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Le Québec en quête de laïcité

De
164 pages
La question de la laïcité suscite depuis quelques années des débats passionnés au Québec comme dans la plupart des pays occidentaux. Place de la religion dans l’espace public, égalité hommes-femmes, intégration des immigrants, elle touche à des enjeux importants qui sont au coeur de notre modèle de société.
Les auteurEs rassemblés dans ce livre ont tous en commun de partager une perspective libérale et progressiste de la société, à travers des valeurs de justice sociale, d’égalité et de respect des libertés individuelles. Ils ne partagent cependant pas la même conception de la laïcité et leurs positions, divergentes, permettent au public de saisir les différents enjeux reliés à la laïcité au Québec.
Quel modèle souhaitons-nous pour la société québécoise? Une « laïcité stricte », calquée sur le républicanisme français, ou une « laïcité ouverte », inspirée du communautarisme britannique? Car depuis la « crise des accommodements raisonnables » et le rapport de la commission Bouchard-Taylor, un malaise persiste qu'aucune loi n'est venue dissiper. Faut-il maintenir le crucifix à l'Assemblée nationale? Doit-on interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques? Le cours d'Éthique et de culture religieuse est-il le cheval de Troie du multiculturalisme canadien?
C'est avec vigueur que toutes ces questions, et bien d'autres, sont débattues dans ce livre présenté par Normand Baillargeon comme une « précieuse contribution à la conversation démocratique ».
Avec la participation de Michèle Asselin, Daniel Baril, Normand Baillargeon, Françoise David, Ruba Ghazal, Jean-Marc Larouche, Louise Mailloux, Yvan Perrier, Jean-Marc Piotte, Marie-Michèle Poisson, Guy Rocher, Louis Rousseau, Nathalie Roy et Daniel Weinstock.
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Extrait de la publicationLe Québec en quête de laïcitéLe Québec en quête
de laïcité
Sous la direction de
Normand Baillargeon et Jean-Marc Piotte
Extrait de la publicationCoordination de la production : Anne-Lise Gautier et
Barbara Caretta-Debays
Maquette de couverture : Christian Bélanger
Photographie : Pierre Rondeau
Typographie et mise en pages : Yolande Martel
Tous droits de reproduction et d’adaptation réservés ; toute repro duction
d’un extrait quelconque de ce livre par quelque procédé que ce soit, et
notamment par photocopie ou microflm, est strictement interdite sans
l’autorisation écrite de l’éditeur.
© Éditions Écosociété, 2011
ISBN 978-2-923165-77-6
eDépôt légal : 3 trimestre 2011
LeS ÉDITIoNS ÉCoSoCIÉTÉ
C.P. 32052, comptoir Saint-André
Montréal (Québec) h2L 4Y5
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales
du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre :
Le Québec en quête de laïcité
Comprend des réf. bibliogr.
ISBN 978-2-923165-77-6
1. Laïcité – Québec (Province). 2. Religion et société civile – Québec
(Province). 3. Religion dans les écoles publiques – Québec (Province).
4. Femmes et religion – Québec (Province). 5. espace public (Science
politique) – Québec (Province). I. Baillargeon, Normand, 1958- . II.
Piotte, Jean-Marc, 1940- .
BL2747.8.Q42 2011 211’.609714 C2011-941554-2
Nous remercions le Conseil des Arts du Canada de l’aide accordée à notre
programme de publication. Nous reconnaissons l’aide financière du
gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour
nos activités d’édition.
Nous remercions le gouvernement du Québec de son soutien par
l’entremise du Programme de crédits d’impôt pour l’édition de livres (gestion
SoDeC), et la SoDeC pour son soutien fnancier.
Extrait de la publicationTable des matières
Note de l’éditeur ..................................9
Introduction ....................................11
NormaNd BaillargeoN
première partie
La laïcité : quel modèle pour le Québec ?
La laïcité de l’État et des institutions publiques ........23
guy rocher
Laïcité ouverte ou laïcité stricte ? Une critique de la
Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste .......32
daNiel WeiNstock
La laïcité sera laïque ou ne sera pas ..................43
daNiel Baril
deuxième partie
La religion dans l’espace public
Croyez-le ou non, mais au Canada…
Dieu est ton droit ! ...............................57
yvaN Perrier
Le voile et le crucifx ............................. 60
JeaN-marc Piotte
Extrait de la publicationLaïcité et société postséculière… déf ou hérésie ? ......79
JeaN-marc larouche
Des convictions et des doutes ......................84
FraNçoise david
troisième partie
L’école et la religion :
le cours Éthique et culture religieuse
Le cours Éthique et culture religieuse.
De sa pertinence dans un État laïque ................99
louis rousseau
Arguments contre une propagande .................109
marie-michelle PoissoN
quatrième partie
Le port du voile et la question des femmes
La Fédération des femmes défend la cause
de toutes les femmes ! ...........................121
michèle asseliN
Une laïcité menacée .............................129
louise mailloux
Pour replacer le débat sur la laïcité au Québec
dans son contexte ...............................144
ruBa ghazal
Conclusion ....................................155
JeaN-marc Piotte
Biographie des auteurs ...........................160
Extrait de la publicationNote de l’éditeur
Les textes présentés dans cet ouvrage sont, pour la
plupart, issus d’un colloque organisé par la revue À bâbord ! à
l’UQAM, à l’hiver 2010, intitulé Le Québec en quête de
laïcité. Il s’agissait, comme le précise Normand Baillargeon
dans son introduction, de « participer à la grande
conversation démocratique » et de « détabletter » le controversé
rapport Bouchard-Taylor en réféchissant sur les différents
modèles de laïcité, à partir de valeurs communes «
libérales, de gauche ou progressistes ».
Sensibles à ce débat que nous jugeons important pour
penser la société dans laquelle nous souhaitons vivre, nous
avons donc accueilli avec enthousiasme ce projet de livre.
Les affrmations tranchées, les doutes et les passions qui
ressortent de ces pages illustrent à eux seuls la nécessité de
penser la question de la laïcité. Même si chacun de ces
textes ne refète pas la position des Éditions, c’est dans
cette joute oratoire et ce débat public qu’Écosociété reste
fdèle à ses valeurs.
Pour les exigences de cette publication, ces textes ont
été parfois actualisés et augmentés par leurs auteur(e)s
Extrait de la publication10 le quéBec eN quête de laïcité
tandis que certains autres ont disparu et que de nouveaux
sont venus s’y ajouter.
Afn de respecter la diversité des positions et des
postures d’écriture, nous avons volontairement laissé une «
autonomie typographique » propre à chacun des textes ; c’est le
cas pour la féminisation des termes ou pour d’autres
usages, comme l’utilisation de guillemets pour parler de laïcité
ouverte.Introduction
Depuis quelques années, comme en témoignent
notamment les constantes résurgences dans l’opinion de débats
sur les accommodements raisonnables, sur la place à
accorder dans l’espace public aux croyances religieuses, sur les
modalités d’accueil des populations immigrantes et sur la
question d’une éventuelle hiérarchisation des droits − qui
surgit dès lors que s’opposent liberté de pratique religieuse
et égalité des sexes −, la question de la laïcité est très
passionnément discutée au Québec. et elle l’est par la grande
majorité des gens, qui considèrent qu’elle soulève un
nombre considérable d’enjeux et de problèmes méritant d’être
pris au sérieux et débattus.
Ce point de vue largement majoritaire, il faut le
reconnaître, n’est pas unanime et il existe des personnes qui
considèrent que la conversation démocratique sur le thème
de la laïcité n’a pas lieu d’être.
Je rangerais volontiers ces personnes en deux groupes
distincts.
Pour commencer, d’aucuns arguent que cette
conversation ne sert qu’à divertir les citoyens des véritables enjeux 12 le quéBec eN quête de laïcité
(typiquement donnés comme étant économiques ou
politiques) auxquels ils devraient d’urgence s’intéresser et à les
diviser.
Si une telle perspective revient à affrmer que la
question de la laïcité n’est ni réelle ni importante, d’autres,
reconnaissant volontiers qu’elle est à la fois cruciale et
substantielle, considèrent cependant eux aussi que sa
discussion n’a pas lieu d’être, puisque les réponses qu’il faut
lui donner sont d’avance connues – ou du moins devraient
l’être – et qu’il suffrait de les réaffrmer dans une forme ou
l’autre de retour à des valeurs dites « traditionnelles »
présumées défnir « le » Québec sub specie aeternitatis.
Ce qu’ont pour commencer en commun les auteur(e)s
des textes qui suivent, et qui sont au Québec des voix
connues et fort respectées dans leurs milieux respectifs et
même au-delà, est de refuser ces deux points de vue et de
penser que la question de la laïcité est réelle et importante
et qu’elle doit faire l’objet d’un véritable débat.
Ces personnes ont en outre en commun, pour l’essentiel,
d’avoir sur le monde ce qu’on pourra décrire comme une
perspective libérale, de gauche ou progressiste, et donc
d’adhérer à tout un ensemble de valeurs qui s’efforcent
d’allier justice sociale, souci de l’égalité et respect des
libertés individuelles dans le cadre d’institutions démocratiques.
Partant de là, cependant, ce qui les oppose, souvent de
manière très vive et très marquée, est justement la
conception de la laïcité qu’ils et elles promeuvent dans ce débat et
ce qui s’ensuit de son adoption. en déployant ces
conceptions et leurs conséquences, mais aussi, parfois, en
partageant leurs doutes et leurs incertitudes, les auteur(e)s dont
les textes sont ici réunis ont le grand mérite de nous
permettre d’apercevoir des lignes de fracture et des points de
Extrait de la publicationiNtroductioN 13
désaccord autour desquels se nouent certains des
principaux et des plus profonds enjeux qu’engage la question de
la laïcité. en somme, c’est la conjonction de cet accord
inaugural sur des principes fondamentaux et des profonds
désaccords subséquents sur tant de questions rattachées à
la laïcité qui rend si riches et si fécondes les discussions
ouvertes dans les pages de cet ouvrage, et qui en fait une
précieuse contribution à la conversation démocratique − à
tout le moins pour ceux qui ne la tiennent ni pour une
fausse question, ni pour une question d’emblée résolue.
Les textes proposés sont ventilés en quatre ensembles.
Le premier concerne globalement la nature de la laïcité
préconisée ; le deuxième traite plus spécifquement de la
place de la religion dans l’espace public ; le troisième,
consacré au cours Éthique et culture religieuse (ÉCR),
examine la place qu’il convient de faire à la religion à
l’école. Le dernier traite du port du voile et de la question
1des femmes .
Quelle laïcité ?
Le manque de volonté politique explique-t-il à lui seul que
le fameux concept de « laïcité ouverte », mis de l’avant
au terme du vaste chantier consultatif de la commission
Bouchard-Taylor, n’ait pas résolu de manière satisfaisante
et convaincante, aux yeux de plusieurs observateurs, les
questions relatives à la laïcité ? ou est-ce plutôt en raison
de carences inhérentes à ce concept lui-même ?
1. Ces textes trouvent leur origine dans un colloque organisé par
la revue À bâbord ! à l’UQAM, à l’hiver 2010. Les textes présentés
à cette occasion ont été repris et augmentés par les
participantes et participants ; d’autres écrits s’y sont ensuite greffés,
commandés pour le présent ouvrage.
Extrait de la publication14 le quéBec eN quête de laïcité
La première partie de cet ouvrage vous présente des
vues divergentes sur ces questions en défnissant ces deux
avenues – la laïcité « tout court », si l’on peut dire, et la
laïcité « ouverte » – auxquelles on peut, au moins en
première approximation, penser comme à des types-idéaux
correspondant aux deux pôles extrêmes d’un continuum.
Cette section s’ouvre sur un texte de l’éminent
sociologue Guy Rocher, qui est un des initiateurs de la Déclaration
pour un Québec laïque et pluraliste, qu’on peut lire à
l’adresse www.quebeclaique.org/. Rocher plaide pour que
l’État québécois proclame sa neutralité par une loi, et il le
fait avec une force et une conviction qui rendent d’autant
plus impérieuse l’invitation à méditer cette mise en garde
servie à la fn du texte : « Avec les accommodements
successifs, en l’absence d’une politique laïque claire, et
maintenant avec la laïcité “ouverte”, c’est à un recul historique
que nous sommes en train d’assister. »
Le texte suivant est de Daniel Weinstock, un philosophe
de l’Université de Montréal bien connu notamment pour
son implication dans ces débats. Il s’élève contre cet
argumentaire et contre ce manifeste et se porte justement, avec
fnesse, à la défense de cette forme, ouverte, de la laïcité.
Le dernier texte de cette première section est de Daniel
Baril, qui a été vice-président du Mouvement laïque
québécois. Selon lui, le concept de laïcité ouverte est un
dangereux oxymoron, reposant sur une vision angélique des
religions qui en oblitère abusivement les dimensions
sociales et politiques : en bout de piste, il participerait d’une
forme de traitement préférentiel consenti aux croyances
religieuses et déboucherait inévitablement sur
d’intolérables compromissions avec la laïcité bien comprise, laquelle
se doit d’être… laïque.
Extrait de la publicationiNtroductioN 15
La religion dans l’espace public
Les conceptions divergentes de la laïcité qui sont défendues
dans ces textes reposent, on l’aura noté, sur des
conceptualisations et des sensibilités fort différentes, dont on devine
qu’elles ne peuvent manquer de surgir dans les manières
de se situer et de réagir face à certaines demandes précises
émanant de groupes religieux. La deuxième partie de cet
2ouvrage l’illustre .
elle s’ouvre sur un texte d’Yvan Perrier qui rappelle,
malicieusement mais très pertinemment, l’inattendue (à
tout le moins pour bien des gens, on peut le présumer)
présence de Dieu dans la Charte canadienne des droits et
libertés et ce que, selon lui, elle implique. L’une de ces
conséquences est que le chemin vers la laïcité risque d’être
long et ardu à parcourir, du moins tant et aussi longtemps
que « Dieu – et non la laïcité et la séparation de l’Église et
de l’État – sera enchâssé dans la Charte ».
Dans le texte qu’il propose ensuite, Jean-Marc Piotte
aborde bien, en bout de piste, la question du port du hijab
qui sera spécifquement traitée plus loin dans cet ouvrage.
2. Il n’est pas inutile de rappeler ici quelques données factuelles
pertinentes relatives à l’appartenance religieuse et l’incroyance
au Québec.
Catholique Aucune Protestante Musulmane Orthodoxe Juive Autres Total
croyance chrétienne
5 939 715 413 185 335 590 108 620 100 375 89 920 138 180 7 125 580
(83,4 %) (5,8 %) (4,7 %) (1,5 %) (1,4 %) (1,3 %) (1,9 %)
Source : Statistique Canada, compilation et traitement par
l’Institut de la statistique du Québec, 2003. Consulté à : <www.stat.
gouv.qc.ca/regions/lequebec/religion_que/religion20.htm>.
Note : Au moment où ce texte est écrit, les données du
recensement de 2006 ne sont pas encore disponibles et nous devons
nous contenter de celles de 2001.
Extrait de la publication16 le quéBec eN quête de laïcité
Mais ce thème, par quoi son texte traite bien de la place de
la religion (et de ses symboles) dans l’espace public, est, de
son propre aveu, secondaire. Car ce qui est fondamental,
chez Piotte, c’est en effet d’abord la reconnaissance des
limites de deux modèles de laïcité, puis le fait qu’il inscrive
résolument sa réfexion dans les réalités historiques,
sociales et idéologiques canadienne et québécoise en référant
crucialement à leurs chartes ainsi qu’au multiculturalisme
canadien et à l’interculturalisme québécois. Tout en avouant
sa préférence pour ce dernier modèle, il s’efforce d’en
préciser la teneur en incitant « l’Assemblée nationale [à avoir]
le courage de [le] défnir, au lieu de laisser les citoyens se
débattre dans une confusion qui nuit à tout débat
démocratique ».
La laïcité ouverte trouve ensuite un autre solide avocat
en Jean-Marc Larouche, un sociologue de l’UQAM. Certains
des meilleurs arguments en faveur de ce type de laïcité, qui
s’applique aux institutions plutôt qu’aux individus ou à la
société et qui entend promouvoir l’« amitié civique », pour
reprendre un mot de Weinstock, et « ouvrir la raison
séculière à la raison de la religion » (Larouche), sont déployés
dans ce texte qui ne manque pas de mettre en garde contre
le péril d’une laïcité « républicaine ».
Françoise David, la coprésidente de Québec solidaire, est
bien connue au Québec et est appréciée de toutes celles et
tous ceux qui espèrent un monde plus juste. Il est précieux
de l’entendre ensuite, notamment parce qu’elle ne craint
pas d’exposer ses convictions, certes, mais aussi ses doutes
et de se risquer à préciser où elle se situe sur plusieurs
questions controversées. Je soupçonne que les doutes et les
interrogations de Françoise David trouveront des échos
chez bien des gens. iNtroductioN 17
L’école et la religion : le cours ÉCR
La troisième partie de l’ouvrage confronte elle aussi deux
points de vue, cette fois sur le cours Éthique et culture
religieuse (ÉCR) récemment mis en place dans les écoles
primaires et secondaires du Québec.
Ce cours trouve un solide défenseur en Louis Rousseau,
du Département des sciences des religions de l’UQAM, et
une critique impitoyable en la philosophe Marie-Michelle
Poisson, actuelle présidente du Mouvement laïque
québécois.
Le premier, après avoir rappelé le contexte de la mise en
place de ce cours – l’Assemblée nationale ayant jugé « qu’il
était discriminatoire de privilégier le catholicisme et le
protestantisme dans les structures scolaires (Loi 118, 2000)
et dans l’enseignement (Loi 95, 2005) » – en rappelle et en
défend la teneur : « un programme réunissant l’éthique et
l’approche culturelle des faits religieux pour apprendre
à réféchir sur des questions éthiques, à manifester une
compréhension du phénomène religieux et à pratiquer
le dialogue ». Il y voit une application des critères de la
raison savante au fait religieux conduite dans un contexte
laïque qui, en bout de piste, « transforme la sphère de la
pratique religieuse en espace patrimonial, en legs
mémoriel à partager ».
Marie-Michelle Poisson est en complet désaccord avec
ces visées et avec cette interprétation du cours ÉCR, où elle
décèle sophisme et propagande religieuse, et prône un
véritable enseignement laïque et humaniste de l’éthique.
elle déplore notamment le pluralisme normatif adopté et
promu par le cours, son instrumentalisation de l’« autre »
et plaide fortement pour une véritable laïcité scolaire,
Extrait de la publication18 le quéBec eN quête de laïcité
laquelle, affrme-t-elle, passe « non seulement [par]
l’abolition du volet de culture religieuse du programme ÉCR
mais aussi [par] l’abolition totale et défnitive du Secrétariat
aux affaires religieuses et du Comité sur les affaires
religieuses ». C’est, assure-t-elle, qu’il n’y aura pas
d’authentique laïcité scolaire « tant que des gens capables d’imaginer
de telles inepties idéologiques et disposant des pleins
pouvoirs pour les faire appliquer jouiront d’un statut privilégié
dans l’appareil ministériel ».
La question des femmes et le port du voile
Ce thème et cette question spécifque sont récurrents dans
le débat sur la laïcité et c’est pourquoi nous avons souhaité
leur consacrer une place.
La section s’ouvre sur un texte émanant de la Fédération
des femmes du Québec se portant à la défense de « toutes les
femmes du Québec », mais aboutissant à des propositions
qu’on pourra contraster avec celles du Conseil du statut de
la femme, qui a les mêmes ambitions mais qui parvient à
des conclusions différentes et qu’on pourra découvrir dans
3son récent avis sur la question .
Louise Mailloux déplore quant à elle qu’une certaine
gauche soit à ce point aveugle aux immenses périls qu’il y
a, et tout particulièrement pour les valeurs que cette
gauche prétend défendre, à ne pas adopter une authentique
laïcité. « Vouloir vivre dans un Québec laïque, écrit-elle,
c’est aussi avoir le courage de dire non à tous les signes
3. Conseil du statut de la femme, Affrmer la laïcité, un pas de plus
vers l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, Québec,
2011.
Extrait de la publicationiNtroductioN 19
religieux, y compris au hijab et à l’intégrisme
politicoreligieux dont il est l’emblème éclatant. »
Ruba Ghazal donne enfn à entendre une voix, celle
d’une jeune femme immigrante, qu’il est indispensable
d’entendre sur ces questions. elle défend en bout de piste
une laïcité ouverte et inclusive et invite le Québec à
inventer son propre modèle.
Par-delà toutes les divergences de vues et tous les
désaccords, souvent passionnels, qu’on remarquera dans les
pages qui suivent, une chose au moins semble faire
l’unanimité, à savoir l’urgence de défnir collectivement, dans le
cadre d’un débat sincère et serein, le type de laïcité que
nous voulons et de l’implanter sérieusement. Rien là
d’étonnant puisque le processus de laïcisation, au Québec,
ne s’est amorcé que très récemment, reste inabouti et
cherche encore à se défnir.
Cet ouvrage aurait accompli mon vœu le plus cher – et,
j’en suis convaincu, celui de toutes les personnes qui ont
généreusement répondu à ma requête d’y collaborer – s’il
contribuait un tant soit peu à enrichir la conversation
démocratique qui doit se poursuivre (et aboutir !) sur ces
questions incontournables.
normand Baillargeon
Paris, septembre 2010 et Montréal, juin 2011
Extrait de la publicationExtrait de la publicationpremière partie
La laïcité : quel modèle pour
le Québec ?
Extrait de la publicationFaites circuler nos livres.
Discutez-en avec d’autres personnes.
Si vous avez des commentaires, faites-les-nous parvenir ; il nous fera
plaisir de les communiquer aux auteurEs et à notre comité éditorial.
Les Éditions Écosociété
C.P. 32 052, comptoir Saint-André
Montréal (Québec) H2L 4Y5
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Toile : www.ecosociete.org
NOS DIFFUSEURS
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Télécopieur : (514) 331-3916
Courriel : general@dimedia.qc.ca
en FrAnce et DG Diffusion
en Belgique ZI de Bogues
31750 Escalquens
Téléphone : 05 61 00 09 99
Télécopieur : 05 61 00 23 12
Courriel : dg@dgdiffusion.com
en SuiSSe Servidis S.A
Chemin des Chalets
1279 Chavannes-de-Bogis
Téléphone et télécopieur : 022 960 95 25
Courriel : commandes@servidis.chExtrait de la publication

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