Croire au Dieu qui vient. De la croyance à la foi critique

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La foi chrétienne a pour singularité, origine et histoire de croire en un Dieu qui a parlé aux hommes depuis toujours et qui est venu habiter parmi eux voici deux mille ans, incarné en Jésus de Nazareth, mort sur une croix et rappelé par Dieu à la vie pour conduire l’humanité à sa destinée éternelle. Mais cette révélation, reçue de la faiblesse et de la folie de la croix, dit saint Paul, est difficile à croire, et elle tombe de si haut et vient de si loin qu’elle paraît en voie de s’effacer de la culture occidentale qu’elle a si longtemps inspirée et régentée.
Ce livre revisite la tradition qui a répandu cette foi et éprouve si elle est encore capable de donner à croire que Dieu vient aux hommes du futur de notre destin.
Le nom de Dieu apparaît en toutes langues avec les premières traces de la rationalité humaine ; le dieu des Hébreux surgit lui-même du panthéon du Proche-Orient ancien avant d’être promu Dieu unique par les prophètes d’Israël ; Jésus, se disant envoyé par lui, qu’il appelle Père, le fait reconnaître Père commun de tous les hommes qui veut les réconcilier avec lui et entre eux pour en faire ses fils. Recueillant son enseignement, la tradition chrétienne proclame que Jésus est le Fils éternel de Dieu, né homme de la Vierge Marie pour régénérer l’humanité dans l’Esprit de Dieu et la conduire par l’Église à la vie éternelle.
Mais la science moderne des textes bibliques et évangéliques a creusé un fossé entre ce qu’on peut connaître avec certitude de l’histoire de Jésus et l’interprétation qui en est faite par le dogme de l’Église, dogme que l’évolution des esprits rend peu crédible à nos contemporains. Aussi, les théologiens, qui entendent respecter la vérité historique des textes et les rendre intelligibles à notre temps, se sentent obligés de repenser cette tradition en son entier sous l’éclairage d’une foi critique. Telle est l’ambition de ce livre : entreprendre une démarche de véracité et de liberté dans la
recherche du sens de la foi.
Il s’attachera dans ce but à déchiffrer le mystère qui tend à s’exprimer sous le mythe de la préexistence du Christ, idée qui est à la base de l’articulation dans le dogme des concepts de trinité, incarnation et rédemption : il s’agit en fait de la révélation de l’humanité de Dieu, comprise comme l’amour par lequel il entre en communication avec les hommes pour les libérer de leur finitude, du repli égoïste et mortifère de chacun sur soi qui les empêche de parvenir à l’unité entre eux et avec l’univers.
Un second livre, en préparation, envisagera de dire, dans un langage dépouillé de technicité, en quoi consistent la vie et la mission de l’Église, vie de communion fraternelle dans l’Esprit du Christ, mission de "salut" ou d’humanisation du monde.
Publié le : jeudi 30 octobre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072561221
Nombre de pages : 624
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JosephMoingt
CROIRE AUDIEUQUI VIENT i.de la croyance àlafoicritique
Aux Éditions du Cerf
D U M Ê M E A U T E U R
LD E D I E U ,Q U I V E N A I T H O M M E . D I E U Q U I V I E N T À LH O M M E , t. I, Du deuil au dévoilement de Dieu,. D I E U Q U I V I E N T À LH O M M E , t. II, De lapparition à la naissance de Dieu,. D I E U Q U I V I E N T À LH O M M E , t. II, De lapparition à la naissance de Dieu,. F I G U R E S D E T H É O L O G I E N S ,.
Aux Éditions Desclée de Brouwer
L E S T R O I S V I S I T E U R S . Entretiens sur la Trinité,. L A R É M I S S I O N D E S P É C H É S ,. F A I R E B O U G E R LC A T H O L I Q U E ,É G L I S E .
Aux Éditions du Seuil
L A P L U S B E L L E H I S T O I R E D E D I E U : Q U I E S T L E D I E U D E L A B I B L E ? , o avec Jean Botterau et MarcAlain Ouaknin,; repris en « Points », n,.
Aux Éditions Bayard
LD E É V A N G I L E L A .
R É S U R R E C T I O N . Méditations spirituelles,
Aux Éditions du Temps présent
; réédition en
C R O I R E Q U A N D M Ê M E . L I B R E S E N T R E T I E N S S U R L E P R É S E N T E T L E F U T U R D U C A T H O L I C I S M E .Entretiens de Karim MahmoudVintam et Lucienne o Gouguenheim,; repris en « Champs essais », n,.
Aux Éditions Salvator
LLS A U V E R A É V A N G I L E É G L I S E ,.
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JOSEPH MOINGT
CROIRE AU DIEU QUI VIENT
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G A L L I M A R D
© Éditions Gallimard, 2014.
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Août. Projet À lheure où je commence ce livre, au creux dun été incertain dont le climat changeant ébranle nos plus fermes certitudes sur la belle apparence des choses et le bon ordre du monde (mais où vaton ? il n!y a plus de saisons ), une chaîne de radio semploie à tromper lennui des estivants, contraints à rester enfermés, en dissertant sur la religion et plus particulièrement sur les croyances chrétiennes. Cest un spectacle affligeant sous le rapport du respect dû à la raison humaine de voir des esprits superficiels semparer des sujets les plus sérieux, sur lesquels ont écrit, souvent avec crainte et tremblement, les plus beaux esprits, les plus grands penseurs, historiens et savants de lhumanité, en traiter du haut de leur incompétence, sur la base dune information de pacotille (il semblerait établi que Jésus ait étu dié en Inde une dizaine dannées), prendre les plus graves questions par leurs plus petits côtés (estil vérifié que des morts soient sortis de leurs tombeaux à l?heure où Jésus expirait ), nullement pour sen moquer, mais pour faire étalage de leurs profondes réflexions (le jour où on mettrait la main sur le cadavre de Jésus, il est à craindre que le christianisme ne seffondrerait), puis passer la parole à des auditeurs empressés de faire connaître leurs réponses à des questions dont ils ne savent même pas si elles se posent vraiment, ni dans quelles limites ni en quels termes.Mais peutêtre ne faudraitil pas incrimi ner la bêtise humaine, quand elle tire vanité de son incroyance, sous peine de jeter sur elle le même discrédit, qui rejaillirait sur la religion, quand elle transmet et voudrait imposer ses croyances ? Voilà qui mamène à de plus sérieuses motivations dentamer un nouveau livre. Car je ne voudrais pas laisser croire que lidée men est venue en
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écoutant, ou plutôt en lentendant sans y prêter vraiment attention, lémission de radio à laquelle je faisais allusion. Elle sétait glissée en moi après la parution, en avril, du dernier volume de mon ouvrage,Dieu qui vient à lhomme, peutêtre parce que je me deman dais à quoi joccuperais le temps quil me restait à vivre, si court que je puisse le présumer. À dire vrai, quand je prêtais loreille à cette idée, aucun sujet ne mattirait en particulier ; après avoir écrit ce livre et le précédent,Lhomme qui venait de Dieu, javais le sentiment davoir fait, pour ainsi dire, le tour de la révélation chrétienne, par ses som mets et dans ses grandes lignes assurément, suffisamment toutefois pour ne pas éprouver lenvie de reprendre tel ou tel point dont javais traité et den parler à nouveau plus en détail ou dune autre façon. Jaurais pu choisir sans grande peine quelque sujet plus particulier et plus technique, à peine abordé dans ces livres si ce nest pas du tout, mais je ne me sentais aucun goût pour le faire, si daventure lun ou lautre soffrait à mes méditations. Peutêtre fautil avoir un puissant désir décrire, quoi que ce soit, avant de le fixer sur un sujet précis, mais, sil semparait de moi, je navais curieusement envie que de réécrire ce que javais déjà écrit, et à nouveau en forme de totalité. Il arrivait en effet quon me demandât, comme un service à rendre à mes lecteurs, ou dans le but den attirer dautres, de faire une syn thèse de ce que javais écrit, allégée des développements et débats dordre exégétique, historique, philosophique, théologique ou biblio graphique, réduite à lexposé de mes propres réflexions, de ce que javais voulu soutenir ou démontrer. Mais, chaque fois que jenvisa geais la possibilité de le fairefurtivement, car lidée dun résumé simplifié ne me séduisait guère, la tentation sinsinuait en moi quil y avait moins besoin de réécrire que de repenser à frais nou veaux ce que javais écrit. Ce sentiment pénible dautocritique me venait à loccasion de relectures partielles, des survols que je devais faire de mes livres pour les présenter à divers auditoires, car jéprou vais de telles difficultés à exposer oralement et brièvement ce dont javais longuement traité par écrit, à en ressaisir le sujet par son fil directeur, à le recentrer sur sa trame essentielle, à aller droit aux résultats de mes recherches, que je me demandais avec inquiétude, non seulement si javais trouvé les bonnes solutions, mais même si je métais posé les bonnes questions, si jétais bien allé au fond des problèmes. Je ne manquais pas de me rassurer, en relisant plus atten tivement mes problématiques et en me disant que : lesmystèresde la foi, par définition, sont obscurs et ne se prêtent pas aux démonstra tions imparables ni aux explications lumineuses. Mais je ne tardais pas à maviser que les obscurités qui revenaient massaillir ne
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