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UNE VIE EN QUETE DE SENS

De
103 pages
Voici une interrogation sur l'homme qui cherche son argumentation à tous les niveaux de l'existence et dans toutes les traditions culturelles ou religieuses de l'humanité. La quête de sens de Claude Lion se ressource aux expériences de son engagement humanistaire de l'orient à l'occident méditerranéen.
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UNE VIE EN QUÊTE DE SENS

Chrétiens Autrement Collection dirigée par Pierre de Givenchy
Appel aux chrétiens: Croyons-nous comme avant? Croyons-nous tout ce qui est affirmé dans les églises? Que disons-nous? Nous sommes nombreux à souhaiter nous exprimer en toute liberté, dans des groupes de réflexion, dans des associations diverses de chrétiens, mais aussi dans des revues et des livres. Beaucoup désirent aussi célébrer leur foi chrétienne dans des cérémonies qui tiennent compte de la culture moderne. Nous proposons à ceux qui le désirent d'écrire leur livre personnel, de participer à des livres collectifs pour dire publiquement une foi chrétienne digne du XXle siècle. C'est le but de cette collection, laisser la liberté de parole à tous ces chrétiens en recherche.

Déjà parus
ZARAL, Gloria ou un Chemin, 2003. ONIMUS Jean, Le destin de Dieu, 2003. JANVIER-MODESTE Jean-Claude, Pa rentré trop ta, missié (ne rentre pas trop tard, monsieur), 2003. Patricia GRAVATT, L'église et l'esclavage, 2003. Gérard W ARENGHEM, La joie de vivre en communauté en Afrique ou en Europe, 2003 LE V ALLaIS Franck, le Dernier défi du Christianisme, 2002. OGÉ Yvonne, Et après ... ?, 2002. ABELA Paul, Je crois mais parfois autrement, 2002. MARCON Auguste, L'Eglise et les pauvres. Journal d'un travailleur manuel, 2002. ONIMUS Jean, Portrait d'un inconnu, 2002. DOM HELDER CAMARA, Les Conversions d'un évêque (entretiens),2002. ABELA Paul, Je crois mais parfois autrement, 2002. MARCON Auguste, L'Eglise et les pauvres. Journal d'un travailleur manuel, 2002. aNIMUS Jean, Portrait d'un inconnu, 2002. DOM HELDER CAMARA, Les Conversions d'un évêque (entretiens), 2002. MANGANGU Bona, Ce que disent mes mains, 2002.

Claude LION

UNE VIE EN QUÊTE DE SENS

Préface de Monseigneur

Henri TEISSIER

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

(Ç)L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-5495-3

A l'abbé Pierre, homme d'action et de contemplation, dont la rencontre aura été, pour moi et des centaines d'autres, déterminante. A Henri Teissier, archevêque d'Alger, ainsi qu'à tous ceux qui, en Algérie, dans des circonstances particulièrement douloureuses, défendent les valeurs d'amour et de tolérance.

« Si les camps, la souffrance d'un enfant, la mort d'un innocent constituent la suprême énigme pour un esprit religieux, l'amour, l 'héroïsme, le sacrifice, constituent la suprême énigme pour un esprit agnostique. » André Malraux

Préface
En Algérie, la crise de la société nous a fait traverser, avec tout le peuple, de 1993 à 1997, des années bien cruelles. Au poids intolérable des violences quotidiennes s'ajoutait aussi cette souffrance injuste de se savoir jugés par le reste du monde, comme si nous étions tous coupables des désordres inhumains qui atteignaient le peuple algérien. Heureusement, dans ces heures douloureuses, quelques personnes de cœur, des hommes ou des femmes - pas très nombreux, il faut le dire entre 1993 et 1997 - ont eu le courage de nous rendre visite. Non seulement d'ailleurs pour dire leur solidarité, mais plutôt pour la prouver en agissant avec nous, rejoignant sur le terrain - souvent des terrains dangereux - ceux qui, contre vents et marées, s'obstinaient à faire en sorte que la vie soit plus forte que la mort, que l'amour ait plus d'avenir que la haine, et le respect de I'homme plus de ténacité que la violence, quelque raison qu'on en donnât. Claude Lion fut l'un de ces visiteurs de l'espérance. Il nous a rejoints régulièrement pendant ces années d'épreuve, au nom d'Emmaüs International et au nom d'un collectif d'organisations du Nord solidaires des militants et des militantes qui travaillaient ICI dans des Associations algériennes. Il ne venait pas pour nous juger, ni pour prendre notre place. Il venait pour montrer que nous n'étions pas seuls, que d'autres, ailleurs, voulaient soutenir ceux qui avaient choisi d'aller jusqu'au bout de leur fidélité avec le peuple. Il se tenait aux côtés d'Algériens et d'Algériennes engagés dans les travaux pour 1'homme, ceux qui avaient décidé de rester malgré tout, ceux qui lui disaient: «Nous résisterons jusqu'au bout, nous n'avons pas de peuple de rechange, c'est ici que nous devons faire l'avenir et c'est ici que nous le ferons. » Claude Lion arrivait souvent à l'improviste et sa grande silhouette se glissait ainsi dans la salle à manger de la maison diocésaine où il logeait habituellement. Il rentrait d'un quartier à risques du Grand Alger ou revenait de l'autre bout de la Mitidja ou du triangle de la mort, et s'asseyait sans bruit à la table commune, comme si rien d'extraordinaire ne s'était passé dans sa journée de militant humanitaire. C'est d'abord à cet homme-là que j'ai

répondu positivement quand il m'a demandé de préfacer son livre et je lui dis ici encore notre reconnaissance, heureux de savoir qu'à travers lui, c'était l'Emmaüs de l'Abbé Pierre qui rejoignait le front de nos combats pour l'homme ici, en Algérie. ***** Mais quand j'eus la possibilité de lire son manuscrit, j'y ai trouvé bien d'autres raisons de chercher à lui donner une préface. Il ne s'agissait pas seulement de prouver notre reconnaissance. Je voulais et je veux aujourd'hui rejoindre les questions que Claude Lion se pose à lui-même et qu'il nous pose. Je n'ai pas - cela est bien évident - les compétences qui me permettent de suivre son argumentation quand il parle du bouddhisme, des apports de la science actuelle à 1'histoire de notre planète, ou de la place réciproque du politique, de 1'humanitaire, du religieux et de la sagesse des nations. Mais ce qui m'a rejoint particulièrement, c'est justement de rencontrer dans son Essai une interrogation sur 1'homme qui cherche son argumentation à tous les niveaux de l'existence et dans toutes les traditions culturelles ou religieuses de 1'humanité. Quand on aborde la question essentielle du sens de la vie et de la quête de ce sens, il faut bien pouvoir faire appel, en même temps, à toutes les traditions culturelles et à tous les niveaux de connaissance. C'est ce que Claude Lion nous propose. Dans le manuscrit qu'il m'avait transmis, il y ajoutait même cet ordre supérieur d'intelligence du réel qui se dit dans le poème et les images du poète. Chacun a son chemin pour marcher vers la lumière. L'itinéraire de Claude Lion n'est pas forcément toujours le mien. Mais les questions qu'il se pose nous sont communes. L'appel qu'il fait à la diversité des traditions culturelles rejoint l'expérience de notre Eglise d'Algérie placée au carrefour des relations entre le Nord et le Sud de la Méditerranée, entre le monde arabe et le monde européen, entre le christianisme et l'islam. *****

10

Une autre dimension de la réflexion de Claude Lion m'atteint aussi très personnellement. Sa quête du sens se ressource tout au long de son essai aux expériences de son engagement humanitaire de l'orient à l'occident méditerranéen. J'ai été pendant douze ans Président des Caritas du monde arabe. Comme lui, j'ai rejoint aussi les Palestiniens à Sabra et Chatila et les Libanais aux jours des bombardements de Beyrouth et des tireurs embusqués. La quête du sens, Claude Lion la vit d'abord sur les lieux où des femmes et des hommes se battent contre la violence, l'injustice, la fatalité. L'interrogation de Claude Lion, c'est celle de 1'humanité de cette fin de XXème siècle où tant de peuples connaissent les violences de la guerre et celles des affrontements fratricides. Les questions qu'il pose ne relèvent pas des modes de la culture. Elles s'inscrivent dans les souffrances et les espérances des hommes, des femmes, des enfants qui sont victimes des désordres de leur société et des désordres du monde. Claude Lion les aborde avec l'expérience d'Emmaüs et les intuitions fondatrices de l'Abbé Pierre. Mais il les aborde aussi avec la passion de celui qui a rejoint les pauvres là où ils souffrent, écrasés par les combats des riches, des gens de pouvoir et des marchands d'armes. De celui aussi qui sait prendre des risques pour 1'homme. Chacun est libre, évidemment, devant les réflexions qu'il nous propose. Mais chaque homme et chaque femme fait honneur à sa condition humaine quand il ou elle se pose les questions qui habitent le cœur de Claude Lion. C'est aussi ce merci que je voulais lui dire. Il réveille en nous le besoin de chercher le « sens» derrière les épreuves de ce temps. Car c'est du sens que naît l'Espérance.

Alger, le 27 février 1999 Henri TEISSIER

Il