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Que l'orgueil de l'esprit est le grand écueil de la foi

De
69 pages

Le Christ, aux hommes de son temps et par eux à ceux de tous les siècles, disait : « Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes courbés sous la charge, et je vous soulagerai. » Cette grande parole suffit à établir, comme principe absolu, qu’entre l’âme humaine et le christianisme il existe une pleine harmonie. Comment, en effet, Jésus peut-il avoir assuré qu’il sera notre réconfort, si sa doctrine et nos besoins ne s’appellent pas ?

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Georges Frémont

Que l'orgueil de l'esprit est le grand écueil de la foi

Théodore Jouffroy, Lamennais, Ernest Renan

Qui cirea fidem naufragaverunt ; Hélas ! leur foi a fait naufrage ! (Saint Paul, 1re éd., à Timothée, ch. Ier, v. 19.)

Le grand adversaire de la doctrine catholique, aujourd’hui, n’est autre que ce que les Pères du Concile du Vatican ont appelé : le Naturalisme. Cette expression collective s’applique à quatre erreurs particulières, entre lesquelles se partagent les incroyants de notre époque : le Positivisme, le Matérialisme, le Panthéisme et le Spiritualisme rationaliste. Ce quadruple corps d’armée, qui marche sous les drapeaux du Naturalisme, a pour mot d’ordre : la Science. C’est au nom de la Science qu’il s’élance à l’assaut de la Foi. Foi et Science sont ainsi devenues deux choses contradictoires, dans l’estime et la pensée d’un grand nombre et cette erreur (car c’en est une et des plus capitales), exerce des ravages immenses.

L’apologiste catholique qui parviendra, par ses travaux, à montrer que la science et la foi ne sont ni ne peuvent être opposées, mais que,l’une et l’autre, sont seulement deux états nécessaires de la raison humaine, selon que l’objet de notre connaissance nous est directement ou indirectement accessible et selon que nous pouvons l’atteindre, soit par l’évidence personnelle, soit par le témoignage d’autrui ; l’apologiste qui, surtout, montrera que le don de la foi surnaturelle, loin de supprimer le jeu normal de nos facultés naturelles de connaître, en présuppose et en fortifie le fonctionnement, renversera, parmi nous, l’un des plus fréquents et des plus formidables écueils contre lequel la foi chrétienne vienne faire naufrage.

On ne saurait trop proclamer que la foi n’est pas l’annulation de la science mais une de ses formes, et que la science n’est pas l’annulation de la foi mais sa base nécessaire. A la racine même de la foi, brille l’évidence rationnelle des motif de crédibilité, de même que les plus hautes branches de la science se balancent et se perdent dans l’inévitable mystère de l’impénétrabilité des choses. Quel est donc l’écrivain catholique, le penseur chrétien, qui mettra cette double vérité en pleine lumière ? Il fera cesser, du même coup, les antagonismes intellectuels les plus furieux et projettera, sur le seuil du prochain siècle, un rayonnement décisif.

Ce n’est pas cette courte brochure qui jamais pourra se flatter d’obtenir un résultat si vaste. Mon but est plus modeste. Je voudrais, d’abord, établir que dans l’ordre purement humain, c’est-à-dire dans le domaine habituel de nos quotidiennes expériences et de notre vie, la foi naturelle joue un rôle immense, quoique trop méconnu. Puis, j’essaierai de prouver l’histoire à la main et par les grands et douloureux exemples de Jouffroy, de Lamennais et de Renan, que l’orgueil de l’esprit — un orgueil vraiment insensé et puéril — est un des plus fréquents écueils où se brise la foi surnaturelle.

PREMIÈRE PARTIE

I

Le Christ, aux hommes de son temps et par eux à ceux de tous les siècles, disait : « Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes courbés sous la charge, et je vous soulagerai1. » Cette grande parole suffit à établir, comme principe absolu, qu’entre l’âme humaine et le christianisme il existe une pleine harmonie. Comment, en effet, Jésus peut-il avoir assuré qu’il sera notre réconfort, si sa doctrine et nos besoins ne s’appellent pas ? C’est précisément parce que le christianisme possède les lois de la vraie vie, qu’il a droit aux attentions, aux hommages, aux enthousiasmes sacrés et persévérants du genre humain. Le parfait accord de sa doctrine avec les aspirations ou les souffrances de notre âme endolorie est un de ses dogmes les plus certains et les plus proclamés.

Lisez nos plus anciens apologistes et les Pères des premiers siècles, vous ne les verrez préoccupés que d’une chose : mettre en lumière les rapports de la doctrine chrétienne avec notre âme.

Pour cela, il fallait connaître clairement et la doctrine objective du christianisme et les besoins subjectifs de l’âme humaine. Car la science d’un rapport suppose la science préalable des deux termes qui doivent concorder. Par conséquent, étudier en lui-même le christianisme, sans s’inquiéter de l’âme humaine pour laquelle il est fait, c’est s’exposer il se perdre dans des abstractions plus ou moins inaccessibles et glacées, comme sont habituellement les pics de montagnes. D’autre part, n’approfondir que les besoins de l’âme humaine sans s’inquiéter de la réalité objective des dogmes chrétiens et en essayant de faire des besoins de l’âme la loi anticipée et formelle des dogmes eux-mêmes, c’est s’exposer à prendre l’homme comme auteur et législateur de ses destinées : tandis que l’homme, en sa qualité d’être créé, reçoit de Jésus sa loi, puisqu’il en reçoit sa vie avec tout son déterminisme.