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Père Henri Sanson s.j

De
163 pages
Cet essai bio-bibliographique est consacré au Père Henri Sanson, s.j., chercheur, penseur et écrivain franco-algérien dont les écrits sont incontournables pour tous ceux qui s'intéressent à l'Algérie de la deuxième moitié du XXe siècle. La première partie est consacrée à sa biographie, la deuxième, dite bibliographique, recense la totalité de ses travaux publiés ou non, la troisième livre quatre des ses textes inédits relatifs à l'Islam et aux musulmans d'Algérie.
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Remerciements
Mes remerciements vont d’abord au Père Henri Sanson s.j. qui m’a fait confiance en me laissant les mains libres pour écrire cet essai biobibliographique le concernant, mais aussi à Mohammed Arkoun, professeur émérite à l’université Sorbonne Paris 3, Monseigneur Henri Teissier, Archevêque émérite d’Alger, qui ont accepté de préfacer ce texte sans prendre connaissance de sa version définitive et Maurice Monnoyer, journaliste honoraire et écrivain (Montpellier), qui m’a mis en contact avec le Père et suivi ce travail dans toutes les étapes de sa réalisation. La version finale du livre a bénéficié des échanges fructueux avec plusieurs personnes appartenant à différents horizons professionnels. Je les remercie aussi. Il s’agit de Abdelkrim Abdoun, spécialiste en sciences de l’information et de la communication (Sonatrach Boumerdés) ; Fatima Chebab, doctorante en bibliothéconomie et sciences documentaires (université d’Alger) ; Latamène Chehab, cadre d’entreprise (Alger) et Chérif Ouidir, expert-comptable et professeur associé à l’université d’Alger. Tous par leurs encouragements m’ont accompagné dans cette aventure personnelle. Enfin un merci particulier à mon ami, professeur en médecine, dont je tais le nom, qui m’a fait découvrir presque fortuitement le Père Henri Sanson s.j.

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A Sœur Joëlle, de la maison des Sœurs blanches à Tizi-Hibel (ath-Mahmoudh).

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Première préface Un chercheur franco-algérien habité par la passion de comprendre son pays

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J’appartiens à la génération de ceux qui avaient vingt ans en 1950. Pour comprendre l’Algérie et ses habitants, à ce moment-là, nous n’avions pas beaucoup de maîtres, dans la communauté des européens chrétiens d’Algérie. Mgr Duval n’était pas encore connu à Alger, car il exerçait, alors, son ministère à Constantine où il était arrivé en 1947. Il ne devait rejoindre Alger, comme archevêque, qu’en mars 1954, juste avant le déclenchement de la Guerre de libération. Heureusement j’ai pu, très vite, faire la connaissance du Père Jean Scotto qui devait devenir par la suite évêque de Constantine et d’Hippone. A l’époque, il était responsable de la communauté chrétienne d’Hussein-Dey dans laquelle on retrouvait beaucoup de ceux qui allaient devenir, pendant la guerre d’Algérie, le groupe des libéraux chrétiens. Il était, par ailleurs, en lien avec le groupe de « Consciences maghrébines » qui venait de se constituer autour d’André Mandouze. Au plan social, on parlait aussi beaucoup, chez lui, de l’A.J.A.A.S, « l’Association de la jeunesse algérienne pour l’action sociale », qui rassemblait des étudiants chrétiens et musulmans engagés dans une action humanitaire auprès de la population algérienne d’un bidonville situé dans un quartier très populaire entre Hussein-Dey et El-Harrach (alors Maison Carrée). Des rencontres se vivaient aussi avec les étudiants algériens à la Robertsau, à Alger, foyer d’étudiants. Mais tous ces groupes allaient vite être emprisonnés, dispersés ou réduits au silence par les autorités françaises quand éclata la Guerre de libération. Moi-même je partais pour deux ans à l’université au Caire, où Mgr Duval m’avait envoyé pour acquérir une culture arabe dont la communauté
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chrétienne aurait besoin après l’indépendance et qu’il était alors difficile de recevoir en Algérie. A mon retour, en 1958, je découvrais que, malgré l’ambiance qui régnait à Alger, le Père Henri Sanson avait commencé à publier la remarquable série d’ouvrages du Secrétariat social, où étaient abordés des thèmes très importants pour comprendre l’Algérie et chercher un avenir pour les deux communautés humaines du pays. Le Père Sanson m’invitait, dès la deuxième année après mon retour d’Egypte, à animer une session spirituelle d’ouverture de l’année scolaire pour les élèves du collège de Notre-Dame d’Afrique dont il était le préfet des études. Ce fut, ainsi, notre première occasion de collaboration. Mais j’étais surtout impressionné par l’actualité des thèmes qu’il retenait avec son équipe du Secrétariat social : la Lutte des Algériens contre la faim (1955), la Cohabitation en Algérie (1956), le Sous-développement en Algérie (1959), etc. Après l’indépendance, le travail du Secrétariat social devenait encore plus important avec la publication régulière des fiches « d’information rapide » vendues en kiosque : les Communes rurales, Responsable dans les communes, etc. J’étais alors directeur des mouvements et associations du diocèse d’Alger et, le Secrétariat social ayant ses bureaux dans notre immeuble, je rencontrais tous les jours le Père Sanson, et ses collaborateurs, et suivais de près tous ses écrits. Peu après l’indépendance, le Père Sanson assumait la direction de la Maison d’accueil spirituel de Ben-Smen, à la sortie d’Alger, au-delà d’Hydra. Cette maison recevait tous les groupes de chrétiens, jeunes ou adultes, qui désiraient prendre un temps de réflexion ensemble sur leur vie et leur engagement dans l’Algérie indépendante : les « Equipes enseignantes » des instituteurs de l’enseignement public, l’« Association d’études » animée par le Père de Langlade et le professeur Colonna, Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), etc. En effet, les coopérants chrétiens ou les professeurs
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chrétiens invités à l’université étant, alors, nombreux, pendant ces premières années de l’indépendance en Algérie, nous nous retrouvions dans cette Maison de Ben-Smen presque chaque week-end. Beaucoup cherchaient à comprendre et à animer leur engagement professionnel dans le pays, y compris en découvrant le sens spirituel de leur action. Nous rencontrions, aussi, dans cette Maison de Ben-Smen, des personnes très diverses qui, de passage en Algérie, venaient rencontrer le Père Sanson, en tant que chercheur au CNRS ou, en tant que maître de réflexion et animateur spirituel. Il développait volontiers sa réflexion sans que l’on sache d’ailleurs, s’il fallait plus admirer l’ampleur de ses connaissances ou l’art des formules avec lesquelles il développait son argumentation. Souvent invité à donner des conférences en Europe ou à participer à des colloques, dans diverses institutions publiques ou privées, le Père Sanson élargissait aussi notre regard et nous aidait à mieux comprendre les choix et les évolutions de l’Algérie et à y situer notre action. On se rappelle, en effet, que, dans ses premières années de l’indépendance, les positions de l’Algérie, sur le plan international, dépassaient largement les frontières du pays et faisaient signes dans les débats qui agitaient alors le monde. C’est pourquoi il faut rendre hommage à l’universitaire algérien Mehenni Akbal qui a su découvrir l’intérêt de la réflexion du Père Henri Sanson pour qui veut comprendre les problématiques en Algérie, juste avant l’indépendance et pendant les trente premières années qui l’ont suivie. En 2010, beaucoup de choses ont maintenant évolué. Cette période s’est éloignée et après la crise de société traversée dans les années quatre-vingt-dix, l’Algérie –le monde- font face à de nouvelles problématiques. Il faut être un chercheur attentif pour percevoir, aujourd’hui, l’intérêt des initiatives prises,
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alors, par le Père Sanson et son équipe, notamment, par celui qui fut son premier collaborateur après l’indépendance, Monsieur Larbi Touat. Mais il faut, aussi, souligner particulièrement, l’importance de la recherche faite par Mehenni Akbal pour présenter, à côté de la liste des travaux du Père Sanson, son itinéraire de vie et son histoire familiale ou personnelle. Comme je l’ai dit, je connais le Père Sanson depuis la fin des années cinquante. J’ai travaillé très étroitement avec lui, à différents plans et en particulier dans le cadre de la Commission Justice et Paix Algérie, mais aussi dans d’autres domaines. Or, c’est seulement en prenant connaissance du livre de Mehenni Akbal que j’ai pu découvrir l’histoire familiale du Père Sanson. Ordinairement il restait très discret sur ses origines familiales et parlait beaucoup plus de l’Algérie et de l’évolution du monde ou de la relation islamochrétienne que de son enfance algérienne ou de ses ascendances. On ne manquera pas de remarquer, en particulier, en suivant les informations biographiques réunies par Mehenni Akbal, que le Père Henri Sanson, malgré son nom d’origine européenne, et son identité de jésuite, est, en même temps, un Algérien. Et cela, non seulement parce qu’il a pris la nationalité algérienne, après l’indépendance, mais parce que du côté maternel, il a des racines familiales algériennes, par son grand-père, Hamou Smaïn qui naquit, en 1864, à Mazagran. On sait que très peu de couples mixtes francoalgériens ont pu se former en Algérie même. La très grande majorité de ces couples, vivant en Algérie, se sont plutôt constitués en Europe, entre une épouse française rencontrée en France et un Algérien de l’émigration ou un étudiant. Mais avec le Père Sanson, nous sommes devant un descendant de l’un de ces rares couples mixtes formés en Algérie.
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