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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Louis Fillet

Notice chronologico-historique sur les archevêques d'Embrun

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Façade de la Cathédrale d’Embrun.

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QUE n’avons-nous des listes complètes et exactes des évêques de tous nos anciens diocèses de France ! Pareilles listes, surtout si le nom de chaque prélat y était accompagné de notes chronologiques et du récit sommaire des œuvres épiscopales, seraient bien précieuses. La science historique, la Religion elle-même y trouveraient un vrai profit.

Hélas ! Il s’en faut de beaucoup que nous ayons ces listes dans l’état désiré. Bien des Eglises de France, il est vrai, avaient conservé d’anciens catalogues de leurs évêques, et ces documents étaient relativement sûrs et fondés en tradition ; mais le plus souvent on n’y trouve autre chose que les noms et la suite des évêques. Ils sont généralement dans l’ordre de succession, mais sans notes chronologiques : c’est donc peu de chose. Cependant c’est quelque chose, et, d’autres documents aidant, on peut y introduire, dans une large mesure, l’élément chronologique et même le récit des faits historiques.

Des travaux de ce genre ont été faits, dans les trois derniers siècles surtout. C’est là l’objet de nos diverses Gallia ou Frances chrétiennes, publiées sans ou avec les documents à l’appui. C’est là notamment l’objet de l’Histoire des archevêchés, évêchés et abbayes de France, si magistralement faite pour nos diocèses du Midi, par le docte chanoine Albanès. On sait que l’œuvre de celui-ci, à sa mort, a été assumée par son ami, M. le chanoine Ulysse Chevalier, correspondant de l’Institut, qui, l’ayant complétée et annotée, la publie en ce moment dans les plus heureuses conditions scientifiques.

Nous avons nous-même profité des quelques loisirs que nous ont laissés nos devoirs de curé, pour rédiger, sur quelques diocèses dauphinois, des notices ou catalogues épiscopaux. Nous ne pouvons nous flatter d’avoir fait œuvre parfaite. Nous sommes, d’ailleurs, convaincu qu’œuvre de ce genre laissera toujours à désirer. Mais les imperfections, la crainte même des erreurs qui ont pu nous échapper, ne sauraient empêcher la publication de notre modeste œuvre historique. Aussi nous profiterons de l’aimable hospitalité des Annales Dauphinoises pour offrir au public ces notices, dont le principal mérite est le sincère amour de la vérité qui a présidé à leur rédaction. Nous commencerons par celle qui est consacrée à l’archevêché d’Embrun, et pour laquelle nous avons puisé à une foule de sources générales et particulières. Nous n’indiquons ces sources que très rarement, pour ne pas prendre trop de place dans la Revue.

Embrun existait à l’époque gauloise ; c’était alors une des villes principales de la confédération des Caturiges. Son nom est emprunté aux radicaux celtiques avr, ebr (eau) et dun (hauteur). On a trouvé, à Embrun, des deniers d’argent fabriqués pendant la durée de la ligue contre Arioviste, et portant la légende AMBILO EBVRO. Sauf cela, cette ville ne nous a conservé aucun monument de la civilisation celtique ; mais ses environs ont fourni abondamment des sépultures de l’époque préhistorique ; on a mis au jour un assez grand nombre de celles-ci aux Orres, aux Crottes, à Châteauroux et ailleurs. On n’y a retrouvé aucun instrument de pierre, ce qui est l’indice d’une colonisation relativement récente de la contrée ; mais des anneaux, des fibules, des bracelets en bronze y représentent un âge bien antérieur à celui de l’occupation romaine.

Quand la cité des Embrunais (CIVITAS EBREDVNIENSIVM), dont nous parle une inscription, eut été soumise par César, notre ville devint une étape importante de la voie d’Italie en Gaule, par le mont Genèvre. Dès lors, elle fut connue des géographes. L’Itinéraire des Vases Apollinaires la nomme Eburodunum, comme feront plus tard l’Itinéraire d’Antonin et la Table de Peutinger ; de leur côté, Strabon et Ptolémée l’appellent, celui-là, EπεIllustrationρóδoυνoν, celui-ci, EIllustrationoρóδoυνoνKατύριγῶν.

Embrun reçut, en 63 de J.-C., le droit de latinité, et en 68, le titre de ville alliée ; puis il devint, en 324, la métropole des Alpes-Maritimes et Cottiennes, et, en 395, la capitale de la Viennoise quatrième. Malgré cette situation politique avantageuse, Embrun ne nous a conservé d’autres témoignages de son occupation par les Romains, que quatre ou cinq inscriptions et quelques statuettes en bronze d’un travail remarquable, et indiquant le culte d’une divinité obscène. Toutefois, nous savons que cette ville florissait sous la protection romaine. Du reste, l’originalité de son site, la douceur relative de son climat, la fertilité de sa campagne, surtout la nécessité de son passage pour se rendre d’Italie en Gaule et en Espagne, nous expliquent aisément cette prospérité.

Hélas ! à cette ère de bonheur et de progrès devait bientôt succéder une ère de revers et de désolation. En 433, les Vandales, accourus des bords de la Baltique pour envahir les Gaules, font le siège d’Embrun et ne s’en éloignent qu’après l’avoir jeté dans la plus profonde consternation. Après la domination romaine, éteinte en 476, vient celle des Bourguignons, troublée, vers 575, par l’invasion des Lombards, qui ravagent le Dauphiné et la Provence. Après les Lombards, ce sont les Saxons, leurs compagnons, qui apportent, en 577, la désolation dans nos contrées. Embrun, qu’ils traversent plusieurs fois, a beaucoup à souffrir de leurs déprédations, et, quelques mois après, une nouvelle invasion des Lombards, plus redoutable que la première, le jette de nouveau dans les plus terribles alarmes.

Cependant, à la destruction du royaume de Bourgogne en 534, Embrun avait passé sous la main des descendants de Clovis. Après ceux-ci, il échut à Charlemagne et à ses successeurs, et, en 843, le traité de Verdun l’adjugea à Lothaire. En 879, il fit partie du nouveau royaume de Bourgogne créé pour Boson. En 1032, il devint le partage de l’empereur Conrad et fut, sous la suzeraineté à peu près nominale des empereurs, possédé en fief par des comtes. En 1202, le mariage de la fille d’un de ceux-ci apportait Embrun en dot aux dauphins de Viennois, et, en 1232, cette ville était définitivement annexée au Dauphiné, dont elle allait désormais suivre les destinées.

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