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Le chaos cultuel des civilisations

De
223 pages
Pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s'ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie est un des corollaires, l'auteur choisit d'opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères.
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LE CHAOS CULTUEL DES CIVILISATIONS ***

www.Iibrairieharmattan.com diffusi on.harmattan@wanadoo. fr harmattan 1@wanadoo. fr @L'Hannattan,2006 ISBN: 2-296-01919-6 EAN: 9782296019195

Daniel DESURVIRE

LE CHAOS CULTUEL DES CIVILISATIONS ***

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

FRANCE
L'Bannattan Hongrie Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa Fac. Sciences. Soc, Pol. et Adm. BP243, KIN XI
Université de Kinshasa

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12 BURKINA FASO

- RDC

Deux autres ouvrages fusionnent dans cette trilogie de l'auteur publiée aux éditions L'Harmattan:

* La religion du doute et du savoir ** Les religions des ténèbres Site: http://monsite.orange.fr/desurvire5
Autre bibliographie de l'auteur au volume !I!:

Introduction
Les limites de l'inqualifiable: un Livre sacré qui asservit la femme, appelle à la haine et à la guerre. Le titre de l'ouvrage porte au rouge le fer qui stigmatise la religion dans cette approche symétrique (causes, effets) autour des problèmes relatifs à l'intolérance cultuelle. Mais derrière ce diagnostic du malaise socio-cultuel, autrement dit, un fanatisme sur fond discriminatoire, se profile une forme inquiétante de la déchéance communautaire; celles des barbes foisonnantes de wahhabites et de salafistes qui endoctrinent, à grand renfort d'exhortations et d'anathèmes amphigouriques, des hordes de jeunes misanthropes en capuche rabattue et en mal de vivre. Cathartiques, illettrés, asociaux et polytoxicomanes, ces âmes blessées se réfugient volontiers dans un confessionnalisme réputé ami et protecteur, mais plus sûrement vindicatif et destructeur. Pourtant, aucun dieu, digne et respectable, ne saurait proférer des propos qui enseignent la haine et propagent la peur, car s'il en est Un au sens noble, Celui-là ne connaît que la concorde et l'amour (Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Matthieu, 22:39). Seull'allocentrisme, ferment de l'éclectisme, conduit à la sagesse et à l'amitié, alors que le fanatisme borné n'aboutit qu'à l'occultation du progrès, les belligérances et l'asthénie mentale.
« La conscience de l'homme, c'est la pensée de Dieu»

écrivait si joliment Victor Hugo. Autrement dit, la conscience s'érige en esprit supérieur quand elle émane du cœur. Il est rappelé plus bas que: « Quelle que soit l'interprétation de l'audelà ou de l'inconscient, bien mourir c'est avoir mérité durant son existence terrestre ». Or, placer une bombe, s'immoler ou se faire exploser pour tuer et provoquer des conflits au nom d'une religion, sont autant d'incuries intellectuelles dans la mélopée des prêcheurs fous, que de pusillanimité dans la politique des législateurs de gauche qui réprouvent, mais excusent. Pour Oscar Wilde, la violence est la puissance de l'impuissant. Il n'est donc pas possible d'être respecté ni aimé dans la vindicte, sinon par des sociopathes, sachant que le meurtre ne saurait être gratifiant. S'il est difficile de vivre en ayant perdu l'estime de soi, probablement est-il encore plus malaisé de quitter ce monde

Le chaos cultuel des civilisations

après s'être laissé déposséder de l'estime des autres, et en particulier de ceux qu'on aime. Pourtant, la vie est précieuse et son abandon volontaire ne saurait servir aucune cause qui soit admirable ou utile, si ce n'est, dans des cas extrêmes, le recours à l'euthanasie. Les Hébreux affirmaient que l'âme contient déjà tout l'Univers et qu'à ce titre, le vrai courage consiste à sauver toute vie humaine. Ce pourquoi un kamikaze ne saurait être considéré comme un combattant courageux, puisque dans son sacrifice fanatique, l'énergie est le plus souvent puisée dans les stupéfiants et la déprogrammation mentale. Pour en arriver à un tel désastre psychique, ces pauvres hères psalmodient à longueur de journée des versets chargés d'insultes, de menaces de mort et de promesses de vengeance, que des radios et des télévisions arabes relayent jusque dans les foyers palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie, dans les camps retranchés du Hezbollah libano-syrien (le parti de Dieu instrumenté par l'Iran), ou dans les sombres quartiers de la Casbah. Ces djihadistes, qui prétendent détenir leur courage d'Allah, n'ont même pas à redouter un adversaire physique dans un engagement loyal, car ces sinistres assassins fuient le combat, préférant tuer lâchement des civils sur les marchés, ou égorger des femmes et des enfants au hasard de leur folie enragée; ainsi le Groupe armé islamique (G.LA.). Comme la Pythie de Delphes, les prêtres de Carnac ou de Pharaon, les prédicateurs d'aujourd'hui règnent en éminence grise dans l'ombre de la puissance intemporelle d'un dieu. Par leur charisme et la peur qu'ils inspirent, les fondamentalistes de l'Islam parviennent à usurper leur propre religion, mettant ainsi en péril leur communauté qui aspire au progrès et à la paix. Nonobstant la résistance silencieuse d'une large majorité de Musulmans éduquée et socialement établie, c'est pourtant une petite minorité de fous qui occupe le terrain médiatique. Il est notoire que le monde mahométan devient la principale victime de ce désastre à l'échelle planétaire. Mais l'Islam a aussi besoin de revoir sérieusement sa copie pour que cette religion ne soit plus l'instrument de ces tueurs racistes qui reprennent à leur compte le Coran et la Sunna. Trop d'évocations au meurtre par des paroles d'intolérance contre les Juifs notamment, et des propos peu glorieux en direction des femmes font du Coran son contraire, c'est-à-dire, rien de très clément et miséricordieux. 6

Présentation

liminaire

Aux yeux des fondamentalistes de l'Islam, la charia doit être la matrice exclusive des lois. De sorte que ce droit n'est jamais l'émanation du peuple, mais le droit exclusif des exégètes du Coran. Ce pourquoi, la contre-offensive du libre arbitre sur le dogmatisme religieux constitue la seule thérapie durable contre l'embrigadement. Mais il est vain de rechercher une raison dans la déraison ou de la cohérence dans la paranoïa. C'est plutôt en remettant en cause le caractère sacré du Coran l'on peut espérer une prise de conscience. Faudrait-il aussi suggérer aux victimes du l'arabophobie d'examiner les causes de cette hostilité à leur endroit, et aux malades de leur propre racisme de comprendre ce qui les détruit; car si le racisme participe du mal-être social, cette plaie ronge âprement le sociopathe de l'intérieur. Gageons qu'il n'aurait guère été envisageable sous la sainte Inquisition de dénoncer publiquement le fanatisme de l'Église de Rome, sans s'exposer à une mort certaine. Alors pourquoi devrions-nous à présent fermer les yeux sur l'intégrisme meurtrier des islamistes activistes résolument hostiles à tout ce qui n'est pas musulman, ou à ceux qui ne plient pas à l'orthodoxie de préceptes surannés aussi cruels que les pratiques qui s'inscrivent dans la chari'a? Les lapidations festives des Musulmanes ligotées et plantées dans le sable jusqu'au buste par leurs odieux bourreaux afghans, traduisent toute I'horreur que nous inspirent ces tribuns barbus. Et sur la Corne d'Afrique, la flagellation publique de femmes ordonnée par les seigneurs féodaux en keffieh, mériterait bien plus que la qualification de comportement bestial, car chez les mammifères, les mâles ne violentent jamais les femelles! Plus près de nous, des adolescents, dont les Musulmans scolarisés dans la commune de Montreuil (93), furent invités en janvier 2005 à visiter les Camps d'Auschwitz Birkenau, lors de la commémoration du 60èmeanniversaire de la libération des quelques milliers de Juifs rescapés. Or, certains de ces élèves trouvèrent amusant de poser hilares et goguenards pour une photo-souvenir devant les vestiges d'un four crématoire! En transposant de sombres pages d'histoire à l'actualité du conflit palestinien, ces jeunes eurafricains écervelés se trompèrent notoirement d'époque, et choisirent bien mal leur exutoire de haine antisémite. Bien qu'exclus de leur collège pour avoir adopté une attitude outrageante dans ce lieu de souffrance et de 7

Le chaos cultuel des civilisations

recueillement, il reste que les propos implicitement antisionistes ou pro-palestiniens prônés par des intellectuels de gauche et de l'extrême droite, revêt des effets délétères sur les esprits simples de ces jeunes individus socialement dévoyés et incapables de discernement, quant à leur amalgame entre les dates et des faits. Pour se donner le droit de dénoncer ces horreurs sans s'exposer à un procès d'intention anti-arabe, faut-il encore ne pas craindre de fustiger la pensée unique et en découdre sur les défendus moralistes qui empêchent de parler vrai ou de penser plus loin. Peut-être, au nom de la tranquillité et de la prudence, y a-t-il plus de sagesse dans le sentiment contenu, ou de raison dans l'observance pusillanime du silence rompu à l'indignation? Fautil jeter cet ouvrage au panier afin de préserver son auteur et par là, ne pas exposer ce travail à une avanie publique? L'esprit préserverait-il mieux son intégrité si le germe dialectique du discours restait confiné dans l'imaginaire de son créateur? Si la dernière page d'un livre referme l'histoire sur son auteur, il renaît toutefois incidemment dans la pensée de chacun de ses lecteurs, lesquels ont rarement à l'esprit le cheminement qui s'impose à l'auteur pour que celui-ci se livre à eux. Mais il doit certainement se trouver quelque part une propédeutique moins empruntée pour s'exprimer par écrit, sans nécessairement devoir servir les causes entendues, ou flatter l'éthique des sages qui borne les jalons de la soi-disant dérive d'opinion. Pour exister de nouveau et autrement, il n'est donc pas question de réussir, d'obéir ou de flagorner, mais d'essayer. Cette gageurelà me séduit: débusquer l'imposture culturelle fabriquée par l'angélisme opportuniste et confortable des intellectuels de l'International socialisme et autre populiste rose ou vert-écolo1.
1 Noël Mamère illustre ce profil prêt-à-tout pour se démarquer de ses responsabilités. Par dérision ou frustration, cet ancien journaliste croit se ranger du côté des opprimés lorsqu'il fait campagne pour la dépénalisation des drogues, contre la double peine des délinquants étrangers ou du mariage des homosexuels à qui il n'a jamais demandé leur avis. Les comportements empruntés par ce frondeur tout azimut prennent une connotation séditieuse pour déjouer une prétendue dictature dans laquelle les pouvoirs publics seraient des oppresseurs, et sa présumée clientèle électorale de victimes (toxicomanes, émigrés 8

Présentation

liminaire

Parmi les apôtres de cette morale accommodante, on y trouve des bien-pensants à l'abri dans le bunker Place du ColonelFabien, ou dans les palais de justice à Créteil ou à Bobigny sous la défroque des juges rouges. D'autres, amphitryons de scène, s'agglutinent autour des exhibitions caritatives à l'occasion de shows radiotélévisés. Ces égéries excellent dans la générosité médiatique conceptrice de pub à bon marché, car productive d'un juteux retour d'investissement. Chacun, depuis sa chapelle, dispense ses principes désintéressés, toujours prêts à défendre la veuve et l'orphelin un grand soir d'audimat. Ainsi, partager une veillée sous les rampes des projecteurs avec des sans-papiers nubiens dans la nef de l'église Saint-Bernard, procède d'un effet d'annonce assez rentable en termes publicitaire et de médiamat. Mais en est-il un, parmi ces pygmalions et donneurs de leçons, qui accepterait de partager sa tour d'ivoire avec des clandestins? Servent-ils la soupe populaire lorsque la caméra n'est plus là ? Leurs chères têtes blondes fréquentent-elles l'école communale d'une cité-dortoir? cèdent-ils à bail leur placement locatif immobilier aux sans-papiers avec lesquels ils manifestent dans la rue ? De cette bourgeoisie propre et populaire, combien se reconnaissent-ils dans leur façon de vivre? Nonobstant les apparences, Danièle Mitterrand a-t-elle rendu service aux cent maliens qu'elle a éconduit de leur patrie en les arrachant d'un charter, alors que ce geste d'une générosité irresponsable épaule le trafic crapuleux des passeurs et esclavagistes: ceux-là même qui exploitent la misère du tiers-monde pour la perpétuer sur notre sol? A-t-elle, de ses propres deniers, logé, nourrit, trouvé un moyen de subsistance à ces réfugiés illégaux après les avoir ramenés en France? Où n'est-ce pas plutôt avec l'argent du contribuable que cette donneuse de leçon fait preuve de bonté? Ces doux rêveurs, nonobstant fort dommageables en matière de sécurité publique, sont toujours prêts à sacrifier la
clandestins, délinquants). En s'emparant de faits de société comme la destruction des plants transgéniques au côté de l' altermondialiste José Bovet, cet écologiste forcené n'a de cesse que de s'inventer des scénarii médiatiquement bien relayés qui ne profitent qu'à son ego. Prétendant défendre une cause misérabiliste, cet opportuniste trouve une jouissance malsaine à servir d'exutoire à un ridicule larmoyant. 9

Le chaos cultuel des civilisations

vraie vie à l'idéologie pateline de la nomenklatura néo-jacobine. Certains ont presque réussi, en usant des retournements de l'actualité en milieu sensible, à nous faire avaler la saga de l'agresseur agressé à l'occasion des courses-poursuites mortelles entre des gardiens de la paix taxés de bavures, et de jeunes voyous en fuite convertis en victimes de la traque! Pourtant, les forces de l'ordre sont quotidiennement la proie des brutalités des jeunes dans les quartiers urbains des zones sensibles, sans jamais que leurs agresseurs, y compris des pompiers et des médecins, soient qualifiés de racistes, nonobstant la montée en charge de la xénophobie étrangère depuis l'intérieur contre l'État français, (on siffle la Marseillaise sur les terrains de foot; le Gendarme Raphaël Clin à Saint Martin fut laissé pour mort en février 2006 après avoir été volontairement blessé, sans aucun secours des antillais qui se réjouissaient de voir mourir un blanc). La réponse sociétale ne se trouve pas forcément dans un patriotisme exacerbé à l'américaine, bien que ceci mérite encore réflexion. Mais il est avéré que la haine qu'arguent les jeunes issus des anciennes colonies ou de l'immigration, ainsi que les propos fielleux des imams turcs ou Maghrébins, constituent un chapitre nouveau dans I'histoire des brassages interethniques sur le vieux continent; alors que la Nation U.S., quasi totalement de souche eurafricaine et asiatique, est patriote. Ce constat de société, lourd de significations et chargé de sens, suscite des réactions qu'il serait dangereux de n'aborder que sous le seul angle pénal du racisme. En occultant les causes responsables de cette manifestation exogène, les politiques ne font que gauchir cette septicémie intracommunautaire. Or, c'est précisément ce tabou qu'il faudrait démystifier pour enrayer ce trauma social. En amalgamant la Cour des Miracles aux doux patfums communards des romances hugoliennes, ou en se projetant dans le décor rouge-anthracite d'un Germinal émouvant, ou mieux encore; en prêchant une magnanimité sourde et aveugle face au narcobusiness des drug dealers tueurs d'enfants (Voir infra, note 92), la gauche victorieuse de 1981, au fil de la génération Mitterrand, orchestra avec maestria le compromis populiste du non-interventionnisme intérieur de l'État français. Nonobstant la progression inexorable de la délinquance urbaine, faisant fi des imminents problèmes que constituent les populations à risque 10

Présentation

liminaire

évoluant dans les cités criminogènes noyautées par des foyers d'intégristes musulmans (l'avant-garde des recruteurs barbus à destination de camps d'entraînement terroristes en Mghanistan, en Iran, en Bosnie ou en Tchétchénie), la Gauche plurielle s'est longtemps soustraite à ses devoirs intérieurs. En échange d'une bonne conscience préservée de tout risque de confusion moral avec leur véritable statut social, bien des politiques laissent faire par pusillanimité et clientélisme. Mais je ne puis me résoudre à la fatalité des événements ni à l'irréversibilité d'une calamité fut-elle confessionnelle, sachant que 1'histoire, en son temps, a finalement eu raison de la xénophobie des Croisés. Il n'est pas une ethnie qui soit plus détestable ni inférieure aux autres, ou une religion qui détienne à elle seule la vérité in extenso, ni un système politique qui puisse convenir à tous les idéaux culturels. À ce titre, dans la résolution du 22 février 1993 (point 97 b, 47èmesession), l'Assemblée générale des Nations unies avait convenu: « Qu'il n'existe pas de système politique unique ni de modèle unique de processus électoral convenant également à toutes les nations et à tous les peuples, et que tous les systèmes politiques et les processus électoraux sont conditionnés par des facteurs historiques, politiques, culturels et religieux ». Tout est une affaire de responsabilité, de discernement, de courage politique et d'honnêteté intellectuelle. Pour nous y aider, notre perception des événements est influencée par une dose d'éthique judicieusement calculée par des comités de sages et des institutions indépendantes. Les anfractuosités intellectuelles de la pensée unique (tel le bolchevisme), la voie imposée par des brutes dogmatiques (telles les républiques islamiques) ou l'avidité des plus fortunés, conduit fatalement les sujets qui en sont victimes à transmettre à leur tour leur héritage d'intolérance, de frustration ou d'égoïsme. Parce que ces sinistres précepteurs charismatiques se croient investis d'une profession de foi sanglée de certitude, la société doit sans cesse réapprendre à user de son libre arbitre si elle veut préserver sa capacité de jugement ou d'entendement. Gageons que le doute exposé dans l'humilité et l'écoute, ainsi que la modération par l'ouverture et le respect, seraient bien meilleurs conducteurs de sagesse et de concorde dans ce monde mortifié de rage et d'intolérance, lequel n'a d'humain que l'individualisme et de charitable que l'exception. Il

CHAPITRE I Les religions à l'épreuve du bon sens
«

Nous n'avons pas besoin de votre dieu, parce que, chez nous, tout

est sacré. C'est la nature qui incarne le monde surnaturel ». Telle était la réponse des Ojibwa, Tlingit, Apaches; Navajo, Pueblo ou Hopi aux missionnaires européens qui venaient prescrire leur foi monothéiste.

10) Les cultes: déchéance intellectuelle et fléau sexiste?
La recrudescence du foulard islamique (hijab ou hedjab en arabe) n'est qu'un aimable prélude de la montée en charge des interdits religieux progressivement mis en place par le clergé musulman. La confiscation de la personnalité et de la singularité féminine en Islam commence dès l'école primaire, puis dans la vie publique comme sur les photos des pièces d'identité, dont le voile dénature et rend impersonnelle visage de la femme. Après les leçons scolaires séchées (en sciences naturelles, instruction civique, histoire), ce sont les cours de natation, de musique, de chant ou d'expression corporelle qui sont peu à peu proscrits aux Musulmanes par leur famille et/ou l'imam de quartier. Puis encore, d'autres disciplines durant les études en secondaire et à l'université (les sports collectifs, la biologie, la paléographie.. .), seront ostensiblement prohibées par des précepteurs intégristes. Même serrer la main d'un homme est jugé licencieux par l'orthodoxie musulmane. Certaines de ces femmes jusqu'auboutistes vont même jusqu'à refuser les épreuves orales des examens au prétexte qu'elles pourraient se trouver seule face à des professeurs de sexe masculin. Ces islamistes activistes agissent sciemment en prenant appui sur les pulsions du public. En se posant effrontément comme les victimes de la laïcité, ces derniers savent cependant habilement en détourner le sens pour mieux s'en réclamer quand cela les arrange. Ces manipulateurs affaiblissent ainsi la démocratie en la présentant contraire à leur culte. Dans cette escalade vers un obscurantisme programmé, les précepteurs de l' AI-Kitâb prétendent détenir dans les 114 sourates, toute la science qu'un bon Musulman doit savoir, rien de plus! C'est dire que ce qui n'est pas écrit dans le Coran est jugé dangereux pour le croyant et impropre à son éducation.

Le chaos cultuel des civilisations

Cette perception rétrograde du monde réel réduit les possibilités d'études, d'où, les chances de réussite des enfants de l'Islam2. Dans un ouvrage publié aux éditions Gallimard (Bas les voiles), l'anthropologue iranienne Chahdortt Djavann fait le procès du voile islamique: «J'ai porté dix ans le voile, c'était le voile ou la mort. Je sais de quoi je parle ». Par son émouvant réquisitoire, l'auteur fustige aussi les obséquieux génuflecteurs de l'Islam intégriste: «Certains intellectuels français parlent volontiers à la place des autres... Ils parlent du voile sous lequel ils n'ont jamais vécu ». Mais cette jeune femme voit encore plus loin, car sous ce symbole d'archaïsme, d'aliénation, de replis et d'abandon, le foulard islamique prend prétexte à invoquer la culture de l'identité, ou parodie la liberté pour mieux masquer la honte et la peur de la femme dès son enfance. De surcroît, selon l'auteur: «Les filles ne sont pas faites pour avoir du désir dans l'Islam, seulement pour être l'objet du désir des hommes ». Tandis que le nicab (voile intégral) condamne le corps féminin à l' enfermement avant même la puberté, la jeune femme - coupable de son sexe - demeure une menace pour la morale islamique. Cette analyse sur la phallocratie musulmane fut illustrée dans le film de Tafar Panahi «Le cercle », qui mit en scène la malédiction de naître femme en terre d'Islam. Le Professeur Abdelwahab Medded, de l'Université de Paris X, écrivit en février 2002 pour les éditions Seuil, un livre intitulé La maladie de l'Islam, qui traite notamment des dérives existentialistes de la religion musulmane. Dans un article publié dans le magazine Elle le 24 février 2003 (titré: Jeunes filles qui vous voilez, votre geste est régressif), l'auteur pense que ce
2 Dans les écoles coraniques les plus radicales des pays islamiques, la seule lecture autorisée demeure le Coran, voire les livres s'y rapportant (Voir au volume~, note 79). Bien des disciplines sont proscrites et interdisent aux enfants musulmans l'accession à un savoir équitable, leur permettant de s'élever intellectuellement et professionnellement. Ce handicap les place au ban de la société occidentale, de même qu'il contribue à l'appauvrissement économique et culturel le l'Islam. Ce théocentrisme réducteur (ainsi l'Imamat des Chiites, à distinguer de la Sunna) fait bien des émules partout en Europe, avec l'apparition des problèmes scolaires autour des contentieux du foulard islamique. 14

Les religions à l'épreuve du bon sens signe offense les femmes et marque une infériorité instinctuelle et statuée de la femme: « En se voilant, elles croient participer à la souveraineté d'une identité. Elles réclament qu'on les respecte pour leur différence, alors qu'en vérité, elles se lient au statut juridique mineur que réserve à leur sexe le droit coranique ». Le Professeur rappelle que, face à cette servitude volontariste, l'histoire de l'Islam a déjà témoigné son rejet. Un pamphlet rédigé en 1891 par l'Égyptien Kacem Amin, compara le voile islamique à un signe d'avilissement et exhorta les femmes: « À se détourner du fichu qui les réduit à la réclusion ». Des mouvements féministes audacieux s'en suivront, ainsi au Caire en 1926 à l'occasion d'un cortège de femmes, où celles-ci dans un geste symbolique, ôtèrent toutes leur voile du visage sur une scène de théâtre. L'auteur fustige les intégristes qui transforment la tradition en idéologie de combat, au nihilisme du corps et à l'esclavagisme sexiste: «Les petites différences sont absorbées par la satellisation qui uniformise. Le voile d'aujourd'hui, le même
de Djakarta à Paris, rend les femmes laides, rébarbatives, austères,

raides, militantes, uniformes, coupées de leur singularité. Il les fait ressembler aux moniales, qui ont voué leur vie à une réclusion les excluant du désir ». Puis d'ajouter: «Nous voilà entouré de femmes s'imposant des contraintes qui acclimatent l'enfer à la banalité des jours, au nom d'une foi dont elles ne
retiennent que l'archaïsme et le circonstanciel, oubliant les beautés

de la tradition et trahissant les promesses de la modernité ». Aujourd'hui, les Musulmanes n'ont guère leur place dans les magazines de mode, les revues de lingeries et de vêtements pour femmes, les défilés de prêt-à-porter ou de haute couture. La dernière tentative en date eut lieu début 2005 à Montreuilsous-bois, dont le thème portait expressément sur le port du voile, du tchador et d'étoffes hautement couvrantes. Or, le Député-maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard, proscrivit cette manifestation privée au motif que ce spectacle devait se dérouler devant un public exclusivement féminin. En l'occurrence, ce défilé de mannequins musulmanes revêtait, selon cet élu déjà en guerre ouverte contre les sectes, une forme discriminatoire et sexiste que même une municipalité historiquement communiste, donc plutôt favorable à la cause islamique, ne pouvait décidément pas tolérer en terre laïque. Le Conseil européen de la fatwa 15

Le chaos cultuel des civilisations

prétexte que: «Le port du voile est un acte d'adoration et une prescription divine ». Lorsque l'adoration amène une possédée à ignorer tout autre discipline que sa foi au mépris de ses devoirs citoyens, elle ne peut, de bonne foi, ignorer que son attitude provocatrice et son invitation prosélyte peuvent présenter un obstacle aux croyances d'autrui, plus précisément à l'école publique où le libre-arbitre est préservé par la laïcité garante des libertés. Quant à la prescription divine sur le voile (XXXIII.57) : « Ô Prophète! Prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants d'abaisser un voile sur leur visage, il sera la marque de leur vertu et un frein contre les propos des hommes », ou encore (XXIV .31) : « Commande aux femmes qui croient de baisser leurs yeux et d'être chastes, de ne découvrir de leurs ornements que ce qui est en évidence, de couvrir leurs

seins de voile... »), c'est bien de la concupiscencechamelle ou
de la jalousie morbide des hommes que les femmes de l'Islam doivent se prémunir. De sorte que l' hidjab ne symbolise ni n'atteste une preuve de dévotion à un dieu à la manière d'une croix chrétienne, de l'étoile de David ou du croissant de l'Islam. Autre déviation non moins significative, introduite sans légitimité par des déclamateurs arides, consiste à arguer un monolithismeconfessionnel: « Les enseignements de l'[sIam ne reconnaissent pas la contradiction et le morcellement dans la vie du Musulman attaché à sa seule religion ». Cette exigence, qui s'appuie sur le port indispensable du voile pour la femme comme une marque indéfectible de sa foi, ne serait pas spécifique à un lieu particulier, mais elle serait générale quel que soit le lieu ou la circonstance (cérémonials officiels comme à l'école). De sorte que ces précepteurs officient ne jamais avoir à observer les lois républicaines, d'où une incitation à la désobéissance civique de leurs ouailles, dès lors qu'elles ne conviennent pas à l'interprétation divine qu'ils croient détenir pour seule autorité: l'Islam étant leur loi, la seule qui prévale sur Terre. Il en résulte que le morcellement, que ces imams estiment ne jamais devoir subir, vient précisément de leur propre intolérance cultuelle. Un observateur extraterrestre avisé ne comprendrait pas pourquoi le genre humain se querelle et se bat à cause de déguisements, ou pour des motifs aussi puériles que les images 16

Les religions à l'épreuve du bon sens virtuelles qu'il arbore; autant de symboles inventés par des religions et imposés par des précepteurs de croyances, lesquels passeraient sans doute à ses yeux pour débiles! Ainsi, dans les localités fortement islamisées de France, les jeunes filles sont confrontées à deux situations incohérentes: soit elles portent l' hidjab dans la rue, même en l'absence de conviction religieuse (auquel cas elles s'empressent de le poser une fois sorti de leur quartier), mais elles sont assujetties à un rigorisme sectaire et à l'enfermement psychologique; soit elles sortent du quartier la tête nue, et elles deviennent la proie de la vindicte sexiste de voyous allumés ou possédés par une forme d'islamisme idolâtre (insultes, menaces et brutalités parfois meurtrières). De sorte que le voile - paradoxe dans un pays de liberté - devient tout à la fois une protection et une prison de femme. La force perverse de l'intégriste s'examine comme une veulerie seulement capable de dominer les plus faibles, c'est-à-dire par l'embrigadement des jeunes écervelés et une domination physique du genre féminin. Le sexisme à connotation cultuelle s'apparente à un racisme primaire, en cela que le phallocentrisme couvre tout une symbolique discriminatoire et odieusement esclavagiste, bien qu'admise naturellement dans le monde musulman baigné dans la farouche observance de leurs Écritures sacrées. En regard des menaces qui pèsent physiquement sur sa personne et sa famille dans une société opiniâtrement hostile aux femmes - celle qui ose militer pour le droit des femmes à exister dans un monde résolument machiste, - je rends ici un hommage appuyé au courage de l'avocate Chirine Ebadi, prix Nobel de la paix 2003 et représentante iranienne des Droits de l'homme, autrement-dit, au pays du «non-droit de la femme ». Car la menace n'était pas vaine quand l'ignoble béotien Ruhollah Khomeiny lançait sa latwa contre quiconque oserait braver le code de miséricorde divine: « Que l'on coupe les sales langues des infidèles» ! Si le statut de la femme déclina avec l'immuabilité rétablie de la charia, les pères de l'Église, durant quinze longs siècles, ne se montrèrent guère aimables avec la compagne de I'homme. Elle fut longtemps jugée inférieure, proche des démons, frivole et peu douée. Pourtant, Jésus - qui eut des rapports féministes avec Marie Madeleine - témoigna de la compassion pour la femme quand Il arrêta de la main ceux qui lapidaient une épouse 17

Le chaos cultuel des civilisations

adultère en leur signifiant: « Que celui qui n'a jamais péché lui
jette la première pierre ». Cette leçon ne fut pas observée par Saint Paul qui s'illustra par des propos misogynes: «Que les femmes se taisent dans les assemblées [.. .J. Je ne vois pas dans quel but la femme aurait été faite, si ce n'est afin d'enfanter...»! Saint Jérôme, quant à lui, dénonça le péché de chair. C'est ainsi qu'au siècle dernier, la chemise conjugale de lin, large, épaisse et couvrante, était encore en usage chez les bons chrétiens de province, laquelle permettait à l'aide d'une entaille prévue au bon endroit, de procréer sans exceller dans le plaisir conjugal interdit. De nos jours, nul n'imagine l'inconfort et les profondes lésions qu'infligeait la ceinture de chasteté au Moyen-Âge sur les pauvres épouses ferrées de la taille à l'entrecuisse. Ce carcan assurait, aux preux chevalier durant leurs croisades, l'abstinence sexuelle de leur belle. L'histoire ne dira jamais si cette pratique, prétendument volontaire, ne faisait pas parti d'un cérémonial avec remise de la clé à un gardien du temple nuptial que l'Église préconisait comme un congrès (premier rapport sexuel assisté), le preux mari étant plus soucieux de son honneur conjugal que de savoir s'il reviendrait un jour en vie pour délivrer sa compagne! Dans le Midrash, il est écrit: « Quand Eve a été créée, Satan a été créé avec elle...»,. «C'est par la femme que le péché a commencé et c'est à cause d'elle que tous nous mourrons» ajoute le Lévitique. Dans ce contexte simplificateur, la loi mosaïque (la Halakhal) tend aussi à l'enfermement des femmes réputées la source de tous les maux dans les foyers conjugaux. C'est ainsi que la prière du matin s'achève pour le mari par un remerciement à Dieu pour l'avoir fait homme et non du sexe féminin! Ce fut le Grand rabbin Hillel qui déclama: «Autant de femmes, autant de sorcières ». Par ailleurs, la Rabbinic Court Juridiction Law de 1953 reconnaît toujours aux tribunaux rabbiniques une compétence exclusive pour les Juifs qui sont citoyens d'Israël ou qui y résident. Ces juridictions appliquent la loi juive (halakhah) qui confine les femmes dans un statut juridique nettement inférieur à celui des hommes. Elles ne peuvent occuper de fonction judiciaire, ni ne peuvent témoigner. L'épouse occupe un rôle purement passif, aussi bien dans le mariage que dans le divorce où, seul le mari peut répudier sa conjointe. Les jeunes Israéliens et israéliennes, en particulier à 18

Les religions à l'épreuve du bon sens Tel-Aviv, même issus de familles juives orthodoxes, supportent mal aujourd'hui les exigences confessionnelles que leur inflige leur communauté, les règles de vie drastiques (les prescriptions, les rituels, les costumes ashkénazes ou séfarades, les modes alimentaires casher, etc.), notamment pendant le shabbat; et beaucoup renoncent franchement à la pratique de leur religion. De sorte que tous les cultes monothéistes, chacun à leur manière, en leur époque et plus ou moins longtemps, ont contribué à l'avilissement de la condition féminine. Si l'on excepte Marie, ce dieu machiste ne fut jamais féminin dans aucun de ces cultes. Des religions aux croyances païennes, la place d'une déesse (muse, nymphe ou ondine) se situe plutôt au second rang dans la hiérarchie des déités. Mais dans les esprits phallocrates depuis l'Antiquité à nos jours, le mystère de la procréation, qui demeure un don de la femme, fut peu vénéré. Face à ce pouvoir magique d'accoucher de la vie, la société de tradition patriarcale voulut vraisemblablement compenser cette aptitude naturelle de la maternité par la brutalité guerrière. Au Pendjab, en Iran ou au Pakistan, des médecins acquis aux traditions misogynes tribales, avortent les femmes, après échographie des fœtus femelles, pour réduire le nombre de femmes par clan. La Chine paie à présent cette ségrégation sexiste où il n'existe que peu de femmes dans les village; là où l'on jetait dans le ruisseau des bébés femelles. Si les mondes sémites et chrétiens ont su corriger ces errements, l'Islam, qui naguère n'était pas hostile aux plaisirs de la chaire, s'enferme maintenant dans un ascétisme intellectuellement éculé. Dans le révoltant opuscule des Quinze commandements des Talibans, faisant suite à la prise de Kaboul le 27 septembre 1996, les islamistes ultra-orthodoxes avaient officiellement promulgué des règles de vie draconiennes pour promouvoir le bien (entendu les seuls canons du Coran) et éradiquer le mal (entendu les femmes). Pour faire court, je n'ai retenu ici que les cinq chapitres concernant la néantisation de la femme afghane: 1°) « Il est interdit aux femmes de travailler (sauf dans le corps médical pour y soigner que des femmes) et de sortir dans la rue sans qu'elles soient couvertes des pieds à la tête du tchadri » ; 2°) « Il est interdit aux conducteurs de véhicules (entendons que des hommes au volant des véhicules) de transporter des femmes non voilées de la tête aux pieds ou portant le simple tchador 19

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iranien. Toute infraction sera punie de prison pour le chauffeur et le mari de la contrevenante sera également sanctionné» ; 12°) «Il est interdit aux femmes, de laver le linge dans les rivières et dans les déserts (en un lieu retiré). Les contrevenantes seront ramenées chez elles et leurs maris également punis» ; 13°) « Il est interdit de confectionner des habits féminins (sauf les femmes elles-mêmes). Les tailleurs seront emprisonnés» ; 15°) « Il est interdit de jouer du tambour, de chanter, de danser durant les mariages. Les coupables seront tous punis ». À cela s'ajoute un florilège d'avenants aux règlements sexistes, notamment l'interdiction aux femmes de sortir de chez elles à pied sans permission, de téléphoner hors de la présence de leur mari, de conduire une automobile, de s'instruire et lire des ouvrages ne se rapportant pas au Coran (car ce n'est que magie et sorcellerie), s'adonner à des loisirs artistiques, au sport... Enfin, ces tortionnaires d'Allah étaient mandatés pour juger les contrevenantes sur le champ, exécuter leurs propres sentences comme amputer les oreilles des femmes et les exécuter en cas d'inobservation sur simple dénonciation. Hormis l'obligation de porter la résille aux yeux, aucune partie - même infime du corps ou des cheveux - ne devait être visible. Elles étaient confinées chez elles et les vitres peintes en noir pour qu'elles soient invisibles; elles-même ne pouvant socialement exister. Mais aujourd'hui, rien n'a vraiment changé pour la femme, sachant que les combattants talibans sont aux portes de Kaboul, dernier bastion précaire sécurisé par les forces de l'O.N.V. et le très contesté Président d'une seule ville: Pashtoun Hamid KarzaÏ. Pour les jeunes Musulmanes qui conjecturent défendre symboliquement leur liberté par le port du voile dans les pays libres d'Occident, je les convie à lire ce morceau d'anthologie de Purvin Darabi, sœur d'une jeune femme lâchement abattue par les intégristes iraniens (les gardiens de la Révolution): « Rage against the Veil» (publié par Prometheus Boobs) ! Car voici la véritable finalité de ce carcan de tissu noir qui prive le visage des femmes de leur personnalité; cette face cachée du hijab qui s'apparente plutôt à une muselière ou à une bride: « Femme, mobilisez-vous! Combattez ceux qui croient que vous
êtes mauvaise quand une rive de vos cheveux est montrée. Vous

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Les religions à l'épreuve du bon sens n'êtes pas corrompue, et n'avez pas besoin de couvrir votre visage.

Vous n'êtes pas coupable et ne devriez pas être enchaînée. De cette condition-là, vous n'avez nul besoin aussi longtemps que vous êtes vivante, ni de vous soumettre et de croire que vous n'êtes rien dans ce champ de rêves ». (Ode aux Iraniennes). Mais ce sexisme mortifère trouve aussi ses ténébreuses racines durant les longues périodes de l'Inquisition papale et dominicaine. À ce propos, l'excellent petit livre de Françoise d'Eaubonne (Le sexocide des sorcières publié aux éditions «L'esprit frappeur» en juin 1999), fait un inventaire jamais exhaustif de l'infâme barbarie des nonces apostoliques et autres hallucinés de la foi catholique qui aura frappé plus massivement les femmes que les hommes, et cela jusqu'au XVllèmesiècle. Ces exterminations, notamment orchestrés sous le pontificat d'Innocent VIII (surnommé le bénisseur du Maillet des sorcières selon Henry Institor et Jacob Spernger), illustrent la dureté implacable et la tradition misogyne de cette sombre page de la chrétienté, qui incendia une grande partie de l'Europe occidentale sous la hache pastorale - mais acérée - de l'Ordre des frères prêcheurs. Les guides spirituels fondamentalistes ont tout à gagner de l'ignorance de leurs ouailles avec lesquels ils s'entendront encore mieux. En affaiblissant leur culture, en atrophiant le désir d'accéder à une instruction éclectique, les fidèles concentrent ainsi tout leur potentiel dans le recueillement ascète, refuge providentiel de leurs espoirs; surtout lorsque la religion promet l'impossible sur Terre ou qu'elle tient des propos flatteurs que beaucoup aspirent et veulent entendre3. Il est notoire que les gens dépourvus d'enseignement finissent par haïr le savoir des
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Il réside toujours quelque part, au plus profond de chacun et à un moment inattendu de sa vie, un désir d'adhérer au surnaturel, de se sentir envoûté par une puissance paranormale, protectrice et spirituelle. C'est l'attente irraisonnée d'une révélation, une inconditionnelle appétence de l'indicible, un besoin d'apaisement Mais lorsque cette manifestation se propage dans les bidonvilles et les bleds du Maghreb, qu'elle vient à se jouer des ventres creux, c'est de nourriture spirituelle dont se gavent les foules affamées qui tentent désespérément d'oublier leur misère dans les mosquées, là où des imams font rejaillir la responsabilité vers ceux qui détiennent et prospèrent dans le monde inaccessible des Blancs. 21

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autres qui les écrase. Les religions tiers-mondistes qui tendent à convertir des âmes dans une large fourchette sociale, ne peuvent retenir cette catégorie de populations faméliques qu'à travers une prescience étroite et commode à appréhender. Cette quête spirituelle suppose un rejet patent de la culture universelle, d'où une fracture mortifiante entre le monde moderne de l'érudition, et l'obscurantisme des masses populaires asservies par leur propre ignorance. Le maintien forcé de l'asthénie socio-cultuelle creuse une stérilité mentale profonde et parfois irréversible chez de nombreux sujets impossible à reprogrammer dans un autre environnement. De sorte que même l'exile leur est inaccessible, faute de pouvoir communiquer avec un autre monde que le leur. En retour, une personne érudite sera plus réfractaire à une lecture au premier degré ou à la lettre des saintes Écritures. Instruit et pondéré, I'homme moderne ne se prête guère aux discours irrationnels, aux histoires inacceptables ou à des contes peu plausibles. Si le commun des mortels a une prédisposition naturelle à se laisser bercer par la rhétorique des cultes, les Livres sacrés enferment beaucoup trop de fables extravagantes pour des personnes sensées, évidemment incrédules aux petits chérubins asexués et aux effroyables diablotins cornus! Quant au décodage philologique des paraboles bibliques ou autres calembredaines de source hiératique, il faut beaucoup d'imagination naïve et peu d'exigence intellectuelle pour leur donner un semblant de réalisme. Il demeure que les sectes puisent dans ce créneau d'ingénuité leur meilleure clientèle en offrant une vision plus pragmatique du divin, laquelle s'apprête mieux aux aspirations modernes de leur clientèle. Alternative aux religions archaïques, les pratiques occultes et hautement suggestives qui procèdent de manipulations transgressistes sous l'ascendance de gourous, cicérones et autres illusionnistes du surnaturel4, se révèlent tout aussi dangereuses. Constamment en
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Il est notoire qu'un grand nombre de clans agnostiques, de clubs ésotériques ou de coteries en habit solennel prospèrent en Occident, aux dépens du christianisme historique enraciné dans I'hémisphère Nord. En revanche, les religions de terroir africain ou moyen-oriental, en particulier l'Islam, qui se fixent solidement dans les États du tiersmonde, ne laissent aucune place à tout autre développement spirituel. 22