une interprétation théologique. La Bonne Nouvelle, l'Evangile, ne reposait pas sur le binôme croix de résurrection, mais sur l'annonce de l'irruption du royaume de Dieu ». « La découverte récente de l'évangile de Thomas apporte la preuve que, dans la première moitié du IIème siècle, l'enseignement de Jésus pouvait encore être transmis sans le récit de la passion et donc sans que l'événement de la résurrection fût conçu comme le centre de gravité de la foi chrétienne». Je déplore tous ces ajouts tendancieux faits aux paroles de Jésus par des évangélistes établis « hors les murs », en terre étrangère. Mais il n'en reste pas moins que Jésus
I Jésus en hébreu, Iezos en grec, Iesus en latin. Paul a ajouté le surnom de Christ (Christos = le Oint, libérateur des hommes)

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avait nettement affirmé de son vivant la légitimité de sa divinité et que nous étions invités à l'adorer en sa qualité de « Fils de Dieu». Et puis, il avait montré sa puissance divine en faisant des miracles que personne n'aurait jamais pu faire. Là, Benoît, tu y vas un peu fort. Jésus montra au contraire beaucoup de réserve en ce qui concernait ses titres et fonctions, allant jusqu'à demander à ses disciples: «Et vous, qui dites-vous que je suis? » En tout cas, il détestait qu'on le pousse trop haut, connaissant les dangers des mythes pris à la lettre. « En même temps, il recommanda à ses disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie ». S'il ne pouvait se passer de recourir au langage imagé, il arrêtait net les idolâtres, relevant ceux qui tentaient de s'agenouiller devant lui en leur disant: «Non, pas moi, mais le Père! », ou bien, si on lui disait:« Toi qui es bon », il répliquait: «Nul n'est bon, nul n'est juste sinon le Père ». À propos des «miracles », c'était la même chose. Lorsqu'un malade montrait sa reconnaissance pour avoir été guéri, Jésus refusait les éloges en disant: « C'est ta foi qui t'a sauvé. » car, « Si tu as assez de foi en toi, tu peux dire à cette montagne: déplace-toi là, et elle se déplacera là. », ou bien ceci: «Maintenant que tu es guéri, rentre chez toi et ne dis rien à personne ». Comme beaucoup d'autres guérisseurs à son époque, Jésus savait déclencher de puissants effets psychosomatiques mais il ne faisait pas de « miracles» au sens mythiques du terme: «Ce que vous demandez en priant, croyez l'avoir reçu et vous le recevrez ». La foi en la guérison est l'effet d'une forte persuasion, non d'une divine intervention.

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Quant à sa déification en «Fils de Dieu», il faut dire qu'il n'aurait pas écrit fils avec une majuscule, ni revendiqué une autre position privilégiée. Chacun peut être appelé à se sentir fils de Dieu, fils du Père: «Celui qui entend le Père, celui-là est mon frère ou ma sœur ». Même chose quand il dit: «Je suis dans le Père, comme le Père est en moi ». Mais les masses avaient besoin à cette époque de contempler un demi-dieu à visage humain. Les dieux suprêmes: L'Eternel, Yahvé, Zeus, leur paraissaient trop haut placés pour leur permettre une relation spirituelle familière.

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