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La papauté foudroyée

De
256 pages
Le 19 avril 2005, Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, doyen du Sacré Collège, était élu par un conclave largement « wojtylien ». Il choisit le nom de Benoît XVI. Son apparition fut accueillie avec un enthousiasme modéré par la foule amassée sur la place Saint-Pierre. Dès le 13 mai, il mettait en œuvre le procès en béatification de Jean-Paul II. Par cet acte de piété soutenu avec force par l’opinion publique, il tenait sous le boisseau toutes les questions épineuses que Jean-Paul II n’avait pas résolues. De la question lefebvriste au drame de la pédophilie, des abus des Légionnaires du Christ aux scandales financiers, le dernier pontife romain témoin et acteur de Vatican II mit plusieurs années à s’imposer. Cette volonté d’unité et de rectitude de l’Église conduisit Benoît XVI à relever des défis qui générèrent l’affaire Vatileaks. Benoît XVI, en renonçant le 11 février 2013, gagna en popularité en tant que figure sacrificielle. Mais il ouvrit une voie périlleuse pour l’institution.
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LA PAPAUTÉ FOUDROYÉE
Dumêmeauteur
Albert de Mun, Hubert Lyautey. Correspondance 1891-1914, Paris, Société de l’histoire de France, 2011. (Publiée par Philippe Levillain et Gilles Ferragu) «Rome, l’unique objet de mon ressentiment. » Regards critiques sur la papauté(directeur), Rome, École française de Rome, 2011. Rome n’est plus dans Rome. Mgr Lefebvre et son église, Paris, Perrin, 2010. Benoît XVI : le moment,Paris, Fayard, 2008. Le pontificat de Léon XIII. Renaissance du Saint-Siège ? Actes d’un col-loque organisé à Paris par l’Institut universitaire de France, l’Institut catholique de Paris et l’École française de Rome les 16 et 17 octobre 2003(directeur), Rome, École française de Rome, 2006. 150 ans au cœur de Rome : le Séminaire français, 1853-2003(directeur) Paris, Éditions Karthala, 2004. e Nations et Saint-Siège auXX siècle. Actes du colloque d’octobre 2000(directeur avec Hélène Carrère d’Encausse), Paris, Fayard, 2003. Rerum Novarum. Écriture, contenu et réception d’une encyclique(direc-teur), Rome, BEFAR, 1997. Achille Ratti, pape Pie XI (directeur), Rome, BEFAR, 1996. Dictionnaire historique de la papauté(directeur), Paris, Fayard 1994 ; e 4 éd., 2008. Le Deuxième Concile du Vatican(1959-1965)Rome, (directeur), BEFAR, 1989. Les lieutenants de Dieu. Les évêques de France et la République, Paris, Fayard, 1986. (Avec Catherine Grémion) Paul VIet la modernité dans l’Église(directeur), Rome, BEFAR, 1984. Le Vatican ou les frontières de la grâce, Paris, Calmann-Lévy, 1984. (Avec François-Charles Uginet) Albert de Mun, catholicisme français et catholicisme romain, du “Syl-labus” au ralliement, Paris, De Boccard, Rome, École française de Rome, 1983. Boulanger, fossoyeur de la monarchie,Flammarion, 1982. Paris, La mécanique politique de Vatican II. La majorité et l’unanimité dans un concile, Paris, Beauchesne, 1975. Le Deuxième concile du Vatican et sa procédure…, Paris, Hachette, 1973.
PHILIPPE LEVILLAIN de l’Institut
LA PAPAUTÉ FOUDROYÉE
La face cachée d’une Renonciation
tallanDier
Cet ouvrage est publié sous la direction de Denis Maraval
 Éditions Tallandier, 2015 © 2, rue Rotrou – 75006 Paris www.tallandier.com ISBN : 979-10-210-1368-1
À la mémoire de René Rémond
Jean-Paul II a parfois hésité à prendre de grandes décisions. Mais, dans l’ensemble, grâce aux collaborateurs qu’il avait choisis, la continuité des affaires a été assurée. Et les grandes décisions, il les a prises avant et après. Il souffrait, mais il avait tout son esprit.
BenoîtXVI,Lumière du monde.Le pape, l’Église et les signes du temps.
La décision du pape de démissionner aurait-elle froissé le Créateur ? En écho au choc qu’a provoqué l’annonce de Benoît XVI au sein de l’Église catholique lundi matin, la foudre s’est abattue le soir même sur la basilique Saint-Pierre, symbole du Saint-Siège au Vatican.
Marie-PiaRieublanc,Le Parisien, 12 février 2013.
AVANT-PROPOS
Le 11 février 2013, Benoït XVI a eu ses raisons pour renoncer à la charge qu’il avait reçue et acceptée le 18 avril 2005. Lesquelles ? L’auteur de ces pages a les siennes pour s’être posé et se poser encore des questions qui restent d’autant plus vives que le « pape émérite » – en réalité, l’évêque émérite de Rome – continue à exercer une présence à la fois discrète et soulignée par les médias au sein même de l’État de la Cité du Vatican. Cet acte a quasi « sanctifié » son ministère, très critiqué, voire assiégé par les calomnies et les sarcasmes, même si, en revanche, il est consi-déré par des experts en évaluation des papes depuis Vatican II comme celui d’un très grand pape. Nombre d’hypothèses ont été avancées, en ordre dispersé. Mais, comme il est écrit chez Racine : « [Le] mal vient de plus loin », à savoir du pontificat précédent, celui de Jean-Paul II (26 ans, 5 mois, et 18 jours), du 16 octobre 1978 au 2 avril 2005, qui a impressionné le monde entier et que le monde entier (parcouru inlassable-ment) a impressionné, dans un dialogue où la stabilité réfléchie de la Tradition a tenté de pétrir la moder-
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LA PAPAUTÉ FOUDROYÉE
nité, etvice versa. Le cardinal Ratzinger aurait pu se dérober. Il ne le fit pas, pas plus que jadis Pietro del Morrone, Célestin V, en juillet 1294. Peut-on dire qu’il essaya trop tard, et sur tous les fronts, de trai-ter des questions mal résolues par son prédécesseur, tout en s’efforçant d’éclairer la marche d’une Église postconciliaire très ébranlée, à quarante ans de la fin de Vatican II ? Et quels facteurs cumulés suscitèrent sa détermination ? Il ne reste qu’un secret : le choix du jour, du moment. On peut tenter de faire l’analyse du mouvement de l’horloge.