Dans l'Egypte de l'Ancien Empire, la rencontre de l'Ancien et du petit

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Dans l'Egypte de l'Ancien Empire, un vieux Sage rencontre un enfant, au seuil de son adolescence. Qu'a-t-il à raconter le vieil homme à cet enfant du peuple appelé à devenir Scribe ? Tout ! La création et les villes importantes et sacrées qui en sont les dépositaires. La compréhension de divers symboles comme le Nil, le scarabée noir, le zodiaque, etc. Le choix d'un futur pharaon et son parcours initiatique. Il traduira la réalité de la ferveur religieuse de tout le peuple égyptien en rétablissant l'exactitude des valeurs détruisant ainsi les affabulations et les traductions érronées.
Publié le : lundi 13 juin 2011
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EAN13 : 9782748197389
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1 Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

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Dans l'Égypte de l'Ancien
Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

34 Max Affre
Dans l'Égypte de l'Ancien
Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

Essai historique
Éditions Le Manuscrit
5Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit


















© Éditions Le Manuscrit, 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9738-0 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748197389 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9739-9 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748197396 (livre numérique)

6 .






A Nicole, ma femme, qui a eu beaucoup de patience de
m’attendre pendant que je me livrais à ma passion.

A mes enfants et petits-enfants, qui un jour peut-être me
liront et partageront, en tout ou partie, le résultat de mes
recherches dévorantes.

A tous mes parents et mes amis pour leur sollicitude et
leur compréhension.

En fait, à tous ceux que j’aime !
7 Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

.

8
Tout commence le jour où je cours derrière
mon chien, Oupou. Sa gueule collée au sol, il
semble suivre une piste. Je lui ordonne de
m’attendre. De s’arrêter parce qu’avec ses
quatre pattes, il file un bon train.
J’ai l’impression qu’il ne m’écoute pas !
Je dois en effet accélérer ma marche pour le
poursuivre. Il fait chaud, je sue. Lui, continue
allégrement. Sa truffe humide trace presque une
saignée dans le sable.
Où m’emmène-t-il ?
Après avoir gravi une dénivellation, nous
arrivons sur un immense plateau où trois
immenses constructions se dressent comme si
elles voulaient percer le ciel. Oupou ralenti sa
course. Légèrement essoufflé, je suis inondé de
transpiration. Entre la violente clarté et la sueur
qui coule de mon front comme l’eau dans un
ruisseau, mes yeux me brûlent.
Oupou s’est encore avancé. Il échappe à ma
vue en tournant au pied d’un des trois édifices.
Où est-il ?
9 Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

Parvenant à mon tour à l’angle de cette
bâtisse, je suis surpris d’y trouver Oupou en
compagnie d’un vieil homme.
– Bon jour ! Que fais-tu là, petit ?
– Bon jour ! Je suivais mon chien qui m’a
échappé.
– Quel âge as-tu ?
– Onze cycles complets, et quelques lunes et
des soleils, en plus.
– Sais-tu que tu n’as pas le droit de venir
ici ?
– Mon père me l’avait dit, mais je ne voulais
pas perdre mon chien.
– Et toi, tu as le droit d’être ici ?
Dans son regard, je découvre une petite
flamme d’amusement et de surprise.
– Tu as l’esprit vif et agile. Ta répartie est
juste ! Oui, moi j’ai le droit de me promener sur
ce site. Dis-moi, petit, tu étais déjà venu te
promener en ces lieux ?
– Non ! C’est la première fois. D’ailleurs, je
ne comprends pas pourquoi Oupou m’a
entraîné ici… Mon père m’avait interdit d’y
venir.
– Pourquoi ton père ne voulait pas que tu y
viennes ?
– Parce que le père du grand-père, du grand-
père de mon père, y venait. Il y amenait son
troupeau jusqu’au jour où beaucoup d’hommes
sont arrivés et lui ont demandé de ne plus
10 Max Affre


s’approcher de cette partie de désert. Il a
raconté qu’il y avait le Vizir, une importante
quantité de Prêtres du Temple, de nombreux
ouvriers et un homme, qui avait l’air d’être le
chef, parce qu’il allait dans tous les sens. Il
donnait des ordres que les ouvriers
s’empressaient d’exécuter.
– Oui, je vois ! Ce devait être l’époque où il
n’y avait que du sable et des dunes, de la
pierraille et de la roche.
– Tu as l’air de connaître l’histoire qui a été
déchirante pour le père du grand-père du grand-
père de mon père… Il a été très malheureux de
ne plus venir avec son troupeau parce qu’il
aimait ce coin tranquille. Depuis, plus personne,
de ma famille, n’y est revenu.
– Que penses-tu de tout ce que tu vois
maintenant ?
– Tu sais, je ne saisis pas très bien pourquoi
les hommes ont bâti ces grandes maisons.
– Oui, je comprends ce que tu ressens. Mais,
tu dois savoir que ce ne sont pas des grandes
maisons, mais plutôt des édifices sacrés. Les
hommes de demain les nommeront des
‘Pyramides’ ! Son vrai nom en Égyptien est ‘Mer’.
Pyramides, c’est le nom que des Grecs, lui ont
donné parce qu’elles ressemblent à un de leurs
gâteaux fait de farine et de miel. D’ailleurs, ils
ont aussi baptisé nos signes et dessins sacrés,
11Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

nos ‘Medou Neter’ qui signifient ‘Paroles de Dieu’,
du nom de ‘Hiéroglyphes !’’
– Des pyramides… Pour en faire quoi, si ce
ne sont pas des maisons ?
– Tu ne vois là que l’aboutissement de
l’utilisation en pierres de ce que le très regretté
Horus Netjerykhet, que les peuples de demain
connaîtront sous le nom de Djoser a
commencé, à Saqqarah, il y a de cela bien
longtemps.
– Alors à Saqqarah, il y a d’autres pyramides
comme celles-là ?
– Presque, petit ! Saqqarah n’a été que le
prélude, l’ébauche, de ce que tu peux admirer
ici… Le Pharaon Djoser a régné environ dix-
neuf ans. Sa mère était l’épouse du Pharaon
Khâsekhemouy. A ce propos, il faut que tu
saches que les hommes savants de demain
essayeront avec leurs propres calendriers de
dater l’histoire de notre fabuleuse civilisation.
Ils auront bien du mal pour le faire. Tu penses,
leurs difficultés reposent sur le fait que nos
calendriers sont établis à partir de l’arrivée sur le
trône d’un nouveau Pharaon. Alors que pour
eux, le temps s’écoule en partant d’un point
zéro et il se perpétue autant de fois que la lune
et le soleil font leurs cycles complets dans le
ciel. Pour nous par contre, tout recommence à
l’avènement de chaque nouveau Pharaon. C’est
pour cela qu’ils liront sur les murs des Temples
12 Max Affre


et sur les stèles : ‘A l’an trois du règne du
Pharaon…’ Ils feront leurs calculs en adaptant
les dates des successions de nos Pharaons, qu’ils
appelleront ‘Des Dynasties’, à leurs calendriers.
Tu comprends, petit ?
– Je ne sais pas si c’est tout ce que tu me dis,
mais ma tête s’embrouille un peu.
– Oui, tu as raison, si tu le veux, nous
pourrons nous retrouver demain avant le lever
de Rê. Je t’expliquerai l’histoire des
constructions des pyramides. A te revoir, petit !
– Je serais là, demain. A te revoir !

Je me tourne et je vois Oupou qui revient. Il
s’ébroue. Je reçois une volée de sable qui était
collé dans son poil brillant.
Je voulais encore m’adresser au vieil homme,
mais il a déjà disparu, sans bruit, comme par
enchantement.
Sur le chemin du retour, Oupou, la langue
pendante et la salive au bord de sa gueule, me
devance, mais maintenant sa marche est calquée
sur la mienne.
Les excès du matin ont disparu.

***
13Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit


Nous arrivons au coin de la ruelle qui mène à
ma maison. L’air y circule avec difficulté. Il fait
chaud. Les pas soulèvent une poussière
rougeâtre.
Le battant entre-ouvert de porte de ma
maison nous accueille. Nous sommes arrivés.
Ma mère s’affaire à la préparation du repas.
Oupou se précipite vers son écuelle d’eau.
Il lape bruyamment en aspergeant le mur.
Il fait frais dans l’ombre de la maison !
Il est vrai que c’est mon père qui l’a
construite. Elle est bien isolée. Il a monté les
murs avec des briques. Les briques, il les a
fabriquées lui-même !
Il m’a raconté qu’il avait pris du sable, de la
paille, du limon et de l’eau.
Après avoir malaxé ce mélange, il l’a tassé
dans des moules pour lui donner une forme.
Après le démoulage, il a mis les briques à sécher
au soleil.
14 Max Affre


D’ailleurs, avec des briques, il a fait des
casiers contre les murs et ma mère y range, les
médicaments, la nourriture, les ustensiles de
cuisine, les vêtements et quelques outils de mon
père.
Le toit est plat. Il l’a fait avec des troncs de
palmiers. Pour le rendre étanche, il a mis des
treillis de roseaux, recouverts de torchis. Il a
juste fait une petite fenêtre fermée avec une
natte de joncs, pour que le soir, lorsque Rê est
parti dans l’autre monde, la brise, le souffle
d’Amon-Râ, entre et nous caresse de sa
fraîcheur.
Je suis bien dans ma maison.
Ma mère dispose d’un coin à ciel ouvert qui
lui permet de préparer les plats dont elle nous
régale. L’odeur est suave et me chatouille avec
envie le fond de mon estomac.
Mon père est arrivé. Il est sorti avec son
gobelet de bière à la main pour échanger,
comme tous les jours, quelques mots avec le
voisin.
Le jour décline et ma mère nous invite à
prendre le repas.
***
Après avoir mangé, en silence, je me lave
soigneusement les mains et je me couche.
Oupou n’attend que ce moment pour venir
se blottir contre mon ventre.
15Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

Avant de m’endormir, comme tous les soirs,
j’adresse ma prière aux Dieux pour qu’ils
protègent ma famille et qu’ils viennent en aide à
mon père et à ma mère. Ils sont si fatigués…
Je repense à ma rencontre avec ce vieil
homme…
Je suis troublé !
Je me demande pourquoi il me raconte tout
cela ?
Demain, lorsque nous irons avec Oupou le
retrouver, il faut que je le lui demande.

***

Mon père s’est levé.
Ma prière du matin finie, avec Oupou, nous
en faisons de même.
Le repas ingurgité, mon père me lave. Une
fois que je suis séché et habillé, je me rends
compte que mon brave compagnon est déjà
près de la porte.
Il me regarde et il semble me demander de
me presser. Sa queue bât la mesure avec
régularité, en arrachant de la poussière du mur.

***
16 Max Affre



Nous arrivons presque en courant sur le
plateau des pyramides. Au loin, le ciel
rougissant nous annonce que le soleil va s’élever
dans le ciel.
Le vieil homme est déjà là.
– Bon jour !
– Bon jour, petit ! Je vois que tu es à l’heure.
As-tu passé une bonne nuit ?
– J’ai bien dormi. Et toi ? Tu couches, où ?
Bien amusé, le vieil homme d’un regard
doux, mais pénétrant, semble me scruter
jusqu’au plus profond de moi-même. Ses yeux
noirs et luisants sont très beaux, pour le peu
que ses paupières mi-closes me les laissent voir.
Son front strié, de sillons brûlés par le soleil,
apparaît sous ses longs cheveux blancs qui se
confondent avec une abondante barbe
resplendissante dans les premiers rayons de Rê.
Tout son visage paraît illuminé. Un sourire
bienveillant se dessine sur ses lèvres amincies.
17Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

– Oui, moi aussi j’ai passé une bonne nuit. Il
y a bien longtemps que je couche partout et
nulle part. La nuit est mon domaine. Le jour est
mon royaume.
– Que veux-tu dire ? Tu me parles avec des
mots que mon cerveau ne comprend pas !
– Je le sais, petit ! Je ne peux pourtant te dire
que ce qui est. Tu verras, petit à petit, tu
comprendras mieux ce que je te dis. Il y a un
temps pour tout. Peu à peu, ton esprit va
s’ouvrir comme une nouvelle palme sur le
palmier-doum !
– Je saurais attendre. Peux-tu me dire
comment tu t’appelles ?
– Appelle-moi ‘l’Ancien’, petit !
– L’Ancien ? Bon ! Puisque tu le veux ainsi.
Je me rends compte que Oupou a disparu. Je
ne le vois plus, mais je suis serein.
– Bien ! Petit, je vais te raconter l’histoire de
la création des pyramides.
Après un instant de silence ou de rêverie,
l’Ancien d’un ton calme me dit :
– Tout a commencé avec ce que les
hommes de demain nommeront la troisième
dynastie. L’Horus Djoser est le deuxième
Pharaon de la Troisième Dynastie. Il est le fils
du Pharaon Khâsekhemouy, dont le nom
signifie ‘Apparition des Deux Puissants.’ Si les
traces de son activité apparaissent comme peu
nombreuses, il laisse à la postérité des
18 Max Affre


monuments impressionnants. C’est sous son
règne que l’usage monumental de la pierre est
lancé et exploité. C’est le matériau d’éternité !
Le calcaire est employé, à une échelle
gigantesque, pour la conception et l’érection de
son complexe funéraire à Saqqarah. Ce chantier
impressionnant est placé sous la direction du
Vizir, Médecin, Architecte et Chef des Travaux,
Imhotep, qui signifie ‘Celui qui vient en paix !’ Il
faut voir en lui le réel concepteur de
l’architecture en pierres. Jusque-là tous les
bâtiments étaient construits en briques crues et
avec des matériaux d’origine végétale. Imhotep
est instruit dans tous les Arts. Il est Grand
Prêtre d’Héliopolis. Il donne l’impulsion à une
transformation de l’architecture qui, de toute
évidence, traduit l’évolution des idées liées à
l’Empire. Lorsque le Pharaon quittait ce monde,
il était enseveli sous des énormes tumulus de
pierrailles, de produits végétaux, de sable et de
roches, que les hommes de demain appelleront
‘Mastabas’. Les animaux sauvages, les vents
violents et les hommes détruisaient ces
tombeaux d’éternité. Le corps du Pharaon était
dégradé et même détruit. Il ne pouvait plus
vivre dans l’autre monde et continuer de veiller
sur l’Égypte. Imhotep a réfléchi et étudié ce
terrible problème. Il est parvenu à substituer, à
un grand Mastaba initialement construit et jugé
imparfait pour une protection suffisante et sûre,
19Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

une superposition de blocs de pierres. Dans un
premier temps, il a fait composer un degré. Puis
sur ce premier degré, il en a fait élever un autre
et ainsi de suite pour atteindre les six degrés de
hauteur que tu pourrais compter sur place.
Donc, tu vois, petit, c’est par la recherche de la
protection du défunt Pharaon que le
développement monumental de la Tombe
Royale a conduit de la forme originelle du
Mastaba à celle de la Pyramide. Au-dessus du
puits funéraire et du caveau Royal
profondément enterré, se dresse désormais une
construction qui s’élève par degrés. Les
dimensions sont imposantes, plus de soixante
mètres de haut ! La première pyramide était née.
En réalité, c’est une fausse pyramide puisque
c’est au fur et à mesure de la construction de
chacun des degrés, qu’elle a cette forme finale.
D’ailleurs, à cette époque, les apparences
architecturales et les techniques de construction
s’inspirent encore fortement des caractéristiques
des édifices en briques.
– Je comprends l’Ancien ! Pourtant, je ne
vois pas pourquoi cette pyramide ne compte
que six degrés. Mon père, quand il parle avec
son voisin, dit toujours que le chiffre magique,
en Égypte, c’est le sept ! Là, il n’y en a que
six…
20 Max Affre


– Tu me plais, petit ! Ta pensée est vive, tes
questions très précises, c’est bien. C’est très
bien !
Après avoir laissé errer son regard vers la
lisière du désert, là où le ciel et la terre se
confondent, baignés d’un air mouvant,
tremblant, trouble. Il reprend la parole.
– Ce que tu viens de dire, les hommes
savants de demain vont en parler, en discuter,
se disputer. Ils ne parviendront pas à se
convaincre. Certains affirmeront qu’il y avait
sept degrés mais que le dernier a été détruit.
D’autres, tout aussi catégoriques, soutiendront
que la pyramide était identique à la fin de sa
construction, à ce qu’elle leur apparaît ! En
réalité, petit, imagine dans ta tête, cette
construction… Il y a bien sept degrés ! Six sont
apparents aux yeux des profanes mais le
septième, le plus sacré, est celui où sommeille le
corps de l’Horus Djoser, à 28 mètres, sous le
niveau de la terre. Là, où il se repose du Monde
des Vivants !
– Maintenant, je comprends beaucoup
mieux le symbole de cette construction.
– Tu n’en as compris qu’une petite partie
seulement, petit !
Je le regarde, surpris. Je ne parviens pas à
trouver d’autres significations à tout ce que
l’Ancien vient de m’expliquer.
21Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

Après un bref silence, il me regarde et
poursuit :
– La forme de cette fausse pyramide
représente un immense escalier. Le défunt
Djoser doit le gravir, pour s’élever vers le ciel. Il
fait comme Rê ! Rê qui, lorsqu’il a vaincu les
forces de la nuit, recommence à s’élever dans le
ciel. Ses premiers rayons de vie montent,
marche par marche, la demeure de Djoser. Au
fur et à mesure qu’il gravit l’escalier du
monument, il repousse les Ténèbres qui le
couvrent. Triomphante, la Lumière gagne son
combat contre les Ténèbres. Le soir, Rê, épuisé
de son cycle, va se coucher. Les Ténèbres en
profitent pour regagner le terrain perdu dans la
journée. L’Égypte est plongée dans l’obscurité.
Elle prie avec angoisse pour que Rê,
réapparaisse le lendemain et qu’il règne de
nouveau sur notre belle terre.
Je reste pantois. Je suis rempli d’admiration
pour nos ancêtres qui ont inscrit dans la pierre
la marche et la vie de l’univers. L’Ancien
m’examine, me scrute et il ajoute :
– Je vais te donner encore quelques
renseignements, puis nous en resterons là pour
aujourd’hui. Pour que l’Horus Djoser continue
à surveiller la bonne marche de la vie des
vivants, Imhotep lui a fait construire, au pied et
au-dehors de son édifice sacré, une petite salle
supplémentaire. Il a fait faire une statue
22 Max Affre


grandeur nature de Djoser avec des yeux
incrustés de pierres précieuses qui donnent vie à
ce visage assez rude. Le Pharaon, à l’abri dans
sa petite chapelle entièrement fermée, est figé
pour l’éternité. Il observe par deux trous
pratiqués à la hauteur de ses yeux, dans le mur
de façade, le monde extérieur. Le curieux qui
met à son tour, son regard contre ces deux
trous, a ses yeux plongés dans ceux de l’Horus.
– Pourquoi ? Je ne vois pas dans quel but,
l’Ancien ?
– Petit, il te faut réfléchir… Le Pharaon est
dans le Monde des Morts. Il veille à ce que la
bonne marche du cosmos soit respectée. Dans
le même temps, il veille aussi sur la vie des
vivants par l’intermédiaire de sa statue.
– Une statue ne peut pas avoir ce pouvoir.
– Si, petit ! Cela je te l’expliquerais plus tard.
Pour aujourd’hui, nous allons nous séparer. Toi,
il est temps que tu regagnes ta maison…
D’ailleurs, vois ton chien… Il arrive pour te
signaler qu’il est l’heure. A te revoir, petit, et à
demain si tu le veux bien !
– Merci et à te revoir l’Ancien.
Le voilà déjà s’éloignant avec sa démarche
chaloupée.
Ses pieds ne semblent pas fouler le sable
brûlant du plateau.
***
23Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit


Oupou a l’air joyeux. Il renifle les roches Il
me regarde, l’œil vif, les oreilles agitées sans
cesse comme les feuilles des arbres lorsqu’elles
sont caressées par la brise.
Dans la fraîcheur douce de la maison, une
fois que mes yeux, remplis de lumière, arrivent
à trouer la pénombre, je m’assois.
Oupou commence son concert, en buvant
bruyamment.
Mon père est de retour.
Comme d’habitude, il prend son gobelet de
bière et sort.
Il va certainement palabrer avec le voisin…

***

Je regarde ma mère s’activer.
Ma mère ne s’arrête jamais de travailler ! Elle
tire le guéridon bas sur lequel nous prenons nos
repas, accroupis au sol. Moi, pour l’aider ou
24 Max Affre


pour m’occuper, je dispose les nattes de joncs
tressés autour de notre table.
Elle installe sur la table le repas familial.
Les poireaux, les ails, les oignons et la salade.
A coté, elle dispose les légumes et les fruits
rafraîchissants, selon la saison, des concombres,
des melons et des pastèques. Pour les
accommoder, elle ajoute un petit peu d’huile
d’olives et du sel.
Que c’est bon dans la bouche et surtout
lorsque ça descend dans le ventre !
Il y aussi les légumes secs qui sont faciles à
conserver comme les fèves, les lentilles et les
pois chiches. Elle les cuit bien. Elle en fait des
purées que l’on étale sur les galettes de pain.
Quelque fois, elle fait cuire des racines de
papyrus mais je ne les aime pas trop, elles sont
très sucrées.
Dans un autre coin, elle dispose les poissons
séchés au soleil. Lorsqu’elle peut se procurer du
poisson frais, elle le fait griller.
Elle pose un autre plat qui contient des
viandes différentes : de la chèvre, du mouton et
du porc.
Très rarement, du bœuf parce que c’est très
cher.
Lorsque le voisin en donne à mon père, nous
mangeons du poulet grillé.
25Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

Au beau milieu de la table, elle y dépose les
fruits secs. Surtout des raisins, des figues et des
dattes du palmier.
Dans une coupelle, elle verse du sirop de
dattes ou de figues ou de caroubier.
Je m’en sers pour sucrer mon lait, le matin.
Comment mon père sait-il que la table est
prête à nous accueillir ?
Mystère ! Je remarque que tous les soirs, dès
que ma mère a terminé de mettre les aliments
en place, il arrive !

***
Le repas est terminé et après nous être lavés
les mains, mon père sort pour profiter de la
fraîcheur de l’air.
Ma mère allume une lampe à huile. Moi,
j’installe les nattes de roseaux tressés qui nous
servent de lit. Avec leurs bords recourbés et
piquants, nous sommes protégés pendant notre
sommeil des insectes dangereux, des scorpions
des sables et des serpents ainsi que d’autres
petits animaux et insectes.
Lorsque mon père nous rejoint, il s’active à
allumer un brasero.
Ce n’est pas qu’il fasse froid dans notre terre
bien aimée, mais la fraîcheur de la nuit contraste
avec la terrible chaleur de la journée.
Il dépose les galettes de bouses de vaches
malaxées avec de la paille et séchées au soleil.
26 Max Affre


Lorsque le feu a pris, les galettes brûlent et
elles se consument très lentement en diffusant
une chaleur douce et régulière toute la nuit.

***

Une fois couché, Oupou, comme d’habitude,
vient se mettre contre mon ventre. Je suis très
troublé, ce soir.
Je ne parviens pas à me concentrer sur ma
prière.
Mon esprit est encore auprès de l’Ancien.
Je suis intrigué et ma tête recommence à se
poser des questions ! Comment sait-il tout ce
qu’il me raconte ?
Pourquoi c’est à moi qu’il s’adresse ?
Encore beaucoup d’interrogations suivies de
réponses ébauchées, sans aucune certitude, par
mon cerveau embrouillé et excité par ces
rencontres. Las, je caresse Oupou et je me laisse
envahir par une torpeur bienvenue.

***
Mon père se lève !
Ma mère, sitôt debout, allume, dans une
coupelle de terre, une mèche qui trempe dans
de la graisse de loriot pour chasser les mouches
Cette graisse mêlée à de l’armoise, sous forme
de boulettes odoriférantes, aide à repousser les
27Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

autres insectes. Quelques minutes après une
odeur suave envahie la maison.
Une fois lavé et habillé, je me saisis d’une
poignée de dattes, de quelques figues sèches,
d’une galette de pain et après avoir ingurgité un
grand gobelet de lait, j’embrasse ma mère.
Mon père est déjà parti, ce matin. Je n’ai
même pas besoin d’appeler Oupou ! Il est déjà
sur le seuil de la porte et il n’attend que le signal
de notre départ.

***
28 Max Affre



Rê n’est pas encore sorti de terre, qu’il fait
déjà chaud. Le ciel commence à rosir, haché par
des zébrures blanches. Le sable, sous les pieds
de Rê, est orangé. Les dunes se fondent dans
des semblants de nuages. Il n’y a jamais ou
rarement des nuages, alors est-ce le vent qui
soulève le sable et qui me donne cette
impression ?
Je n’ai pas le temps d’y apporter une réponse
car je suis attiré par la silhouette du vieil
homme qui semble sortir de la pyramide…
Comment peut-il faire ?
Il passe à travers le mur ?
Encore des questions à lui poser !
Souple, agile comme s’il volait, le voilà déjà
appuyé contre l’angle de l’énorme bâtisse.
Je n’y comprends plus rien. Je ne parviens
pas à m’expliquer comment il fait, à son âge,
pour se déplacer aussi vite.
Au fait ? Quel âge peut-il avoir ?
– Bon jour, petit ! Tu vas bien ce matin ?
29Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

– Bon jour, l’Ancien ! Oui et toi ?
– Tu sais, moi je suis comme le temps… Il
fait beau, je vais bien ! Je te sens troublé et je
devine que tu as des choses à me demander.
Une nouvelle fois, le vieil homme me
déstabilise.
Il lit en moi comme sur un papyrus.
Comment fait ? Qui est-il ?
– Oui, l’Ancien… Mais, comment sais-tu que
j’ai des questions plein ma tête ? D’où viens-tu ?
Qui es-tu ?
Je n’ai pas fini de poser ces questions que je
me sens gêné. Le sang monte comme un
torrent de ma poitrine vers ma figure. Je ressens
une forte chaleur. Pourquoi ai-je osé lui
demander cela ?
Que va-t-il penser de mon culot ?
Lui, souriant, me regarde. Il semble réfléchir,
puis :
– D’où je viens ? De la nuit des temps. Des
fins fonds de l’histoire de notre civilisation. Qui
je suis ? La mémoire de notre ‘To-méry’, notre
terre aimée ! Je passe d’hier à demain, et
l’inverse, en vivant les temps, les lieux et les
souvenirs, que je regarde !
– Mais, alors l’Ancien ? Tu es un esprit ?
Il rit encore et poursuit :
– Oui ! Qu’un esprit pour le Monde des
Vivants et celui des Morts. Je sens que tu as
d’autres questions qui te tenaillent, lesquelles ?
30 Max Affre


Décontenancé, je lui demande alors ce qui
me tourmente depuis le premier jour :
– Je te connais que puis peu de temps, mais
je t’aime beaucoup. Pourtant, je ne sais pas si tu
voudras me répondre, mais pourquoi tu me
racontes tout cela ?
Ses yeux pétillent de malice. Puis, pendant
quelques minutes, son regard se porte au loin. Il
me dit alors :
– Parce qu’il faut que je le dise, à toi…
– Pourquoi moi ?
– Tu seras Scribe, un Shesh ! Tu dois donc
tout comprendre et tout savoir pour qu’un jour,
tu puisses écrire toute l’histoire de notre
civilisation. Ainsi, les hommes de demain
sauront et apprécieront tout l’apport, que
l’Egypte a léguée à l’humanité.
Abasourdi, mon cerveau embrouillé ne
parvient pas à classer et assimiler cette
révélation.
– Mais, l’Ancien ? Il est impossible que je
devienne Scribe ! Cette haute fonction ne m’est
pas permise. Seuls ceux qui sont nés dans une
famille de Scribes ou de Nobles peuvent faire
des études au Temple !
– Tu seras Scribe, un jour !
Sèchement, sa réponse pénètre dans ma tête.
Je sens, je sais, que je ne dois pas lui
demander, quand et comment.
Lui, l’Ancien, il le sait !
31Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

Il rompt le silence, sa voix est redevenue
douce et enveloppante :
- Dis-moi, petit ? Où en étions-nous restés,
hier ?
- Tu m’avais raconté l’histoire de la création,
par Imhotep, de la pyramide à degrés de
l’Horus Djoser.
Tu m’as expliqué sa symbolique.
Tu m’as aussi parlé de sa statue, décrite
comme vivante !
Malgré sa belle barbe luisante dans le soleil,
j’aperçois son visage radieux.
– Bravo petit ! Je suis heureux de savoir que
ta mémoire toute neuve a bien gravé mon récit.
C’est bien, petit. C’est très bien !
J’ai du rougir. J’ai encore senti cette bouffée
chaude monter de ma poitrine pour inonder ma
figure. Le vieil homme a dû le voir. Il n’en dit
rien.
Il prend la parole et se met à me raconter.
– La pyramide à degrés a été suivie de
beaucoup d’autres. C’est ainsi que parmi les
principales il y a eu celle de Sekhemkhet qui
voulait surpasser en grandeur celle de Djoser,
mais il n’a pas eu le temps de la finir. Senekhet a
voulu ensuite faire une pyramide similaire à
celle de Djoser. Puis Khâba, un des derniers
Pharaons de la Troisième Dynastie, a construit
une petite pyramide. Enfin, il a fallu attendre
l’arrivée sur le trône du Pharaon Nebmaat, que
32 Max Affre


les Grecs ont traduit sous le nom de Snéfrou,
pour que commence ce que les hommes de
demain nommeront la Quatrième Dynastie.
Snéfrou a régné 24 cycles complets de lunes et
de soleils. Il a bâti trois pyramides. Une à
Meïdoum, cette région que nous connaissons
sous le nom de ‘Mery-Atoum’. Cette pyramide
était très pointue et s’appelle ‘La fausse Pyramide’.
En fait, elle avait été commencée par le
Pharaon Houni, son père, le dernier de la
Troisième Dynastie. Elle devait avoir huit
degrés. C’est la première à faces lisses grâce à
un parement extérieur qui recouvre sa structure.
A Dachour, Snéfrou a bâti les deux autres. La
‘Pyramide Rouge’ et la ‘Pyramide Rhomboïdale’ qui
doit son nom à sa forme. Sa silhouette ventrue
correspond à des modifications apportées au
cours de sa construction par l’architecte qui a
corrigé l’inclinaison de ses arêtes pour éviter
tout risques d’effondrements.
– Si j’ai bien compris, l’Ancien, c’est donc le
Pharaon Snéfrou qui a été le premier à bâtir une
pyramide lisse comme celles que nous voyons
ici sur le plateau ?
– Exactement, petit ! Ton esprit a bien
assimilé les évolutions de l’architecture des
principales pyramides. Il faut que tu saches,
qu’en plus de celles qui nous écrasent de leurs
splendeurs, il y en a eu plus de quatre-vingt de
construites sur la terre des Pharaons.
33Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

– Alors, je me demande pourquoi, après
Snéfrou, les autres Pharaons ont bâti sur ce
plateau, ces trois gigantesques pyramides…

– Parce que le Conseil des Sages, qui possède
désormais la parfaite maîtrise de la
construction, l’a décidé ainsi… Si tu le veux
bien nous allons en rester là pour aujourd’hui. Il
se fait tard et tu dois reposer ton esprit. Allez,
petit ! A te revoir et à demain, si tu le désires !
– Si je le désire ? Bien sûr que je le désire !
Dommage que je doive attendre demain pour
connaître la suite, parce que tu viens de me
parler du Conseil des Sages, et…
L’Ancien, comme par enchantement, a
disparu laissant mes dernières paroles en
suspension, en l’air.
Les a-t-il seulement entendues ?
Je suis un peu désolé de ne m’être pas aperçu
que le vieil homme était déjà parti.
Comme mû par un signal, voilà qu’Oupou
vient à mon devant, sa truffe pleine de sable, la
queue battant l’air, la langue bien pendante.
Il ne nous reste qu’à partir à la maison.


***
34 Max Affre



Nous arrivons en même temps que mon
père.
Il revient du Temple. Il est employé à la
fabrication des briques, qu’il met à sécher
pendant sept jours au soleil. Elles servent à la
construction des monuments, des Palais et des
Temples.
C’est un travail très pénible !
Un jour il m’a expliqué comment il les faisait.
C’est comme cela qu’il m’a détaillé comment il
s’y était pris pour la construction de notre
maison.
Les autres ouvriers du Temple l’appellent ‘Le
Maçon des Murs !’’
Ce soir, il a l’air joyeux. Sans un mot, il prend
son gobelet et sort rejoindre le voisin. Un peu
plus tard, il revient. Il a l’air content.
Ma mère a déjà tout préparé, nous nous
mettons à table.
D’habitude nous mangeons en silence.
Chacun voyage dans sa tête en suivant le fil de
35Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

son imagination ou en réfléchissant à ses
problèmes. Ma mère qui a dû remarquer la joie
mal dissimulée de mon père, lui dit :
– Tu as l’air content aujourd’hui… Les dieux
ont-ils été favorables avec toi ?
Mon père, un peu surpris la regarde
longuement. Avant de lui répondre, il finit de
mâcher son morceau de poulet :
– Oui ! Le Prêtre, chef du groupe des ‘Maçons
des Murs’, m’a félicité pour mon travail. Il m’a
dit qu’à partir de demain j’irai travailler comme
‘Maçon en Petit.’ Un ouvrier a été mordu par un
serpent, sa plaie est infectée. Il faut qu’il reste
chez lui.
– Père, je suis heureux pour toi, mais c’est
quoi un ‘Maçon en Petit ?’
Un peu surpris par ma question et le fait que
je l’apostrophe, il m’explique :
– Un ‘Maçon en Petit’, c’est un ouvrier qui
travaille sur un tour avec de l’argile. C’est un
Potier… quoi !
– Comment ça marche un tour ?
– Le Potier est assis, à l’ombre. Il active le
tour avec sa main gauche. Avec sa main droite,
il façonne un bloc d’argile pour lui donner la
forme que le Prêtre chef lui demande
d’exécuter. Le Potier, par exemple, fait des
assiettes, des cruches, des coupes, des pots et
des plats. Lorsqu’il a fini sa pièce, il la met à
sécher au soleil.
36 Max Affre


– C’est comme pour le séchage des briques,
alors ? Et puis, on peut alors s’en servir ?
– Pas encore ! Le temps de séchage ne peut
pas être pareil pour tous les objets. L’épaisseur,
d’une assiette et celle d’une brique, est
différente, donc le temps de durcissement de
chaque pièce ne peut pas être le même. Par
contre, lorsque la pièce est bien dure et sèche,
elle ne peut pas être utilisée. Il faut la
badigeonner d’un enduit et la mettre au four.
Cuit, l’objet est brillant et il est parfaitement
étanche.
– Je comprends maintenant pourquoi nos
assiettes sont grises et nos gobelets rouges !
Mon père me regarde en souriant et ajoute :
– Petit, la couleur d’un objet varie selon le
four où on le cuit. Si nos assiettes sont grises,
c’est parce qu’elles ont été cuites dans un four
entièrement fermé. Nos gobelets rouges ont été
cuits dans un four où est aménagée une arrivée
d’air. Tu as compris ?
– Oui, père, maintenant je sais et je t’en
remercie !
Mon père est satisfait, je ne sais pas si c’est le
fait que j’aie compris ou s’il est fier de son
enseignement, mais peu m’importe !
Ma mère est manifestement ravie de mon
père et sûrement d’un peu de moi.
Pendant qu’elle enlève les restes du repas,
mon père, après s’être lavé les mains, se saisit de
37Dans l'Égypte de l'Ancien Empire, la rencontre de
l'Ancien et du petit

son gobelet empli de bière et sort faire son petit
tour.
Ce soir, je suis fatigué !
Oupou n’a pas l’air plus tonique que moi.
Qui sait où il va roder pendant que je suis
avec l’Ancien ?
L’Ancien… Je l’avais oublié pendant que
mon père me parlait !
Tout en installant les nattes pour la nuit, mon
esprit rôde sur le plateau des géantes. Je revois
le visage du vieil homme. Sa douceur soulignée
par les sons de sa voix. Oui, je l’aime !

***
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