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Quand le Christ se dérobe à la pensée

De
142 pages
Cet ouvrage tente de retrouver le tournant théologique d'une compréhension existentielle de l'oeuvre du Christ, et suit la courbe de sa "descente" de la pensée spéculative vers les grands défis de l'existence humaine ; rappelant l'urgence d'un retour à la vie intérieure et à une théologie de la communication à Dieu que les christologies non spéculatives tentent de mettre en lumière.
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Quand le Christ se dérobe à la pensée
halcédoine, uther et les théologies non spéculatives
Gabriel TCHONANG
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      Quand le Christ se dérobe à la          
pensée
 
  
Du même auteur, aux éditions LHarmattan : Lessor du pentecôtisme dans le monde. Une conception utilitariste du salut en Jésus-Christ, 2009.                             
© LHarmattan, 2013 5-7, rue de lÉcole-polytechnique ; 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-336-29286-1 EAN : 9782336292861
Gabriel T CHONANG      
  Quand le Christ se dérobe à la pensée Chalcédoine, Luther et les théologies non spéculatives                  
 
 
Collection EGLISES DAFRIQUE Dirigée par François Manga-Akoa   Depuis plus de deux millénaires, le phénomène chrétien sest inscrit profondément dans la réalité socio-culturelle, économique et politique de lOccident, au point den être le fil dAriane pour qui veut comprendre réellement les fondements de la civilisation judéo-chrétienne. Grâce aux mouvements dexplorations scientifiques, suivis dexpansions coloniales et missionnaires, le christianisme, porté par plusieurs générations dhommes et de femmes, sest répandu, entre autres contrées et à différentes époques, en Afrique. Doù la naissance de plusieurs communautés ecclésiales qui ont beaucoup contribué, grâce à leurs uvres socio-éducatives et hospitalières, à lavènement de plusieurs cadres, hommes et femmes de valeur. Quel est aujourdhui, dans les domaines économiques, politiques et culturels, le rôle de l Église en Afrique ? Face aux défis de la mondialisation, en quoi les Églises dAfrique participeraient-elles dune dynamique qui leur serait propre ? Autant de questions et de problématiques que la collection « EGLISES DAFRIQUE » entend étudier.  Dernières parutions  Francis Michel MBADINGA, Ce que le Gabon doit savoir pour entrer dans sa destinée prophétique , 2013. Philippe MABIALA, Le Congo-Brazzaville et son Église : le défi de la mission , 2012. Michel LEGRAIN, Un missionnaire français au cur de la décolonisation , Tome 2, 2012. Michel LEGRAIN, Un missionnaire français au cur de la décolonisation , Tome 1, 2012. Georges NJILA Jibikilayi, La triple exégèse de la révélation chez Hans Urs von Balthasar , 2012. Armand Brice IBOMBO, Luvre missionnaire de Mgr Propser Augouard au Congo-Brazzaville (1881-1921), 2012. Joseph Ntap NGOUPOU, De la souffrance à la délivrance : le pardon, Eveil pour une vie plus heureuse , 2012. Gaston OGUI et Francis BARBEY, Pensées théologiques et communicationnelles pour lAfrique du 21 e  siècle. Comment lAfrique peut-elle défendre son identité dans le jeu universel ? , 2012.
       Au père François-Marie BOUCHER
 
Introduction générale
La question christologique dans des débats œcuméniques actuels ne semble plus centrale, du fait de son caractère fonda-mentalement consensuel. Le Christ est admis par tous comme l’unique sauveur, le Fils de Dieu, l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. Le principe de la hiérarchie des vérités défini au concile a définitivement assis ce consensus. Les débats tournent de manière plus récurrente autour des ministères et leurs liens directs avec les sacrements, notamment l’Eucharistie. Les points d’achoppements ne sont plus directement liés à la question de la justification puisque des rapprochements importants ont été trouvés et ont donné lieu à des accords dont le plus retentissant a été l’accord luthéro-catholique sur la justification par la foi de 1999. Les Églises instituées d’occident, notamment celles issues de la Réforme, ont plus ou moins, à différents niveaux, établi entre elles des passerelles favorisant des rapprochements, la reconnaissance mutuelle des ministères, l’interchangeabilité des ministres de culte, et dans une forme plus achevée, l’union des Églises, à l’instar de la création en 2006 de l’union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL). En même temps, le débat œcuménique s’enlise et l’infranchissable mur des ministères se dresse encore fièrement entre les Églises. Dans leurs certitudes et fonctionnements institutionnels, elles assistent impuissantes à la progression exponentielle des mouvements évangéliques et pentecôtistes qui aujourd’hui constituent la vitrine du christianisme mondial. L’on s’interroge peu sur les facteurs déterminants de cette progression et on est à mille lieux de penser qu’il pourrait s’agir d’un problème christologique. Si la question christologique est pour le moins consensuelle et ne
suscite point de débat réellement séparateur, ne peut-elle pas entrer en ligne de compte dans l’explication de l’émiettement des Églises ? Pourquoi la question christologique peut-elle jouer un rôle dans cette compréhension ? Parce que la question fonda-mentale n’est plus : « Qui est le Christ ? » – Tous s’accorderaient aisément sur les définitions christologiques des conciles des premiers siècles : Nicée, Ephèse et Chalcédoine qui ont largement déblayé la question de l’identité du Christ et favorisé une compréhension rationnelle de sa personne sur les leviers de l’onto-théologie et de son arsenal conceptuel – mais « Qui est le Christ pour nous ? » La question d’aujourd’hui et de l’avenir n’est plus celle de l’en-soi du Christ, mais bien de son « pour-nous. » Il ne s’agit plus de s’interroger sur l’identité du Christ, mais bien sur son mode d’action dans l’histoire. La question du « pour-nous » s’est bien évidemment posée et parfois avec une vive intensité dans l’histoire du christianisme. Mais elle ne l’a jamais été de manière aussi épineuse. L’avenir du christianisme est étroitement lié à cette question. Si le christianisme a survécu, c’est grâce à la réappropriation toujours renouvelée, par des générations de croyants, de ce questionnement fondamental. – Non point que la question de l’en-soi du Christ ne fut pas importante, puisque seule, elle pouvait déterminer et induire la seconde, celle du « pour-nous », car c’est en prenant pleinement conscience de l’identité profonde du Christ que l’on peut mieux cerner la nature de son action et y adhérer par sa vie. – À la question du « pour-nous », diverses réponses ont vu le jour depuis les premières heures du christianisme. Elles suivent en général une courbe descendante qui va de l’instance la plus immatérielle de la personne vers sa plus grande concrétude et son insertion matérielle dans une histoire humaine faite de question-nements et d’angoisses. Ces questionnements ont souvent consti-tué le moule de la figure christique, figure variant en fonction de la nature des questionnements. Les questionnements sur la vie après la mort et le salut compris comme communion avec Dieu et vision béatifique, ont généré les figures d’un Christ sauveur de l’âme, la purifiant par son sang afin de la conduire sans encombre à la vision de Dieu. Cette conception du salut fortement et essentiellement immatérielle et spirituelle s’est traduite dans des cantiques et chants de l’Église post-tridentine : « Je n’ai qu’une
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âme qu’il faut sauver. » Le Christ n’avait pas d’autre fonction que celle de permettre à l’âme de parvenir à sa fin : la vision de Dieu après la mort. Quand le concile Vatican II ouvre l’Église aux questionnements politiques et socio-économiques du monde, apparait une figure du Christ qui s’immisce davantage dans le concret de l’histoire humaine et travaille pour son mieux-vivre temporel. L’option préférentielle pour les pauvres que font les Églises issues des contextes de domination et d’asservissement va générer les figures d’un Christ libérateur, révolutionnaire et même guerrier. En fonction de la nécessité d’inculturation du message de l’Evangile qui s’impose dans les territoires de mission, l’on a vu germer les figures du christ-ancêtre ou proto-ancêtre , guérisseur et même féticheur . La nécessité de survie des peuples voués à la misère et à la clochardisation a généré des figures d’un Christ thaumaturge, bien plus spectaculaire que celui des Evangiles, s’intéressant et embrassant les réalités les plus frustres de la vie quotidienne. C’est cette figure omniprésente par les miracles qui est, à n’en point douter, le socle du succès de certains mouvements évangéliques et pentecôtistes. Cette figure a induit une théologie de la prospérité qui assimile le salut à la prospérité matérielle 1 . Cette descente de la figure du Christ dans les réalités contextuelles va de pair avec les épistémologies postmodernes centrées sur l’efficacité et la performativité. Les liens intrinsèques qui unissent la nature existentielle de l’homme et l’ordre divin doivent aussi être conditionnés et gérés par les mêmes principes utilitaristes régissant la pensée et la science moderne. Le caractère palpable et visible de cette efficience n’entend et ne compte plus se référer aux arrière-mondes ou à une métahistoire humaine. Il réclame l’immédiateté et veut s’imposer dans l’objectivité d’un champ d’action mesurable et quantifiable, dans la logique d’une pleine satisfaction de l’être. Ce mouvement de descente du Christ réinvestit les instances de la personne humaine qu’une théologie du salut des âmes avait négligées, introduit et établit le Christ dans l’infra-humain, pour
1  Dans un document officiel, conçu comme un outil destiné aux Églises évangéliques et adopté en mai 2012, le Conseil national des évangéliques de France prend ses distances avec cette théologie. Cette prise de distance reste officielle et ne bouscule aucunement les habitudes à la base.
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