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La croix ou les fétiches Vol 1

De
272 pages
Adam, le premier homme, était-il Africain ? Que penser du caractère africain de Moïse ? Le message chrétien peut-il être réinterprété d'une perspective africaine ? Par cet ouvrage, l'auteur convie à une réflexion sur la parenté historique du christianisme avec les croyancers traditionnelles d'Afrique. Il y est question de l'appropriation de cette religion en contexte africain. Ce premier volume n'est cependant pas qu'un ouvrage d'histoire des civilisations. Il en va de la compréhension d'éléments religieux et des rapports historiques qui existent.
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Édouard BETOBOBOK AGNE
LA CROIX OU LES FÉTICHES
Le christianisme en Afrique noire
Volume 1 Le dilemme africain
La croix ou les fétiches
Volume 1
Édouard BETOBOBOKAGNELa croix ou les fétiches
Le christianisme en Afrique noire Volume 1 Le dilemme africain
Du même auteur La croix ou les fétiches. Le christianisme en Afrique noire. Volume 2. La machine évangélique et civilisatrice,L’Harmattan, 2016© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08105-2 EAN : 9782343081052
À ma sœur aînée Amakéné Lydie,
Pour qu'ensemble, nous restions unis à tous nos ancêtres qui, ayant cru en une Transcendance, ont scruté les cieux pour la chercher et nous auront transmis, en même temps que la vie, la soif de la connaître et de la servir…
AD Ant.
ap. J.-C av. J.-C
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L’Enquête:
ABRÉVIATIONS
Anno Domini Flavius Josèphe,Les Antiquités des Juifs,The Genuine Works of Flavius Josephus, the Jewish Historian,94), (c. (trad. William Whiston, 1737).Antiquities of the Jews, or Jewish Antiquities, ouAntiquities of the Jews/Jewish Archeology. (fréquemment abrégéAJ,AotJouAnt.ouAntiq.) après Jésus-Christ avant Jésus-Christ
Cf. Jean-Jacques Glassner,Chroniques mésopotamiennes, Paris, Les Belles Lettres, 1993. Benjamin R. Foster,Mesopotamian Chronicles, Atlanta, Society of Biblical Literature, 2004.
INTRODUCTION
Une anecdote survenue aux obsèques de mon père m'a inspiré ce texte. Alors que toute sa famille prenait part aux rites funèbres traditionnels, Lydie, ma sœur aînée s'y déroba. Elle rejeta le ritesuka malèlèque les notables du 1 village entendaient pratiquer sur nous. À un oncle qui s'en étonnait, elle objecta que s’y soumettre annulerait "la valeur du sacrifice du Christ" pour elle. Surpris, (car je ne voyais vraiment pas en quoi un rite d'apparence aussi insignifiante aurait eu cette portée), j’ai voulu connaître ce qu’elle en savait : elle n'en savait absolument rien. Cet usage contredisait sa foi, non par ce qu’ilsignifiait, mais plutôt par ce qu’ilétait. Il s'agissait là de toute évidence, d'une réaction bien excessive. Aussi, m'a-t-elle incité à prêter attention à celle d'autres aussi engagés qu'elle dans la foi chrétienne. Ils sont de plus en plus en plus nombreux, les Africains convertis au christianisme, à le trouver incompatible avec leurs croyances ancestrales.
Mesurer proportionnellement son engagement chrétien au rejet de sa religion traditionnelle ; n’aurait-il pas plutôt dû en aller autrement ? Il m'a été donné d’interroger un vieil initié du culte traditionnel bamiléké sur cette question à Bangwa, un village de l'Ouest-Cameroun. Celui-ci m'a certifié 2 qu'il "n'existe aucun antagonisme entre[sa]religion et celle des chrétiens". Lors de notre entretien, ce probe vieillard m'a confié, pour étayer son propos, qu'à l'époque coloniale allemande, (quelque part entre 1884 et 1915), le plus prestigieux chef de l’ethnie des Bangwa, FōNotué, ayant ouï dire que des missionnaires français implantaient la religion chrétienne dans sa contrée, paya une grande somme d'argent pour la faire venir chez lui. Dans sa thèse de doctorat, mon père a également affirmé que la même chose s'est passée 3 pour le village de ma mère, à Bougnoungoulouk au Centre du Cameroun.
1 Lesuka malèlè, (littéralement "laver les larmes"), est un rite traditionnel pratiqué chez les Mmala (ethnie Yambassa du Centre du Cameroun), qui met fin à la période de deuil et marque le retour à une vie normale pour la famille éprouvée. En cette occasion, les notables du village prononcent des paroles rituelles et lavent le visage des membres de la famille endeuillée à l’eau en tenant leurs objets rituels.2 FōNguee Paah: il devrait être bien plus vieux),, 95 ans environ, (âge très incertain Entretien du lundi 19 novembre 2007 à Bangwa, (Département du Ndé, Région de l’Ouest-Cameroun). Le motFōest un titre royal des Bamiléké ; d’où l'accent que je lui confère. Aux obsèques de ce grand homme, on me révéla que le nomNguee Paahaussi était un titre royal. Son vrai nom était Beaufrère Ngoko.3 La station missionnaire chrétienne en pays Lémandé (l'ethnie de ma mère) fut ainsi le fait de son père, le chef Mouteng Bembong de Bougnoungoulouk par Bokito au Centre du Cameroun. J. R. B. Bokagné, "Les bases de l’Église Presbytérienne Camerounaise", Thèse de ème doctorat 3 cycle en théologie, Université Libre de Montpellier, 1982, p. 63.