Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 6,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Les Premiers Chrétiens

De
61 pages
« Les premiers chrétiens étaient contemporains de Jésus », « Paul est le fondateur du christianisme », « La langue des premiers chrétiens est le latin », « Les premiers chrétiens méprisaient le corps et la sexualité », « Les premiers chrétiens étaient pauvres », « Le christianisme a causé la chute de l’Empire romain » …
Les auteurs nous convient ici à un voyage aux origines de la chrétienté et analysent les nombreux clichés qui ont fait florès au cours des siècles.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

à nos parents, Philippe et Luce Moreau, Hubert et Monique Lançon
Frontispice deBeautés de l’histoire du Bas-Empire, Paris, 1814
Les Premiers Chrétiens
Bertrand Lançon Tiphaine Moreau Histoire & Civilisations
Bertrand Lançon Maître de conférences à l’université de Bretagne occidentale, il enseigne l’histoire ancienne. Sa e e spécialité est l’histoire romaine de l’Antiquité tardive (IV -VI siècles), et ses recherches portent sur les aspects culturels, politiques et religieux de cette époque. Du même auteur L’Antiquité romaine, Hachette, 1997 L’Antiquité tardive, « Que sais-je ? » n° 1455, PUF, 1997 Constantin (306-337), « Que sais-je ? » n° 3443, PUF, 1998 L’Égypte hellénistique et romaine, Nathan, 1999 (avec Christian-Georges Schwentzel)  La Chronique de Jérôme (326-378). Traduction annotée et commentaire, Rennes, PUR, Chroniques latines de l’Antiquité tardive, t. I, 2004 (avec Benoît Jeanjean) Tiphaine Moreau Elle est allocataire-moniteur en histoire ancienne à l’Université européenne de Bretagne et certifiée d’histoire-géographie.
Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. Les auteurs les prennent pour point de départ et apportent ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir.
CHRÉTIENS adj. et n.– Du latinchristiani, lui-même forgé sur le grecchrestianoi. L’origine de ce nom est le terme grecchrestos, traduction du mot hébreuMessiahdésignant le « Messie ». Le Messie attendu par les juifs est « oint du Seigneur ». C’est à Antioche en 53 que, pour la première fois, les disciples de Jésus reçurent le nom de « chrétiens » (Actes, 11,26). Partisans ou disciples de Christus (ou Chrestus), les chrétiens d’Antioche transforment le titre de Christ en nom propre en créant ce sobriquet. Le Christ s’incarne en la personne de Jésus, d’où le titre complet « Jésus-Christ ». Par extension, ses disciples sont les « chrétiens ».
Introduction Pour évoquer le christianisme et les chrétiens des premiers temps, nous employons plusieurs expressions ; nous parlons des « premiers chrétiens », des « chrétiens des premiers siècles », de « christianisme antique ou primitif ». Cependant, ces mots recouvrent des notions quelque peu différentes. Lorsqu’on dit : « premiers chrétiens », de qui parle-t-on ? De ceux qui ont connu Jésus ? De ses premiers disciples ? De ceux à qui saint Paul s’adresse ? La notion de « premiers chrétiens », on le voit, est élastique. On peut en donner soit une définition stricte (la première génération de chrétiens), soit une définition large (ceux des quatre ou cinq premiers siècles). C’est la seconde qui est choisie dans ce livre. On distinguera toutefois les « premiers chrétiens » (ceux er e du I siècle) des « chrétiens des premiers siècles » qui appartiennent aux générations ultérieures, du II au e V siècles. Ce livre traite donc des chrétiens des cinq premiers siècles d’une histoire qui est aujourd’hui au seuil de son bimillénaire.
À l’examen des idées reçues véhiculées et entretenues à leur égard, il apparaît clairement qu’elles sont nourries par les sociétés et les époques qui les ont produites. Tout récemment, par exemple, au moment du concile de Vatican II (1962-1965), les premiers chrétiens ont été perçus à travers le prisme d’une nouvelle Contre-Réforme : pauvres, frugaux, modestes, victimes, dans une sorte de pureté originelle. Depuis peu, du fait d’un raidissement dans les prises de position pontificales, on parle d’eux comme d’une secte intolérante et d’un vieux judéo-christianisme vecteur d’ordre moral. Ainsi donc, la perception que l’on a des premiers chrétiens est mouvante : elle n’a cessé de changer au fil du temps, indépendamment ou au gré des recherches et du discours des historiens. Dans tous les cas, les idées reçues sur les chrétiens des premiers siècles se trouvent voilées ou gauchies par des perceptions anachroniques, des projections fantasmatiques, des réductions, des schématisations, des locutions fautives. Elles portent principalement sur les premiers temps, sur la perception du monde et la façon de vivre, les valeurs, la situation au sein de la société romaine, et les héritages culturels. Ce sont les articulations thématiques de ce livre, qui se donne pour objet de les extraire de la caricature. En ce sens, l’examen des idées reçues sur les chrétiens de l’Antiquité n’a rien d’inactuel. Au contraire, tant il est vrai que l’Histoire, en cherchant à éclaircir le passé, apprend beaucoup sur le langage et la culture du présent. Si, en effet, les chrétiens des premiers siècles ne sont pas tout à fait ceux que l’on croit, cela change les perspectives qui nous concernent aujourd’hui : à vouloir rechercher de nos jours un christianisme originel, on risque de se tromper.
« Les premiers chrétiens étaient contemporains de Jésus. » Si nous avons connu le Christ à la manière humaine, maintenant, nous ne le connaissons plus ainsi. Paul, II Cor., 5,16 L’idée est séduisante. Les « chrétiens » ne sont-ils pas les disciples du « Christ » ? Toute la réponse réside précisément dans la définition des termes « premiers » et « chrétiens ». Parlons-nous des douze apôtres qui ont suivi Jésus au cours de son passage sur Terre ? De tous les disciples qui ont accueilli son enseignement ? Ou, plus largement, de la première génération de croyants ? À aucun moment la communauté des chrétiens ne se présente comme « première » ou « primitive ». Son élargissement est empirique. C’est à l’historien de faire un choix de définition. Il doit mesurer le temps, travailler, périodiser pour donner un sens au passé. er Au I siècle de notre ère, c’est le choix de l’affirmation étymologique qui l’emporte : les chrétiens sont les partisans duChrist. Pour le comprendre, il faut chercher dans les sources antiques. L’affirmation de e l’historien romain Tacite, au II siècle, est éclairante : « Ce nom leur vient de Christ, que sous le principat de Tibère, le préfet Ponce Pilate avait livré au supplice. » (Annales, XLIII, XLIV, 5.) À la même époque, un autre païen nommé Suétone écrit un recueil de biographies des empereurs er romains du I siècle (La Vie des douze Césars). Il donne dans son texte une brève définition du terme : « Comme les juifs se soulevaient continuellement à l’instigation d’un certainChrestos, il les chassa de Rome. » (Vie de Claude, XXV, 11.) er Les premiers chrétiens sont donc perçus comme les partisans de celui qu’on appelle le Christ au I siècle de notre ère. Ce « Christ » en grec, « Messie » en hébreu, signifie « oint du Seigneur », comme l’étaient les rois d’Israël. Il porte alors le nom de Jésus de Nazareth, qui a vécu entre l’an 5 et 30 dans le monde juif. Son enseignement prônait un renoncement à la richesse et au pouvoir. Mais considéré comme fauteur de troubles, tant par les juifs, pour des motifs religieux, que par les Romains, pour des raisons politiques, il est crucifié. Or, très vite après sa mort, les partisans de Jésus croient en sa Résurrection. Jésus ne s’était pas présenté comme le Messie attendu. D’ailleurs, le libelle cloué sur sa croix le mentionnait comme nazaréen et comme roi des juifs, mais sans aucune mention christique claire et évidente. Ainsi, c’est d’un mouvement spontané que ses disciples se sont mis à croire, après sa mort et sa résurrection. Car c’est vraiment là que Jésus est considéré comme le Christ, et que les croyants deviennent les premiers chrétiens.
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin