De la lexicologie a la stylistique : une aperception fondée sur le nouveau testament

De
Par les sciences du langage on peut aborder un texte comme la Bible. Dans la Bible la codification des figures permet de produire l'effet du réel. Aucune science du langage n'est biblique. Elles sont simplement liées à l'analyse des systèmes de signification; et produire du sens ou comprendre le sens nécessite en plus d'un ensemble d'actes logiques une mise en jeu des formes linguistiques. Les sciences du langage s'occupent des textes écris indifféremment de leurs conditions de production. Le domaine biblique est donc un champ possible pour l'analyse lexicologique, sémantique, stylistique etc. Par la diversité des formes discursives qu'il revêt, des problèmes particuliers qui s'y posent, il suscite un grand intérêt. Les sciences du langage nous permettent d'interpréter et d'organiser les informations fournies par le texte biblique qui, comme tout texte est un univers de sens. Par leurs outils et leurs méthodes, les sciences du langage aident à la construction du réseau des relations à partir du- quel le sens du Nouveau Testament que décodent les destinataires se construit. Il s'agit de voir comment avec les données des sciences du langage, un texte comme le Nouveau Testament produit du sens. Les données des modèles lexicologiques, sémantiques, stylistiques etc., sont des instruments que nous avons à notre disposition et qui nous permettent d'aller vers le texte, de l'observer et d'en faire ressortir ce qui le constitue. Nous pensons que les destinataires du Nouveau Testament peuvent mieux entrer dans le dispositif de la signification de ce texte par les procédures des sciences du langage. Bref les approches linguistiques du sens du Nouveau Testament sont bien possibles. Si nous retenons que la tâche de l'analyse stylistique est d'interpréter le choix que fait le locuteur dans tous les compartiments de la langue, dans le but de rendre sa communication plus efficace, nous sommes aussi d'accord avec Georges Molinié que « la marque stylistique la plus manifeste est d'ordre lexicale ». Ceci est d'autant plus vrai que le mot et la plus petite unité stylistique. Quelque soit le niveau du style : simple, familier, neutre, noble, soutenu, symbolique, tout part de l'unité de désignation qu'est le mot. Dés lors si l'on se pose la question de savoir quelle est la position de la stylistique par rapport aux autres disciplines de la linguistique, l'on se rend vite compte que la discipline avec laquelle le contact s'avère plus évident, plus naturel, plus nécessaire et plus indispensable est la lexicologie.
Publié le : vendredi 1 janvier 2016
Lecture(s) : 2
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782370155467
Nombre de pages : 619
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Extrait
Quelque soit la fonction assignée au langage : fonction d'expression de la pensée ou fonction de communication, celui-ci peut être considéré comme une aptitude, une disposition naturelle qu'a l'être humain pour essayer de se manifester à l'aide des signes vocaux, même « lorsque cette représentation symbolique de notre pensée, qui est le langage prend une forme plus délicatement expressive que de coutume [c'est-à-dire la forme littéraire] »1.
La linguistique devient à cet égard un instrument incontournable pour l'encodage et le décodage. Nous entendons par linguistique ici l'étude des unités constitutives de la langue. Ces unités constitutives sont des signes linguistiques qui servent à communiquer des informations sur la réalité et l'expérience humaine. C'est donc en fonction de cette expérience à communiquer que l'encodeur choisit les unités linguistiques, qu'il puise dans le stock du lexique que la langue met à sa disposition.
Mais qu'est-ce que le lexique d'une langue ? Si nous le définissons comme l'ensemble des mots qu'elle met à la disposition de ses locuteurs, ceci pose un problème, car cela suppose que le lexique est un ensemble fermé, bien déterminé, or nous savons que le lexique est un phénomène ouvert à l'espace et au temps, susceptible de modifications dues aux néologismes qui peuvent apparaître dans l'actualisation de la langue, à la création des mots nouveaux en relation avec le progrès de la technologie et de nouvelles sciences, etc.
En tout cas, les problèmes que pose le lexique d'une langue sont nombreux. Jacqueline Picoche dans son Précis de lexicologie française passe en revues les plus importantes de ces questions :
– Peut-on quantifier tous les mots d'une langue, si oui comment ?
– Quel pourcentage de ce nombre total de mots dispose un individu ?

– Quel type de rapport existe entre le lexique d'une langue et de l'univers ?
– Comment comprendre le rapport entre l'infini qu'est l'univers et le fini qu'est le lexique d'une langue ?
– Comment comprendre les notions universelles grâce auxquelles on peut traduire toute langue en n'importe quelle autre langue ?
– Comment expliquer les possibilités qu'ont les mots à s'associer entre eux sur le plan syntaxique, sémantique ?
– Qu'apporte un mot à ses divers contextes et vise versa ?
– Quel type de rapport existe-il entre le signifiant et le signifié à l'intérieur d'un mot ?
– Qu'est-ce qui diffère la polysémie de l'homonymie ?
– Que signifient l'antonymie et la synonymie ?
– Avec quels instruments définir un mot ?
– Avec d'autres mots ?
– Quelles réflexions peut-on faire à propos de l'évolution ou de la régression d'une langue ? Etc.
La lexicologie essaie d'apporter quelques éléments de réponse à ces problèmes que pose le lexique. Mais la lexicologie qui est l'étude scientifique d'une langue est elle-même à ses débuts. Son champ d'application en tant que science n'est pas facile à cerner, à cause de l'importance et de la complexité sémantique d'un mot - dénotation, connotation -. Douchet et Beauzée dans leur définition de la lexicologie stipulent que celle-ci « doit contenir sur l'objet que constituent les « mots », les « principes raisonnés communs à toutes les langues » et révélateurs de la raison parlante, du logos »2. Pour eux, la lexicologie relève du plan de l’expression, de ceux du contenu et de l’étymologie. Cette façon de concevoir la lexicologie, bien que s’appesantissant sur les considérations lexicales, n’aspire pas constituer un domaine scientifique spécifié.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

La République au village

de coedition-nena-presses-universitaires-de-yaounde

litterature africaine

de coedition-nena-presses-universitaires-de-yaounde

suivant