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Le Centenaire de Saint-Pierre et les fêtes de Rome en juin 1867

De
140 pages

Le 8 décembre 1866, en la fête de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu, une lettre encyclique adressée par le cardinal-préfet de la congrégation du concile aux dignitaires composant la hiérarchie catholique de l’univers, leur faisait connaître un désir de Pie IX : « Il serait agréable à Sa Sainteté, disait cette lettre, que les patriarches, archevêques et évêques dont l’absence ne serait point préjudiciable aux intérêts de leurs diocésains, se réunissent autour de sa personne sacrée dans le courant du mois de juin 1867.

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CENTENAIRE DE SAINT PIERRE
Maxime Fourcheux de Montrond
Le Centenaire de Saint-Pierre et les fêtes de Rome en juin 1867
INTRODUCTION
L’année 1867, qui vient de se clore a marqué la tra ce d’un large sillon dans l’histoire. Deux faits mémorables en ont signalé le cours. La p ostérité recueillera les grands enseignements qu’ils ont apportés au monde. Paris et Rome ont joui en même temps, plus que jama is, du privilége d’attirer les regards de toutes les nations, et de recevoir dans leur sein des voyageurs ou des pèlerins venus de tous les points du globe. Deux sp ectacles dignes de l’admiration des hommes ont provoqué un double courant, qui entraîna it les uns vers les rives de la Seine, les autres sur les bords du Tibre. Ici uneExposition universelledes merveilles de l’industrie humaine : là - bas une démonstration éc latante de la force et de l’unité de l’Eglise catholique. Admirons les desseins de la divine Providence, qui a voulu placer ce triomphe incomparable de l’Eglise en regard du triomphe de l’esprit humain et d’une civilisation trop souvent oublieuse des lois éternelles, d’où découle nt la véritable grandeur, la vie et la puissance des nations. Elle n’a pas voulu que nos regards fascinés par le tableau de tant de merveilles restassent uniquement attachés à la t erre ; mais en nous donnant à contempler dans la cité sainte d’autres merveilles plus grandes encore, elle nous a ramenés aux pensées du ciel, rendu visible en quelq ue sorte dans un incomparable triomphe qui en a projeté quelques rayons ici-bas. Qu’avons-nous vu en effet, sinon l’Eglisevivante,à Rome, avec ses grands caractères d’unité, de sainteté, d’universalité et d’apostolicité ?... Un écrivain célèbre écrivait de Rome le 3 juillet 1867 : « .... J’espère que quelqu’un aura la bonne inspiration de faire un volume de tout ce qui se passe à Rome, de recueillir les documents, de ra masser les noms, de donner quelques croquis des lieux et des figures ; et ce sera un monument historique du premier ordre, car ces journées de Rome sont une révélation de l’état du monde et le point de départ d’un renouvellement. Jamais Souverain-Pontife n’a vu ce que Pie IX vient de voir.... » On peut croire que celui qui exprimait ce désir rev endiquera lui-même l’honneur d’édifier cemonument historique....En attendant, divers écrivains ont essayé de retracer une esquisse des glorieusesfêtes du Centenaire et de la Canonisation.venons, Nous nous aussi, remplir cette douce tâche, en joignant à ce pieux récit une notice biographique sur les nouveaux saints canonisés. Puissent ces simples pages, bénies du ciel, servir à populariser le souvenir du magnifique triomphe qui a naguère réjoui la sainte Eglise et consolé ses fidèles enfants !
Tréport, septembre 1867.
CHAPITRE PREMIER
Appel de Pie IX
Le 8 décembre 1866, en la fête de l’Immaculée Conce ption de la Mère de Dieu, une lettre encyclique adressée par le cardinal-préfet d e la congrégation du concile aux dignitaires composant la hiérarchie catholique de l’univers, leur faisait connaître un désir de Pie IX : « Il serait agréable à Sa Sainteté, dis ait cette lettre, que les patriarches, archevêques et évêques dont l’absence ne serait point préjudiciable aux intérêts de leurs diocésains, se réunissent autour de sa personne sacrée dans le courant du mois de juin 1867. » Le motif de cette invitation était l’acte solennel de l’autorité pontificale qui devait élever plusieurs Bienheureux à l’honneur insigne de la can onisation, et aussi le retour du jour consacré à la mémoire des saints Apôtres, jour qui cette année 1867 allait marquer le dix-huitième centenaire écoulé depuis leur glorieux martyre. C’était vers l’époque où le drapeau de la France, j usqu’alors fidèle gardien de la Papauté, allait s’éloigner de Rome, et où la Révolu tion, enhardie par le départ de nos troupes, répétait avec une nouvelle force le mot d’ordre :Rome ou la mort ! Cependant Pie IX était plein de confiance en Dieu, redisant à son tour, avec le grand-prêtre de l’ancienne loi :
Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots.
L’invitation commença dès lors à faire le tour du g lobe ; sera-t-elle écoutée au milieu des bruits confus d’une société égarée par l’oubli des principes du droit et de la justice ? Dans la situation déplorable des esprits, l’appel d u Chef de l’Eglise, formulé comme un simple désir, ne va-t-il pas être mis en oubli et d emeurer sans effet ? On pouvait le craindre. Il n’en fut cependant point ainsi. « .... Sortie du Vatican pour produire une manifestation de la foi la plus vive au milieu de l’apathie si généralement répandue, de l’union la plus parfaite au milieu de la discorde qui règne dans la société, de la puissance de la fo rcé morale quand la force matérielle est partout impuissante, cette invitation a glorieusement atteint son noble but ; et par le spectacle inouï qu’elle offre en ce moment, Rome, la ville éternelle, le phare de la vérité, le centre de l’unité, le siége du Vicaire de Jésus- Christ, en donne une preuve sans réplique. Le tombeau d’un pêcheur et le tombeau d’un artisan,employer l’énergique pour langage de saint Jean Chrysostôme, ont ému les multitudes ; et la canonisation d’autres héros qui, eu des temps plus rapprochés de nous ont scellé de leur sang la vérité de la foi, ou se sont montrés des modèles de perfection p ar la pratique ardente de toutes les vertus, rend aujourd’hui leur triomphe encore plus éclatant et couronne par une pompe digne d’un si grand événement dix-huit siècles de g loire. Ces tombeaux, qu’entoure aujourd’hui une nouvelle magnificence, semblent répéter aux admirateurs des grandeurs e païennes qui voudraient les faire revivre, ces paroles qu’adressait, à la fin du II siècle, le prêtre Caïus à Proculus, hérétique montaniste : « J e puis te montrer les trophées des apôtres. S’il te plaît d’aller au Vatican ou sur la voie d’Ostie, où se porteront tes regards, ils rencontreront les trophées de ceux qui ont fondé cette Eglise. » Le triomphe de la foi, de l’unité, de la puissance inhérente au principe d’autorité, voilà ce qui produit les merveilles dont nous sommes témo ins. Deux autres fois, en des
circonstances bien douces pour un cœur religieux, n ous avons pu voir de grandes réunions de l’épiscopat catholique venu à Rome pour entourer le Pontife régnant au moment où il remplissait des fonctions augustes, et pour l’aider au milieu des difficultés qu’il avait à vaincre ; mais la réunion à laquelle il nous est donné d’assister aujourd’hui l’emporte de beaucoup sur celles qui ont eu lieu précédemment. L’Orient a voulu y être représenté dans toute la va riété hiérarchique de ses rites multipliés. Il nous a envoyé les Grecs, les Melchites, les Rumènes et les Ruthènes, les Syriens, les Chaldéens, les Maronites, les Arménien s, les Cophtes, pour protester de leur union dans la foi et la discipline avec la Chaire de Pierre. L’Occident a tressailli : de la Francetrès-chrétienne,de l’Espagnecatholique,des diverses nationalités de l’Autriche apostoliquedu Portugal et très-fidèle d’illustres évêques sont accourus en très-grand nombre. Il en est de même de l’Italie, de toutes les parties de l’Allemagne, de la Belgique, de la Hollande, de la Suisse, de l’Angleterre, de l’Irlande et de l’Ecosse ; de même encore des Amériques et de l’Océanie. Le Brésil et les Etats ou confédérations de l’Améri que méridionale, de l’Amérique centrale, de l’Amérique du Nord ont en ce moment à Rome leurs pasteurs et leurs docteurs. Il n’y manque même pas ceux qui exercent le ministère apostolique auprès des chrétiens soumis au joug des infidèles, ou auprès de ceux qui sont encore assis dans les ténèbres de l’erreur et à l’ombre de la mort. Les amis de l’Indien, du Chinois, du Mongol, du Tartare ; ceux qui appellent à la civilisation les tribus errantes et qui multiplient dans les terres désertes les fruits de la Rédemption, en enfantant des fils à Jésus-Christ ; nous les voyons aujourd’hui rassemblés sur les sept coll ines pour rendre manifeste la grandeur de l’Eglise, et évidente son universalité qui s’étend du point où le soleil se lève jusqu’au point où le soleil se couche. Il semble qu’après dix-huit cents ans de travaux et de luttes, le monde catholique a senti le besoin de venir à Rome pour retremper la force de sa foi sur la tombe des Princes des Apôtres, et pour offrir l’hommage de sa vénération à la personne de Pierre qui vit et règne en la personne de son successeur, le glorieux Pie IX. Ce ne sont point seulement les évêques qui sont venus à Rome apporter le tribut d’un si grand dévouement : à eux se sont joints plusieur s milliers de prêtres dont la vie est consacrée au noble et laborieux ministère du salut des âmes, et des myriades de fidèles de tout état et de toute condition, de toutes les nations que séparent les unes des autres les mers et les montagnes, et que distingue dans l’ unité de leur origine la diversité de types, de mœurs et de langage. Et nous comprenons quel sentiment conduit à Rome ces innombrables pèlerins, lorsque nous les entendons, à peine arrivés, entonner l’hymne d’action de grâces et bénir le Seigneur de les avoir rendus dignes de prier une fois sur la tombe de son premier vicaire et de pouvoir repartir fortifiés par la bénédiction de son successeur. » Qu’elle est donc puissante cette voix du successeur de Pierre ! Ses fidèles enfants ne sont point surpris ; mais nos frères séparés, émus, vivement impressionnés, ne peuvent comprendre ce fait étrange. 1 Un vénérable évêque missionnaire , venant du fond de la Chine, se trouvait à bord d’un navire avec des passagers de diverses nations. Il y avait des protestants, et parmi eux des personnages de distinction. Le costume chinois de l’évêque-missionnaire attirait les regards ; on l’entourait, on le questionnait : « Quoi ! lui disait-on, un simple désir du Pape suffit pour vous amener du fond de l’Orient ? — Oui, répondit le pieux pèlerin ; j’accours avec bonheur voir le Chef de l’Eglise cat holique, le souverain pasteur des âmes. Je viens des premiers, beaucoup d’autres me s uivront. Voyez donc quelle est la merveilleuse puissance de ce vieillard assis sur un trône qui vous semble vermoulu ! Il
parle, et l’Orient s’ébranle, que sera-ce de l’Occi dent ? » Le spectacle de cette obéissance spontanée, affectueuse, universelle, les laissait tous confondus et touchés. Le même évêque raconte qu’à chacune des stations du navire, à Hong-Kong, à Saïgon, à Singapour, à Pont-de-Galle, les missionnaires venaient le saluer, le prier d’être leur interprète et celui de leurs chrétiens auprès du Saint-Père et de leur rapporter à tous une particulière bénédiction. « Ces témoignages de sympathie, ajoute-t-il, se multipliaient à mesure que j’approchais du terme béni de mon voya ge. Il me serait difficile de vous décrire l’accueil fait à Marseille à l’évêque-missi onnaire allant à Rome. Le cercle religieux, qui dans cette ville opère un si grand b ien, m’offrit une fête charmante dont je 2 garderai le souvenir . » Il était beau le spectacle de tous ces pontifes ven us des extrémités de la terre pour attester, avec leur union au siége de Rome, l’unité de la foi ! Un ecclésiastique du Canada félicitait un vieil évêque de ce pays, du zèle avec lequel, à son âge, il était venu assister aux fêtes du Centenaire. « Je n’ai rien fa it qui vaille la peine d’être admiré, lui répondit l’évêque, car j’ai simplement traversé l’O céan en paquebot et l’Europe en chemin de fer. Mais voyez cet autre évêque ; il vie nt des extrémités des possessions anglaises du nord de l’Amérique, etil a dû faire quatre cents lieues à piedde avant pouvoir s’embarquer ! » Tous ces prélats, venus de l’Orient et de l’Occident, n’apportaient point seulement au Père commun des fidèles l’expression de leur vénération profonde et de leur filial amour. La plupart y joignaient encore des dons précieux et magnifiques. Les sommes déposées par eux à ses pieds au nom de leurs diocèses dépass ent quatre millions d’écus (vingt millions de francs). Quelques-uns ont offert des objets d’inestimable valeur. Le cardinal-archevêque de Besançon a présenté à Sa Sainteté un grand ostensoir orné de pierreries ; les évêques espagnols lui ont remis un vaisseau d’argent de plus d’un mètre de longueur, vrai chef-d’œuvre d’orfévrerie. Le les t de ce navire était formé de pièces d’or ; ses cabines contenaient des piles de monnaie d’or des principaux pays du globe.
1Mgr Languillat, évêque de Sergiopolis, vicaire apostolique de Nankin.
2Etudes religieuses, histor. et littér. ; par les PP. de la compagnie de Jésus. N° d’août 1867.
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