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L'Hypnotisme et la Stigmatisation

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70 pages

Parmi les nombreux faits de stigmatisation reconnus d’origine divine par l’Eglise, il en est quelques-uns qu’elle a consacrés par le culte, comme les stigmatisations de saint François, sainte Claire de Montefalco, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse et sainte Véronique Giuliani. Elle a institué la fête de l’impression des stigmates de saint François, de sainte Catherine de Sienne, celle de la Transverbération du cœur de sainte Thérèse. Elle a mentionné dans les Oraisons le fait de leur stigmatisation, aux offices de saint François, de sainte Claire, de sainte Thérèse et de Véronique Giuliani.

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Antoine Imbert-Gourbeyre

L'Hypnotisme et la Stigmatisation

INTRODUCTION

Lorsque saint François d’Assise reçut les stigmates au mont Alverne, il y eut une explosion d’étonnement et d’admiration dans tout le monde catholique. Le miracle ne fut divulgué qu’à la mort du patriarche séraphique. Frère Elie, son successeur, écrivit aux Frères Mineurs de France : « Je vous annonce, leur disait-il, une grande joie et un miracle inouï. On n’en a jamais vu de pareil qu’en la personne du Fils de Dieu, qui est le Christ Dieu. Quelque temps avant sa mort, notre Père et notre Frère nous est apparu crucifié, portant sur son corps les cinq plaies qui sont réellement les stigmates du Christ. »

François fut canonisé par Grégoire IX en 1228, moins de deux ans après sa mort. Le 5 avril 1237) le même Pape écrivait à toute la chrétienté pour certifier de nouveau le miracle des stigmates ; il affirmait que ce miracle avait été la raison spéciale pour laquelle le serviteur de Dieu avait été inscrit au catalogue des saints. Soixante-quinze ans plus tard, Benoît XI instituait la fête des stigmates de saint François.

L’événement divin rencontra plus d’un adversaire, surtout à la Réforme, grande époque de floraison pour la libre pensée. Pierre Pomponace, un savant du XVIe siècle, soutint que les stigmates du saint étaient dus à l’ardeur de son imagination ; il fut suivi par Cornélius Agrippa, Giordano Bruno et bien d’autres. Bref, le miracle de l’Alverne fut proclamé par ces prétendus intellectuels comme une affaire d’imagination : restaient les preuves à fournir, qui ne furent jamais données.

Héritiers directs des Réformateurs, nos libres penseurs modernes ont aussi acclamé l’imagination : elle est même devenue leur argument principal contre l’ensemble des faits surnaturels. S’agit-il de la stigmatisation des saints ou des guérisons merveilleuses de Lourdes, mais l’imagination est toute-puissante pour faire des stigmates ou guérir subitement les maladies les plus incurables. Quant aux extases, visions et révélations, elles s’expliquent naturellement par des hallucinations intenses. Et toutes ces insanités sont débitées avec aplomb, sans la moindre preuve valable. La libre pensée contemporaine est plus qu’en banqueroute : elle est en pleine débauche scientifique.

 

D’autre part, il y a du désarroi au camp catholique, là où il devrait y avoir unité de science, unité de foi. Depuis les envahissements de l’hypnotisme, beaucoup de médecins, même des plus pieux, se sont laissés entamer par le rationalisme : ils manquent de théologie. Puis, il existe tout un groupe d’abbés hypnotistes ; ils clament l’omnipotence de l’imagination. Ceux-là manquent de médecine, c’est-à-dire de connaissances médicales appropriées. Telle est la situation.

Le mal est plus grand qu’on ne pense. Voici que deux catholiques, en haute situation, sont devenus partisans de l’imagination stigmatogène, comme Pierre Pomponace e tutti quanti. Le premier, docteur Ferrand, de Paris, a écrit de longs articles pour établir sa thèse ; le second, tout un livre, c’est le R.P. Coconnier, dominicain. Leur thèse connexe est celle des libres penseurs contre la stigmatisation divine : c’est dire qu’elle est radicalement fausse.

La Providence m’a jeté, depuis une trentaine d’années, dans l’étude des questions surnaturelles : j’ai passablement écrit sur ces matières1 ; je continue.

Le présent tract a pour objet de réfuter plus à fond la thèse de l’imagination stigmatogène, et de démontrer que l’hypnotisme est en lui-même extra-naturel. Après avoir posé les principes théologiques et scientifiques qui serviront à la discussion, il sera procédé aux débats où le docteur Ferrand et le Père Coconnier seront principalement mis en cause. Cette nouvelle étude est un apport considérable à mes autres travaux.

I

Stigmatisation divine

Parmi les nombreux faits de stigmatisation reconnus d’origine divine par l’Eglise, il en est quelques-uns qu’elle a consacrés par le culte, comme les stigmatisations de saint François, sainte Claire de Montefalco, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse et sainte Véronique Giuliani. Elle a institué la fête de l’impression des stigmates de saint François, de sainte Catherine de Sienne, celle de la Transverbération du cœur de sainte Thérèse. Elle a mentionné dans les Oraisons le fait de leur stigmatisation, aux offices de saint François, de sainte Claire, de sainte Thérèse et de Véronique Giuliani.

Par ce culte, elle impose ces faits à notre croyance, non comme étant de foi divine ou révélée, mais en vertu de son infaillibilité personnelle qu’elle engage ici de la manière la plus incontestable. — D’autre part, de l’obligation de prier découle l’obligation de croire, Lex orandi, lex credendi ; et quand l’Eglise, par exemple, aux fêtes de saint François et de sainte Thérèse, nous invite à prier Dieu tout-puissant en disant : « O Dieu, qui avez marqué votre serviteur François des signes de la Rédemption... Vous qui avez transpercé le cœur de Thérèse d’un dard enflammé », il serait étrange qu’on pût rappeler à Dieu les magnificences de son amour, sans être obligé d’y croire de croyance intégrale.

Il est donc avéré que l’Eglise tient la stigmatisation divine pour un miracle. Elle l’impose forcément à notre croyance ; nous ne pouvons lui refuser notre foi sans pécher.

Le miracle des stigmates sacrés, l’Eglise l’a proclamé liturgiquement de la manière la plus explicite pour saint François, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse, en établissant des fêtes spéciales en l’honneur de leur stigmatisation ; aussi en mentionnant dans leurs offices les stigmatisations de sainte Claire de Montefalco, sainte Françoise Romaine, Elisabeth de Reute, Mathieu Carreri, Stéphanie de Soncino, Lucie de Narni, Catherine de Racconigi, Catherine de Ricci, Charles de Sezze, et sainte Véronique Giuliani. En outre, le miracle stigmates a été reconnu implicitement par l’élévation aux honneurs des autels d’une soixantaine de stigmatisés. Ce qui ne veut pas dire que toute stigmatisation, tous stigmates, soient un miracle : seule, la stigmatisation divine est miraculeuse. La stigmatisation des saints n’est pas une opinion libre qu’on peut débattre dans un sens ou dans l’autre : elle s’impose à notre foi.

II

Les lois du sang

L’homme en pleine santé ne perd son sang par aucune voie ; il en est de même de la femme, exception faite de ses hémorragies mensuelles. Cette absence de toute hémorragie, chez l’homme bien portant, est attestée par l’observation universelle. Qui a jamais vu, par exemple, un homme en pleine santé perdre du sang par la peau, à moins d’être blessé !

Non seulement l’homme physiologique ne perd pas de sang, mais il lui est impossible d’en perdre : ce qu’ont prouvé les belles expériences du professeur Bouchard sur les animaux. Il a lié les veines jugulaires du lapin, de manière à accumuler tout le sang dans la tête. Les oreilles de l’animal se sont congestionnées ; elles ont même rougi, mais il n’y a pas eu la moindre exsudation sanguine à la peau. Il a lié aussi l’aorte abdominale pour projeter tout le sang dans la région céphalique, et le sang n’est pas encore sorti. Bien plus, il a injecté un autre sang dans le torrent circulatoire pour augmenter sa pression sur les parois vasculaires, et ces parois ne se sont jamais rompues pour laisser échapper le liquide.

D’autre part, on a pu calculer mathématiquement la tension du sang, c’est-à-dire la force dépensée par le cœur pour pousser le sang dans les vaisseaux : elle a été évaluée à 19 centimètres au maximum. Or, le professeur Bouchard a démontré qu’il fallait une tension de 78 centimètres pour que les parois des capillaires de la peau se rompissent, donnant passage au sang. Au fond, l’éminent professeur n’a fait que confirmer expérimentalement une vérité universellement reconnue, comme quoi l’homme physiologique ne perd jamais de sang.

Et du coup, on est forcé de conclure que les stigmatisations divine et diabolique sont naturellement impossibles et constituent deux faits extra-naturels. Seule est possible la stigmatisation humaine qui se fait à coups d’épingle, de canif ou autres instruments, mais ce n’est là qu’une fausse stigmatisation.