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Les prêtres africains citoyens européens

De
144 pages
Naturalisés belges, français, allemands, italiens, britanniques, suisses, portugais, espagnols, autrichiens...certains prêtres africains fidei donum ont acquis la nationalité des pays européens dans lesquels ils exercent, et sont donc devenus des citoyens européens. Dès lors, au sujet de ceux-ci, doit-on continuer à parler de "prêtres étrangers" ou de "prêtres immigrés" ? Peut-on désormais les appeler "prêtres européens d'origine africaine" sans soulever d'objections? Ce livre pose des questions pertinentes à propos du multiculturalisme sacerdotal que vit désormais "l'Eglise catholique d'Europe".
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Olivier
OlivierNkulukabamba
Les prêtres africains citoyens européens
L’Église catholique d’Europe à l’heure du multiculturalisme sacerdotal
Questions
Les prêtres africains citoyens européens
Les prêtres africains citoyens européens
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
ISBN : 978-2-343-11604-4 EAN :9782343116044
Olivier Nkulu Kabamba Les prêtres africains citoyens européens L’Église catholique d’Europe à l’heure du multiculturalisme sacerdotal Questions
Le multiculturalisme, voilà désormais, me semble-t-il, le vrai visage de l’Europe. J’observe que l’Europe est désormais constituée d’une mosaïque de gens originaires de tous les continents, de toutes les cultures et religions. Ceci est un fait indéniable. En Europe, qu’on le veuille ou pas, le multiculturalisme existe donc bel et bien, il imprègne toutes les nations. En d’autres termes, il me semble fondé d’affirmer que le multiculturalisme est l’une des caractéristiques fondamentales de l’identité de l’Europe d’aujourd’hui. Le métissage culturel est la conséquence des différents mouvements migratoires intra-européens d’abord et ensuite extra-européens. La diversitéғculturelle n’est pas une idée neuve en Europe, l’histoire des migrations y est séculaire. Les flux migratoires intra-européens ainsi que les flux migratoires extra-européens ont dessiné une mosaïque contrastée et changeante. Ces flux migratoires ont obligéғ les États européens à définir des politiques qui, chacune à leur manière, tentent d’organiser la cohésion sociale et l’adhésion à des valeurs communes sans nier certaines spécificités d’un pays à l’autre, formant ainsi des ensembles disparates au sein de l’Union européenne. En particulier, dans l’Europe toujours en construction, le multiculturalisme résulte aussi
principalement du multilinguisme. C’est ainsi qu’à cette heure de l’Europe multiculturelle, la volonté politique commune et le pragmatisme de l’appartenance semblent plus adaptés aux échanges des personnes, des idées et des biens. Le caractère incontestablement multiculturel de l’Europe pose des défis et des enjeux qui ne cessent d’enflammer les débats, suscitant des réactions antino-miques les plus virulentes sur l’immigration, allant de l’accueil au rejet, de la reconnaissance des apports incontestables de l’immigration (richesse culturelle, apport économique, rajeunissement de la population), à la discrimination (racisme, peur de l’autre, ethnicisation, ghettoïsation, communautarisme, populisme et extré-misme). Et pourtant, les échanges et les migrations ont toujours existé partout dans le monde et l’Église catho-1 lique en Europe n’a jamais échappé à ce phénomène . Les 1  ERWAN LE MORHEDEC,Identitaire, le mauvais génie du christianisme,Paris, Cerf, 2017 LAURENT DANDRIEU,Eglise et immigration, le grand malaise. Le pape et le suicide de la civilisation européenne, Paris, Presses de la Renaissance, 2017 Ces deux ouvrages exposent au grand jour les crispations que causent à certains catholiques les prises de positions du pape François sur l’accueil des réfugiés. Ces ouvrages rendent compte de deux courants catholiques qui se déchirent sur l’identité nationale et l’immigration. En France, l’appel du pape à accueillir les migrants a crispé une partie des fidèles, inquiets de la perte de l’identité chrétienne de l’Europe. Laurent Dandrieu, rédacteur en chef du magazine « Valeurs actuelles », auteur du livre « Eglise et immigration : le grand malaise » y écrit notamment ceci :«L’accueil sans limite des migrants souvent prôné par l’Eglise risque de n’être qu’une caricature de charité, et de mettre à mal l’avenir de la société européenne et de l’héritage chrétien.» De son côté, Erwan Le Morhedec, avocat, catholique,
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mutations démographiques de la société européenne ont une incidence sur l’état de l’Église et son action. De nos jours encore, l’Église catholique mêlée à la société européenne en ressent les effets. C’est dans ce contexte du multiculturalisme européen qu’on remarque que le clergé catholique a aussi connu des métamorphoses. Dans les diocèses catholiques d’Europe, le clergé a changé de visage. D’un clergé monoracial à un clergé multiracial, d’un clergé monoculturel à un clergé multiculturel, d’un clergé monoethnique à un clergé multiethnique, le visage du clergé est devenu méconnaissable pour ceux et celles qui définissent l’Europe comme « un continent de race blanche et de religion chrétienne ». L’Église catholique d’Europe vit désormais la réalité du multiculturalisme sacerdotal. Entre autres, à cause du vieillissement du clergé autochtone et de la crise des vocations dans les pays européens, des prêtres venus d’Afrique sont devenus des évangélisateurs en Europe. Les pays européens sont devenus terres de mission, la pratique chrétienne a fort diminué. On ressent les effets de la déchristianisation. Les familles fréquentent moins les églises. Les enfants sont moins enclins à participer à la messe et à prier. Globalement, on se trouve dans un contexte où la religion e ne va plus de soi. Pour autant, en ce XXI siècle, la religion est redevenue un élément majeur dans nos vies, et jusque dans les débats politiques, une religion sans doute moins spirituelle dont on vilipende aujourd’hui l’absence auteur du livre « Identitaire. Le mauvais génie du christianisme » souligne dans celui-ci que : «L’essentiel pour un catholique n’est pas de chercher à préserver une civilisation ou à sauver une identité. Le catholique doit chercher en priorité à faire grandir sa foi et à avancer au-delà des rivages du passé.»
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