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Un temps pour vivre

De
198 pages
L’auteure nous partage anecdotes et réflexions sur des sujets très variés : la mort, la compassion, la souffrance, le mariage, la res­ponsabilité sociale, le pardon, l’émerveillement, la nature et l’écologie, le travail, le suicide, l’homosexualité, l’éducation sexuelle, la spiritualité, sont quelques-uns des thèmes abordés par cette voie de l’entretien, du partage entre intimes.
Mme D’Anjou-Villemaire apporte ses réflexions et méditations sur la vie, la vie chrétienne en particulier, agrémentées de dialogues avec ses enfants ou petits-enfants, ainsi qu’avec des personnes de son ­entourage.
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Danielle D’AnjouVillemaire
Chroniques de foi d’une grandmère d’aujourd’hui
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
AnjouVillemaire, Danielle d’
 Un temps pour vivre  ISBN 9782896883288  1. Foi. 2. Vie chrétienne. I. Titre. BV4637.A54 2017 234’.23
C2016942359X
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017 Bibliothèque et Archives Canada, 2017
Direction éditoriale : Jonathan Guilbault Révision : Pierre Guénette Mise en pages et couverture : Mardigrafe Illustrations de la couverture : iStock
© Les Éditions Novalis inc. 2017
Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.
Cet ouvrage a été publié avec le soutien de la SODEC. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.
4475, rue Frontenac Montréal (Québec) H2H 2S2 sac@novalis.ca • novalis.ca
Imprimé au Canada
9782896884568
Danielle D’AnjouVillemaire
Chroniques de foi d’une grandmère d’aujourd’hui
Il y a un temps pour chaque chose, dit Qohélet. Je suis tout à fait d’accord. Ma propre vie bien ancrée dans la soixantaine me fait réaliser de plus en plus chaque jour qu’il y a un temps pour tout. J’ai eu, moi aussi, un temps pour naître, un temps pour grandir, un temps pour bâtir. Je me surprends souvent maintenant à regarder le chemin parcouru, consciente qu’il est sans doute plus long que celui qu’il me reste à faire. Et je me demande quelle trace positive de mon passage traversera cette génération. Est-ce que le monde sera meilleur parce que j’y serai passée ? Qu’est-ce que j’aurai légué aux générations suivantes ? En quoi leur aurai-je pavé la voie pendant ces quelques années, qui m’auront été octroyées ?
Ça me fait penser à ces bandes du temps, que l’on voit dans les livres d’histoire et dans certaines bibles. Des gens ont réussi en quelques années à marquer leur époque pour toujours. Une décou-verte, un exploit guerrier, une sagesse partagée, et le monde s’est transformé. On se souvient encore de leurs noms : Alexandre le Grand, César, Néron, Constantin, Napoléon, Neil Armstrong, Mandela, etc. Chacune de leur vie n’est pourtant qu’un petit point sur la bande du temps, mais quel petit point ! Et que dire de Jésus ? En au plus trois ans de vie publique, il a réussi à changer notre
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relation avec Dieu, notre conception du monde, notre vision de l’avenir. Même les années qui marquent nos vies portent son empreinte. Nous sommes entrés dans le troisième millénaire suivant sa naissance ! Quant à moi, je n’ai rien découvert, je n’ai conquis aucun pays, je n’ai rien d’innova-teur à présenter pour changer la face du monde. Je n’ai eu, jusqu’à ce jour, qu’une vie toute simple, tout ordinaire. J’ai grandi en passant de ville en ville pour suivre un papa qui aimait aller voir ailleurs si la vie n’y serait pas plus facile. J’ai étudié, enseigné. Plus important, je me suis mariée. Mon mari et moi avons élevé nos enfants au mieux de nos connaissances et de nos limites et maintenant nous proïtons de la présence des petits-enfants. Quant à ma sagesse, je doute fort qu’elle réussisse à entrer dans l’histoire ofïcielle. Il me semble parfois si compliqué de transmettre ma foi et mes valeurs à mon entourage immédiat. C’est comme si nous n’avions plus le même langage et nous vivions dans des mondes parallèles. Mais j’exagère un peu ; les valeurs que j’ai voulu inculquer à mes enfants sont bien ancrées. Nous ne les appliquons pas de la même manière dans la vie. Il arrive que nous ayons un peu de mal à nous comprendre tout en parlant la même langue, mais ce n’est jamais catastrophique. Nous ïnissons toujours par nous rejoindre quelque part. J’en suis arrivée à penser
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que le mieux à faire était de laisser tomber les grands discours et de vivre le plus près possible de mes valeurs en espérant faire passer le message, et puis de laisser vivre. Je me dis qu’il faut simple-ment saisir les occasions qui se présentent au vol et en proïter pour rendre témoignage.
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La foi comme un cadeau
C’est comme l’autre jour, je discutais de tout et de rien avec un ami quand, à un moment donné, la conversation a pris le chemin d’une discussion sur la foi. Terrain dangereux aurait dit ma mère, il vaut mieux éviter les questions de religion et de politique avec les amis. Je n’ai pas la même idée qu’elle là-dessus. Échanger des idées ouvre les esprits et nous permet de mieux nous connaître, de mieux articuler notre pensée. Toujours est-il que Jean me demande :
— Toi, qui as fait de la théologie, veux-tu bien me dire comment ça se fait que le bon Dieu ne donne pas la foi à tout le monde puisque c’est, à ce qu’on dit, un don de sa part ? C’est quoi, son idée de priver certaines personnes de ses cadeaux ?
Il fallait que je pense vite. C’est vrai que j’ai fait quelques études, mais ça ne me donne pas néces-sairement toutes les réponses. Je me pose encore tellement de questions ! Tout à coup, il me vient à l’esprit une manie qu’avait ma mère, et je me mets à la lui raconter.
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