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Urgence-Inculturation

De
216 pages
Église ambiguë ? Quel est donc le vrai visage, la nature authentique de cette Eglise particulière qui est en Afrique ? Voici la présentation d'une Eglise qui est d'une vieillesse riche et d'une jeunesse exceptionnelle d'avenir à travers l'inculturation au sein de cette Eglise remuante ?
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Blaise BAYILI
Urgence - Inculturation
Blaise BAYILI
D’une Église en Afrique à une Église d’Afrique



Par-delà les méandres de l’histoire, par-delà les nombreuses

plaies et blessures que connaît l’Afrique contemporaine, l’Église

du Christ est, en ce continent, plus que jamais vivante, arborant
une jeunesse pleine de sève d’espérance inventive et créatrice.
C’est une Église qui « résiste à merveille aux érafl ures du temps,
à l’assaut de ses détracteurs, à l’érosion de l’indifférence et qui UrL’inculgence - Inculturturation tous azimuts ation
déploie un dynamisme à tout crin dans un monde qui craque
autour d’elle » (Paul de MEESTER, op. cit., p. 18). Décidément,
D’une Éde l’Évangile ; une urgence pourglise en Afrique à une Église d’Afrique le souffl e de l’Esprit ne fait pas défaut à ce continent, « nouvelle
patrie du Christ » selon l’expression du pape Paul VI.
Église ambiguë ? Quel est donc le vrai visage, la nature l’Église d’Afrique
authentique de cette Église particulière qui est en Afrique ?
La présente réfl exion se veut être une tentative de réponse à ces
questions à travers d’abord la présentation d’une Église qui est à la
fois d’une vieillesse riche et d’une jeunesse exceptionnelle d’avenir,
à travers ensuite l’inculturation au sein de cette Église remuante,
perçue en deux mouvements : le temps de l’évangélisation centripète
et l’hypothèse d’« une Église en Afrique à une Église d’Afrique ».
Docteur en Anthropologie et Histoire du Droit
des Institutions de l’université Paris-X Nanterre
en 1997, Blaise BAYILI est également docteur
en anthropologie théologique de la Faculté de
théologie catholique de Strasbourg en 2002 et
docteur en théologie de l’inculturation de l’Université
Pontifi cale Grégorienne de Rome en 2007.
Auteur de Religion, droit et pouvoir au Burkina Faso (Paris,
l’Harmattan, 1998) et de plusieurs autres livres et articles, Blaise
BAYILI est directeur actuellement de deux collections à
l’HarmattanParis, éditeur et enseignant-chercheur d’universités.








théologique & spirituelle




Photographie de couverture : Basilique Notre-Dame
de la Paix (Yamoussoukro / Côte d’Ivoire)

ISBN : 978-2-343-09913-2
théologique & spirituellethéologique & spirituelle
22,50 €
L’Harmattan
AFRIQUEAFRIQUEAFRIQUE
Urgence - Inculturation
Blaise BAYILI
D’une Église en Afrique à une Église d’Afrique












Urgence - Inculturation
D’une Église en Afrique à une Église d’Afrique


























































Couverture : Basilique Notre-Dame de la Paix (Yamoussoukro - Côte d'Ivoire)
Plus grande Basilique catholique au monde, elle a été consacrée en septembre 1990
par le pape Jean-Paul II. L’édifice est une réplique (en plus grand) de la Basilique
Saint-Pierre à Rome et attire chaque année des milliers de pèlerins et de visiteurs.

Blaise BAYILI












Urgence - Inculturation
D’une Église en Afrique
à une Église d’Afrique













L’Harmattan

Du même auteur


- Religion, droit et pouvoir au Burkina Faso ; les Ly ǝl ǽ du Burkina Faso,
Paris, l’Harmattan, 1997, 480 pages.
- Culture et inculturation ; approche théorique et méthodologique, Paris,
l’Harmattan 2008, 306 pages.
- Inculturation : chemin d’unité et dialogue de résurrection ; La question de
l’unité de l’Église, dialogue avec la modernité et dialogue de résurrection,
Paris, l’Harmattan, 2008, 468 pages.
- La Tierce Église et les défis de l’évangélisation en Europe ; L’inculturation
comme chemin de catholicité de l’Église une dans la diversité, Paris,
l’Harmattan, 2008, 560 pages.
- Perceptions négro-africaines en vision chrétienne de l’homme ;
Herméneutique d’une anthropologie théologique, Paris, l’Harmattan,
2012,370 pages.
- La vie à travers la naissance chez les Ly ǝl ǽ du Burkina Faso ;
Problématique d’une théologie de l’inculturation, Paris, l’Harmattan, 2014,
244 pages.
- Guide méthodologique de l’inculturation ; de la théorie à la pratique,
Paris, l’Harmattan, 2014, 150 pages.
- Le concept d’inculturation ; problématique d’un néologisme théologique, , 238 pages.
- L’inculturation : de la Bible à la Tierce-Église du Sud, Paris, l’Harmattan,
2015, 196 pages







© L'Harmattan, 2014
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-09913-2
EAN : 9782343099132




Dédicace


Je dédie ce livre

à mon frère Louis de Gonzague
envolé au ciel,
en petit ange,
à l’âge d’un an











Sommaire


Introduction ...................................................................................... 9

Première partie
Une Eglise à la fois d’une vieillesse riche et d’une jeunesse
exceptionnelle d’avenir ...................................................................... 13

Chapitre 1
Bref historique de l’Eglise en Afrique (ou La rencontre de
l’Afrique avec l’Evangile) .............................................................. 17

Chapitre 2
Une Eglise jeune et dynamique, témoin des plaies et des
espérances d’un continent ambigu ................................................. 23

Chapitre 3
Une Eglise en marche dynamique : l’enracinement d’une Eglise
en croissance ................................................................................... 67

Deuxième partie
Dans l’orbite de l’inculturation, le temps de l’évangélisation
centripète : prise de conscience et crise d’adolescence ...................... 89

Chapitre 4
« A contre temps » : le temps des fustigations ............................... 93

Chapitre 5
Le temps de l’affirmation de soi : un processus passionnant ....... 111

Troisième partie
La mission comme inculturation : de l’Eglise en Afrique à une
Eglise d’Afrique ? ............................................................................ 149

7

Chapitre 6
Les leçons de l’histoire ................................................................. 153

Chapitre 7
L’Eglise en Afrique dans le monde de ce temps : défis et
urgence d’une inculturation au présent ........................................ 167

Conclusion .................................................................................... 195

Bibliographie ................................................................................ 197

Table des matières ........................................................................ 209


8




Introduction


eLa fin du XX siècle, et particulièrement le mois d’avril 1994, aura, de
façon indélébile, marqué de son sceau la mémoire de l’Église qui est
en Afrique...
En effet, dans la nuit du 06 au 07 avril, un avion est abattu
audessus de l’aéroport de Kigali ; c’est celui du président rwandais,
Juvénal Habyarimana, victime d’un attentat qui allait déclencher un
1génocide sans précédent devant durer plusieurs mois , génocide
dramatique qui interpelle fortement les autres Églises qui sont en
Afrique en les amenant à se demander sérieusement si, après un siècle
d’évangélisation et en dépit de nombreux témoignages de foi et de
solidarité, elles sont à l’abri d’un tel drame politico-ethnico-religieux,
pour autant que nombreux sont les pays (et les Églises) où les relations
interethniques connaissent une situation conflictuelle souvent
explosive. Un peu plus tard, dans le même mois d’avril, le 10
précisément, le pape Jean-Paul II annonce solennellement, à la
Basilique Saint-Pierre de Rome, l’ouverture de l’Assemblée spéciale

1 Ce « séisme » d’une ampleur alors encore insoupçonnée se passe dans un pays (le
Rwanda) d’Afrique où le taux de baptisés est le plus élevé (cf. Bureau d’Information
Missionnaire [BIM], La tragédie du Rwanda et les Églises d’Afrique de l’Est, 1994,
22 pages). Pour comprendre les raisons d’un tel « séisme », lire La Croix du 13 août
1998, p. 4 qui rapporte une analyse (sur la crise rwandaise) de l’AMECEA
(Département Pastoral des Conférences Épiscopales d’Afrique Orientale), publié le
15 septembre 1994, dans une brochure de 10 pages. Cette analyse fait état de la
collusion de l’Église locale avec le pouvoir d’État, des rivalités ethniques au sein de
la communauté chrétienne, de la démographie explosive parallèle à une rareté de
terre pour une population essentiellement rurale, et met en lumière l’influence des
médias, de même que l’engagement ou la démission des puissances extérieures,
autant de facteurs qui, selon l’analyse de l’AMECEA, expliquent, pour une large
part, les causes du génocide rwandais.

9

du synode des évêques pour l’Afrique, lesquels avaient préparé ledit
2synode durant plus de cinq ans . Du 10 avril au 8 mai, les Pères du
synode africain réfléchirent ainsi à l’avenir de leur Église dont ils
exaltèrent le Credo d’une Église Famille de Dieu.
Irritante Église faite de paradoxes et qui pousse à se demander si,
après l’Afrique ambiguë, il n’y aura pas d’Église ambiguë. Quelle est
donc la physionomie réelle de cette Église de Dieu qui est en
Afrique ?
La chrétienté, en Afrique, n’est pas née d’hier. Qu’on se rappelle
l’Égypte comme lieu où séjourna le « fondateur » d’un processus qui
donna lieu au christianisme, c’est-à-dire le Christ Jésus alors bébé
menacé par les persécutions d’Hérode. L’Égypte fut, on s’en souvient,
3le premier pays d’Afrique à accueillir l’Évangile , lequel se diffusera
plus tard en Éthiopie et en Nubie (actuel Soudan). Qu’on se rappelle la
spiritualité des Pères du désert – S. Antoine le grand et S. Pacôme, etc.
– restée vivante encore aujourd’hui dans les monastères de
WadiNatroun, au sud du delta du Nil et dans les monastères de la mer
Rouge. Qu’on se rappelle également comment, jusqu’aux invasions
arabes, l’Afrique du Nord – la Tunisie et la Numidie notamment – fut
une active région chrétienne, comptant même jusqu’à six cents
eévêchés au V siècle et de grands théologiens tels que S. Augustin qui
fait partie des Pères de l’Église les plus féconds.
eIl fut ensuite une époque – vers la fin du XIX siècle – où la
chrétienté en Afrique revivra les prodiges des âges apostoliques
marqués par le souffle en tornade de l’Esprit Saint. La Bonne
Nouvelle se diffusait à volonté sous l’équateur, et l’Église assurait

2 C’est le 6 janvier 1989 que le synode fut officiellement convoqué par le pape
JeanPaul II.
3 L’Apôtre saint Marc, compagnon de saint Paul puis de saint Pierre, vécut son
martyr en Égypte auquel le pape Paul VI ordonna, après le Concile Vatican II, de
restituer les reliques de saint Marc (au Caire, dans la nouvelle cathédrale de l’Église
Copte).

10

tellement la promotion sociale et la paix qu’un leader africain
d’envergure comme Kwame N’krumah (1902-1972) n’a pu
s’empêcher un jour de clamer : « tout ce que nous sommes, nous le
4devons aux missionnaires et à l’Église » .
Puis, vint un moment où la même Église sera rendue responsable
de tous les maux ; on l’accuse de déculturation, de collusion avec le
pouvoir colonial, d’être une entrave au libre épanouissement de la
personnalité africaine, etc., de sorte que l’avenir de l’Église du Christ
en Afrique semblait compromis et hypothéqué.
Or, à quoi assistons-nous aujourd’hui ? Par-delà les méandres de
l’histoire, par-delà les nombreuses plaies et blessures que connaît
l’Afrique contemporaine, l’Église du Christ est, en ce continent, plus
que jamais vivante, arborant une jeunesse pleine de sève d’espérance
inventive et créatrice. C’est une Église qui « résiste à merveille aux
éraflures du temps, à l’assaut de ses détracteurs, à l’érosion de
l’indifférence et qui déploie un dynamisme à tout crin dans un monde
5qui craque autour d’elle » . Décidément, le souffle de l’Esprit ne fait
pas défaut à ce continent, « nouvelle patrie du Christ » selon
l’expression du pape Paul VI.
Église ambiguë ? Quel est donc le vrai visage, la nature
authentique de cette Église particulière qui est en Afrique ? La
présente réflexion se veut être une tentative de réponse à ces questions
à travers d'abord la présentation d’une Église qui est à la fois d’une
vieillesse riche et d’une jeunesse exceptionnelle d’avenir, à travers
ensuite l’inculturation au sein de cette Église remuante, perçue en
deux mouvements : le temps de l’évangélisation centripète et
l’hypothèse d’« une Église en Afrique à une Église d’Afrique ».


4 Cité par Paul de MEESTER, Où va l’Église d’Afrique ?, Paris, Cerf, 1980, p. 17.
5 - Paul de MEESTER, op. cit., p. 18.

11













Première partie

Une Église à la fois d’une vieillesse riche
et d’une jeunesse exceptionnelle d’avenir







Comment le christianisme a-t-il rencontré l’Afrique et comment
6l’Afrique a-t-elle rencontré le christianisme ? En d’autres termes, les
missionnaires, ces envoyés de bonne volonté, dépouillés de tout,
sacrifiant tout et se sacrifiant beaucoup, ont-ils vécu jusqu’au bout
leur ministère en s’identifiant aux peuples qu’ils avaient adoptés ?
Sont-ils allés jusqu’au bout de la « rencontre » existentielle qu’est
celle de l’Évangile qui les avait lancés sur les routes du monde,
rencontre existentielle dans et de l’Évangile qui dit que le « recevoir »
est le chemin royal du « donner » profond et vrai ? Par ailleurs, les
Africains qui, venant du fond de leurs traditions ancestrales, ont
accueilli le message évangélique du Christ, sont-ils allés jusqu’au bout
de leur transfiguration par l’intégration réelle de leurs traditions au
christianisme en vue d’un authentique christianisme enraciné dans la
matrice culturelle africaine ?
Voilà autant de questions qui, plongeant profondément leurs
racines jusque dans les tout débuts de l’accueil du message du Christ
epar l’Afrique au milieu du IV siècle, gardent encore aujourd’hui - et
peut-être plus qu’hier – leur totale acuité, appelant ainsi une réponse
qu’à présent nous tenterons de proposer à travers successivement un
bref historique de l’Église en Afrique, une Église jeune et dynamique
témoin des plaies et des espérances d’un continent ambigu, et une
Église en marche dynamique à travers l’enracinement d’une Église en
croissance.


6 Le concept de « rencontre » signifie, sous notre plume, la reconnaissance mutuelle
entre deux cultures, deux visions, deux personnes. Une telle reconnaissance
mutuelle implique que le « recevoir » (de l’autre) est plus important que le
« donner » et/ou le « savoir » ce, en vue d’une fécondité profonde et d’un
enrichissement mutuel insoupçonné.

15







Chapitre 1

Bref historique de l’Église en Afrique
(ou la rencontre de l’Afrique avec l’Évangile)


I – Des origines lointaines

L’histoire de l’évangélisation de l’Afrique remonte aux origines même de
7l’Église, c’est-à-dire à sa naissance . C’est ainsi que l’Égypte et l’Afrique
du Nord furent évangélisées dès l’aube de notre ère. Puis ce fut le tour à
e ede vastes régions subsahariennes d’accueillir l’Évangile aux XV et XVI
esiècles. Plus tard, un effort tous azimuts débutera au XIX siècle et dont
le contexte actuel de l’Afrique est tributaire.
« Nous pensons aux Églises d’Afrique dont l’origine remonte aux
temps apostoliques et est liée, selon la tradition, au nom et à
l’enseignement de l’évangéliste Marc. Nous pensons à la foule
innombrable de saints, de martyrs, de confesseurs, de vierges appartenant
8 e9 e10à ces Églises » . Et de fait, l’Afrique septentrionale du II et du IV

7 On peut même remonter au-delà de cette période pour dire que l’Afrique a connu et
hébergé, dès son berceau, celui qui allait être à la source du christianisme, l’enfant
Jésus. En effet, l’Égypte où, dit-on, le Jésus de Nazareth séjourna quelque temps
pour se protéger des persécutions d’Hérode, fut le premier pays d’Afrique à
accueillir l’enfant Dieu (cf. Mt 2, 13-15).
8 Le pape Jean-Paul II, citant le pape Paul VI dans un message adressé aux évêques
et à tous les peuples d’Afrique pour la promotion du bien-être matériel et spirituel de
leur continent. Dans E A, n° 37.
9 On ne possède pas de documents concernant l’origine de l’Église africaine. En
revanche, vers 180, des noms de douze martyrs attestent bien que le christianisme y
était déjà implanté. Et de fait, depuis la mort du Christ et la prédication des premiers

17

siècles fut un terreau d’intense vie chrétienne constituant une figure de
proue pour l’Église entière tant au plan théologique que du point de vue
de la littérature chrétienne. Qu’on se rappelle, en effet, les grandes figures
de docteurs et écrivains que furent, par exemple, celles de S. Athanase,
d’Origène, de S. Cyrille, flambeaux de l’École d’Alexandrie, celles de
Tertullien, de S. Cyprien, du géant des plus brillantes lumières de la
chrétienté, S. Augustin, tous trois étant de l’autre côté méditerranéen de
l’Afrique. Qu’on se rappelle aussi certains grands saints du désert tels que
Antoine, Pacôme, Paul, premiers fondateurs du monachisme dont la
diffusion se fera ensuite en Orient et en Occident. Qu’on se souvienne
également des figures exceptionnelles de femmes ayant confessé le
tesChrist jusqu’au sacrifice suprême telles que S Félicité et Perpétue, mais
tes aussi d’autres témoins comme S Monique et Thècle. On peut encore se
er errappeler des saints papes Victor I , Melchiade et Gélase I , originaires
d’Afrique. Tant de figures de témoins, de confesseurs, de papes, de saints
et de docteurs manifestent assurément la vitalité et la gloire d’une
Afrique chrétienne antique.

apôtres, c’est principalement à l’Est du bassin méditerranéen que l’Évangile a pris
racine, entre la Cyrénaïque (la Lybie) et l’Asie Mineure (la Turquie). L’Asie
Mineure regroupe les provinces de Cappadoce, de Galatie et de Cilicie. C’est là que
les chrétiens sont les plus nombreux. De l’autre côté de la Méditerranée, une autre
Église est également prospère ; c’est celle de l’Égypte, avec Alexandrie comme
centre (cf. « Alger, Algérie : religions ». Url de la page :
http://perso.wanadoo.fr/bernard.venis/mon_algerie/religion/religion.htm).).
10 e - Au IV siècle, l’Afrique romaine (le nord du Maghreb) est une province
prospère. Elle fournit l’Empereur, Rome et l’Italie en blé et en huile. Son Église est
l’une des plus florissantes du bassin méditerranéen. En 411, on dénombre plus de
250 évêques catholiques et autant chez les Donatistes. Comme toutes les Églises, de
cette époque, elle jouit d’une grande autonomie par rapport au pape. De fréquents
conciles réunis autour de son chef, l’évêque de Carthage, la gouvernent. (cf. « Alger,
Algérie : religions ». Url de la page :
http://perso.wanadoo.fr/bernard.venis/mon_algerie/religion/religion.htm).

18

eAu milieu du IV siècle, un roi d’Axoum, Ezana, fut converti au
11christianisme par S. Frumence , un laïc Syrien envoyé par S. Athanase
alors patriarche d’Alexandrie. C’est donc à partir de l’Égypte (Afrique
septentrionale) que le christianisme pénètre en Éthiopie et dont le roi
Ezana fera la religion officielle du pays qui, progressivement, sera
e 12christianisé jusqu’en Nubie (au Soudan) à partir du VI siècle . Dans le
reste de l’Afrique noire, ce fut à partir des côtes que pénétra le
christianisme parallèlement à l’implantation et au déploiement européens.
Dans ce cadre, les premières tentatives remontent à 1443 et reposent sur
des explorateurs portugais accompagnés de missionnaires (portugais)
ayant reçu du pape l’autorisation d’exercer l’autorité portugaise dans les
territoires d’Afrique qu’ils découvriraient, mais à la condition expresse
qu’ils les évangélisent. C’est ainsi que la Croix du Christ fut plantée dans
les îles du Cap-Vert et sur les comptoirs de l'Afrique Orientale (Malindi,
Mombasa) avant que d’autres tentatives eurent lieu les siècles suivants,
13 emais qui n’eurent malheureusement pas de suite après le XVI siècle.

11 S. Frumence, appelé abbé Salama, fut consacré évêque par S. Athanase et devint
l’apôtre de l’Éthiopie (cf. E A n° 37).
12 L’Église éthiopienne, actuellement autonome, dépendait jusqu’à une date encore
récente du patriarcat d’Alexandrie, d’où son monophysisme et sa liturgie copte, le
terme « copte » désignant les chrétiens d’Égypte et d’Éthiopie qui ont refusé la
condamnation du monophysisme par le Concile de Chalcédoine en 541. Ce terme se
référerait à une langue héritée de l’ancienne Égypte (cf. Internet, site :
http://www.uta.univ-lyon2.fr).
13 La fugacité de ces tentatives est due à leur rejet par les Noirs pour plusieurs
eraisons dont principalement la Traite négrière. Au XVI siècle, par exemple, le roi
du Congo se convertit au christianisme et son royaume devint chrétien deux siècles
durant avant de jeter l’éponge à cause de la Traite. Il donna néanmoins naissance à
une Église indépendante qui vit le jour grâce à la prophétesse Dona Béatrice. En
Côte d’Ivoire, le fils d’un chef traditionnel fut baptisé à Versailles par Bossuet, avec
pour parrain Louis XIV. Mais, à son retour au pays natal, il reprit le chemin de sa
religion traditionnelle. Au Sénégal, il y eut un petit noyau de chrétiens parmi les
suites de Saint Louis. En Afrique Orientale, un souverain de la basse vallée du
Zambèze fut converti par des Jésuites et des Dominicains, mais ce fut une
conversion sans lendemain (cf. Régine Levrat : « Le christianisme en Afrique »,

19

Les régions de la Côte africaine subsaharienne concernée par
l’évangélisation portugaise sont celles du Bénin actuel, de Sâo-Tomé, de
l’Angola, de la Mozambique et de Madagascar. En 1491, les
missionnaires arrivaient à l’embouchure du Zaïre, à Pinda. C’est ainsi
que le roi du Congo, Nzinga-a-Nkuwu demanda des missionnaires pour
annoncer l’Évangile dans son royaume. L’un des premiers fruits de la
plantation de la Croix du Christ ressuscité en terre congolaise fut la
consécration, à Rome, en 1518, par le pape Léon X, de Don Henrique
er(fils de Don Alphonse I , roi du Congo) comme évêque titulaire d’Utica.
Nous avons là, le tout premier évêque autochtone de l’Afrique Noire.


e e
II – Du XIX au XX siècle

e 14Le XIX siècle est celui d’une époque héroïque où la pénétration
des missionnaires dans l’intérieur du continent se faisait au fur et à
mesure de l’avancée des explorateurs (Livingstone en Afrique
australe, par exemple) et associée à la lutte contre l’esclavage. C’est
l’époque de la création de bon nombre de sociétés missionnaires pour
15 16l’Afrique et de fondations d’ordres missionnaires .

Document pédagogique – Conférence UTA-Lyon 2002/2003. Sur Internet, site
(cliquer sur « trouver les pages contenant le terme » :
http://uta.univ.lyon2.fr/IMG/pdf/doc-599.pdf).
14 - Héroïque parce qu’il n’y avait aucune voie de communication, parce que les
missionnaires étaient exposés à des conditions de vie très pénibles et à de
nombreuses maladies qui réduisaient leur espérance de vie sur le sol africain à cinq
ans en moyenne.
15 Nous avons des sociétés protestantes américaines et anglaises (la London
Misonary Society par exemple), suisse (la Mission de Bâle), française (Société des
Missions Évangéliques de Paris, mais interdites dans les colonies françaises). Nous
avons aussi les sociétés catholiques principalement françaises.
16 Avec les fondations d’ordres missionnaires, chaque institut avait une délégation
pour un ou plusieurs territoires (les Missionnaires d'Afrique ou Pères Blancs
[société fondée par le Cardinal Charles Lavigerie] en Afrique Occidentale, Orientale

20