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Je doute donc je crois

De
153 pages
"Tout comme nous, Jésus aurait été habité par la foi, mais aussi par le doute. Ces deux réalités cheminent ensemble en chacun de nous et sont d'ailleurs utiles l'une à l'autre". Ainsi en quelque domaine que ce soit, la connaissance ne progresse que par les remises en question qu'on a le courage de faire". Telle est la démarche que l'auteur nous propose de suivre tout en nous rapprochant de la lettre biblique.
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Je doute donc je crois

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005

Paris

http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-04210-0 EAN : 9782296042100

Yves Bernard

Je doute donc je crois
Approches

L'Harmattan

Je remercie tous ceux qui, m'ayant fait part de leurs interrogations, m'ont incité à la recherche et confirmé dans la nécessité de formuler autrement l'annonce de l'Évangile. Mes remerciements vont également à Madame Lytta Basset et à Mademoiselle Colette Bruon qui toutes deux ont largement etfidèlement contribué à la mise enforme de ce texte.

"Il me semble qu'une ambiguïté fondamentale provoque la crise actuelle du monde et de l'Église (ou des Églises) et empêche de la résoudre. Cette ambiguïté porte à la fois sur l'homme et sur Dieu".

A

l'écoute du silence, Père Zundel

Maurice

Table des références

Ancien Testament
Gn Dt Am Es Ez Pr Lv Jr Ps Jb lR Genèse Deutéronome Prophète Amos Prophète Esaïe Prophète Ezéchiel Livre des Proverbes Lévitique Prophète Jérémie Livre des Psaumes Livre de Job Premier livre des Rois

Nouveau
Jn Le Mt Ap Rm Ep lCo He Mc lJn Ga Ph 2Co lPi 1Th lTim 2Pi

Testament
Évangile de Jean Évangile de Luc Évangile de Matthieu Libre de l'Apocalypse Épître aux Romains Épître aux Ephésiens Première Épître aux Corinthiens Épître aux Hébreux Évangile de Marc Première Épître de Jean Épître aux Galates Épître aux Philippiens Deuxième Épître aux Corinthiens Première Épître de Pierre Première Épître aux Théssaloniciens Première Épître à Timothée Deuxième Épître de Pierre

AVANT-PROPOS

En cette fin de siècle, on observe chez les chercheurs, quel que soit le domaine de leurs investigations, une grande prudence ou retenue au niveau des résultats. La recherche avance à grands pas. Le champ de nos connaissances ne cesse de s'élargir. Mais plus personne n'ose prétendre être parvenu au stade définitif de la connaissance dans quelque secteur que ce soit. Les avancées réalisées par les chercheurs du monde entier ont fait apparaître, en même temps qu'un certain nombre d'acquis remarquables, la complexité de toute chose, due à l'infiniment petit d'une part, et aux interactions d'un corps sur l'autre, d'autre part. Les vérités que nous détenons ici et là, qu'elles soient scientifiques ou autres, sont partielles, relatives, et toutes réunies elles sont loin de tout globaliser. C'est faire preuve de maturité que de prendre au sérieux ces considérations. Nul ne détient en son domaine la vérité. Nous voici ramenés à plus de mesure, à une certaine humilité, à nos limites. La vérité est multiple et changeante. Elle est toujours devant nous. Nous ne pouvons que l'approcher. Nous tenons là une des acquisitions les plus importantes de notre époque et ce sont les scientifiques eux-mêmes qui nous l'ont appris. Le domaine de la foi religieuse n'échappe naturellement pas à ce résultat. Pourquoi ferait-elle exception? Au nom de quoi faudrait-il que la foi, dans son objet comme dans ses

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formulations ou ses pratiques, soit statique et considérée comme un absolu à prendre ou à laisser? Défense d'y toucher, de quelque façon que ce soit! C'est qu'il s'agit, nous dit-on, de révélation et, en prononçant le mot, on pense avoir tout dit et mis un terme à toute contestation. Mais quelle est au monde la religion qui ne parle pas de "révélation" et ne se recommande pas d'elle, en vue d'établir son autorité? Ce mot a quelque chose de magique et sa sacralisation le rend opérant. Il permet, du moins le croit-on, de couvrir comme d'un manteau de valeur toutes sortes de choses, aussi bien les dogmes, les usages, que des actes criminels. L'histoire des religions ne confirme-t-elle pas l'évolution, au cours des siècles, de la connaissance religieuse? Des mythes de l'Antiquité ou de l'animisme aux religions monothéistes, quelle distance! Dans le catholicisme du seizième siècle n'y a-t-il pas eu l'événement de la "Réforme" et celle-ci n'a jamais prétendu être définitive, bien au contraire. Toute connaissance est appelée à s'affiner. Dans nos églises, nous avons été longtemps exhortés à la soumission, à recevoir et à suivre sans broncher l'enseignement donné. C'était la vérité. Le doute était alors mal vu, considéré comme offensant et tragique. Et pourtant, le doute n'est-il pas le moteur de toute connaissance en marche? Comment progresser sans questionnement? Le doute peut devenir abîme, c'est un fait, il n'en est pas moins utile. Dans le domaine du religieux, il est d'autant plus important d'admettre les remises en question, que l'ensemble des sciences qui concourent à donner sens au texte biblique ont fait des progrès considérables, qu'il s'agisse de linguistique, de sémantique, d'histoire, d'archéologie ou d'ethnologie. Nous avons peur, il est vrai, des remises en question. Pour vivre nous avons besoin d'appuis, de repères. Or s'interroger, c'est courir le risque de perdre ceux dont nous avons hérité, ou que nous

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nous sommes donnés. Nous craignons d'être déstabilisés, et de nous retrouver les mains vides. Ainsi les uns sont tentés par le conservatisme, d'autres par l'agnosticisme car l'esprit humain n'a pas accès à l'absolu. Ces prises de position peuvent se comprendre, mais elles me semblent laisser dans l'ombre la promesse attachée à tout questionnement sérieux. Ou bien celui-ci confirme un savoir déjà acquis, ou bien il ouvre sur de nouvelles perspectives, sur un gain à partir duquel il importera évidemment de reconstruire. Mais rien de tout cela ne me paraît négligeable. Ne vaut-il pas mieux tendre vers une connaissance de plus en plus informée et aller de clarification en clarification que de laisser courir ou de se figer dans une position, quelle qu'elle soit? À parcourir phénomène permanence, penser qu'un n'y plus rien l'histoire des civilisations, il apparaît que le religieux y participe de façon constante. Cette me semble-t-il, nous interpelle et nous interdit de jour il en serait définitivement exclu, au point de représenter.

Le christianisme, sous ses diverses formes, peut être ignoré. C'est le droit de chacun, encore qu'il faille prêter attention à ne pas confondre christianisme et Évangile! Mais pour un mythe, mis au musée, combien d'autres le monde s'est-il donnés? Un mythe en chasse un autre, une religion de même, d'une idole on passe à une autre, d'un culte à un autre. Les dieux ne sont pas morts de nos jours. Le religieux colle à l'être humain. Il est en lui et celui-ci ne peut s'en défaire vraiment. Chassé, il revient sous de multiples formes. Cet essai ne cherche pas à prouver quoi que ce soit. Tout simplement il faut bien se rendre à l'évidence: nous avons changé de siècle. Compte tenu des avancées de la connaissance, j'ai cherché à les intégrer et à donner du texte biblique, habité par l'Évangile, une autre traduction. Ce n'est là qu'une approche, parmi d'autres qui se font ou se dessinent. J'ai tenté

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pour moi-même et je l'espère pour d'autres aussi, d'apporter ma contribution au niveau des clarifications devenues indispensables en ce qui concerne cette foi que beaucoup partagent encore, qui a vingt siècles d'âge et dont la pierre d' ang 1e est et reste Jésus de Nazareth, l'Envoyé ou le Choisi, l'Oint (ce que le grec a traduit par le mot Christos, Christ). Mon propos, j'en conviens, s'inscrit dans la modernité, mais, en aucune façon, il ne fragilise l'Évangile. Bien au contraire, et parce qu'il est, de génération en génération, Vie pour l'humanité, il importe qu'il ne soit ni socialement, ni culturellement marginalisé.

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Chapitre 1 LA PAROLE BIBLIQUE

SON HISTOIRE

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SES ACTEURS

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SON AUTORITÉ

À vrai dire, la Bible n'est pas un livre mais une collection d'écrits divers; les uns fondateurs, les autres plus ou moins historiques, d'autres encore poétiques ou prophétiques. On y distingue ordinairement un Ancien Testament et un Nouveau Testament, c'est-à-dire une Ancienne Alliance et une Nouvelle Alliance, entre Dieu et les hommes. On les a souvent opposées au point de déconsidérer la première à l'avantage de la seconde. C'est la raison pour laquelle dans le monde des croyants certains ne découvrent que maintenant l'Ancien Testament. Les écrits bibliques ont leur(s) auteur(s) propre(s). C'est dire que la Bible n'est pas le Coran. Nous connaissons la tradition coranique. Elle dit que le texte du Coran a été dicté à Mahomet qui l'aurait immédiatement et fidèlement fait retranscrire. Le Coran serait donc, à proprement parler, Parole de Dieu. C'est à ce titre qu'il fait autorité. En ce qui concerne la Bible, il en va tout autrement, bien qu'à son sujet on parle également de Parole de Dieu, mais cette qualification, attribuée à l'ensemble du texte biblique, est abusive. La Bible n'est pas tombée du ciel. Son texte, celui que nous avons entre les mains, a une histoire

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dans laquelle il faut entrer, sans quoi nous nous exposons à beaucoup de méprises et d'incompréhensions. À la limite, nous risquons de rejeter le tout, ou, au mieux, de considérer la Bible comme un texte ancien, bon pour les archives et les chercheurs, historiens, ethnologues ou archéologues. L'histoire du texte biblique passe par celle de l'écriture. Celle-ci n'a pas toujours existé. Elle fut d'abord idéographique (écritures chinoise, assyrienne et égyptienne), ensuite seulement elle fut phonétique ou alphabétique (fixation des sons, non des idées). Cela grâce aux Phéniciens dont la découverte fut exploitée naturellement par les groupes ethniques du MoyenOrient et d'ailleurs, beaucoup plus tard. Comme les autres, le peuple juif participa, selon son génie propre, à cette exploitation. Ce qui demanda du temps. La plus ancienne gravure hébraïque que nous ayons date du 9ème siècle avant J.-c., alors qu'on peut raisonnablement faire remonter l'invention de l'écriture alphabétique aux environs de 1275 avant J.-c. De toute façon, l'écriture est restée très longtemps hors de portée de la plupart. Elle était la propriété des spécialistes. Bien avant d'être écrit, le texte biblique a existé sous la forme de traditions orales. Comme jadis dans nos campagnes au cours des veillées, les histoires de famille, les aventures collectivement vécues ou encore les contes venus de la nuit des temps furent transmis de bouche à oreille, de génération en génération. Et selon les dons ou l'imagination du conteur, le récit parfois s'enrichissait, ou encore évoluait quant à son interprétation. L'Ancien Testament comme le Nouveau Testament sont donc tributaires d'une tradition orale, à cette différence toutefois que pour le Nouveau Testament le temps qui va de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ à la rédaction définitive des Évangiles est très réduit, quarante à soixante années seulement.

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Précisons encore que le texte biblique a d'abord existé sous la forme d'écrits isolés qui un jour furent rassemblés pour constituer des ensembles. Mais ces ensembles ne trouvèrent pas leur forme définitive du jour au lendemain. Souvent, ils furent écrits, puis réécrits plusieurs fois, en tout cas remaniés d'une génération à l'autre, en particulier pour les textes de l'Ancien Testament. Ainsi plusieurs mains, à plusieurs époques, contribuèrent à leur rédaction, chacune apportant au texte son inévitable empreinte. C'est dire que les influences dues à l'environnement culturel, plus précisément encore à l'appartenance à un corps constitué comme celui des prêtres et des scribes, sont certaines. Le cheminement spirituel de celui qui écrit tout comme les intentions qui l'animent doivent être pris en compte. Également, la question est de savoir si le rédacteur relate uniquement des faits, comme un chroniqueur? À moins qu'il s'agisse pour lui - ce qui est tout autre chosede donner une interprétation de ces mêmes faits, sa préoccupation étant de les faire parler. Au fond, les textes bibliques ont connu plusieurs éditions revues et corrigées ou complétées, enrichies par l'expérience et la méditation. Ainsi, la rédaction finale des onze premiers chapitres de la Genèse se situe seulement au quatrième siècle avant Jésus-Christ, après l'épreuve de l'exil d'Israël à Babylone. Les destinataires des livres, à la rédaction desquels ont travaillé leurs auteurs, entrent aussi en ligne de compte. Ainsi on ne s'adressera pas à des Juifs de la même façon qu'à des Grecs, plus ou moins étrangers à la culture juive. La présentation, l'intention majeure des auteurs, le vocabulaire, l'argumentation, les faits retenus et leurs commentaires, jusqu'à leur place dans le corps de l'écrit, varient. Nous devons considérer ces variations comme normales. Quand on désire atteindre telle ou telle couche de population, n'est-il pas, en effet, nécessaire d'entrer pleinement dans la culture de l'autre et d'y ancrer sa pensée?

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