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Le choix impossible de la Fraternité Saint-Pie X

De
130 pages
Huguette Pérol évoque, à l'aide de nombreux documents de référence, les débats et la crise qui survint au sein de la Fraternité Saint-Pie X, au lendemain du concile Vatican II, quand les successeurs de monseigneur Lefebvre refusèrent les propositions de Rome. Tout au long des siècles, l'Eglise a connu d'autres crises. C'est autour du pape et des conciles que la catholicité a pu sauvegarder son unité dans le respect des légitimes diversités.
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Au lendemain du concile Vaïcan II, un débat s’engagea dans l’Église catholique, entre ceux qui se voulaient fidèles à la tradiïon et ceux qui étaient surtout aTenïfs aux réalités de notre temps. Quand le pape Benoît XVI proposa à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de revenir en pleine communion avec le Saint-Siège, nombreux furent alors ceux qui espérèrent une réconciliaïon entre tous les catholiques. Malheureusement, les successeurs de monseigneur Lefebvre refusèrent les proposiïons de Rome et certains d’entre eux en vinrent à de vives polémiques visant le pape et les catholiques qui lui sont restés fidèles. HugueTe Pérol évoque ces évènements, en se référant à de nombreux documents révélateurs et rappelle que, tout au long des siècles, l’Église a connu d’autres crises. C’est autour du pape et des conciles que la catholicité a pu sauvegarder son unité dans le respect des légiïmes diversités.
Huguete Pérol
Photo de couverture : Flickr creaïve commons © Renaud Camus, : Louis Barillet, 1880-1948, vitrail de la Rédempïon, 1926, transept nord, basilique Notre-Dame de Montligeon, La Chapelle-Montligeon, Orne, Basse-Normandie
ISBN : 978-2-343-07989-9 14 €
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Le choix impossible de la Fraternité Saint-Pie X
Huguette Pérol Le choix impossible de la Fraternité Saint-Pie X
Fidélité ou sectarisme ?
Du même auteur Gilbert Pérol. Un diplomate non conformiste, L’Harmattan, 2014. Syrie, le chemin de Damas, N.E.L., 2013. Secrets de princes, N.E.L., 2009. Un ami hongrois, L’Harmattan, 2007. La Maison de famille, L’Harmattan, 2007. Retour à Bahia, Clovis, 2006. La Tempête apaisée, F.-X. de Guibert, 2006. Une femme russe, L’Harmattan, 2004. Ouragan sur le Vatican, Clovis, 2003. Paris m’a dit en confidence, Kobunsha Japon, 2003. Femme d’ambassadeur, F.-X. de Guibert, 2002. Le Témoin gênant, Averbrode, 2002. Lepante, les galères du Christ, Clovis, 2001. Le Secret de la pierre qui danse, Clovis, 2001. Secrets de femmes, Mino Tabaka-Japon, 2000. Le Dernier Mamelouk, Clovis, 1999. Les Sans-papiers de l’Église, F.-X. de Guibert, 1996. Le Grand Dérangement, Clovis, 1996. L’Ombre de la pieuvre, Rageot, 1994. F… comme Farnese, publ. Amb. de France, Rome, 1991. La Loi du plus fort, Rageot, 1989. Le Jeune Mamelouk, Clovis, 1988. La Reine sorcière, Rageot, 1984. Le Lion découronné, Flammarion, 1983 - réédition L’Harmattan, 2006. Rendez-vous à Hong-Kong, Rageot, 1983. Les Cœurs rouges, Flammarion, 1982. Le Pays des femmes-oiseaux, Rageot, 1980. La Jungle de l’or maudit, Rageot, 1978. L’Herbe de Bouddha, Rageot, 1977. Je suis un fedayin, Stock, 1976. Je rentrerai tard ce soir, Rageot, 1975. Le Grand Exode de François d’Acadie, Rageot, 1970. L’Auberge des guerilleros, Rageot, 1967. Contes et légendes d’Éthiopie, Nathan, 1966 – réédition L’Harmattan, 2006.© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07989-9 EAN : 9782343079899
AVANTPROPOS
Dans les années qui suivirent Vatican II, la façon dont furent interprétés et vécus ses enseignements suscita des tensions entre ceux qui, dans l’Église, étaient soucieux d’ouverture aux réalités de notre temps et ceux qui voulaient rester fidèles à la Tradition, en particulier dans le domaine de la liturgie. C’est dans ce contexte que j’avais écrit « Les sanspapiers de l’Église » (FX de Guibert 1996) une enquête qui prenait sa source à Ecône, nous conduisait en Amérique Latine, en Inde, aux Philippines, en Afrique, dans les Pays de l’Est, là où la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X – FSSPX  avait planté ses prieurés. Un vaste tour du monde qui s’achevait dans la Maison d’Albano proche de Castel Gandolfo –la résidence d’été des papes – et de Rome, le but de ce long voyage.
À Albano, on disait alors que « la Tradition ne peut qu’être romaine » et les fidèles de Monseigneur Lefebvre souffraient de ce qu’ils ressentaient comme une injustice.
La lettre du Cardinal Thiandoum qui préfaçait mon livre évoquait le souvenir de Mgr Lefebvre en ces termes : « un véritable homme de Dieu, voué à l’Église, dont la devise épiscopale très parlante était : « Et nous, nous avons cru à la charité ». Ce qui amenait l’Archevêque de Dakar à
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souhaiter que « le jubilé de l’an 2000 aide à poser des actes de réconciliation qui soient à l’honneur de l’Église ». En écrivant « Les sans papiers de l’Église » je pensais à tant de Catholiques qui, comme moi, souffraient alors des dérives et abus répandus dans trop de paroisses. Les prêtres et les laïcs en charge des messes dominicales y avaient intro duit des nouveautés où, comme beaucoup de fidèles, je ne reconnaissais plus la liturgie de mon enfance. Et le curé du village où se trouvait notre maison de famille avait été jusqu’à jeter les statues des saints à la décharge, ce qui avait choqué les habitants de la commune, en particulier le maire qui alla luimême prendre ces statues pour les ramener dans l’église. Dès son élection au Siège de Pierre, Benoît XVI proposa à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X de revenir en pleine communion avec Rome et il prit des décisions importantes en faveur de l’unité de l’Église. On espéra alors une récon ciliation entre tous les Catholiques et ce fut le thème d’un second livre : « La tempête apaisée » (FX de Guibert 2006). Le soustitre de cet ouvrage « Reprise du dialogue entre Rome et Ecône » faisait suite à l’annonce d’une rencontre entre Benoît XVI et Mgr Fellay, en août 2005, qui avait rallumé un espoir mis jusquelà en veilleuse. Dans l’atmos phère paisible d’une fin d’été romaine le courant semblait enfin rétabli. Mgr Fellay avait confirmé « le climat serein de l’audience » dans lequel il voyait « l’occasion pour la Fraternité de manifester qu’elle avait toujours été attachée au Saint Siège et le serait toujours à la Rome éternelle ». Interrogé par un journal italien (« Il giornale » 30 août 2005) l’abbé Schmidberger, un proche de Mgr Lefebvre, avait déclaré
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entre autre : « Le premier pas sera la libération de l’usage du missel de Saint Pie V, puis la levée des excommunications ».
Dans les mois qui suivirent, Benoît XVI rendit à la messe de Saint Pie V la place qu’elle mérite, il leva les excom munications et il proposa des conversations doctrinales sur l’interprétation du dernier concile.
Il est grave que ces gestes du pape n’aient pas été compris. Il y a plus grave encore : après avoir refusé la main qui leur était tendue, certains responsables de la FSSPX se laissèrent aller à des prises de position de plus en plus agressives contre le SaintSiège et contre la personne du Souverain Pontife. Dès l’élection du pape François, « La Porte Latine », organe officiel de la FSSPX, se livra à des critiques systématiques à propos de chacune de ses initiatives. Prompte à dénoncer certaines de ses déclarations, de ses attitudes ou d’une visite jugée inopportune, elle semblait se désintéresser de son action pour la paix dans le monde. Je pense notamment aux malheurs qui frappent les populations de la terre où naquit Jésus, cette terre d’où partit le message d’amour universel de l’Évangile. Pourquoi ne pas soutenir les prises de position courageuses qui réconfortent tant de familles opprimées par la guerre et qui donnent l’image d’une l’Église de Rome fidèle au message d’amour du Christ ?
Plus de vingt ans après ma rencontre avec Mgr Lefebvre, je lui reste profondément reconnaissante pour ce qu’il a tenté de faire pour rester fidèle à la Tradition. Mais je constate avec tristesse l’attitude de certains de ses successeurs qui, dans leur légitime souci de fidélité à la Tradition, en viennent à se croire les seuls dépositaires de la foi catholique.
Au lendemain du concile Vatican II, beaucoup d’évêques et de prêtres n’avaient pas compris pourquoi tant de fidèles
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regrettaient la liturgie traditionnelle. Maintenant, ce sont certains responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X qui semblent ne pas comprendre l’attachement au Saint Siège d’une immense majorité de catholiques. Les dangers qui menacent le plus l’Église ne viennent pas toujours du dehors, ils sont parfois en ellemême, en nous mêmes. Devant le fossé qui s’est creusé, peuton encore aujourd’hui espérer un retour à l’unité de tous les Catholiques, dans le respect des légitimes diversités ? Sur cette question, l’Histoire de l’Église nous apporte un éclai rage qui peut nous réconforter. Elle nous apprend que tout au long des siècles, il y eut entre les chrétiens des débats, des tensions, des divisions et que ce fut toujours autour du pape et grâce à lui que l’Église catholique est restée une en même temps que diverse.
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CHAPITRE ILA CRISE
Le Christ avait confié son message aux apôtres et, au lendemain de la Pentecôte, c’est ce message que l’Église naissante a annoncé tout au long des siècles. Elle l’a fait à travers des civilisations et des évènements politiques très divers.
Cette mission, l’Église l’accomplit plus ou moins parfaite ment, étant divine par la parole qu’elle a reçue, mais humaine par le « personnel » qui la compose. Il y a eu des saints papes, d’autres qui l’étaient moins et ceux qui dans l’Église exercent des responsabilités n’échappent pas toujours à ce que saint Éphrem appelait « l’esprit de domination et de vaines paroles ».
L’Église doit présenter le Mystère du Christ en tenant compte des courants de pensée et des réalités sociales de chaque époque. C’est dans cette perspective que le pape Jean XXIII décida de convoquer Vatican II. Après les boulever sements qui avaient suivi la Seconde Guerre mondiale et les crises entraînées par la décolonisation il était opportun que l’Église catholique s’efforce de voir comment elle pourrait annoncer son message dans un contexte nouveau.
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