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Les Tonga, ou Archipel des amis

De
500 pages

LES géographes comptent au moins cent îles, ou îlots, dans l’archipel de Tonga. Il s’étend, d’après la carte de l’amirauté anglaise, de 22° au 18° de latitude sud, même jusqu’au 15°, où deux îles de médiocre territoire le prolongent et le terminent, Nioua-Foua et Nioua-Tapou. Quant à la longitude, il mesure trois degrés du méridien anglais, du 173e au 176e ouest ; c’est-à-dire approximativement, du 175e au 178e du méridien de Paris.

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VUE DU PORT DE VAVAOU (des
Missions Catholiques)
Antoine Monfat
Les Tonga, ou Archipel des amis
Et le R. P. Joseph Chevron, de la Société de Marie - Étude historique et religieuse
LETTRE DE MONSEIGNEUR LAMAZE ÉVÊQUE D’OLYMPE, VICAIRE APOSTOLIQUE DE L’OCÉANIE CENTRALE
A L’AUTEUR Moafanga(TONGA), 27septembre 1892.
Mon Révérend Père, Vous allez donc, selon le désir que je vous en ai vivement exprimé, nous donner la vie du R.P. Chevron : permettez que je vous en remercie et que je m’en réjouisse. Vos précédents ouvrages sur nos missions d’Océanie, écrits avec tout votre cœur, font preuve du talent de mettre l’unité dans les faits, de préparer et de déduire, surtout d’élever le récit en l’éclairant d’idées générales et de vues providentielles qui le rendent aussi salutaire qu’intéressant. De telles qualités étaient surtout nécessaires pour mettre dans sa belle lumière la vie de votre présent héros. De l’aveu de tous ceux qui ont eu le bonheur de le connaître, l’apôtre des Tonga est le type parfait du missionnaire mariste. Dans les conditions les plus ingrates, au milieu des persécutions tour à tour sourdes et violentes et de s difficultés de toute sorte, il a fondé définitivement cette mission, aujourd’hui si florissante ; et il l’a dirigée, pendant plus de quarante ans, avec autant de sagesse que de zèle et avec la plus rare constance. Mais il est resté simple prêtre, et il n’est pas so rti de son île ; c’est sur un théâtre obscur, dans une lutte monotone et sans éclat, qu’il a déployé ses vertus, et opérédes prodiges qui ne sont connus des hommes que par leurs résultats. Pour soutenir l’intérêt, exciter l’admiration, faire naître et grandir le désir de l’imiter, il fallait donc ici surtout une plume capable de donner, à des détails qui se répètent en se succédant, leur grandeur par l’ensemble, sans négliger ce qu’ils peuvent avoir de relief propre, et une âme en état de sentir et de communiquer son émotion. Ce sont là autant de points sur lesquels, mon révérend Père, vous avez fait toutes vos preuves. Or, ces qualités, vous aurez à en faire ici un empl oi plus élevé encore et plus fructueux. Le P. Chevron a été plus que le missionn aire mariste, il a été le religieux mariste. Je suis peut-être qualifié pour affirmer, moi qui ai eu le bonheur de vivre quinze ans à son école, qu’il a imité au plus près les ver tus où nos Constitutions nous apprennent à voir l’idéal de la divine Mère : « L’e sprit d’humilité, d’abnégation personnelle, d’union intime avec Dieu et de très ar dente charité envers le prochain ; l’amour de la vie intérieure qui n’aspire qu’à être inconnue et comme cachée aux yeux du monde. » J’ai aimé à vous dire, dans nos entretiens à Lyon et à Rome, sa parfaite régularité aux exercices spirituels, son application à l’oraison, à laquelle il consacrait au moins deux heures chaque jour, ses longues et fréquentes visites au Saint Sacrement, sa dévotion au Sacré Cœur, à la Mère des douleurs et à saint Joseph, son amour de la retraite et du silence, son esprit de pénitence dans les moindres détails de la vie ; enfin, ce qui me paraît le caractériser au-dessus de tout, sa conformité toujours affectueuse et souriante à la volonté de Dieu, d’où une inaltérable égalité d’ humeur et une sincère et noble courtoisie envers tous et toujours. Est-il besoin d ’ajouter que son assiduité à la prière n’ôta jamais rien à l’activité de son zèle ? Bien a u contraire, en le maintenant dans le calme et la confiance, elle multipliait ses forces et ses moyens. Nos Saints de prédilection, saint François de Sales et saint Vincent de Paul, en sont la preuve : ce ne sont pas ceux qui s’agitent, mais ceux qui prient, qui font vraiment le bien. Tout cela, mon
révérend Père, vous l’avez trop bien compris, et vous en trouverez trop de preuves dans cette correspondance qui déjà vous avait subjugué, pour que j’aie le moindre doute sur la vertu communicative des pages que vous prépare Je n’ai qu’un vœu, c’est de vous voir les publier au plus tôt : ce sera, veuillez bien m’en croire, un des plus précieux services que. vous aye z jamais rendus à nos confrères en religion d’abord, mais aussi à tous les prêtres et à tous les fidèles qui ont à cœur d’assurer leur salut en avançant dans les voies de la perfection. Agréez, je vous prie, mon bien cher et bien révéren d Père, mes meilleurs sentiments d’affectueuse reconnaissance en Notre-Seigneur et sa divine Mère. AMAND, S.M.,év. d’Olympe.
APPROBATION
D’après le témoignage favorable qui m’a été rendu s ur le livre qui a pour titre : les Tonga et le P. Chevron,par un père de notre société, j’en autorise volontiers, en ce qui me concerne, l’impression. Sainte-Foy-lès-Lyon, en la fête de l’Annonciation de Notre-Dame, le 25 mars 1893. A. MARTIN, Sup. gén.s. M.
INTRODUCTION
Le présent ouvrage fait suite aux études sur l’archipel des Samoa ou des Navigateurs, 1 auxquels deux volumes ont été consacrés . L’auteur avait tâché d’y résumer tout ce qui peut f aire connaître ces peuplades, si dignes aujourd’hui d’intérêt, dont les voyageurs et les géographes n’ont fait le plus souvent qu’effleurer la description. Leur origine e t leur race, leur religion, leurs mœurs, leur industrie, leur gouvernement, le sol et ses produits, sa culture : il a pu tout décrire, grâce aux documents inédits, très consciencieux et très authentiques, déposés aux archives de la Société de Marie. Or, ces caractères divers, qui marquent les insulai res des Samoa, sont, à peu de chose près, les mêmes pour ceux des Tonga ; sur tous ces points, l’étude de cet archipel est donc faite. Il suffira de noter çà et là quelques différences, et de renvoyer quelquefois aux volumes déjà parus. Mais il restera à en approfondir l’histoire avec so n originalité et ses horreurs. Les missionnaires des Samoa, quand ils rédigeaient leur journal et écrivaient leurs lettres si remarquables, n’avaient pas encore eu le temps d’in terroger les anciens et de gagner leur confiance au point d’en obtenir des témoignage s complets et dignes de foi. Une pratique plus longue a procuré cet avantage à ceux des Tonga. De la bouche des vieillards, qui avaient fait partie des générations précédentes et conservé les traditions, ils ont recueilli des renseignements qui, répétés par plusieurs et contrôlés les uns par les autres, rapprochés des documents déjà publiés, form ent une source historique d’une incontestable valeur. La première partie de la présente étude y sera cons acrée. Le lecteur s’étonnera de trouver là-bas des mœurs poussées à un cannibalisme aussi meurtrier, peut-être même plus, que dans les « îles noires », auxquelles les voyageurs en attribuaient exclusivement la pratique. Jusqu’ici on croyait que les peuplades dont la couleur plus claire semble attester une race moins perverse, les Samoans, par exemple, s’en étaient toujours 2 préservés . En ce qui concerne les Tongiens, la présente étude démontrera le mal fondé de cette opinion ; et, en jetant un jour rétrospectif sur celle dont les Samoans ont été l’objet, elle y comblera une lacune. On jugera qu’ils disaient vrai, les uns et les autres, quand ils se traitaient mutuellement d’anthropophages. Et, par les scènes atroces dont fut le théâtre la contrée qui porta longtemps le nomd’Archipel des amis, on jugera sans témérité de ce qui a dû se faire dans les autres :
Ab uno Disce omnes...
Aujourd’hui, non seulement ces abominables usages ont disparu dans leurs dernières traces, mais les mœurs se sont entièrement transformées ; les stations catholiques de ces îles peuvent rivaliser avec les meilleures paro isses de France en pratiques religieuses, et elles ont produit çà et là des âmes d’une exquise beauté. A qui en revient le mérite ? Il faut bien faire leur part aux minist res protestants ; mais notre récit démontrera que leur prédication a peu modifié la na ture des insulaires et n’a guère 3 exercé d’action que sur les formes extérieures de l a civilisation . Comment, d’ailleurs, renouveler des âmes abîmées dans les profondeurs du mal sans les sacrements ? Or,
avec leur doctrine de la justification par la foi seule, peuvent-ils inspirer confiance même 4 à leur baptême ? . C’est donc à nos missionnaires catholiques que doit être attribué un si merveilleux résultat. Le R.P. Joseph Chevron a été, aux Tonga, à l’œuvre le premier, longtemps seul, au milieu de difficultés et soumis à des privations inouïes ; et, pendant quarante-deux ans, il a dirigé de ses exemples, non moins que de ses conseils, les Maristes, ses jeunes confrères, qui sont unanimes à lui renvoyer, après Dieu, la gloire de ce changement ; on pourrait dire de cette transfiguration. Son apostolat est l’objet de la seconde partie. Elle complète la première en montrant aux prises le zèle de nos missionnaires avec les br utalités païennes et les menées, souvent aussi brutales, des protestants. L’étude de l’archipel se poursuit ainsi et s’achève, non plus par une simple narration, mais c omme sur un théâtre où s’engage une lutte suprême entre le vice et la vertu, entre l’erreur et la vérité, comme personnifiés sur la scène. Quant à l’apôtre qui remplit là un rôle si grand, rien de plus modeste en apparence, et même de plus monotone, que sa vie de simple religie ux écoulée dans une seule île, île cachée, comme il aimait tant à l’être lui-même, aux regards du monde, dans les derniers lointains de l’Océan. Mais cette modestie recèle une sainteté continue qui ne se dément jamais, et finit, à force d’être simple, par apparaître héroïque. L’auteur ose espérer que le lecteur qui l’aura suivi jusqu’au bout ne trouvera pas ce terme prétentieux.
Il est d’usage de faire connaître les sources où l’on puise les documents ; nous citerons d’abord M. ELISÉE RECLUS :Océan et terres océaniennes ;— M. AL.G. FINDLAY :A Directory for the navigation south pacific océan ;— M. DE RIENZI : Océanie,I’UNIVERS PITTORESQUE. Cet écrivain résume les récits des dans voyageurs, notamment de Cook, de Dumont d’Urville, etc... Mais surtout les documents dont les titres suivent, en très grande partie inédits et fournis par nos missionnaires aux archives de la Société : Histoire manuscrite de la mission de Tonga,par le R.P. PIERRE GUITTA, qui a été pendant vingt-cinq ans à l’école du R.P. Chevron. Il raconte les faits antérieurs, comme sous la dictée de son vénéré maître ; puis, comme il en a été témoin, tout ce qui s’est passé depuis son arrivée. Notes manuscrites sur l’histoire des Tonga,par le R.P.P.-M. CASTAGNIER. Elles donnent l’histoire de l’archipel à partir des premiers temps historiques. L’auteur en tire le fond de M. de Rienzi ; — du récit de MARINER :An account of the natives of the Tonga islands ;— du Dr MARTIN :Tonga islands,et des récits du ministre TH. WEST. Mais il a tout contrôlé et complété par ses entretiens avec les vieillards. Notes recueilliesla bouche même de Mgr Lamaze, vicaire apostolique de de l’Océanie centrale, pendant ses voyages en Europe. Enfin, et surtout, lariche correspondanceP. Chevron gardée avec un soin du tout particulier aux archives de la Société, ou communiquée par sa famille, et celle des autres missionnaires des Tonga.
Les planches dont ces études sont illustrées, gravées sur des photographies envoyées par les missionnaires, sont tirées, en grande parti e, du précieux recueil desMissions catholiques,dont le directeur, Mgr Morel, les a mises à la disposition de l’auteur avec la plus parfaite bienveillance. Qu’il daigne recevoir nos respectueux remerciements !
1Les Samoa et Mgr Elloy.— Pendant que se publiaient ces deux volumes, une question
s’éleva qui intéressait de très près la Société de Marie, celle des SALOMON. L’auteur fut amené à écrire à cette occasionDix Années en Mélanésie,il dut interrompre les et études sur les archipels du centre, qu’il reprend aujourd’hui.
2Quelques traits, insuffisants pour établir une vérité contestée, ont fait cependant foi en faveur de l’opinion contraire. V.les Samoa,p. 78.
309, grâce à l’édit de Tokaï, avantverra plus loin que le cannibalisme tomba en 18  On l’établissement des wesleyens, et que c’est à peu près à la même date qu’il disparut des archipels voisins, les îles noires exceptées.
4 V.les Samoa, p. 213, où des témoignages autorisés font foi de l a légèreté avec laquelle les protestants, là-bas, traitent le baptême.
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