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Un pèlerinage à Rome

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108 pages

Le jour de la Pentecôte, 8 juin 1862, à sept heures du matin, par un beau soleil, les différents dignitaires de la Sainte Eglise présents à Rome, les Cardinaux, Patriarches-Archevêques, Evêques au nombre de près de 300, tout le clergé régulier, séculier, toutes les corporations, avec leurs bannières, ayant à la main des cierges allumés, sortent de la chapelle Sixtine pour se rendre à Saint-Pierre du Vatican, dans un ordre parfait, marchant sur deux colonnes, traversent la vaste place sur une ligne tracée par du sable jaune et jonchée de fleurs, et se rendent à la Basilique par la grande porte de bronze, suivis de Sa Sainteté, qui s’est revêtue de ses ornements et pris la tiare dans la sacristie.

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Joseph Meslé

Un pèlerinage à Rome

Mai-juin 1862

AVANT-PROPOS

En partant, le 15 mai 1862, pour assister à la solennelle canonisation des 26 Martyrs du Japon et d’un Confesseur, voir le Souverain-Pontife à Rome, visiter les lieux saints de la capitale du monde catholique, nous avions prévenu nos paroissiens que nous les porterions dans notre cœur, avec nos bienfaiteurs, nos parents, et ceux qui se recommandaient à notre faiblesse. Grâce à Dieu, nous avons ainsi toujours pensé à eux tous dans le cours de notre voyage.

De retour à Rennes, le jeudi 19 juin, nos chers paroissiens nous ont fait un accueil que nous ne méritions pas, mais donf nous avons été sensiblement touché, en pensant que c’était pour l’honneur du Souverain-Pontife que nous avions eu le bonheur de voir, d’aborder, et dont nous avions reçu la bénédiction pour eux et pour nous. Nous les remercions de leur bon accueil, et nous travaillons à nous en montrer reconnaissant.

Mais, à peine arrivé, tous nous demandaient des détails sur la canonisation, sur le Saint-Père, sur notre pélerinage ; tous nous demandent au moins une médaille, un objet béni du Saint-Père ; à ce sujet, nous leur distribuons de bon cœur ces objets, et leur distribueront tout ce que nous en avons apporté.

Mais, pour leur dire à chacun, à chaque famille, ce qui s’est passé, ce que nous avons vu, ce que nous avons eu le bonheur de faire, nous ne pouvons, dans la conversation, leur dire tout ce qui peut les intéresser.

Pour atteindre mieux ce but, nous avons pensé à rédiger notre pélerinage, le faire imprimer, afin de répondre, et alors satisfaire à leurs pieux désirs.

Dans cette pensée, nous publions cette relation ; puisse-t-elle leur être agréable, les satisfaire, ainsi que tous ceux qui aiment entendre parler de Rome catholique, du Saint-Père et des choses édifiantes qu’on trouve à Rome, dans tout son territoire sacré.

Voici comment nous allons procéder :

1° Donner une idée de la canonisation solennelle des 27 bienheureux, le dimanche de la Pentecôte 1862 ;

2° Le récit tout simple de notre pélerinage, depuis notre départ de Rennes jusqu’à notre retour ;

3° L’allocution du Saint-Père aux 5,000 prêtres dans la chapelle Sixtine ;

4° L’adresse du clergé de notre canton au Saint-Père et sa réponse.

5° Le catalogue des 27 canonisés, avec une notice abrégée de leur vie, tiré de l’imprimé de Rome.

CANONISATION DE VINGT - SEPT BIENHEUREUX

*
**

Le jour de la Pentecôte, 8 juin 1862, à sept heures du matin, par un beau soleil, les différents dignitaires de la Sainte Eglise présents à Rome, les Cardinaux, Patriarches-Archevêques, Evêques au nombre de près de 300, tout le clergé régulier, séculier, toutes les corporations, avec leurs bannières, ayant à la main des cierges allumés, sortent de la chapelle Sixtine pour se rendre à Saint-Pierre du Vatican, dans un ordre parfait, marchant sur deux colonnes, traversent la vaste place sur une ligne tracée par du sable jaune et jonchée de fleurs, et se rendent à la Basilique par la grande porte de bronze, suivis de Sa Sainteté, qui s’est revêtue de ses ornements et pris la tiare dans la sacristie. Avant d’en sortir, le Saint-Père dépose la tiare, fait une brève prière sur le prie-Dieu, entonne L’Ave Maris Stella ; après la première strophe, le Pape se couvre de la mitre, prend place sur la Sedia Gestatoria ; on déploie le baldaquin à huit colonnes, porte à la main, ainsi que les éventails mystiques, et Sa Sainteté entre ainsi dans la Basilique fermant la procession.

A peine entrés dans la Basilique en récitant le Regina Cœli, tous vont à l’autel du Saint-Sacrement, exposé au milieu des lumières ; le Pontife descend, s’agenouille, adore Jésus-Christ quelque temps avec l’assistance.

Après cette supplication solennelle devant le Saint-Sacrement, tous se lèvent quand le Pape s’est levé et se dirigent sur deux colonnes, vers le Presbyterio. Le Pape, replacé sur la Sedia Gestatoria, arrive jusqu’à son trône dans le fond de l’abside, bénissant à droite à gauche, avec la plus grande grâce, tous ses enfants entassés dans la vaste Basilique, qui renfermerait dix fois la Métropole de Rennes, et sur laquelle habitent six cents personnes ; au sommet est cette fameuse coupole surmontée d’une boule dans laquelle on peut être sept personnes à la fois et où nous avons monté. Sa Sainteté, rendue à l’abside, descend, s’agenouille sur le prie-Dieu, et puis va s’asseoir sur son trône. Quand chacun est à sa place, le Cardinal procureur de la canonisation s’avance vers le trône avec l’avocat corsistorial qui, à genoux, demande instamment, au nom du Cardinal, au Saint-Père, de vouloir bien inscrire au catalogue des saints les 26 martyrs du Japon et le bienheureux Michel de Sanctis.

Le Saint-Père répond, par le Prélat secrétaire des brefs, qu’il est informé des vertus et des mérites des bienheureux ; mais qu’avant de prononcer, Sa Sainteté exhorte l’assistance à prier la Sainte Vierge, les Saints-Apôtres Pierre et Paul et toute la Cour céleste. Après cette exhortation, le Saint-Pères’agenouille et l’on entonne les litanies des Saints.

Les litanies achevées, le Pape se rassied, et les mêmes personnages se présentent une seconde fois pour renouveler la demande de la canonisation.

Le Saint-Père répond qu’il désire qu’on fasse d’autres prières, pour obtenir l’assistance du Saint-Esprit ; après cette parole, le Pape s’agenouille, la mitre en tête, et le premier des Cardinaux diacre dit à haute voix : Orate. Sa Sainteté dépose la mitre, et prie pendant le temps du Miserere, jusqu’à ce que. le second Cardinal diacre assistant prononce le mot : Levate.

Alors le Pape entonne le Veni Creator, demeure agenouillé pendant le premier verset, et debout jusqu’à la fin du chant ; après le chant, le Pape récite l’oraison et se rassied.

Alors les postulants de la cause se présentent une troisième fois et demandent : Instanter, instantius et instantissime au Saint-Père que les 27 bienheureux soient canonisés.

Le Pape répond par son secrétaire que Sa Sainteté est convaincue que cette canonisation implorée est agréable à Dieu, et qu’elle va prononcer sa décision définitive. A ces mots, le prélat quitte le trône pour reprendre sa place, l’assistance se lève et le Vicaire de Jésus-Christ, la mitre en tête, assis sur sa chaire, en qualité de Docteur et de Chef de l’Eglise universelle, prononce la canonisation des bienheureux, employant cette formule :

« Ad honorem sanctœ et individuæ Trinitatis, ad fidei catholicæ et christianianæ religionisaugmentum autoritate domini nostri JesuChristi, beatorum apostolorum Petri et Pauli,ac nostra, matura deliberatione præhabita etdivina ope sæpius implorata ac de venerabilium fratrum nostrorum sanctæ romanæ Ecclesiæcardinalium, partriarcharum, archiepiscorumet episcoporum in urbe existentium consilio,beatos, sanctos esse decernimus et definimus,ac sanctorum catalogo adscribimur, statuentesab Ecclesia universali eorum memoriam quolibetanno. Martyres quinta februarii et Michaelisquinta julii. » Pia devotione recoli debere, in nomine Pa†tris, et Fi†lii, et Spi†tus sancti. Amen.

Après celle décision, les postulants, qui ont fait les trois instances, reviennent devant le trône, et l’avocat consistorial, à genoux, remercie Sa Sainteté au nom du Cardinal procureur, et la prie d’ordonner l’expédition des lettres apostoliques relatives à la canonisation.

Sa Sainteté se borne à répondre Decernimus et le bénit ; alors le Cardinal procureur monte sur l’estrade du trône, baise la main du Pape, recouverte du manteau, ensuite baise le genou et retourne à son poste.

L’avocat consistorial se lève et requiert les pronotaires apostoliques de dresser acte de la canonisation.

Le premier des pronotaires répond Conficiemus, et, se tournant vers les cameriers placés près du trône, requiert leur témoignage par ces mots : Vobis Testibus.

Le Pape se lève de nouveau, dépose la mitre et entonne le Te Deum, que poursuivent les chapelains et les chantres avec tout le clergé et les fidèles qui encombrent la Basilique.

Alors retentissent les fanfares dans les tribunes, les volées des cloches dans la Basilique, le roulement des tambours ; les canons du château Saint-Ange, les cloches du Capitole et de toutes les églises de Rome y répondent pendant une heure, et portent jusqu’aux extrémités de la ville la bonne nouvelle de la canonisation. Après le Te Deum, le premier des Cardinaux diacre assistant dit à haute voix :

Orate pro nobis sancti Martyres, Petre, Baptista, vestrique Socii et Michael, alleluia.

Ut digni efficiamur promissionibus Christi, alleluia, après quoi le Saint-Père dit l’oremus : Domine Jesu Christe, qui ad tui imitationem, per Crucis supplicium primitias-fidei apud Japoniæ gentes, in sanctorum martyrum Pétri Baptiste, Pauli et sociorum sangtime dedicasti, quigue in corde sancti Michaelis confessoris tui charitatis ignem ex hardescere fecisti ; concede quœsumus. ut quorum hodie solemnia colimus, eorum ex citemur exemplis, qui vivis et regnas in secula seculorum. On répond : Amen.

La canonisation terminée, quand le Pape ne célèbre pas la Messe, la promulgation des indulgences se fait avant la bénédiction, qui met fin à cette cérémonie ; mais comme eh ce jour le Saint-Père célébra la Messe solennelle, après la canonisation, la promulgation des indulgences se fit après l’Evangile chanté en latin et en grec, dans la forme qui suit :

Le Cardinal diacre qui a chanté l’Evangile à la Messe s’avance vers la gauche du trône et récite solennellement le Confiteor, en ajoutant aux mots Petro et Paulo ces mots Sanctis Petro Baptistæ, Paulo, eorum sociis et Michaeli, et aux mots Petrum et Paulum il ajoute : Sanctos Petrum Baptistam, Paulum eorum socios et Michaelem, à la fin du Confiteor.

Le Saint-Père chante l’oraison déprécatoire qui précède la bénédiction, en ajoutant aux mots Petri et Pauli les noms Sanctorum Petri Baptiste, Pauli eorum sociorum et Michaelis, fait l’absoute et d’un ton de voix plus élevé donne la bénédiction apostolique.

Après quoi le Saint-Père continue la Messe solennelle qui ne finit qu’à midi et demi.

A la fin de la Messe, le Saint-Père, replacé sur la Sedia Gestatoria, est descendu par la grande nef, bénissant la foule, heureuse d’avoir assisté à cette grande et imposante cérémonie.

DÉCORS DE LA BASILIQUE

Nous voudrions actuellement faire connaître tous les décors de la basilique Saint-Pierre à cette occasion, mais comment le faire ? La basilique, si vaste, si riche, par elle n’avait pas besoin dé tous ses décors qui momentanément en cachaient les beautés ; mais cette décoration avait quelque chose de si grandiose, que les yeux étaient dédommagés de ne pas voir, pendant plusieurs jours, toutes les beautés et splendeurs artistiques de cette basilique unique dans le monde et si vaste que, pour en donner une idée à ceux qui ne l’ont pas vue et qui connaissent la grande église de Notre-Dame de Rennes, nous leur dirons, sans exagération, qu’il faudrait plus de dix églises comme Notre-Dame pour remplir la basilique de Saint-Pierre du Vatican.

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