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Petite histoire de l'Église catholique au XIXe siècle

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133 pages

Les rapports de l’Eglise et de l’empereur Napoléon Ier, présentent deux phases bien distinctes : l’Entente des deux puissances qui dura de 1800 à 1804 et fut marquée principalement par deux actes considérables du Pape et de l’Empereur : le Concordat et le Sacre. — Puis, le Conflit qui se prolongea durant les dix dernières années du règne de Napoléon, de 1804 à 1814, et atteint son maximum d’acuité, lors de la captivité du Pape à Savone, 1809, et du misérable Concordat de Fontainebleau, 1813.

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Pierre Lorette

Petite histoire de l'Église catholique au XIXe siècle

AVANT-PROPOS

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Cette brève esquisse de la vie de l’Eglise catholique au siècle qui vient de finir reproduit en substance une série de leçons données aux lycéens de l’Ecole Bossuet. Elle n’a d’autre mérite que de mettre à portée de tous les aspects d’ensemble et les indications bibliographiques que l’on n’a pas toujours le loisir ou l’occasion de chercher et de réunir pour son propre compte. Ce modeste travail ne vaut que par les belles œuvres historiques qu’il a utilisées1 et dont on voudrait aujourd’hui par cette publication rendre l’emploi plus accessible à tous ceux qui aiment l’Eglise et qui trouvent dans le spectacle de son plus récent passé un puissant motif pour lui donner plus généreusement leur confiance et leur service.

INTRODUCTION

I

Aperçu général sur l’histoire de l’Eglise1

« L’histoire de l’Eglise doit être proprement appelée l’histoire de la Vérité. » (Pascal.)

La Vérité religieuse, que Pascal considère ici, a donc une histoire et cette histoire se confond, selon lui, avec l’histoire de l’Eglise. C’est qu’en effet la Vérité religieuse donnée au monde par l’Evangile « n’était point une doctrine absolue et abstraite, directement applicable à tous les temps et à tous les hommes par sa propre vertu. Un travail d’adaptation a été et sera perpétuellement nécessaire pour que cette foi se conserve dans le monde. Que l’Eglise catholique l’ait adaptée et l’adapte encore, qu’elle s’adapte elle-même continuellement aux besoins des temps nouveaux, ce n’est point la preuve qu’elle oublie l’Evangile ou méprise sa propre tradition, mais qu’elle veut faire valoir l’une et l’autre, qu’elle a le sentiment de ce qu’ils ont de flexible et de constamment perfectible2 ».

Sidonc l’Eglise a pour fonction d’appliquer l’Evangile de Jésus-Christ aux diverses sociétés qui s’organisent sur la terre, il va de soi qu’elle se modifie nécessairement elle-même avec les sociétés successives auxquelles il lui incombe de présenter la Vérité. C’est dans ce sens que « l’histoire de l’Eglise doit être proprement appelée l’histoire de la Vérité », c’est-à-dire de l’application de la Vérité immuable à la figure changeante de ce monde.

De là cette qualité essentielle de l’Eglise et que ses ennemis, mêmes ne font point difficulté de reconnaître et d’admirer : « Cette Eglise, dit le professeur protestant Harnack, possède dans son organisation une faculté, unique de s’adapter au cours, historique des choses ; elle reste toujours l’ancienne Eglise ou du moins elle paraît l’être, et elle est toujours nouvelle »3.

Ces considérations générales suffisent à nous manifester la valeur et l’intérêt de l’histoire de l’Eglise, si bien mis en relief par Pascal. Il convient de marquer maintenant à grands traits les divisions de cette histoire. A remonter au déluge, ou aux origines de l’humanité, et en donnant le nom d’Eglise à la société des hommes justes et craignant Dieu, on pourrait distinguer l’Eglise patriarcale, dépourvue de toute organisation extérieure, et l’Eglise mosaïque, soumise aux règles morales et religieuses formulées dans la loi dite mosaïque.

Mais si nous partons maintenant de l’ère chrétienne, nous nous trouvons en présence de l’Eglise catholique et la division de son histoire nous paraît comporter naturellement trois époques : l’antiquité ; le moyen âge ; les temps modernes.

I. L’Eglise s’est en effet trouvée premièrement en présence du monde gréco-romain ; puis, à partir du VIIIe siècle et jusqu’au XIVe, en face du monde barbare ; enfin, elle s’est rencontrée avec la société moderne. Nécessairement, comme nous le remarquions tout d’abord, son organisation et ses méthodes ont varié avec chacune de ces trois, très diverses, périodes. Dans chacune de ces périodes aussi, l’organisation de l’Eglise chrétienne, selon les lois mêmes des organismes vivants, a traversé les trois phases successives de la formation, de l’apogée et du déclin.

L’Eglise a essayé de pénétrer le monde gréco-romain ; elle a porté son effort sur les capitales (Athènes, Alexandrie, Rome), sur les provinces romaines (Gaule, Afrique, Grande-Bretagne). Elle a agi par ses missionnaires, puis par ses docteurs. Le IVe siècle manque l’apogée de son œuvre : la liberté de l’Eglise est proclamée par Constantin en 313 (édit de Milan) ; le Symbole catholique est fixé au concile de Nicée en 325. La pensée chrétienne est exprimée dans les œuvres des Pères de l’Eglise : saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Grégoire de Nazianze, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, saint Augustin, saint Jérôme.

Au Ve et au VIe siècle, le monde romain se désagrège et l’œuvre de l’Eglise participe à son déclin. Saint Jérôme et saint Augustin en sont déjà les témoins attristés et inquiets.

II. En face du monde barbare, l’Eglise se fortifie dans son centre. Les papes assurent leur autorité spirituelle (saint Léon le Grand, le concile de Chalcédoine, 451, la venue d’Attila à Rome, 452) ; puis, l’Eglise rayonne vers les diverses nations par ses moines (saint Hilaire de Poitiers, 366 ; saint Martin de Tours, 372 ; ; saint Columban dans les Vosges, 569 ; saint Augustin, missionnaire chez les Anglos-Saxons, 595 ; saint Boniface, apôtre des Germains et archevêque de Mayence, martyr en 755 ; elle groupe enfin les peuples dans la chrétienté, en constituant le Saint-Empire (couronnement de Charlemagne à Rome, 800 ; pontificat de Grégoire VII, 1073-1085, et d’Innocent III, 1198-1216).

Ce travail s’est effectué du VIe au XIIe siècle. Au XIIIe, il atteint son triomphe (croisades, arts roman et gothique, grandes universités, ordres religieux : saint Dominique, 1205 ; saint François d’Assise, 1208 ; saint Thomas d’Aquin, 1274 ; saint Louis, 1270).

Alors se produit la période de déclin et de décadence sous l’action du schisme grec (saint Nicolas, 858-867), de l’islamisme (622, l’Hégire), du schisme d’Occident (1378-1417), de la Renaissance (Jules II et Léon X) et des abus intérieurs4.

III. Nous ne pouvons considérer la période moderne d’un regard d’ensemble. Si la Révolution en était l’apogée, elle marquerait donc l’échec extérieur de l’Eglise. L’âge moderne, en effet, s’est formé du XVIe au XVIIe siècle par : la victoire des Turcs à Constantinople (Mahomet II, 1453) ; la constitution des nations européennes (démembrement de la chrétienté) ; la découverte de l’Amérique (1492) ; l’invention dé l’imprimerie (Gutenberg, 1468) ; la Réforme protestante (Luther, 1517). L’esprit qui triomphe à la Révolution est issu des sectes protestantes, du jansénisme et du gallicanisme, du rationalisme et des sociétés secrètes. L’Eglise a lutté contre lui par ses œuvres et ses institutions : le concile de Trente (1545-1563, sous Paul III et Pie IV), la création des Ordres nouveaux (saint Ignace de Loyola fonde les Jésuites en 1534), les fissions étrangères (saint François-Xavier meurt aux Indes en 1566), l’enseignement populaire (saint Jean-Baptiste de la Salle, fondateur des Ecoles chrétiennes, 1724), la réforme du clergé par les Oratoriens (le cardinal de Bérulle, 1611), les Lazaristes (institués en 1632 par saint Vincent de Paul) et les Sulpiciens (M. Olier, curé de Saint-Sulpice, 1657).

La Révolution affirme l’échec de l’Eglise (expulsion des religieux, lois révolutionnaires, massacre et proscription des prêtres réfractaires).

Le XIXe siècle paraît, accomplir la dissolution de la société issue de la Révolution. L’Eglise y a lutté contre la décadence, tout en préparant l’avenir. C’est son attitude en face de la société, moderne, fille de la Révolution, qui va, spécialement, retenir notre attention.

Conclusion. — Ce rapide coup d’œil sur l’histoire de l’Eglise et de la civilisation nous a permis de confirmer le principe que nous posions tout d’abord : les sociétés humaines sont bien des organismes qui naissent, vivent et disparaissent sans atteindre jamais une fixité définitive. L’Eglise a fait preuve d’une merveilleuse puissance d’adaptation à ces diverses sociétés qui devaient recevoir l’Evangile de ses mains. Elle a réussi à peu près dans sa tâche, à son apparition dans le monde gréco-romain ; elle a pleinement triomphé au moyen âge ; si elle paraît avoir extérieurement échoué dans la société moderne d’Europe, elle a fait d’immenses conquêtes dans le reste du monde. Les sociétés se succèdent, l’Eglise demeure5.

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II

Vue synthétique de l’histoire de l’Eglise au XIXe siècle

L’Eglise, après la tourmente révolutionnaire, essaie de ressaisir son influence sur les peuples chrétiens et de conquérir de nouvelles nations. La Révolution a été un mouvement politique occasionné par les abus de l’ancien régime, un mouvement social suscité par les idéologues, un mouvement religieux nettement anti-catholique. L’Eglise a accepté à peu prés les résultats du mouvement politique ; elle n’a pas combattu directement le mouvement social, tout en lui faisant une résistance indirecte. Elle s’est opposée de tout son pouvoir au mouvement religieux gallican et libéral (aujourd’hui séparatiste) ; à cet effet, elle a cherché à s’entendre avec les puissances politiques et sociales ; elle a vaincu le gallicanisme par le Concordat et condamné formelle ment le libéralisme. Telle fut l’œuvre des papes Pie VII, Léon XII, Pie VIII, Grégoire XVI.

Après le déblaiement ainsi effectué par leurs prédécesseurs, Pie IX et Léon XIII se sont appliqués, l’un à conserver, l’autre à conquérir. Pie IX a présidé à l’organisation intérieure de l’Eglise. Léon XIII s’est efforcé de prendre contact à l’extérieur avec les hommes éloignés de l’Eglise : savants, hérétiques, masses populaires.

On peut donc partager l’histoire de l’Église au XIXe siècle en deux périodes à peu près égales dans leu durée :

I. La Renaissance de l’Eglise, de 1801 à 1850.

II. Le Développement de l’Eglise, de 1850 à 1903.

La première période est celle de la lutte contre le gallicanisme, sous Napoléon et sous la Restauration ; puis, contre le libéralisme, sous le gouvernement de Juillet et les gouvernements constitutionnels.

La seconde période est assez bien partagée par les pontificats successifs de Pie IX et de Léon XIII. L’organisation intérieure de l’Eglise est fortifiée par Pie IX dans les actes dogmatiques et disciplinaires de la Bulle touchant l’Immaculée Conception, du Syllabus et du concile du Vatican.

L’expansion extérieure de l’Eglise, sous Léon XIII, s’affirme à l’égard des savants, dont les libres et conscien cieuses recherches sont hautement encouragées ; à l’égard des hérétiques, dont le retour vers Rome est marqué en Angleterre les suites du mouvement d’Oxford et en Allemagne par les événements du Kultur-kampf ; à l’égard des églises séparées d’Orient, que Léon XIII ne cesse d’attirer à l’unité catholique et des peuples non chrétiens d’Extrême-Orient et d’Amérique où les missions catholiques obtiennent au xixe siècle des résultats prodigieux. Enfin, l’Eglise se penche sur les masses populaires par les initiatives multiples et les nobles doctrines du catholicisme social6.

PREMIÈRE PÉRIODE 1801-1850

La Renaissance de l’Eglise

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PREMIÈRE PARTIE

La lutte contre le Gallicanisme

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CHAPITRE PREMIER

L’ÉGLISE ET NAPOLÉON

Les rapports de l’Eglise et de l’empereur Napoléon Ier, présentent deux phases bien distinctes : l’Entente des deux puissances qui dura de 1800 à 1804 et fut marquée principalement par deux actes considérables du Pape et de l’Empereur : le Concordat et le Sacre. — Puis, le Conflit qui se prolongea durant les dix dernières années du règne de Napoléon, de 1804 à 1814, et atteint son maximum d’acuité, lors de la captivité du Pape à Savone, 1809, et du misérable Concordat de Fontainebleau, 1813.

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