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L'imaginaire du paradis et le monde de l'au-delà dans le christianisme et dans l'islam

De
390 pages
Le paradis est dans le christianisme et dans l'islam un lieu de bonheur et de perfection. Il est décrit par les Pères de l'Eglise, par les hadîths du Prophète, par des artistes ou de simples croyants, localisé par certains hommes dans quelques lieux du monde. Ataa Denkha, doctorante en théologie, par la confrontation d'une série de données exégétiques, dogmatiques, picturales, iconographiques, cherche à dégager les traits fondamentaux qui font du paradis dans le christianisme et dans l'islam deux réalités fondamentales à explorer.
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Ataa Denkha
L’imaginaire du paradis et le monde de l’audelà dans le christianisme et dans l’islam
Préface de François Bœspflug
L’imaginaire du paradis et le monde de l’au-delà dans le christianisme et dans l’islam
Religions et Spiritualité fondée par Richard Moreau, Professeur émérite à l'Université de Paris XII dirigée par André Thayse, Professeur émérite à l'Université de Louvain La collectionReligions et Spiritualité:divers types d’ouvrages rassemble des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue inter-religieux. Dernières parutions Bruno FLORENTIN,Appréciations et réalisations dans le livre de la Genèse, 2013. Matthieu ROUILLE d’ORFEUIL,Dieu existe-t-il? Et autre questions chrétiennes dans un monde qui souffre, 2013. Albert GOOSENS,La tragique éradication du Christianisme cathare. Une e "solution finale" au XIIIsiècle, 2013. Anna BARJANSKY,L’hôpital de Loches. Des origines à la Révolution, 2013. Philippe BEITIA,Les fêtes des saints Papes dans les livres liturgiques de l’Église catholique, 2013. Pierre EGLOFF,L’univers, les hommes, le Diable et le bon Dieu. Essai, 2013. André THAYSE,Dieu personnel et ultime réalité, 2013. Francis WEILL,Chrétiens et juifs, juifs et chrétiens – L’inéluctable fraternité, 2013. Claude-Henri VALLOTTON,Prédications de Noël à Pentecôte. Ecouter Dieu au cœur de Berlin, Tome 1, 2012. Claude-Henri VALLOTTON,Prédications pour mieux vivre son quotidien. Ecouter Dieu au cœur de Berlin, Tome 2, 2012. Michel ANGLARES,Chrétiens en quartier d’affaires. Une Église à la Défense : enjeux pastoraux et théologiques, 2012 Sylvie COIRAULT-NEUBURGER,La piété juive au cœur du réel, 2012. Stéphane MARCIREAU,Le christianisme et l’émergence de l’individu chez René Girard, 2012. Francis LAPIERRE,L’évangile oublié, 2012. Fabien VENON,La fin d’un bastion catholique ? Les paroisses de Montréal en crise, 2012. Philippe BEITIA,Les reliques de la Passion du Christ,2012. e Matthieu ROUILLE D’ORFEUIL,Histoire liturgique duXXsiècle,2012. Alain BARBARIN,Croire en Jésus peut être raisonnable. Et si de nombreux événements bibliques s’étaient déroulés autrement…, 2012. Jean FROIDURE,De Jésus à Constantin. Comment le christianisme est devenu une religion, 2012. Odile BEBIN-LANGROGNET,De Savoie en Comté. Saint Pierre de Tarentaise, 2012.
Denkha Ataa
L’imaginaire du paradis et le monde de l’au-delà dans le christianisme et dans l’islam
Préface de François Bœspflug
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03442-3 EAN : 9782343034423
À mes parents, décédés avant d’avoir pu voir l’aboutissement de mon travail.
J’aimerais très cordialement remercier tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, m’ont aidée par leur soutien et leurs encouragements à aller jusqu’au bout de ma recherche et particulièrement Mme Bernhard Marie Herrade et Mme Wackenheim Marie Thérèse. Je voudrais surtout exprimer très sincèrement ma profonde gratitudeàMonsieur François BOESPFLUG, qui dès le départ m’a fait confiance, encouragée, motivée et soutenue à toutes les étapes de ce travail.Enfinma sincère reconnaissanceà tous les soutiens de l’ombre.
Préfacepar François BŒSPFLUGprofesseur émérite de l’université de Strasbourg Il n’y a pas de science du futur, il n’y en a pas non plus du paradis, ni de théorème à son sujet, ni de mesure précise, ni de localisation certaine, ni d’observation à la lunette astronomique: c’est un lieu fantasmé, de projection, d’imagination, de rêves multiples. Chaque civilisation, chaque religion a eu les siens, et ils sont des plus divers. Y a-t-il, à défaut, une science des rêves? Oui, assurément,mais ce n’est pas une science expérimentale ouverte à vérifications, aucune des formes qu’elle peut prendre ne fait l’objet d’un ralliement unanime si bien qu’elle se réduit, en ce qui concerne le paradis tel qu’il a été rêvé, à l’étude attentive des diverses sources qui en parlent, et en particulier de celles où sont consignés les versions du paradis jouissant d’une autorité religieuse incontestée auprès des communautés concernées, quand ce n’est pas carrément du statut de révélation divine. Aussi le livre que le lecteur tient entre les mains est-il par force le fruit d’une recherche audacieuse, quelque peu aventureuse, inconfortable voire acrobatique. Suivant à la trace les prophètes, visionnaires, mystiques et autres voyageurs célestes, il jette des passerelles, au prix de quelques sauts périlleux, entre islam et christianisme d’une part, et entre théologie, histoire des littératures et histoire de l’art d’autre part. Le premier grand écart, entre imaginaire(s) musulman(s) et imaginaire(s) chrétiens(s) du paradis, fait que l’ouvrage relève non seulement de l’histoire comparée des religions en général, mais d’un secteur peu fréquenté de cette discipline plutôt mal vue de la plupart des universitaires français, à savoir celui de l’eschatologie comparée. Pour y parvenir, Ataa Denkha avait au départ un atout de taille, et une forte motivation. L’atout résidait dans son origine irakienne, qui l’a fait naître au nord de Mossoul, en milieu chrétien, dans un pays de très ancienne présence chrétienne bien attestée, devenu depuis une terre d’islam avant tout, d’où il semblerait que nombre de musulmans souhaitent, hélas, que les communautés chrétiennes soient chassées, on ne le vérifie que trop. Bien sûr, cet atout personnel est très relatif et n’a rien d’une baguette magique. De provenir d’un pays islamisé ne suffit évidemment pas à faire de vous un islamologue. Mais cela contribue tout de même, ne fût-ce qu’en vous rendant arabophone (son père était professeur de langue arabe), à vous doter d’une sorte de familiarité avec le milieu environnant qui facilite ensuite le travail de la curiosité érudite et vous permet aussi de ne pas prendre des vessies pour des lanternes, de ne pas 7
faire la confusion par trop fréquente entre l’islam idéal de bien des Occidentaux, celui qu’illustre par exemple le courant soufi, bien disposé envers le dialogue interreligieux et ouvert au comparatisme, et l’islam factuel, assurément moins attractif et plus rugueux, tel qu’il se manifeste dans les pays où il est largement dominant. Quant à la motivation profonde d’Ataa Denkha, sans doute décisive en l’occurrence, elle reste néanmoins discrète et n’affleure explicitement que dans l’introduction et la conclusion— s’en ouvrir représentait un risque, qu’il est courageux d’avoir couru. Nommons-la. Elle est animée du désir de contribuer autant que possible à démonter à l’aide d’une analyse généalogique et donc avec les seules armes de la culture, l’un des ressorts psychologiques qui conduit les terroristes à sacrifier leur vie en échange de la promesse d’un accès immédiat au paradis. Au fait, de quel paradis s’agit-il ? Et comment a-t-il été conçu en islam pour que l’on se persuade d’y entrer à coup sûr à condition de tuer des infidèles, quitte à y laisser soi-même la vie ? Dès les premières pages, le lecteur apprend la préoccupation intime à la fois douloureuse et militante qui est sous-jacente à cette recherche savante. Le deuxième grand écart auquel l’auteure s’est affrontée est celui qui provient des différences d’objectif et de méthode entre théologie et histoire de l’art, deux disciplines qui exigent l’une et l’autre une formation spécifique dès lors que l’on entreprend de les interroger sur leurs façons respectives de comprendre et de présenter le paradis. En théologie chrétienne, Ataa n’a pas éprouvé de difficulté à se former et à acquérir des grades universitaires (licence canonique et doctorat), du fait de ses origines familiales et de ses choix personnels. Mais l‘histoire de l’art n’est pas la reine des sciences de l’université irakienne, ni une matière constitutive du cursus de formation en théologie… et le va-et-vient entre les deux disciplines impliquait par conséquent d’investir massivement en histoire de l’art. C’était de nouveau une entreprise onéreuse et risquée. Pourquoi a-t-elle tenu à relever ce défi, au fait, et qu’est-elle allée faire dans cette galère? Qu’on ne dise pas trop vite qu’elle eût pu s’en dispenser, que la « sagesse » (laquelle ?)recommandait de le faire, et que la confrontation des représentations imaginativesdu paradis propres aux deux religions, avec la recherche des sources textuelles correspondantes, avait déjà largement de quoi l’occuper. Ce n’est certes pas faux. Mais son intuition aussi était juste, plus juste encore, qui l’a poussée à émigrer en direction des représentations figuratives. Saluons cette sorte de prescience qui l’a persuadée de ne pas se limiter aux textes sacrés ni aux élaborations savantes des théologiens, moralistes et casuistes, mais au contraire de passer d’un registre à un autre et d’associer à l’analyse des sources inspirées et/ou normatives celle des textes littéraires «racontant »,« dépeignant »,« mettanten scène» ou en compartiments étagés, avec tout en haut le paradis et ses délices, et en bas les tourments du purgatoire et de l’enfer et, de fil en aiguille, de pousser
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l’investigation jusqu’aux figurations picturales de ce monde d’après la résurrection finale et le jugement dernier. Ainsi le voulait, rendons lui cette justice, l’extension du domaine de l’imaginaire, qui se rit des frontières que distinguent les spécialités universitaires. Cette extension de l’enquête, faut-il le dire, a eu un coût. Il a fallu que l’auteure, prenant courageusement son bâton de pèlerin, se forme en histoire de l’art. Avec un louable entêtement, elle l’a fait, elle a appris à se documenter, à regarder et à apprécier, et conquis petit à petit la capacité, que l’on croit aisée tant qu’on ne s’y livre pas soi-même, de décrire de manière rigoureuse une œuvre d’art, une miniature en l’occurrence; ce qui lui a permis de confronter de manière bientôt experte les «représentations » impliquées par les doctrines et les images à support matériel. Le premier grand écart l’avait conduite à une sélection des occurrences fondamentales de son sujet dans la Bible et le Coran (les index des passages cités des deux Livres, et aussi des apocryphes chrétiens, telle l’Apocalypse de Paul, permettent de remonter commodément aux pages qui les commentent). Elle ne pouvait sans doute pas en rester là, en raison de cette logique de l’imaginaire que nous évoquions à l’instant. Du moins a-t-elle eu à cœur de passer des textes sacrés aux principaux traités de théologie où il est doctement question du paradis (La Cité de Dieu d’AugustinouLa Hiérarchie céleste dupseudo-Denys du côté chrétien, textes mu‘tazilites, ash‘arites ou soufis du côté musulman) puis aux textes littéraires, aux « misesen scène» proprement littéraires (Légende dorée deJacques de Voragine,Divine comédieDante, les divers ouvrages de Guillaume de de Digulleville sur le paradis, pour le christianisme,Mi‘raj Nameh, Qisas Al-Anbiya‘, Falnamah, entre autres, pour l’islam), et de ceux-ci, enfin, aux manuscrits enluminés en lesquels s’est exprimée, visuellement cette fois, une compréhension articulée des fins dernières, dans les deux traditions concernées. Cet élargissement de son champ de recherche a requis d’elle d’assimiler le vocabulaire des historiens de l’art et aussi d’accomplir ce que l’on peut tenir pour leur acte professionnel fondamental, celui qui consiste à décrire avec acribie et sobriété des images. Elle sait désormais révéler ce qui s’y donne à voir — et sans cette acribie, il n’est pas sûr que l’on parvienne jamais, même quand on est rompu à l’analyse d’image, à déchiffrer le sens de certaines d’entre elles. Ce passage au figuratif aide à saisir, autrement que conceptuellement, voire mieux que tout discours, les spécificités respectives des deux conceptions du paradis. Mais tout compte fait, le paradis, cela se mérite, le christianisme et l’islam en sont globalement d’accord. Gageons qu’un livre sur le paradis, et plus encore sur la comparaison de deux versions du paradis, ne constitue pas un mince mérite et pourra donc contribuer à y faire entrer son auteure, peut-être même dans celui de son choix, compte tenu de son labeur comparatiste. Non que nous nous prenions si peu que ce soit pour un portier du paradis. Mais il
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