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©ÉditionsGallimard,1994.
1
Lahaie
Samueltraversaitlahaie.Leschemins nevontquelesunsauxautreseton retrouvetoujourslesmêmes.Lesjoursse ressemblent.Lesétonnementsdel'enfance sontloin.Ilavaitentendudesvoixdans lanuit.Lesimmensesnuitsdel'enfance l'avaientappeléparsonnom,maismain-tenantceuxquiprononçaientsonnom, c'étaitpourrécriminer. Samuel avaitoubliélesmagnifiquesca-tastrophesdesajeunesse.Lasuffisancedes benêtsavaitétébafouéeparladéroute.Le recoursaucielavaitétéprisendérision parleciel.Legrandprêtreaveugle,tombé àlarenverse,sebrisaitlanuque.Labru périssaitencouchesetlegosses'estappelé Mortegloire.C'étaitdel'inattendupour
unjeunehomme,puisç'aétécatalogué avectouteslesmérovingeriesdeshistorio-graphes. Peuàpeulesgenssesontaperçusdu flairde Samueletsesontmisàavoir besoindelui.Alorslavieestdevenue monotone,d'autantquelesannéesont sembléraccourciretqu'ilfallaitrépéter lesritournelles.AlorsSamuels'estmisà passeràtraversleshaies. Seshabits,sesjambesetsesmainset mêmesonvisageétaientlacérés.Lesgens quivoyaientsesgriffuresdisaientIlperd latête.Maisonallaitquandmêmele consulter.Lesbizarreriesont peut-êtreune signification.Onhochaitlatête etonmon-taitàRamaavecuncadeaud'importance pourdemanderauvoyantcequ'ilfaudrait faire. Lesmalheursétaienttoujoursplusou moinslesmêmes.Iln'yavaitpasque Samuelquienétaitlas,lesgensaussi rêvaientd'unchangement,uneespècede solutionunefoispourtoutes.Lesgens aussivoulaienttraverserlahaie,sortirdes coutumes.Ellesnefontquerimer.Pour-
quoinepasallerdroitaubutetvivreen proseaveclessurprisesquecelaréserve. Unjourleshommesdestribusétaient venusdireàSamuelTevoilàvieux.On sefieàtoiplusqu'àd'autres,maiste voilàvieux.Cen'estpaspourtevexer, maisonvoudraitungouvernementcomme nosfrèressyriens. Samuelnes'yattendaitpas.Ilavait beauprévoir,ilnes'étaitpasprévuàla retraite.Ils'étaitmisàregarderlesmar-gueritesparlafenêtrel'orestaucœur etlespétalesyconvergentcandides.C'en seraitfinidespoisdesenteur.Ilavaitpris unaird'avoiroubliésonDIEUSEULdans unearrière-chambreetils'étaitéclipsé. Onavaitcomprisqu'illuifallaitletemps delaréflexion.Onreviendraitdans quelquesjours. Ilétaitsortierrer,maisentraversant unehaie,ils'étaitarrêtéaumilieuparmi laronceetl'aubépine.Rougeslesfeuilles duroncier,blancheslesfleursdel'épine. Unprintempsças'estdéjàvu,maiscelui-semblaitlepremier,antérieurauxsé-quelles.Samuelstupéfait.Ilavaitdépassé lesrengainesdumondeet,aulieud'une
apocalypse,ildécouvraitlesbeauxjoursà leursource. Ilaentendubuterdessabotsdebêtes. Unhennissementafaittremblerlesco-rolles.Ilatournélatêteetvudespetits chevauxmontésparlesMongolsavecleur visagedecuiretleregard danslafente desyeux.Alorsdoucement,depeurde chasserlemirage,ilalevésamaindroite décoréed'érafluresetproféréensalangue unesalutationchaleureuse. Lepasdesmonturess'éloignaitquand l'odeurdeschevauxs'estmêléeaupar-fumdesfleurs.Etlamêmebrisefaisait glisser,danslepâleazurduciel,des bandesdenuagesdoduscommedes bossesd'argenterieouchevelusavecdes frangesd'or. Samuels'estdégagédesesvisions.Il areprissamarchejusqu'àheurterdu piedunepierretombalequisedésagré-geaitàlalisièred'unboisparmiles anémonessylvies.Lestombesnesontpas éternelles.Larocheestaussifriableque lamémoire. Lepeupleoubliemesprévoyances.Elles melassaient,maisilsespèrentunassè-