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L'inculturation à la lumière de l'exhortation apostolique

De
276 pages
L'homme à évangéliser est un être marqué par sa culture. Si bien que certains anthropologues s'accordent à le définir comme étant un animal culturel. L'enjeu ici est d'une part, d'inculturer l'Evangile et, d'autre part, d'évangéliser la culture ; l'Evangile devant s'enraciner dans la culture et la culture, à son tour, se purifier et grandir au contact de l'Evangile.
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Marcellin YAO Kouadio
L’inculturation à la lumière de l’exhortation apostolique
« Ecclesia in Africa »
Préface de Arij A. Roest Crollius SJ
L'INCULTURATION A LA LUMIERE DE L’EXHORTATION APOSTOLIQUE "ECCLESIA IN AFRICA"
Marcellin YAO Kouadio L'INCULTURATION A LA LUMIERE DE L’EXHORTATION APOSTOLIQUE "ECCLESIA IN AFRICA" Préface de Arij A. Roest Crollius SJ
L’Harmattan
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02942-9 EAN : 9782343029429
PREFACE Le fait qu’une maison d’édition renommée a pris la décision de publier une thèse dix ans bien après sa défense est en soi dé à un si ne de la valeur du travail. Celui ui a eu l’o ortunité d’a rofondir ses connaissances de la réalité culturelle du Continent et d’étendre ses informations sur les courants théologiques qui s’y développent, laisse volontiers précéder cette édition par uel ues li nes ui uissent mettre en relief l’actualité du livre et les défis u’il ose à l’E lise d’Afri ue en croissance. Une des approches utilisées dans ce livre est la recherche sur « les trois indé endances » cha itre VII . Il s’a it de trois as ects de la vie de l’E lise en Afri ue où la chrétienté africaine devrait lus clairement assumer sa ro re identité : ouvernance, théolo ie et finances. L’auteur affirme clairement qu’il ne s’agit pas de fonder une Eglise indépendante mais de mener une vie ecclésiale ui soit en harmonie à la fois avec l’E lise catholi ue universelle, et donc aussi avec toutes les E lises locales ui se trouvent au sein de l’Eglise catholique universelle, et en même temps en harmonie avec la culture du eu le ui se réunit dans l’E lise en Afri ue. Cette harmonie ui res ecte les différences constitue une des ma eures questions posées aujourd’hui à la théologie et en même temps à l’histoire de l’E lise et à l’anthro olo ie et à l’histoire des cultures. Ce n’est as ici l’endroit our entrer dans les détails de cette uestion ui est traitée dans nombre de volumes de différents auteurs. L’auteur en mentionne plusieurs et donne lui-même, au cours de cette étude, plusieurs éléments utiles our une étude a rofondie de ce thème. Je voudrais seulement mentionner deux ima es ui euvent aider à clarifier la nature de cette harmonie qui non seulement respecte les différences, mais a même besoin des différences our être harmonie. Une remière ima e ourrait être un chant roduit à lusieurs voix. On a tout sim lement besoin d’une différence dans l’expression vocale pour qu’il puisse y avoir harmonie, comme aussi on a besoin de lusieurs instruments ui accom a nent le chant et rendent l’harmonie encore lus évidente. Et même les mouvements des corps, sur place ou dans une danse, aident à percevoir cette harmonie comme l’expression d’une communauté vivante et vibrante. Une autre ima e peut être celle d’une mosaï ue. Si toutes les ièces de la mosaï ue sont de la même couleur, ont les mêmes dimensions et sont faites de la même manière, on pourrait avoir une belle paroi d’une salle de bain mais non pas l’harmonie des différences. Ce dont ce livre traite est un ensemble de traits ui accom a nent, comme conditions et comme fruits, le processus et l’œuvre d’une inculturation authentique. Et on peut constater la ustesse de la proposition de l’alors Cardinal Ratzin er, d’au lieu de arler « d’inculturation » lutôt d’un processus qui veut réaliser une « interculturalité ».
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L’interculturalité est bien différente de l’assimilation. Il s’a it, dans le processus qui est destiné à conduire à l’harmonie entre groupes humains où chacun conserve sa ro re identité, de différentes formes de dialo ue, de rencontre et d’échan e. Ceci ne veut oint dire ue les cultures ui ainsi se rencontrent ne changent pas : elles s’enrichissent dans le contact avec les autres, mais elles euvent aussi s’a auvrir. Ces rocessus ont une rande relevance dans la sociolo ie et dans la s cholo ie sociale, tandis ue l’histoire reste notre maîtresse pour nous faire connaître des promesses et les dan ers de la rencontre interculturelle. S’a issant de la chrétienté en Afri ue en contact avec toutes les cultures du monde, de oint de vue ecclésial deux terrains sont d’une im ortance vitale pour le rôle que les traditions culturelles de ce Continent peuvent jouer dans cette rencontre interculturelle : la litur ie et la s iritualité. Dans la litur ie ce n’est ue lentement ue l’idéal d’uniformité fait lace à un discernement prudent et courageux où il ne s’agit pas d’une simple ada tation mais d’une créativité ui ose assumer de nouvelles formes d’ex ressions. Ici, le dialo ue interculturel dans l’E lise est un rocessus irréversible, dès le moment où le Concile Vatican II a opté pour l’usage des différentes lan ues particulières dans la litur ie. Une lan ue n’est pas uni uement un ensemble de sons ui obéissent à des rè les réétablies, mais un instrument ori inal et inaliénable our une ensée ori inale ui ne eut pas être totalement exprimée dans une autre langue. Ceci aura, évidemment, des consé uences im ortantes our le dévelo ement s stémati ue du messa e évan éli ue et des traditions de la ensée chrétienne. Ainsi nous parvenons aux éléments qui se rencontrent dans le riche ensemble de l’ensemble de la spiritualité africaine. Une spiritualité est un chemin vers Dieu, caractérisé ar des éléments de ensée et d’attitude, ui sont transmises de énération en énération. Une s iritualité, a ne s’invente pas. Avant tout, ce chemin est un don de Dieu. Mais aussi, la transmission de ce don de râce demande des humains une fidélité créatrice our ré ondre aux exi ences de cha ue nouvelle énération. Parmi les caractéristi ues de cette spiritualité en Afrique, être la « spiritualité de famille » est à mentionner en remier lieu. Et dans la famille africaine, la ersonne centrale est la femme. C’est ce ui fait de cette s iritualité une s iritualité d’enfantement, de compassion, surtout des faibles, une spiritualité de service. Renouveau, créativité, res onsabilité vont avec cela. Au lieu de la 1 vacuité du bruit des alavers si chers aux hommes, cette s iritualité est vécue dans le silence où s’accom lit le coura e et la atience, on ourrait même dire l’endurance. Dans ce silence vit une prière humble et persistante.
1 Palavers: Mot anglais qui signifie en français "palabres" ou discussion longue (interminable) et oiseuse.
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La famille connaît aussi un second enfantement : c’est uand le défunt est confié à la terre maternelle pour rejoindre le monde des ancêtres. De ce monde, les vivants sur terre sont les héritiers. Et ils entrent dans cet hérita e ar les rites de l’initiation et en assumant, raduellement, leur fonction dans la communauté. Ainsi la consanguinité de la famille s’élargit pour s’ouvrir à des liens d’amitié, de collé ialité, d’une fraternité s irituelle. Il est im ossible de enser aux randes richesses des traditions spirituelles africaines sans penser à ces millions qui vivent sans famille. Ce sont les enfants ui va abondent dans les rues des randes villes, les mendiants, les « sans-maison » et « sans-résidence » - toute cette foule d’enfants dont les uns sont ex loités de mainte manière, les autres chassés ou persécutés par les « services d’ordre » : ces frères et sœurs dans la grande famille de Dieu ui aime d’un amour référentiel les lus auvres et les lus faibles. Prof. Ari A. Roest Crollius SJ
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