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Science, religion et politique dans l'utopie libertine

De
122 pages
Une théorie de la politique n'existe pas dans la pensée libertine intéressée à l'élaboration d'un modèle moral concentré sur la dimension de la vie privée. Pourtant à l'intérieur de cette tradition dans la deuxième moitié du VIIe siècle en France, s'amorce un filon à cheval entre utopie et roman d'aventure dans lequel apparaissent des formes d'organisation sociétales modelées selon les principes de la liberté, égalité, tolérance qui constitueront les mots d'ordres des philosophes des lumières.
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Franco Alberto CappellettI
Science, religion et politique dans l’utopie libertine
SCIENCE, RELIGION ET POLITIQUE dans l’utopie libertine
Franco Alberto Cappelletti SCIENCE, RELIGION ET POLITIQUE dans l’utopie libertine
Du même auteur De nombreux essais publiés en Italie et à l’étranger dans les domaines de la pensée philosophico-politique et juridique et les livres suivants : Una teoria per la politica, Althusser nella cultura francese contemporanea, Pisa 1980. Differenza e potere, La politica nel pensiero postmoderno, Milano 1984. Legge«Coustume»Alterità. Lo scetticismo moderno e il diritto, Napoli 1989. Il diritto e il diverso. Per una storia dei diritti umani, Torino 2004. © L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00895-0 EAN : 9782343008950
 «Nous avons eu des contemporains sous le règne de Louis XIV »  D.Diderot
Introduction Raison privée et raison législatrice Selon une opinion bien assise et que l’on peut partager, une théorie de la politique n’existe pas dans la pensée libertine. Au contraire il existe un modèle de moralité qui, renversant la vision classique de l’homme en tant que « animalispoliticus »capable d’atteindre le plein épanouis-sement de ses potentialités seulement dans lapolis, attribue au sage – c’est-à-dire à celui qui est à même de bien utiliser le délicat instrument-raison sans faire de ravages – la tâche de cultiver soi-même. Et cela implique de se retirer du « théâtre du monde » où tout est nécessairement fictif et où tout le monde joue nécessairement un rôle pour se plonger dans la profondeur de son intériorité où, une fois les déguisements de la vie sociale ôtés, il vit enfin l’expérience de l’authenticité. Surtout grâce au dialogue, à travers le livre, avec les grands de l’antiquité et de l’époque contem-poraine et la fréquentation de gens de qualité unis par l’amour du savoir. Protégé des vacarmes du monde par la double clôture d’une bibliothèque et d’un cercle d’amis, le sage pourra se consacrer à l’activité réputée digne de l’homme se voulant raisonnable : la « queste » de la vérité, moteur d’un parcours de perfectionnement à la fois intellectuel et moral. La politique cesse d’être une valeur pour désigner une nécessité, un devoir à accomplir avec scrupule mais pour après revenir à cette «retraite studieuse», chère à François 1 de La Motte le Vayeroù on essaie d’alimenter la faible flamme de la raison à l’abri des feintes du réel. Personne ne permet mieux de comprendre cette éthique déplaçant son 1  F.de la Mothe le Vayer,De la retraite de la Cour,Dresde, Œuvre, MDCCLVI, VII, I, p. 236.  9