Amours et turbulences

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Alors qu’il cherche avidement un sens à l’existence, c’est en Afrique que l’auteur découvre le message de l’Évangile et est profondément bouleversé par l’humanité du Christ. Au retour, il s’engage comme prêtre et poursuit une quête spirituelle habitée par l’amour et la compassion. Auprès de ses paroissiens, puis des malades et des mourants, Fernand Patry se voit comme « un passeur permettant aux gens d’expérimenter des moments d’éternité » dans leurs souffrances, leurs joies, leurs peines.
À la suite d’un parcours turbulent, marqué de ruptures, de rébellions et de combats, Fernand Patry nous livre ici un témoignage percutant de sincérité. Homme libre et engagé, souvent critique à l’égard de l’institution ecclésiale, le prêtre retrace de façon inédite la présence du divin dans l’Univers et en chacun de nous.
Publié le : vendredi 6 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896882878
Nombre de pages : 147
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qui doivent affronter la mort l’a amené à publier de nombreux
présent la souffrance Vivre au présent la célébration de l’adieu Vivre au présent le deuil
Fernand Patry
Amourset turbulences
turbulences et
Amours Entretiens avecGilda Routy
Amourset turbulences
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Patry, Fernand
Amours et turbulences : entretiens avec Gilda Routy
ISBN 9782896882861
1. Patry, Fernand – Entretiens. 2. Soins spirituels cliniques – Québec (Province). 3. Prêtres – Québec (Province) – Entretiens. I. Évesque Routy, Gilda, 1956 . II. Titre.
BX4705.P37A5 2016
282.092
C2015942142X
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2016 Bibliothèque et Archives Canada, 2016
Direction éditoriale : Jonathan Guilbault, Gilda Routy Révision : Josée Latulippe Transcription : Monique Deschênes Mise en pages : Mardigrafe Photo de la couverture : ©Thinkstock
© Les Éditions Novalis inc., 2016
Financé par le gouvernem ent du Canada Funded by the G overnm ent of Canada
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour des activités de développement de notre entreprise. Cet ouvrage a été publié avec le soutien de la SODEC. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.
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Imprimé au Canada
9782896882878
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Fernand Patry
Amourset turbulences
Entretiens avecGilda Routy
À la découverte de soi et du monde
Fernand Patry, remontons la trame de votre vie. Vous êtes né au Lac-Saint-Jean, après la Deuxième Guerre mondiale ?
C’est exact. Mes deux grands-parents ont été des cofondateurs. Avec d’autres familles, ils ont fondé un village lors de la crise mondiale des années 1930. Ils n’étaient pas des gens de la terre, mais ils se sont faits paysans. En quittant Jonquière vers 1931, ils sont devenus agriculteurs par la force des choses. On était en période de crise et à Jonquière, pour y faire face, le gouvernement provincial avait donné des terres situées en pleine forêt à ceux qui voulaient tenter l’aventure. Les colons se sont retrouvés en pleine forêt, sur une terre complètement hostile, de marécages et de falaises où rien de cultivable ne pouvait pousser. Mes grands-parents étaient de cette trempe-là. Avec d’autres, ils ont fondé un village qui s’appelle Saint-Ludger-de-Milot, sur la route des Passes Dangereuses, et c’est là que mes parents se sont
AMOURS ET TURBULENCES
connus. Je suis né en 1947 dans ce village. Je suis le dernier-né d’une famille nombreuse, comme beaucoup de familles de cette époque.
Combien votre mère a-t-elle eu d’enfants ?
Douze ! Maman a eu 12 enfants, 12 naissances, mais 9 d’entre eux sont malheureusement décédés. À l’époque, les maladies infantiles étaient un véritable Léau. Il faut réaliser que nous vivions complètement isolés en plein bois, loin de tout et des services de santé aujourd’hui essentiels. Il n’y avait ni médecin ni inîrmière. À la mort de chacun de ses enfants, c’est mon père qui fabriquait les petits cercueils ; il allait enterrer les corps au cimetière du village. C’est un sujet dont on ne parlait pas à la maison, la mort des enfants.
C’était donc un sujet tabou, même si on le vivait très diîcilement ?
Oui, et on en a parlé beaucoup plus tardivement. Au moment du décès de mon père, cet épisode de notre vie familiale a ressurgi. C’est à ce moment-là que maman m’a raconté l’histoire de ma naissance. J’étais un enfant précoce. Je suis né à 27 semaines. Devant ma fragilité, ma mère a pensé qu’elle allait perdre ce douzième enfant. Elle se disait que c’était la în, qu’elle n’aurait pas d’autres enfants. On peut donc imaginer que j’ai été aimé par mon père et ma mère d’une manière absolument extraordinaire.
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À LA DÉCOUVERTE DE SOI ET DU MONDE
Votre mère ne vous avait jamais parlé auparavant de l’histoire entourant votre naissance ?
Jamais. Mais un jour, après la mort de mon père, elle m’a dit : « Écoute, Fernand, il faut que je te le raconte… » Comme j’étais très malade, elle me couchait dans une petite boîte à souliers et me mettait presque dans le four. La nuit, elle chauffait le poêle à bois pour pouvoir me garder au chaud, comme dans un incubateur, en fait. Elle a fait venir le prêtre, puis elle a déclaré : « Voilà, vous allez bénir mon enfant, au cas où il mourrait. Mais s’il vit, alors je le donnerai à l’Église. »
Quelle belle ex pression : « Je le donnerai à l’Église ! »
Oui. Je le donnerai non pas à Dieu, mais plutôt à l’Église. Elle avait une idée derrière ça… Mais elle a toujours gardé ce secret, pour ne pas que ça interfère avec mon choix de vie.
Quel était le travail de votre père ?
Mon père s’occupait des bûcherons et des chantiers dans le bois. Après ma naissance, maman est partie là-bas avec lui. Elle faisait la cuisine pour les bûcherons et, bien sûr, elle m’a emmené. On peut imaginer la réaction des gens du village ! J’étais un bébé, et certains ont dit que ma mère était un peu folle. Mais pour elle, c’était important. Elle leur répliquait : « J’emmène Fernand, je vais aller faire la cuisine dans le bois, et ça va être parfait pour tout le monde. »
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AMOURS ET TURBULENCES
En fait, elle m’a sauvé la vie, parce que cette année-là, au village, la méningite a décimé tous les enfants nés en même temps que moi.
En vous éloignant du village, elle vous a permis de vivre.
D’une certaine façon, j’ai toujours vu ça comme l’histoire de la mère de Moïse.
Elle a eu raison de faire conîance à son intuition, malgré ce que lui disaient les gens du village : « Mais non, tu devrais rester à la maison ! Ton enfant est trop jeune, c’est un bébé. » Ma mère était déterminée, une force de la nature.
Fernand, la promesse secrète de votre mère au moment de votre naissance en dit long sur son rapport à la foi. Nous sommes dans le Québec des années 1947-1950, le catholicisme est encore très fort. Et loin des grandes villes, il l’est davantage. Comment votre mère vivait-elle ses convictions religieuses ?
Ma mère était croyante, mais pas très pratiquante. Je me souviens de nombreuses fois où elle préférait rester à la maison plutôt que d’aller à l’église. Elle aïchait à l’égard de l’Église une certaine et mystérieuse réserve. Plus tard, quand nous nous sommes parlé de mes choix de vie, elle s’est plus ouverte sur ses convictions. Et surtout, quand j’ai été ordonné prêtre, cela a été très important pour elle.
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