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BERNARDPOUDERON*
L ’ O R I G I N E D U M A L C H E Z L E S A P O L O G I S T E S G R E C S : M A T I È R E E T E S P R I T
e La controverse avec les gnostiques, présente dans les écrits duIIsiècle dès l’époque de Justin, les persécutions diverses dont étaient victimes les chrétiens au sein de l’Empire et le constat, sans doute douloureux, que leurs ennemis, malgré la dépravation et l’impiété dont ils étaient censés faire preuve, jouissaient plus qu’à leur tour des bienfaits de la fortune, ont obligé les intellectuels chrétiens à clarifier leur doctrine sur l’origine du mal pour en justifier la présence dans le monde. Cette toute première « théodicée » apparaît même dans les ouvrages apologétiques, souvent en réplique à des objections païennes ou à des interrogations chrétiennes : pourquoi un Dieu bon atil créé un homme mauvais ou capable de l’être ? Pourquoi, après la venue du Sauveur, tolèretil encore le mal en ce monde ? Ce sont leurs réponses que nous allons exposer, tout en prenant grand soin de préciser que les écrits de controversead paganos, 1 qui forment la majeure partie du corpus des Apologistes , ne se prêtent pas nécessairement à un exposé très fidèle de leur pensée ou de leur enseignement, les nécessités de l’apologétique devant être conciliées avec celles du respect de la droite doctrine.
* Université FrançoisRabelais, Tours – Institut universitaire de France – Centre d’études supérieures de la Renaissance. 1. Les éditions utilisées sont les suivantes : Aristide : SC 470 (Pouderon & Pierre) ; Justin : SC 507 (Munier) et « Paradosis » 47 (Bobichon) ; Tatien : PTS 43 (Marcovich) et Foi et culture, Paris, 1998, p. 39102 (Puech & Pouderon) ; Athénagore : SC 379 (Pou deron) ; Théophile : PTS 44 (Marcovich) et SC 20 (Bardy & Sender) ; Méliton : SC 123 (Perler) ;À Diognète: SC 33 bis (Marrou) ; Ps.Justin,De resurrectione: D’Anna, Brescia, 2001, et Wartelle,Bulletin G. Budé, 1993. La plupart de ces traductions ont été revues et corrigées pour mieux « coller » au texte.
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LES FORCES DU BIEN ET DU MAL
L’ORIGINE DU MAL DANS LE MONDE
La situation originelle
Il y a plusieurs évocations de la situation originelle dans les Apologies, la plus longue et la plus riche étant celle de Théophile, dans l’exégèse qu’il fait du début du livre de la Genèse. Toutes font état de la bonté de Dieu et de l’amour qu’il porte à la créature qu’il a décidé de privilégier, c’estàdire l’homme. Les mots « bonté » et « amour » reviennent comme un leitmotiv, par exemple chez :
[Justin],Res.8, 14 : « Dieu est bon, et il veut le salut de tous » ; Athénagore, Leg.6, 2 : « Dieu, qui est parfaitement bon, fait perpétuellement le bien » ; Leg.24, 2 : « La bonté de Dieu est son attribut propre, inséparable de lui » ; Res.12, 5 : « Dieu a créé l’homme en fonction de sa propre personne, de la bonté et de la sagesse qu’il manifeste sur toute sa création » ;Ad Diognetum, 8, 68 : « Dieu, qui a fait toutes choses et les a disposées avec ordre, s’est montré pour les hommes non seulement plein d’amour, mais aussi de patience. Lui qui a toujours été tel qu’il est et sera : secourable, bon, doux, véridique ; lui seul est bon » ;Ad Diognetum, 10, 2 : « Dieu a aimé les hommes. »
Alors que les stoïciens, à en croire leurs adversaires, impliquent Dieu dans le mal, puisqu’ils le proclament immanent à la matière changeante et passible, et en conséquence porteuse du mal :
Justin,Apol.: « II, 6, 9 D’après eux [les stoïciens], Dieu luimême se trouve impliqué dans le mal sous toutes ses formes »,
les chrétiens insistent au contraire sur le fait que Dieu n’est pas l’auteur du mal :
Justin,Apol.I, 44, 8 : « La responsabilité [incombe] à celui qui choisit, Dieu n’est pas responsable » (d’après Platon,Resp.617e) ; Tatien,Orat.11, 4 : « Nul mal n’est l’œuvre de Dieu ; c’est nous qui avons produit le mal moral, et nous qui l’avons produit, nous pouvons y renoncer » ;Orat.17, 6 : « Si Dieu avait créé des choses pour faire ce que veulent les hommes, il aurait créé des choses mauvaises, tandis qu’il a créé tout ce qui est bien ; [...] la malice des démons a usé (ejcrhvsato), pour faire le mal, de ce qui est dans le monde ; tout ce qui rentre dans la catégorie du mal est leur œuvre, non celle de l’être parfait » ;
et ils prennent grand soin de préciser qu’il n’y a personne à côté de lui pour imposer le mal comme luimême peut imposer le bien :
L’ORIGINE DU MAL CHEZ LES APOLOGISTES GRECS
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Aristide,Apol.1, 2 : « Il n’y a rien qui aille contre lui, car il n’est per sonne qui soit plus fort que lui » ; Athénagore,Leg.24, 2 : « Dieu n’a pas son contraire. »
Le mal, selon la formule de Tatien, ne serait donc qu’un mauvais usage (crh'si" pro;" to;kakopoiei'n) des conditions d’existence que Dieu a accordées aux hommes et aux anges pour qu’ils puissent vivre selon leur libre choix en usant des facultés qui leur sont propres. Car un Dieu bon ne peut qu’avoir créé un monde à la fois beau et bon, dans ses trois ordres, cosmique, animal et végétal :
Aristide,Apol.1, 1 sy Je suis venu en ce monde, j’ai contemplé le: « ciel, la terre, vu le ciel et le reste de la création, je me suis émerveillé de l’ordonnance du monde » ; Athénagore,Leg.16, 1 : « Le monde est beau, remarquable à la fois par sa dimension, par l’ordonnance des astres [...], par sa forme sphérique » ;Ad Diognetum, 4, 2 : « Parmi les créatures que Dieu a faites pour l’usage des hommes, [il n’est pas permis d’] accueillir les unes comme réussies, les autres comme inutiles et superflues », ce qui revient à dire, pensonsnous, que toutes sont belles et utiles
– même si cette beauté/bonté ne se manifeste pas toujours au même degré et que le spectacle de la société des hommes dément cet optimisme :
Tatien,Orat.12, 8 : « Il y a des différences dans les choses matérielles : les unes sont plus belles, les autres, belles par ellesmêmes, sont cependant inférieures aux premières » ;Orat.: « 19, 4 L’organisation du monde est belle, mais la vie dans le monde est mauvaise. »
Le monde, en tout cas, est dominé par la loi universelle de la raison, qui s’applique aussi bien au cosmos tout entier qu’aux individus. C’est en particulier le cas pour l’homme :
Athénagore,Leg.25, 4 : « L’homme connaît la même ordonnance [que le cosmos], dans la nature qui lui a été attribuée à la naissance [ou : lors de la création], qui obéit à une seule et même raison » ;Leg.25, 2 : « Le restant des hommes [ceux qui ne se laissent pas gouverner par la Providence particulière] est soumis à la loi providentielle de la raison, selon la consti tution commune » ;Res.8, 2 : « [Il existe] une loi naturelle pour empêcher que les hommes ne s’entredévorent » ;Res.13, 1 : « [Le Créateur a adjoint à l’assemblage corpsâme] une intelligence et des lois innées » ;
mais c’est pareillement vrai pour les animaux, qui obéissent eux aussi à des lois naturelles :
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LES FORCES DU BIEN ET DU MAL
Athénagore,Leg.3, 1 : « Même les animaux ne touchent pas à leurs congénères ; ils s’accouplent selon les lois de la nature à la seule période de procréation. »
La création est également régie par une Providence, tant au niveau du cosmos (c’est la Providence générale) qu’au niveau des individus (c’est la Providence particulière) ; la Providence particulière ne relève pas direc tement de Dieu, mais est déléguée à des anges, qui sont des êtres passi bles, susceptibles de se laisser entraîner dans la désobéissance et dans le péché :
Athénagore,Leg.24, 3 : « Dieu a constitué les anges pour qu’ils exercent la providence sur ce qu’il avait luimême mis en œuvre, afin que lui exerce sur toutes choses la providence universelle et générale, et les anges préposés à la création la providence particulière » ;Leg.24, 2 : « L’Esprit qui entoure la matière [a été] créé par Dieu comme les autres anges l’ont été (pour) administrer la matière et ses différentes formes » ;Leg.24, 5 : « [Parmi les anges fautifs] les uns s’en tinrent au rôle pour lequel Dieu les avait créés et qu’il leur avait assigné, les autres firent outrage à ce qui était le fondement de leur nature et à leur charge. »
La matière, même si elle est en partie régie par des anges qui ont succombé au péché, n’est pas mauvaise en soi, puisque c’est un Dieu bon qui l’a créée ou organisée et qu’elle sort pour ainsi dire de luimême :
Tatien,Orat.« [Dieu] est luimême le support substantiel (5, 1 uJpovs tasi") de l’univers [...] ; toute la puissance des choses visibles était en lui, il renfermait en luimême toutes choses par l’intermédiaire de son Verbe » ; Orat.: « Toute la constitution du monde et la création dans son12, 2 ensemble sont nées de la matière, et la matière ellemême a été produite par Dieu ; le ciel et les astres du ciel sont sortis de la matière, la terre avec tout ce qui vit sur elle a la même constitution, de sorte que toutes choses ont une même origine » ; Théophile,Autol.II, 10, 10 : « De Dieu est née une matière avec laquelle Dieu a fait et réalisé le monde. »
Néanmoins, la création contient quelque part des germes du mal, dès avant la faute d’Adam – c’est la seule façon d’expliquer que l’homme ait pu fauter, à l’instigation d’un être déjà déchu, le serpent ! Cette notion de « germe » ou de « point de départ » (spevrma,mikra;ajformhv) du mal, de mal universel en potentialité, se trouve en particulier chez Tatien :
Tatien,Orat.30, 1 : « Le mal, dans son essence, est tout semblable aux germes les plus petits ; comme eux, il grandit d’un faible point de départ ; mais il se dissoudra au contraire, si nous savons obéir au Verbe de Dieu. »
L’ORIGINE DU MAL CHEZ LES APOLOGISTES GRECS
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Dieu n’a donc pas créé l’homme naturellement bon (ou entièrement bon) :
Tatien,Orat.: « 7, 2 Avant de fabriquer l’homme, le Logos créa les anges ; et ces deux ordres de créatures ont été faits libres, ne possédant pas naturellement le bien. »
Certes, l’homme possède en lui une propension au bien, qu’elle soit le fait de sa parenté avec Dieu (souvent qualifiée d’« image » ou de « res 2 semblance ») ou qu’elle tienne à la raison individuelle, reflet de la raison universelle, puisque aussi bien la loi naturelle et la droite raison tournent l’homme vers le bien :
Justin,Apol.II, 2, 2. 4 : « Vivre sans modération et au mépris de la droite raison [...] ; se procurer du plaisir par tous les moyens, au mépris de la loi naturelle et de la justice » ;Apol.II, 7, 2 : « Ceux qui s’efforcent de vivre selon la raison et de fuir le mal » ;Dial.93, 1 : « Toute race sait bien qu’il est mal de se livrer à l’adultère, à la fornication, au meurtre » ;Dial. 93, 1 : « Ceux qui, pleins d’un esprit impur et corrompus par leur éduca tion, des mœurs dépravées ou de méchantes coutumes, ont perdu les notions naturelles, ou plus exactement les ont éteintes ou bien les main tiennent dans le silence » ; Athénagore,Leg.12, 6 : « Les êtres qui ont reçu en partage le jugement de la raison. »
Et Justin condamne le relativisme moral (par exemple celui attribué aux 3 sophistes ) comme un refus d’admettre qu’il existe des lois naturelles et un sentiment inné du bien et du mal :
2. [Justin],Res.7, 4 : « L’Écriture dit :Faisons l’homme à notre image et à notre ressem blance.? [...] De l’homme charnel » ; De quel homme s’agitil Tatien,Orat.Le7, 1 : « Logos a créé l’homme à l’imitation du Père qui l’a engendré ; il a fait de lui l’image de l’immortalité » ;Orat.L’homme n’est pas un “animal raisonnable”, capable de: « 15, 3 recevoir l’intelligence et la science [...], mais il est seul l’image et la ressemblance de Dieu » ; Orat.15, 5 : « Qu’un tel composé [le corps et l’âme de l’homme] soit comme un temple, Dieu veut y habiter ; mais quand cet assemblage n’est point tel, l’homme ne l’emporte sur la bête que par la parole articulée ; pour le reste, il mène la même vie, n’étant pas la ressemblance de Dieu » ; Athénagore,Leg.12 6 Les êtres qui portent en eux l’image: « même du Créateur » ; Théophile,Autol.Faisons l’homme à notre image et: « II, 18, 2 selon notre ressemblance » ;Ad DiognetumDieu a formé l’homme à son: « , 10, 2 image. » Sur le thème de la parenté et de la ressemblance, voir E.DESPLACES,Suggevvneia. La Parenté de l’homme avec Dieu d’Homère à la patristique, Paris, 1964 ; P. SCHWANZ, Imago Dei als christologischanthropologisches Problem in der Geschichte der alten Kirche von Paulus bis Clemens von Alexandria; A.G. H; 1979) , Leipzig, 1966 (rééd. 1970 AMMAN, L’Homme, image de Dieu. Essai d’une anthropologie chrétienne dans l’Église des cinq premiers siècles, Paris, 1987. 3. Voir, par exemple, la position défendue par Protagoras chez Platon,Prot.333e334c.
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Justin,Apol.II, 9, 3 : « [Contre ceux qui disent] que chez les uns ceci est considéré comme beau et cela comme vilain, tandis que chez les autres est considéré comme beau ce qui passait ailleurs pour vilain, et comme vilain ce qui passait ailleurs pour beau. »
Mais Dieu a aussi créé l’homme libre, comme il a créé libres les anges, 4 et l’exercice de cette liberté (il s’agit en fait d’un libre arbitre,to;aujtexouvsion, et non d’une liberté pleine, comme celle de Dieu) suppose qu’il puisse se tourner aussi bien vers le bien que vers le mal ; en conséquence, il faut nécessairement supposer que l’homme originel n’était par nature ni bon ni mauvais, mais qu’il était susceptible d’accueillir le bien comme le mal :
Justin,Apol.I, 43, 8 : « L’homme ne serait pas digne de rétribution [...] si, au lieu de choisir par luimême le bien, il était bon par nature, et il ne pourrait pas non plus être frappé d’une juste punition, s’il était méchant » ; Apol.II, 6, 56 : « Dieu a créé libres la race des anges et celle des hommes [...] ; la nature de toutes ces créatures est de pouvoir accueillir le vice et la vertu » ; Dial.102, 4 : « Dieu trouva bon que cela [sc. l’existence du serpent] fût, et il fit les anges et les hommes autonomes envers la pratique de la justice » ; Tatien,Orat.7, 1 : « [Les anges et les hommes] ont été faits libres, ne pos sédant pas naturellement le bien » ; Méliton,Pass.était« L’homme 849 : disposé par nature à recevoir le bien et le mal. »
Tatien en conclut un peu péremptoirement que l’âme, loin d’être bonne par nature, n’est que le réceptacle des ténèbres, une position extrême qui 5 est une marque de son encratisme :
Tatien,Orat.13, 2 : « Par ellemême, l’âme n’est que ténèbres, et rien de lumineux n’est en elle [...]. Ce n’est donc pas l’âme qui a sauvé l’esprit ; elle a été sauvée par lui ; et la lumière a reçu les ténèbres, en tant que la lumière de Dieu est Logos et que l’âme ignorante est ténèbres. »
Ainsi, la double propension de l’homme au bien et au mal a été voulue dès l’origine par Dieu pour que l’homme puisse exercer son libre arbitre :
Justin,Apol.Dieu a créé l’homme doué d’intelligence etI, 28, 3 : « capable de choisir le vrai et le bien agir, de sorte qu’il n’y a d’excuse pour personne aux yeux de Dieu, puisque les hommes sont nés raisonnables » ;
4. Le motaujjtexouvsionapparaît de nombreuses fois chez les Apologistes : Justin,Apol. II, 6, 5 ;Dial.88, 5 ; 102, 4 ; 141, 1 ; Tatien,Orat.7, 1. 2. 3 ; 11, 2 ; 15, 3 ; Théophile, Autol.II, 27, 4. 5. Voir G. SFAMENIGASPARRO, « Protologia ed encratismo. Esempli di esegesi di Gen. 13 »,Augustinianum22, 1982, p. 7589.
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Apol.I, 44, 8 : « Platon a dit : “La responsabilité incombe à l’homme, Dieu n’est pas responsable” » (d’après Platon,Resp.617e) ; les voulant« Dieu, dotés du libre arbitre et autonomes – anges et hommes – les avait façonnés de telle façon qu’ils fissent tout ce qu’il avait rendu chacun capable de faire : s’ils choisissaient le bien, ils les conservaient à l’abri de la corruption ; et s’ils choisissaient le mal, ils [les] châtiaient. »
Et si la possibilité que Dieu a donné à l’homme de pouvoir faire le libre choix du bien et du mal peut éventuellement lui être imputé comme une cruauté inutile, elle est justifiée théologiquement par un juste exer cice de la providence – Dieu, dans une visée que l’on qualifierait aujourd’hui de pédagogique, voulant donner à l’homme l’opportunité de s’améliorer ou de s’amender et de mériter ainsi le don qu’il lui a fait de la vie ; c’est le « principe de progrès », ou plutôt « l’occasion de pro gresser ») (hJajformh;prokoph'") que met en avant un Théophile :
Théophile,Autol.II, 24, 6 « Dieu transporta l’homme [...] dans le paradis et lui donna un principe de progrès suivant lequel il pût se développer et arriver à la perfection. »
Ainsi arriveton à un constat paradoxal : l’existence du mal est la conséquence de la bonté de Dieu, d’une part parce qu’il a doté les anges et les hommes du libre arbitre, les rendant ainsi capables de choisir entre le bien et le mal, et que cette liberté de choix supposait la potentialité du bien et du mal dans le monde d’en bas (nous entendons par là la terre habitée et les cieux inférieurs) :
Justin,Apol.II, 6, 5 : « La nature de toutes les créatures [sc. la race des anges aussi bien que celle des hommes] est de pouvoir accueillir le vice et la vertu » ; Athénagore,Leg.24, 4 : « De même que les hommes peuvent choisir librement entre le vice et la vertu [...], de même les anges ont été placés devant un choix identique » ;
d’autre part parce que l’exercice de la providence sur les hommes, qu’il avait confié aux anges, s’est retourné contre l’humanité, la livrant à la puissance des démons et à la domination du mal :
Justin,Apol.Après avoir créé l’univers [...], après avoir: « II, 4, 24 imposé une loi divine [aux] éléments [...], Dieu confia le soin de veiller sur les hommes et sur les créatures qui sont sous le ciel aux anges [...]. [Ces derniers] transgressèrent cet ordre, ils s’abaissèrent à des unions avec des femmes, et les enfants nés de ces unions sont les êtres que l’on appelle les démons. En outre, par la suite, ils se sont asservi le genre humain. »
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