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Ma rencontre... avec Dieu Tome 1

De
216 pages

« J’ai souvent entendu autour de moi que les gens avaient besoin de croire en quelqu’un, voir en quelque chose pour se sentir moins seuls. Le jour où j’ai découvert que Dieu prenait une place de plus en plus grande dans ma vie, j’en ai discuté avec une amie qui m’a conseillée de l’écrire et mon fils d’en faire un livre. Je me suis donc assise devant mon ordinateur, une page blanche affichée devant moi et les mots sont venus, les uns après les autres... Voilà le récit de mon cheminement avec et vers Dieu. »


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Couverture

Copyright

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-56856-4

 

© Edilivre, 2013

Remerciement

 

 

Je remercie vivement Nina, le Pasteur Nicolas, mes enfants et mon mari, qui m’ont encouragée dans mon cheminement.

Prologue
Prière de l’écrivain

Tu me vois à ma table d’écrivain

Saisie par le doute

Le soupçon d’une erreur fondamentale

D’une méprise d’une aberration

Qu’est-ce que je fais ici ?

Dehors le soleil sur le jardin

M’incite à la flânerie

Des enfants m’appellent

Mon amie me hèle

La voisine est emportée à l’hôpital

Pourquoi creuser le sillon

Dans lequel ne poussent peut-être

Aucune herbe

Aucun blé à partager

Miche ronde et chaude sur le plat ?

Qu’ai-je à dire

Qui n’ait été écrit ?

Quelle folie me pousse

A me couper d’autrui

Pour mieux le rejoindre ?

Hors Toi qui comprendrais

Cette aliénation

Cette aventure à corps perdu

Sans caprice ni complaisance

Ce talent que Tu m’as confié

Aide-moi à poursuivre

Sur cette piste étroite

Qui serpente et trace un dessin

Dont Toi seul connais

La sourde raison la beauté peut-être.

Colette Nys-Mazure,
écrivain et poète.

Ma rencontre… avec Dieu,

Par quoi est-ce-que je vais commencer ? Difficile… mais après avoir discuté avec une amie, en fait une amie qui est « ma guide spirituelle », j’ai décidé d’écrire tout ce que je pouvais ressentir…

Oui, mais ressentir quoi ? Grosse question, grave question…

Je suis en fait en recherche, je recherche la présence de Dieu dans ma vie, rien que ça… oh bien sûr, je l’ai déjà trouvé, nous nous sommes même déjà « parlé », mais à l’heure qu’il est, je veux vivre ma foi librement ! Oui, je dis bien librement !

Pourquoi me demanderez-vous est-ce-que je veux vivre ma foi librement ? Ah… je vais sans doute en choquer certains ou certaines, mais depuis quelques temps, je me pose beaucoup de questions à ce sujet.

Aller à la messe tous les dimanches… très peu pour moi, car je trouve que les personnes qui y vont, en tout cas la plupart (ceci est mon avis personnel) vont à la messe presque, dirais-je, mécaniquement, par tradition. Or, c’est là que ça me gène… je fais pourtant partie d’une équipe liturgique, depuis quelques années, nous nous réunissons environ toutes les 4 à 6 semaines, pour préparer une messe, les prières, les chants, selon les lectures « imposées »… oui, je trouve maintenant que trop de choses de la messe sont imposées, et je n’arrive plus à m’y retrouver, les préparations sont mécaniques, on choisit des prières presque sans réfléchir à leur signification réelle, et ça, ça ne me va plus.

Pourquoi me direz-vous est ce que je continue à préparer la liturgie ? Simplement pour faire plaisir aux personnes de mon équipe, qui, il faut bien le dire, sont très gentilles, marrantes, et je m’entends très bien avec elles. Cela crée quand même des liens, une amitié, et quand nous nous croisons dans la rue, dans un magasin, nous nous arrêtons toujours pour parler, pour rire, et c’est génial.

Quel rapport avec ma rencontre avec Dieu ? Pendant la messe, un ami de longue date n’utilisait plus le terme « messe », mais « eucharistie », donc, pendant l’eucharistie, nous prions, nous louons Dieu, nous demandons plein de choses à Dieu, mais tout ça, selon un « code », une tradition, et c’est ça qui m’ennuie maintenant.

Mais pas m’ennuyer comme nous comprenons l’ennui, ça m’ennuie, sans doute devrais-je dire que ça me dérange, oui, plutôt ce mot, il reflèterait plus mon ressenti.

Maintenant, je veux rencontrer Dieu dans une autre relation. Ah… pas facile, mais depuis quelques années, je fais mon « petit » chemin spirituel, je pense, et je vais vous le narrer…

Début de ma recherche

Je suis une femme mariée, j’ai un mari merveilleux, 3 enfants, grands maintenant, 2 ont leur vie personnelle et le dernier est encore étudiant. Lors de son baptême, en l’année 1990, j’ai dit au prêtre qui allait le baptiser que s’il avait besoin de quelqu’un pour donner un coup de main, je voulais bien l’aider…

Un jour, à l’improviste, je vois arriver chez moi une Sœur, je l’invite évidement à rentrer, elle avait l’air tellement gentille. En fait, je dois dire que le courant est passé tout de suite. Elle venait me demander de créer un groupe d’enfants, en ACE, l’action catholique des enfants. Sur le coup, je me disais que je ne serais jamais capable de faire ça, je n’y connaissais rien. Mais voilà, sans doute le Saint Esprit commençait son œuvre en moi, mais je ne le savais pas du tout. En tout cas, j’ai accepté, et elle m’a « enseignée », je l’ai écoutée, elle a fait connaissance avec mes enfants, qui l’ont tout de suite acceptée, tant elle était plaisante, douce, patiente (avec moi, valait mieux, je suis difficile parfois à comprendre…).

J’ai fait « ma pub » pour « recruter » des enfants, et tout doucement, un groupe de gamins et gamines a vu le jour, des enfants de 5 à 7 ans, les « Perlins ». Nous nous sommes réunis tous les mercredis, nous avons fait plein de choses, nous avons commencé à parler de Dieu, mais sans plus, si je puis dire, et 2 ans se sont écoulés, dans une douce ambiance, avec l’aide d’une amie qui venait aussi avec ses 3 enfants. Ah, nous en avons fait des visites, des découvertes, c’était génial, enrichissant, visiter une caserne de pompiers, une crèche, une boulangerie, une ferme… et entre 2, quelques rencontres avec d’autres groupes pour fêter Noël, Pâques, la fin d’année. Deux magnifiques années !

Ensuite, la Sœur a quitté la région, ce qui a été pour moi un déchirement. Et comme par hasard, nous avons déménagé, quasiment au même moment.

Mais voilà, dans ma nouvelle ville, difficile de s’acclimater… quitter ses repères, ses amis, ses habitudes, ses activités… beaucoup de choses qui m’ont bien perturbée. Pour nos enfants, aucun problème, tout au contraire.

Et peu à peu, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et ne pas m’appesantir sur moi-même. Alors, je suis allée voir le curé de la ville, qui m’a donné quelques noms, et j’ai fait connaissance avec une dame qui a compté énormément dans ma vie. J’ai essayé de redémarrer un groupe ACE, 300 invitations lancées dans la ville, à pieds, et 3 inscriptions… encourageant…

Alors le groupe a commencé, sans notre Sœur référente, mais avec la nouvelle « dame »… ça a duré 2 ans, pas plus, car, et d’une il n’y avait pas beaucoup d’enfants, et de deux, le parcours proposé ne me disait franchement rien.

Un jour à la messe, j’ai posé une question : « puis-je faire du caté ? »… Pensez-vous ! Evidemment que je pouvais ! Mais encore un barrage dans ma tête… je n’en avais jamais fait ! Eh… pas si fière de moi, car je redoutais quand même… mais une autre dame, très gentille m’a prise en charge, et je suis donc allée chez elle une paire de fois, et tout doucement, je m’y suis mise, au caté, et ça a fonctionné 15 ans !

Je me suis occupée d’enfants de 6ème, en aumônerie, et de CM2, en école primaire. Quel bonheur ! Et le tout simultanément… si bien qu’au début, j’avais tendance à confondre les 2 niveaux et même les mélanger… un peu à la fois, j’ai réussi à gérer correctement.

A un moment donné, je me suis dit que je pourrais prendre le relais de la dame en aumônerie, puisqu’elle partait ailleurs… j’ai entrepris une formation au séminaire de Lille, mais arrivée là, la 1ère fois… hou là… mais dans quel monde suis-je entrée ? « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »… ce qui ne m’a pas plu du tout !

J’ai résisté un an, je me suis fait des amies, que je vois encore pour certaines, mais je n’ai pas tenu plus, j’ai arrêté mon travail à l’aumônerie, car je ne pensais pas comme les dirigeantes… eh oui, je commençais déjà à me « rebeller »… personne n’est parfait…

J’ai continué avec les CM2, j’ai pris des cours de guitare, j’aime la musique, j’en ai fait plein étant gamine, mais pas de la guitare, non, du violon… pas tout à fait pareil, mais bon…

J’ai fait encore plein de choses, au sein de la paroisse, j’ai vraiment eu l’impression de m’épanouir. Je me suis occupée aussi de personnes âgées, les emmener en courses, les dépanner parfois pour des visites à droite et à gauche, je n’ai jamais eu le temps de m’ennuyer.

Et tous les dimanches, quasiment, nous allions à la messe, en famille, et même nos enfants ont été servants de messe, 5 ans pour les 2 grands, 1 an pour le cadet. Quelle fierté pour nous, les parents et quel bonheur aussi, de les voir près de l’Abbé, au service de Dieu !

Nos jeunes ont grandi, ils ont hélas, quitté l’église, ne voulant même plus y mettre les pieds… l’aîné disant qu’il y retournerait quand la messe changerait sa façon de faire… il disait en fait ce que je dis maintenant…

Je me suis souvent demandé ce que j’avais pu faire de mal pour qu’ils réagissent ainsi, les ai-je ennuyés avec ma foi, leur ai-je trop parlé de tout ça ? Je ne sais pas, mais j’espère qu’un jour le Saint Esprit leur parlera, comme il m’a parlé…

Car Il m’a parlé… c’est vrai que je ne m’en occupais pas du tout, du Saint Esprit, je ne comprenais pas son importance, son message… ou je ne voulais pas… l’entendre…

Pourtant, à plusieurs reprises, j’ai eu des signes, qui m’ont alertée sur la présence de Dieu, tout près de moi. Lors d’une retraite avec une amie, nous nous promenions dans le parc, quand tout à coup, je vois mon amie éclater en sanglots devant une énorme croix… je stoppe net ma marche, je regarde mon amie, interloquée, et elle se met à me parler… en fait, elle venait de recevoir un message (dont hélas je ne me souviens plus) et c’était tellement incroyable, tellement fort qu’elle n’a pas pu retenir ses larmes. Serait-ce un signe ?

En tout cas, je pense que c’est tout ça réuni qui m’a donné l’envie, le besoin de me mettre à la recherche de Dieu, de comprendre ce qui m’arrivait, car tout ceci me touchait de très près.

Croire : une joie,
un besoin, une illusion ?

J’ai souvent entendu autour de moi que les gens avaient besoin de croire en quelqu’un, voir en quelque chose, pour se rassurer, pour se sentir moins seuls.

Alors, je me suis posé la question : pourquoi est-ce-que je crois en Dieu ? Ai-je ce besoin d’avoir une présence fictive qui me rassure, ai-je besoin de me sentir moins seule ?

Ma foi n’est pas une illusion je vous ai parlé des signes que Dieu nous envoie, et ces signes sont loin d’être fictifs ou imaginaires. J’ai longtemps vécu en disant que je croyais, oui, mais sans approfondir plus que ça. Ce n’est que depuis peu de temps, vous le savez aussi, que j’ai commencé à me poser plein de questions, et depuis, je vous assure que ce n’est plus du tout pareil.

Pareil en quoi me demanderez-vous ? Ma vie intérieure est changée, je ressens une présence, la présence de Dieu autour de moi, dans ma maison, partout où je suis. Comment puis-je ressentir cette présence ? Là aussi, pas évident de répondre, mais je dirais, alors que j’écris ces mots, qu’une main est sur mon épaule, si si, c’est vrai, et je sais que Dieu attend que j’écrive ces mots, mais je ne sais pas encore quels mots je vais mettre. Lui le sait, ll attend, tout simplement. Du coup, je ne sais plus quoi écrire… ah oui, comment décrire la présence de Dieu ? Il suffit de regarder notre vie de famille, nos enfants, mon mari, le parcours effectué depuis nos 27 ans de mariage. Que du bonheur ! J’ai toujours dit qu’une puissance supérieure protégeait notre foyer, il me suffisait de nommer cette puissance : Dieu ! Sans Lui, en serions-nous là ? Je ne pense pas, car en regardant autour de nous, que de catastrophes, que de malheurs, de tous genres, que de séparations dans les familles etc…

Quand il est arrivé ce tsunami en Haïti, j’ai été ébahie de voir comment les gens en appelaient à Dieu avec une confiance à toute épreuve, ils priaient d’un cœur, dirais-je, pur, et ils arrivaient encore à sourire. C’était tout simplement merveilleux de les voir prier avec cette foi, alors que tout était anéanti autour d’eux. Quelle belle leçon de vie en vérité !

Et nous qui nous plaignons d’un rien, d’une broutille…

J’ai aussi entendu que la foi soulève des montagnes… bel exemple ! Bon, il reste à l’heure actuelle encore bien de choses à refaire, à reconstruire là-bas, et j’espère qu’ils ne perdront jamais cette confiance en Dieu.

Quant à nous, avons-nous cette foi, cette joie de croire en Dieu ? Hum… je ne crois pas, car quand je vois le nombre décroissant, terriblement alarmant des enfants inscrits au catéchisme maintenant, rien que ça, je me dis que les gens perdent complètement le sens des vraies valeurs, le sens du spirituel, et qu’au contraire, ils se tournent désespérément vers le matérialisme à outrance. Pour moi, c’est un fait de société très grave, beaucoup d’enfants sont éduqués avec des cuillères d’argent dans la bouche, et quand ils grandissent, ils ne savent plus la valeur de l’argent. Ils ne croient qu’à ce qu’ils voient, qu’à ce qu’ils ont devant eux, et leurs parents tout autant.

Bien sûr, tous les enfants ne naissent pas ainsi, mais n’en viennent pas pour autant vers la religion… souvent, les parents ne savent pas, n’osent pas, ou ont vécu dans leur jeunesse des méthodes d’apprentissage qu’ils ont peur de retransmettre à leurs enfants. Je dois avouer que je comprends dans un certains sens. Avant, c’était assez sévère, assez ardu, nous étions obligés d’être présents aux messes, d’apprendre certaines prières, et j’en passe. Evidement, à l’heure actuelle, cela ne se passe plus comme ça, heureusement ! Mais beaucoup de personnes croient encore à ce qu’elles ont vécu ainsi et du coup ne veulent plus en entendre parler.

Ne trouvez-vous pas cela grave ? Moi si ! Les églises se vident, les curés disparaissent, tout doucement mais sûrement, ils ont des responsabilités énormes, ils gèrent plusieurs paroisses, ils n’ont même plus le temps de se déplacer comme avant pour rendre visite à telle ou telle personne qui en aurait bien besoin.

C’est bien triste, tout ça, et je voulais affirmer que moi, de mon côté, oui, j’ai la foi, oui je suis heureuse de croire en Dieu, oui, je n’ai plus peur de le dire. Et ce n’est certainement pas une illusion, j’en suis absolument certaine !

Certes, ma maladie me gêne beaucoup, me fait souffrir, mais au moins, je comprends celui ou celle qui a mal, celle ou celui qui souffre. Avec l’aide de Dieu, j’y arriverai, je surmonterai cette épreuve, sans me dire que c’est Lui qui me l’inflige. De toute manière, cela ne me servirait à rien, bien au contraire, et ma foi serait bien mince.

Je dirais donc que ma foi est pour moi une très grande joie, une source de sérénité, de plénitude, quand je prends le temps de prier dans le calme. Est-ce un besoin ? Oui car j’ai besoin de prier pour me ressourcer, pour retrouver la paix qui parfois me quitte, pour rendre grâce à Dieu pour tous ses bienfaits. Sans Dieu, sans ma foi, sans la prière, où en serais-je ? Je ne sais pas vraiment, mais ce que je sais, c’est que je crois, que je suis heureuse de croire, tout simplement.

Autosuggestion, réalité

Et si je revenais à mon sujet favori, ma recherche de Dieu… depuis quelques temps, j’ai toujours l’impression qu’il est là, tout près de moi, comme s’il était à mon côté en permanence. Il ne me parle pas directement, ça, non, mais je ne peux pas m’empêcher de lui parler, de tout et de rien, de ce qui se passe sur l’instant, en fait, comme à un ami proche, très proche. Vous aller me demander si cette présence me dérange, si ça ne m’énerve pas un peu… eh non, rien de tout cela, bien au contraire, je me sens bien ainsi.

Je ne voudrais pas non plus paraître prétentieuse de ressentir tout ça, loin de moi cette idée, mais c’est réellement ce que je ressens.

Est-ce de l’autosuggestion ? Certains le penseraient, pourquoi pas, après tout, si c’est ce qu’ils pensent… à un moment, j’y ai pensé, c’est vrai, je pensais même que je faisais les questions-réponses… et je m’en sentais bien. Bizarre, n’est-ce pas ?

C’est fou ce qui peut arriver dans une vie, quand la foi nous bouscule… car elle me bouscule, en tout cas, elle m’a sérieusement remise en cause. Quand ? Difficile de le dire, de dater, mais je pense avoir un repère… il y a quelques années, souvenez-vous, quand je suis allée en formation à Lille, pour devenir animatrice en pastorale… depuis 10 ans, j’étais bénévole en catéchèse, et un jour, j’ai voulu aller plus loin… bien m’en a pris… je suis entrée dans un monde totalement inconnu de moi, et je n’ai jamais réussi à m’intégrer à cette communauté, où je trouvais tout le monde complètement « formaté », du style « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »… je n’ai pas aimé. Tant et si bien que j’y suis restée une année, où, il faut le reconnaître j’ai quand même appris pas mal de choses, qui m’ont été très utiles. J’y ai fait des connaissances merveilleuses, que je vois encore, mais ce qui est certain, c’est que je ne partage plus du tout leur point de vue, leurs idées.

J’ai stoppé mon activité en aumônerie, vu ce qui m’arrivait, je n’étais plus en adéquation, et avec moi, et avec les autres…

J’ai traversé un moment de doute énorme, non au sujet de ma foi, mais au sujet des personnes qui œuvraient au sein de l’église. Une personne, pendant la formation, avait dit que « l’église était un panier de crabes »… excusez-moi de dire une telle chose, mais elle résumait bien ce que je pensais.

Donc, j’ai pris un temps de recul ; puisque j’abandonnais l’aumônerie, il ne fallait pas que je reste à ne rien faire, il fallait que je continue au sein de ma paroisse, car pour moi, c’était évident. Alors, j’ai repris la catéchèse des C.M2, en catéchiste-relais, comme je l’étais avant la formation (je précise que je faisais les 2 niveaux simultanément). Au début, j’avais encore un grand regret de ne plus voir les jeunes de collèges, mais peu à peu, tout est revenu « à la normale », et j’ai même accepté d’animer les petits de 7 ans, en « graines de parole ». Que de moments magiques j’y ai vécu, des moments de partage, de chants, de plein de choses diverses, je demandais aux petits de s’asseoir par terre, je m’y mettais également et je jouais de la guitare en leur apprenant les chants. Vous les auriez vus ! Je répète, c’était magique !

Mais hélas, cela n’a pas duré… je commence seulement à essayer de comprendre mon comportement, et je finis par penser que je devais être trop exigeante avec le autres, avec moi-même, et pourquoi pas avec Dieu. Pourtant, combien de fois ai-je eu le sentiment de ne chanter que pour Lui, même en étant avec ces enfants ! J’avais l’impression qu’Il me poussait à chanter, à continuer ainsi… mais je me suis laissée décourager… une personne a annulé d’un seul coup tout ce que je pensais avoir réussi à construire, elle a aboli toute la confiance que j’avais retrouvée, et j’ai tout laissé tomber… je n’ai même pas cherché plus loin.

Je parle de ce qui s’est passé il y a maintenant quelques années… je n’étais pas vraiment encore en recherche… il m’est arrivé quelques soucis de santé, qui m’ont forcée à diminuer, sinon à arrêter quelque peu certaines de mes activités, je n’avais plus de force, je ne pouvais plus assumer mes services, à cause de crises de douleurs aigües… un médecin m’a diagnostiquée « fibromyalgique »… la tuile !

Bien sûr, j’en ai voulu à tout le monde… mais je me suis reprise très vite, je ne voulais en aucun cas incriminer Dieu, car comme souvent, on lui demande tout de suite ce qu’on a bien pu faire pour mériter ça…

Je me suis dit, après maintes et maintes réflexions, que dans un sens, c’était simplement une épreuve, non pas qu’Il m’imposait, non, mais que je subissais, comme tant d’autres en subissent, et bien plus difficiles. Je me suis mise à prier, à demander, bien évidemment de l’aide, et tout doucement, j’ai accepté de vivre avec cette maladie, dans un sens, je n’avais pas le choix… mais je me sentais soutenue par le Très Haut, je le sentais à côté de moi, même dans les moments plus douloureux, car il me faut reconnaître que c’est une maladie qui fait très mal.

Alors, me suis-je autosuggestionnée ? Ai-je voulu me persuader que Dieu était près de moi, tout simplement, ou me le suis-je imaginé, simplement ?

Au plus profond de moi, je pense que j’ai réellement senti cette présence divine, et, même si j’avais toujours mal, Il était là. Et en ayant mal, je me sentais presque bien, en paix avec moi-même.

J’ose l’affirmer, maintenant, Dieu fait partie de ma vie, sans Lui, je ne serais pas moi-même, je l’ai certainement déjà écrit, mais je le ressens tellement que j’aime le redire.

Si j’écris ces mots en ce moment, c’est que je les pense. Nina m’a dit d’écrire ce que je ressentais, alors, je l’écris. Et je m’aperçois que plus j’écris, plus j’ai envie d’en dire plus. Tout cela me tient tellement à cœur qu’il faut que je continue mon récit. Vais-je inquiéter Nina à écrire tout ça ? J’espère que non, mais me lira-t-elle seulement ? Je ne sais pas non plus, car je ne sais pas moi-même jusqu’où j’irai dans cette écriture.

Finalement, j’ai l’impression de vivre une aventure que je n’ai jamais vécue jusqu’à maintenant. C’est nouveau pour moi, mais j’avoue que j’aime ça.

La maladie, la douleur

Je lève les yeux vers Toi… et tu me tends la main.

Quand je suis au fond du gouffre, je lève les yeux
[vers le haut.

Jésus, tu me tends la main !

Quand je suis ravagée par la souffrance, je lève
[les yeux vers la Croix.

Jésus, tu as souffert comme moi !

Quand mes yeux sont remplis de larmes, je lève
[les yeux vers toi, Jésus,

Toi qui as pleuré ton ami Lazare !

Quand je pense que plus rien n’est possible,

Quand le désespoir m’envahit, quand le doute
[s’installe en moi,

Je crie vers toi, Jésus !

Je veux croire que pour toi tien n’est impossible !

Je veux croire surtout que tu nous dis : « Ne crains pas, je t’aime, je t’appelle par ton nom, tu es à moi ».

Alors doucement la joie s’installe en moi et ma souffrance devient source d’espérance !

Agnès.

Ainsi que vous le savez, je suis atteinte de « fibromyalgie », maladie invisible, encore trop peu (re)connue, et qui nous met dans la catégorie, bien à tord, de malades « imaginaires ». C’est une maladie neurologique, une panne des neurotransmetteurs, principalement les femmes ; elle se traduit par des crises de douleurs, plus ou moins variables dans leur intensité, et à la longue, nous avons bien du mal à l’affronter sans en parler.

Certains n’y voient rien, je vous l’ai dit, cela ne se voit pas, sauf quand elle nous rend « invalides » le temps de la crise. Beaucoup de mes semblables atteints ne s’en sortent pas, font une grave dépression, conséquente aux douleurs quasiment incessantes. Car c’est bien la maladie qui engendre la dépression, non la dépression qui engendre la maladie. Cela fait maintenant un an que je le sais, et j’ai du, bon gré mal gré, vivre avec, m’en faire une amie ou une ennemie selon la douleur ressentie.

J’ai malgré tout une chance énorme, je ne fais pas de dépression, ni de dépression « cachée » dont certains ont bien voulu m’affubler. Au début, j’ai eu envie de me révolter (tiens… on me reconnaît…), mais avec le temps, la réflexion, je me suis dit qu’après tout, mon pronostic vital n’est pas en jeu, ce n’est pas un cancer, par exemple. Bon, d’accord, ça fait mal, extrêmement mal parfois, mais la vie est toujours possible, les activités aussi, bien que diminuées quand même.

Au début, j’ai voulu demander à Dieu « pourquoi moi ? »… Oh là, je jouais déjà à l’égoïste, à l’égocentrique… c’est fou ce qu’on peut penser alors ! Mais, peu à peu, je me suis fait une raison, j’ai accepté, car je n’ai pas vraiment le choix.

Je me suis dit que dans la vie, tout a une raison, rien n’arrive pour rien, sans faire intervenir le hasard. Et en y réfléchissant un peu plus, je me suis mise à comprendre ce qui m’arrivait, enfin, à essayer de comprendre…

Autour de moi, beaucoup de personnes souffrent, sans que l’on sache vraiment comprendre l’intensité de leur douleur, la peine qu’elles ressentent pour bouger, manger, sortir de chez elles, affronter leur environnement.

Maintenant que moi aussi je souffre, je les comprends bien mieux, c’est vrai qu’il n’y a qu’en vivant les situations qu’on peut ainsi les comprendre. Pour être honnête, je me passerais bien de cette maladie…

Or, j’ai repensé à ma discussion d’hier… j’ai dit que je voulais encore être utile dans l’église, mais à la hauteur de mes moyens, puisque je ne peux plus faire ce que je veux. Ce matin, j’ai ouvert un livret, sur lequel nous avions travaillé pour la préparation de la messe de dimanche qui arrive, le dimanche de la santé.

Là, j’y ai lu un texte de Mg Ulrich, avec le titre « Ouvre mes yeux… sur ma souffrance, Seigneur ». Je ne le...