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Nouméa vices

De
214 pages

Nouméa. Le corps d'une jeune Australienne est retrouvé un matin sur la plage du Kuendu-Beach. Un junkie se dénonce pour le meurtre, mais lorsque celui-ci s'avère commandité et que la confession se fait sous l'emprise de datura, l'affaire prend une tournure bien plus complexe pour le commissaire et son équipe... Meurtre passionnel ou acte gratuit ? Vengeance ? Hasard ? Manipulation ? Derrière les paysages de rêve, l'enfer. La presqu'île calédonienne n'échappe pas au vice, l'envers du décor reste le même : drogues, prostitution, voire pire encore. Avec ce polar aussi sombre que malin, Daniel Zié-Mé signe un tableau sans concession de Grande Terre, petit paradis trop proche du soleil pour ne pas se brûler les ailes.


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NOUMÉA VICES
Du même auteur
L'École des flammes, Éditions Publibook, Roman, 2009 Nickel crimes, Éditions Publibook, Roman policier, 2010
Daniel Zié-Mé NOUMÉA VICES
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119993.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
Atinoua 1 — Pisque c’est moi que j’l’ai tuée, j’vous dis ! Le jeune Méla qui se tenait devant moi appartenait vi-siblement à cette faune qui, de plus en plus abondante, déambule dans les rues de Nouméa les mains dans les po-ches, traînant d’un air las un désœuvrement chronique. Barbe fournie et en désordre, cheveux hirsutes ou coupe rasta, bonnet de laine malgré la chaleur, tee-shirt noir bar-ré du drapeau indépendantiste, pantalon informe et claquettes éculées. Ils arrivent généralement du nord de la Grande Terre, plus rarement des îles Loyauté. Ils sont à la recherche de travail dans un premier temps puis, faute d’en trouver pour cause d’absence de formation et de « flémingite » aiguë, ils se mettent à l’affût du larcin à commettre pour assurer leur subsistance, c’est-à-dire leur dose quotidienne de 1 bière, de vin rouge, de kava et de cannabis. — Tu as tué qui ? — Ben… la fille ! Vous êtes sourd, ou quoi ? J’l’ai déjà dit vingt fois à votre copain ! Comme la plupart de ceux de son espèce que j’ai déjà rencontrés, il n’était pas dans un état que j’aurais qualifié de normal : pupilles dilatées, parlant les yeux baissés, avec hésitation et en cherchant ses mots. Même si les gens de cette catégorie sociale ne sont que rarement des orateurs nés, alcool et cannabis devaient conjuguer leurs effets dé-vastateurs dans son cerveau, ce qui ne donnait pas un résultat très reluisant ! 1 Boisson drogue douce légale tirée d’un poivrier.
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— Quelle fille ? — J’en sais rien, moi ! J’la connaissais pas ! Je l’avais laissé debout pour éviter qu’il n’imprégnât de son odeur le skaï noir des deux fauteuils qui ornent le coin réception de mon bureau, tant il dégageait cette senteursui generisdes gens qui ne se sont pas lavés depuis un certain temps, voire « un temps certain », tout en évoluant dans la température surchauffée du mois de mars en Nouvelle-Calédonie : crasse, sueur, alcool et bien d’autres relents que je ne parvenais pas tous à identifier, mais qui consti-tuaient un redoutable repoussoir pour toute personne dotée d’un sens de l’odorat normalement développé. — Tu t’appelles comment ? — Ben… Martial. — Martial comment ? — Martial… Atinoua Il mettait un certain temps à me répondre, ce qui n’avait rien de surprenant, les paroles que je prononçais ayant sans doute quelques difficultés à pénétrer les zones encore lucides de son cerveau, autour desquelles les différentes matières qu’il avait absorbées constituaient une sorte de barrage filtrant. — Alors comme ça, Martial, tu assassines des gens, même quand tu ne les connais pas ! C’est Lambert, mon premier adjoint, celui qu’il avait appelé « mon copain », qui me l’avait amené dès mon ar-rivée au bureau, à sept heures et demie. En guise de cadeau d’accueil, j’avais déjà eu mieux… Qu’est-ce qui s’est passé ? demandai-je à Lambert — La patrouille est allée le récupérer cette nuit à Nou-ville, me répondit-il sur un ton navré, sans doute, dans son esprit, en guise d’excuse. Il faisait trop de tapage. — Il n’y a pas beaucoup de riverains à Nouville à cette heure-là ! — Il y a « ces dames », patron. Il puait tellement que ça gênait leur petit commerce.
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