A propos de tout et de rien

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Nos systèmes économique et sociaux, orientés vers la recherche de la croissance maximale, de la satisfaction immédiate et de la liberté débridée, ont peu à offrir en termes d’enrichissement spirituel.

L’étude des sciences et des philosophies orientales conduit à penser que l’humanité pourrait se rassembler autour d’autres valeurs.

A propos de tout et de rien est une compilation de réflexions sur la société actuelle et celle qui pourrait lui succéder.



La civilisation de la globalisation ne survivra sans doute pas aux crises économique et écologique majeures qui l’étouffent chaque jour davantage. Cette tragédie, conséquence de l’incapacité de la société à maîtriser sa cupidité, reflète le vide spirituel dans lequel évoluent les consommateurs, apparemment dénués de conscience, à l’image des systèmes dont ils sont esclaves.

Les nombreux bouleversements en cours, ou à venir, offriront peut-être à de futures générations l’opportunité de créer une nouvelle société, guidée par la sagesse, ayant pour objectif de développer un mode de vie compatible avec son environnement naturel.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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EAN13 : 9789999991588
Nombre de pages : non-communiqué
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AVANT-PROPOSIl y a quelques années, j’ai choisi de m’installer avec ma famille dans la région nordest de la Thaïlande, appelée Isan, et de me tenir, autant que faire se peut, à l’écart des supposés avantages de la « globalisation ». C’est depuis le petit village où je résidais, au milieu d’un paysage de rizières parsemées de quelques arbres, que j’ai rédigé cet essai entre octobre 2007 et septembre 2008. Après un bref exposé des travers de notre société, il propose aux lecteurs un chemin conduisant vers un mode de vie différent. Suivre ce chemin amène à réaliser que les êtres humains ne sont pas censés dominer la Nature, mais vivre en harmonie avec elle, en consacrant une partie significative de leur temps à penser et à réfléchir, plutôt qu’à consommer et à détruire. J’ai conscience qu’un tel message pourrait s’avérer difficile à diffuser dans un monde peu disposé à se remettre en question, qui poursuit ses activités sans jamais prendre le temps de marquer une pause. J’espère cepen dant qu’une trace en sera conservée pour en permettre VII
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l’accès à de futures générations, curieuses de connaître les raisons pour lesquelles elles auront hérité d’un envi ronnement naturel dévasté, soucieuses de ne pas retomber dans les errements de leurs prédécesseurs. □□□□□« La plupart des gens préféreraient mourir plutôt que de réfléchir. C’est d’ailleurs ce qu’ils font. » Cette remarque du philosophe Bertrand Russell pourrait aujourd’hui s’appliquer à la « civilisation de la globalisation ». Jamais une civilisation n’a autant été menacée par les conséquences de ses actes. Jamais une civilisation n’a autant été prévenue des dangers qui la menacent. Jamais une civilisation n’a disposé d’autant de moyens pour écarter, ou au moins atténuer, ces dangers. Et cependant, cette civilisation se montre totalement incapable de faire face à ses responsabilités. Pourquoi ? Parce que notre société ne veut pas modifier son mode de vie pour prévenir des catastrophes, en apparence, incertaines et lointaines.Malgré une Histoire riche en calamités de toutes natures, les plus désastreuses remontant seulement au siècle dernier, ceux qui détiennent aujourd’hui le pouvoir sont convaincus qu’ils sont différents de leurs prédécesseurs, qu’ils ne commettront jamais le même genre d’erreurs et que rien de grave ne saurait se produire sous leur conduite éclairée.Lorsque certaines de leurs décisions se traduisent par des VIII
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résultats désastreux, ils refusent de reconnaître leurs erreurs et d’effectuer les changements nécessaires, rejetant les responsabilités sur une conjoncture défavorable.Ils partent du principe que le présent est toujours meilleur que le passé, que leurs actes vont toujours dans le sens du progrès et qu’il serait par conséquent irresponsable, voire impossible, de les remettre en cause. Pour la grande majorité de la population des pays riches, qui n’a jamais connu ni guerre, ni dépression économique, les catastrophes n’existent que sur les écrans de télévision ou de cinéma. Quant aux plus âgés, ils considèrent peutêtre que l’avenir ne pourra être pire que le lointain passé qu’ils ont connu. Dans les pays pauvres, la plupart des gens ne disposent pas de l’information nécessaire pour apprécier la dimension globale de pro blèmes dont ils sont souvent les principales victimes. Cette combinaison d’arrogance, de la part des dirigeants politiques et économiques, d’ignorance, de la part de certaines populations, et de désintérêt, de la part d’autres populations, contribue sans doute à expliquer la passivité actuelle de la civilisation de la globalisation, face aux graves dangers qui la menacent. □□□□□La communauté scientifique, dont l’inquiétude concer nant les conséquences des changements climatiques grandit chaque jour, prêche dans le désert. Ses représentants sont
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poliment écoutés, puis chacun retourne à ses occupations, ne se sentant guère concerné par ce qu’il vient d’entendre. Les pays riches cherchent à se convaincre que les changements climatiques affecteront surtout les pays pauvres et qu’une fois la soif de vengeance de Gaia assouvie, la frénésie de consommation pourra reprendre de plus belle. Pourtant, les catastrophes naturelles d’origine climatique frappent, avec une fréquence croissante, de nombreux pays, indépendamment de leur statut écono mique. Mais qu’importe, ces catastrophes sont traitées comme des faits divers, tandis que les espoirs de crois sance économique font plus que jamais la une de l’actualité. Rien, sembletil, ne peut détourner la civilisation de la globalisation de la voie sans issue dans laquelle elle s’est engagée, aveuglée par la cupidité. □□□□□Peu de temps après que j’eu achevé la rédaction de cet essai, le monde s’est trouvé plongé dans une crise majeure, conséquence directe de politiques économique et financière aberrantes, poursuivies avec ferveur durant une vingtaine d’années. Ceux qui étaient chargés de la mise en oeuvre de ces politiques : gouvernements et autres respon sables de la finance internationale, ont entrepris de gérer cette crise qu’ils n’avaient pas vue venir, malgré les multiples alarmes qui clignotaient, depuis longtemps, sur les tableaux de bord de l’économie mondiale. X
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Une situation remarquablement similaire à celle concernant l’évolution du climat, qui ne laisse rien pré sager de bon. Faudratil, une nouvelle fois, attendre que la catastrophe se produise pour que les dirigeants de la planète prennent conscience de l’ampleur des risques ? Une fois placés au bord du précipice, leur inaction laisse généralement place à une frénésie d’actions ou, plus précisément, de réactions guidées par la panique, plutôt que par la raison. Ainsi, bien que la crise économique en cours ait pour origine un endettement excessif, encouragé par des taux d’intérêt trop bas, ils baissent les taux d’intérêt et cherchent le salut dans un recours accru à… l’endet tement ! Pour financer leurs plans de relance établis dans la hâte, ils noient l’économie mondiale sous un déluge d’emprunts et, lorsque les prêteurs manquent, certains gouvernements n’hésitent pas à créer massivement de la monnaie. Les fonds introuvables lorsqu’il s’agit de lutter contre les causes des changements climatiques et de sauver de nombreuses espèces menacées d’extinction, deviennent soudainement disponibles, dès lors qu’il s’agit de sauver des… banques ! Au lieu de profiter de l’opportunité offerte par cette crise pour réformer un système économique totalement inadapté aux réels besoins de l’Humanité, tous les efforts sont concentrés sur la remise en marche du système, en l’état. Pour stimuler la consommation, tout en prétendant réduire la pollution atmosphérique, de nombreux gouver XI
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nements ont décidé d’offrir des ristournes aux acheteurs de… voitures ! D’autres choix, mieux à même de favoriser une réduction des émissions de gaz et de particules polluants, auraient sans doute été possibles. Peutêtre auraitil, par exemple, été plus sage d’encourager finan cièrement les consommateurs de certains pays à s’équiper de panneaux solaires, d’autres à installer des éoliennes, d’autres encore à utiliser des bicyclettes… □□□□□Aujourd’hui, même si certains affirment le contraire, personne ne sait quels seront les effets secondaires induits par les remèdes expérimentaux prescrits à l’économie mondiale. Mais, si les réactions de cette dernière sont proportionnelles à la dose injectée, ces effets pourraient s’avérer dévastateurs. L’avenir de la civilisation de la globalisation apparaît donc plus incertain que jamais. Le symbole ultime de la cupidité humaine seratil emporté par son système économique défaillant, par les conséquences des changements climatiques, ou par une combinaison des deux ? La réponse à cette question ne devrait pas tarder à être connue…
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