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Mgr Alexandre Caillot (1861 - 1957)

De
220 pages
Mgr Alexandre Caillot, évêque de Grenoble pendant près de 40 ans, fut un grand bâtisseur, en témoigne les basiliques du Sacré-Coeur ou de Saint-Joseph à Grenoble, et fut également mêlé aux soubresauts de son époque : l'Occupation, l'affaire Finaly. Cette biographie inédite, révèle un prélat à l'activité débordante, homme de devoir, travailleur, soucieux de veiller sur son clergé et sur l'apostolat des laïcs. Ce texte décrit toutes les facettes de sa personnalité et de son action pastorale.
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Joannès Praz
gr M AlexandreCaillot (1861-1957), évêque de Grenoble
gr Préface de MGuy de Kerimel Introduction et notes de Gilles-Marie Moreau
gr M AlexandreCaillot
Religions et Spiritualité collection dirigée par Richard Moreau, professeur émérite à l’Université de Paris XII, et André Thayse, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain. La collectionReligions et Spiritualitérassemble des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue interreligieux. Derniers titres parus:Boukari Aristide Gnada,Le concept de don, 2013. Anne Barjansky,L’hôpital de Loches, des origines à la Révolution, 2013. Pierre Egloff,L’univers, les hommes, le Diable et le bon Dieu, 2013. Frère Benoît (moine de Notre-Dame d’Acey),Un moine comtois à pied vers Notre-Dame des Ermites (Einsiedeln, Suisse), 2013. Philippe Beitia,Les fêtes des saints Papes dans les livres liturgiques de l’Eglise catholique, 2013. André Thayse,Dieu personnel et ultime réalité, 2013. Francis Weill,Chrétiens et Juifs, Juifs et Chrétiens, l’inéluctable fraternité, 2013. José-Maria Tavares de Andrade,Magie, ethnomédecine et religiosité au Brésil, 2013. Claude Henri Valloton,Prédications pour mieux vivre au quotidien, 2013. Claude Henri Valloton,Prédications de Noël à la Pentecôte, 2013. Gilles-Marie Moreau,La cathédrale Notre-Dame de Grenoble, 2012. Odile et Richard Moreau,D’Einsiedeln à la Salette au fil des siècles. Avec les pèlerins comtois sur les pas de la Vierge Marie, 2012. Sylvie Coirault-Neuburger,La piété juive au cœur du réel, 2012. Michel Anglares,Chrétiens en quartier d’affaires, 2012. Stéphane Marcireau,Le christianisme et l’émergence de l’individu chez René Girard, 2012. Francis Lapierre,L’Evangile oublié, 2012. Fabien Venon,Les paroisses de Montréal en crise, 2012. Francis Weill,Dictionnaire alphabétique des versets du prophète Isaïe, 2012. Bruno Florentin,L’avancement de Dieu dans le livre des Actes des Apôtres, 2012. Philippe Beitia,Les reliques de la Passion du Christ, 2012. e Matthieu Rouillé d’Orfeuil,siècleHistoire liturgique du XX, 2012. Jean Froidure,De Jésus à Constantin, comment le christianisme est devenu une religion, 2012. Albert Barbarin,Croire en Jésus peut être raisonnable, 2012. Gérard Fomerand,La mémoire vive des mystiques chrétiens, 2012. Odile Bebin-Langrognet,De Savoie en Comté : saint Pierre de Tarentaise, 2012. Philippe Beitia,Le Rosaire. Une grande prière de la spiritualité catholique, 2011.
Joannès PRAZgr M AlexandreCaillot (1861-1957), évêque de Grenoble Préface de Mgr Guy de Kerimel Introduction et notes de Gilles-Marie Moreau
Gilles-Marie Moreau a publié, dans la même collection : La cathédrale Notre-Dame de Grenoble(2012). Le Saint-Denis des Dauphins : histoire de la collégiale Saint-André de Grenoble(2010). © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02194-2 EAN : 9782343021942
Préface Monseigneur Alexandre Caillot fut évêque de Grenoble de 1917 à 1957, soit pendant quarante ans ! La longévité exceptionnelle de son épiscopat lui donna de traverser, à Grenoble, une bonne part de e l’histoire du XXsiècle, avec l’épreuve des deux guerres mondiales, et l’émergence d’une société civile de plus en plus distante vis-à-vis du christianisme. Ce fut un évêque de « chrétienté », d’une chrétienté encore sous le choc de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui voyait son influence sur la société française diminuer lentement et inéluctablement. Mgr Caillot a engagé toute son énergie à défendre les droits de l’Eglise, à lutter contre les courants de pensée contraires à la foi en veillant à la formation des prêtres et des laïcs, à tenter de regagner du terrain en encourageant le militantisme chrétien dans les syndicats et l’Action Catholique pour mieux résister aux avancées de la sécularisation et pour reconquérir à la foi chrétienne la société française. Alors que la guerre de 1914-18 avait engagé toutes les forces vives de la nation dans un même effort surhumain, alors que le clergé avait partagé les conditions de vie inhumaines des poilus dans les tranchées, les tensions étaient loin d’être apaisées entre l’Eglise et l’Etat. Certes le poids de l’Eglise restait énorme dans la société, mais Elle rencontrait des oppositions qui voulaient réduire son influence. Mgr Caillot, dans ce contexte, n’a qu’un ennemi : le « laïcisme ». Il ne faut pas s’étonner qu’un évêque ayant exercé son ministère sacerdotal au service de l’Enseignement catholique de son diocèse de Moulins dans le contexte de l’expulsion des religieux, éprouvé par la loi de 1905 et la confiscation de certains des biens de l’Eglise, ait trouvé en la personne du Maréchal Pétain le sauveur de la France, celui dont on pouvait espérer qu’il allait redonner sa place à l’Eglise. Mgr Caillot voua une grande admiration au Maréchal, sans pour autant cautionner toutes les actions du gouvernement de Vichy. Cela lui valut d’être, à la fin de la guerre,
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sur la liste des évêques que le Général De Gaulle voulait demander à Rome de limoger. Finalement, eu égard à son grand âge, et du fait qu’il s’était situé avant tout en pasteur, il demeura évêque de Grenoble jusqu’à la fin de sa vie. En lisant la biographie de Mgr Caillot écrite, il y a plus de trente ans, par le chanoine Joannès Praz qui l’admira et qui fut son secrétaire dévoué dans les toutes dernières années de son épiscopat, on est impressionné par les nombreux travaux et engagements de son ministère: le nombre des lettres pastorales pour diffuser la saine doctrine et éclairer le peuple de Dieu, le nombre des bâtiments (séminaires et églises) qu’il entreprit de faire construire, le soutien et l’organisation de l’apostolat des laïcs, son souci des vocations et de la formation des futurs prêtres, son attention à la vie religieuse et aux formes nouvelles de vie consacrée. Il fut un homme de devoir, conscient de sa responsabilité, se donnant sans compter à sa tâche de guider le peuple chrétien confié à sa vigilance pastorale. Lié au Père Mateo fondateur et propagateur de l’œuvre de l’Intronisation du Sacré-Cœur, Mgr Caillot fit le vœu d’ériger à Grenoble «une grande et belle église en l’honneur du Sacré-Cœur » ;c’est de fait la plus grande église de l’agglomération grenobloise, peut-être même du diocèse, dont on voit le chevet, lorsque l’on sort de la gare de Grenoble. Le diocèse a entrepris, en cette année 2013, d’en commencer la rénovation. Le Sacré-Cœur et Notre-Dame de La Salette sont les deux grandes dévotions qui ont nourri la foi et l’action pastorale de Mgr Caillot, l’éduquant à la confiance et au désir de faire en tout la volonté de Dieu. C’est dans la crypte de « sa » basilique du Sacré-Cœur qu’il souhaita reposer après sa mort. Pourquoi ressortir des archives diocésaines ce document ? Parce que la vie d’Alexandre Caillot et la durée de son épiscopat sont une e page de l’histoire de l’Eglise au XXsiècle qui mérite d’être connue. Tout n’est pas dit dans cette biographie ; on n’y voit pas la mention de l’abbé Pierre qui fut cependant un des prêtres de Mgr Caillot, avec lequel il a correspondu dans la liberté qu’on lui a connue. Les prêtres et les laïcs qui ont connu cette époque pourraient souhaiter y ajouter ou en retrancher des éléments. Le chanoine Praz la rédigea avec sa personnalité et selon ce qu’il a
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connu de son évêque. Il faut la lire comme une contribution à l’histoire et non comme une synthèse exhaustive. Bien peu de gens connaissent cette période qui va de la dernière année de la Grande Guerre jusqu’aux années qui précèdent immédiatement le Concile Vatican II. Seules l’Alsace et la Lorraine revenues dans le giron de la Patrie, après la victoire de 1918, demeurèrent sous régime concordataire, et jusqu’à aujourd’hui ;les autres diocèses durent assumer un vide juridique et se réadapter pour trouver les moyens financiers nécessaires à la vie des prêtres et à la mission pastorale. Un nouveau support juridique se mit en place, avec les Associations diocésaines, à partir de 1924. L’organisation matérielle et juridique de l’Eglise en France, telle que nous la vivons, date, pour l’essentiel, de la e première moitié du XXsiècle. Dans notre diocèse, le sanctuaire de La Salette, comme d’autres lieux, ont été concernés par ces évolutions du rapport Eglise-Etat, durant l’épiscopat de Mgr Caillot. Il est toujours utile et instructif, pour comprendre le présent, de connaître les temps qui nous ont précédés. Ni le monde, ni l’Eglise n’ont commencé avec nous ; il nous est bon de nous le rappeler. Je remercie Monsieur Gilles-Marie Moreau d’avoir tiré des archives cette biographie et de la proposer à notre lecture, en la facilitant par la rédaction d’une introduction et des notes éclairantes. Il nous fait ainsi bénéficier, par son goût pour l’histoire et sa grande capacité de travail, des richesses cachées ou méconnues de notre diocèse. + Guy de Kerimel Evêque de Grenoble-Vienne
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Introduction L’épiscopat de Mgr Caillot, qui se déroula sur près de 40 ans, a profondément marqué le diocèse de Grenoble. Ce prélat à la longévité exceptionnelle a laissé un souvenir notable, du fait de sa grande culture, de son autorité naturelle, de ses capacités de travail y compris nocturne, mais aussi de sa fibre sociale très marquée et de son implication dans l’Action catholique. Sa trace demeure également dans la pierre, de par les multiples constructions qu’il entreprit :le Grand Séminaire de Meylan (actuel Centre Théologique), le Petit Séminaire de Voreppe, les basiliques du Sacré-Cœur et de Saint-Joseph à Grenoble. Pourtant, et de façon assez paradoxale, la mémoire collective n’a souvent retenu que les dernières années de son épiscopat, du fait de diverses polémiques (STO, affaire Finaly) intervenues alors, tous événements pourtant survenus bien après ses 80 ans. A cet égard, la biographie rédigée par le chanoine Praz, et déposée par lui aux Archives diocésaines sans jamais avoir été publiée jusqu’ici, vient à point nommé. Il est peu fréquent que le proche collaborateur d’un évêque rédige plus tard sa biographie, tant sont prégnantes les habitudes de confidentialité dans les milieux ecclésiastiques. C’est pourquoi ce témoignage, rédigé une vingtaine d’années après la mort du prélat, est si précieux par sa rareté. Il ne s’agit pas là d’une biographie scientifique : le style est assez volontiers hagiographique, on cherchera d’ailleurs en vain quelque critique de l’évêque, et l’auteur abandonne de temps à autre la narration factuelle pour livrer ses opinions personnelles. Mais le chanoine Praz, qui parle avec l’abondance du cœur, a le mérite de s’effacer le plus souvent derrière son sujet, et son texte reste un témoignage unique et de première main sur un évêque de e la première moitié du XXsiècle. On y retrouve toute l’étendue et la variété des œuvres menées par Mgr Caillot, ses centres d’intérêt, ses préoccupations et ses priorités pastorales, ses principes de gouvernement, mais aussi les divers traits d’une personnalité
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