Exercices spirituels

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Recueil de méditations, concu dés 1522 lors de la conversion d'Ignace de Loyola et inlassablement repris jusqu'à sa mort. Elles sont divisées en semaines qui correspondent aux périodes de la vie du Christ et devaient être à l'âme ce que sont au corps les exercices physiques.
Publié le : mercredi 9 avril 2014
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EAN13 : 9782743627041
Nombre de pages : 187
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LesExercices spirituelsd’Ignace de Loyola ont paru en 1548, huit ans après la fondation de la Compa-gnie de Jésus, et sont depuis près de cinq siècles un des textes essentiels de la civilisation européenne. Se présentant sous forme de méditations à mener sous la direction d’un maître spirituel, ils doivent permettre à tout chrétien de se connaître soi-même, d’entrer dans le mystère de Dieu, et d’orienter sa vie. Cœur de la spiritualité jésuite, lesExercicesont déve-loppé à l’intérieur du christianisme une tradition d’as-cétisme pratique qui trouve ses origines lointaines dans la philosophie antique. La force de ce modèle spirituel a été telle qu’au-delà du domaine propre-ment religieux il a contribué, spécialement en France, à imposer l’idée que la culture est avant tout culture de soi, et, de Montaigne à Georges Bataille, que la littérature ne vaut que comme expérience intérieure. Ils sont présentés ici dans la traduction de l’abbé Denis-Xavier Clément, publiée pour la première fois en 1762.
Exercices spirituels
Collection dirigée par Lidia Breda
Ignace de Loyola
Exercices spirituels
Traduit du latin par DenisXavier Clément
Préface et notes de François Dupuigrenet Desroussilles
Rivages poche Petite Bibliothèque
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© 2014, Éditions Payot & Rivages pour la présente édition 106, boulevard Saint-Germain – 75006 Paris
ISBN : 978-2-7436-2781-2
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De lart de méditer à lexpérience intérieure
Qu’évoque pour nos contemporains le nom d’Ignace de Loyola ? On sait que le Basque Inigo Lopez de Loyola, devenu « Ignatius » depuis qu’il avait reçu le titre de maître es-arts de l’université de Paris en 1533, canonisé en 1622, est le fondateur de la Compagnie de Jésus, objet d’une légende, dorée ou noire, qui lui attribue une puissance considérable à la fois dans l’Église catholique et dans la société – qui ne se sou-vient de l’ancien mousquetaire Aramis devenu général des jésuites à la fin duVicomte de Bragelonne d’Alexandre Dumas et tirant les ficelles de la politique européenne sous Louis XIV ? L’élection en mai 2013 d’un pape jésuite, pour la première fois depuis la créa-tion de l’ordre, a réactivé la curiosité à l’endroit d’un texte aussi célèbre que mal connu, d’autant plus que le pape François manifeste souvent son attachement auxExercices spirituelsqu’il a prêchés à de nom-breuses reprises et dont la méditation inspire son 1 action. D’où viennent-ils ?
1. Voir par exemple l’Entretien du pape François avec les revues culturelles jésuites, « Études » (octobre 2013), p. 1-30, où il insiste sur l’importance de la notion ignacienne de « discernement » et sur
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Les Exercices et la Réforme catholique LesExercices spirituelstirent leur origine de l’expé-rience mystique d’Inigo Lopez de Loyola, telle qu’il l’éprouva dans la grotte de Manresa, près de Mont-serrat, entre mars 1522 et février 1523, après qu’une blessure reçue au siège de Pampelune, l’année précé-dente, l’ait amené à renoncer à la carrière des armes, suivie de vingt-cinq ans de pratiques ascétiques jusqu’à la première édition en latin, parue à Rome en 1548. La démarche d’Ignace, introspective et analytique, se fon-dait sur une expérience religieuse concrète, interprétée à la lumière du Christ, et les premiers exercices repré-sentaient la doctrine spirituelle d’un laïc catholique, ancien homme de cour et soldat, totalement dépourvu de formation théologique. Il est frappant de constater qu’ils ont été développés sans préoccupation aucune pour les bouleversements de la Réforme, pourtant exac-tement contemporains de leur élaboration. Leur titre complet « Exercices spirituels pour instruire l’homme à se vaincre soi-même et à régler chrétiennement sa vie en se déprenant de toute affection vicieuse » indique bien qu’Ignace les concevait comme une méthode de réforme personnelle, sans lien avec la Réforme de l’Église. Ce n’est que par la suite que l’on prit la mesure des conséquences majeures que ce traité spiri-tuel devait avoir sur la vie de la chrétienté. Au départ ils furent considérés comme un précieux témoignage
son admiration pour les jésuites français Henri de Lubac et Michel de Certeau, ainsi que le texte de la retraite prêchée en 2006 aux évêques espagnols, paru en France sous le titreAmour, service et humilité. LÉglise selon le cur du pape François, Paris, Magnificat, 2013.
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que l’auteur se proposait de partager avec tous ceux qui recherchaient les voies d’une renaissance spirituelle selon un programme simplement défini, en termes purement humains, comme comprenant trois éléments – la méditation pieuse, la « purgation » morale, le salut éternel –, tous trois transfigurés par la grâce de Jésus-Christ.
En tant que méthode spirituelle, les Exercices commencent par l’examen des relations entre Dieu, l’homme et la création. Au cours des quatre semaines de méditation qui suivent, l’exercitant prendra en considération le péché, la mort, le jugement et l’enfer, et contemplera les mystères de la vie du Christ, de son Incarnation à sa Résurrection jusqu’à uneContemplatio ad amoremfinale, résumée dans l’ardente prière : « Donne-moi ton amour et ta grâce, car c’est tout ce qu’il me faut. » Jour après jour, dans le silence de la réclusion, se succèdent méditations et contemplations, ponctuées de répétitions et de réflexions destinées à rendre plus claires et plus solides les grandes leçons qui ont été tirées. L’exercitant est comme saturé de prières. Sous la direction d’un maître de retraite habile, aussi versé en théologie ascétique qu’en Écriture sainte, il est conduit vers l’élection d’un état de vie. À la lumière des grandes vérités salvatrices de l’Évangile, il découvrira quelle est la volonté de Dieu, et l’ayant découverte comprendra que la loi divine est une loi d’amour. Les Exercices s’achèvent par une conversion personnelle qui se résume en un engagement personnel envers le Christ et son Église. La méditation ignacienne sur le Christ part d’une connaissance et d’un amour personnel, tout intérieur,
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pour le Sauveur. Le royaume du Christ est présenté parallèlement à celui d’un roi de la terre, choisi par le Seigneur, à qui tous les princes et les peuples doivent obéissance. Nul ne serait assez insensé pour ne pas répondre à l’appel de ce roi à combattre les infidèles. Il s’ensuit que le Christ étant plus grand que tous les rois de la terre, sa cause est plus noble que la leur. La réponse d’Ignace à l’appel du Christ est exprimée en termes qui rappellent la chevalerie et la majesté royale, mais surtout elle repose sur la conviction que le monde est bon, que l’homme est bon, que Dieu est bon. Chez Ignace il n’y a pas de place pour une eschatologie pessimiste fuyant le monde. Sa spiritualité est une mys-tique des créatures car « Dieu se trouve en toute chose ». Si l’homme est le « seigneur de la création », cela signifie que toutes choses de ce monde sont à sa disposition dans le seul but de louer Dieu et de le servir. Théocentrique, la doctrine spirituelle d’Ignace est avant tout christocentrique. La victoire du Christ doit être la mesure de toute entreprise humaine. Dans les circonstances de la lutte contre la Réforme protestante, Ignace offrait à l’Église catholique une spiritualité sys-tématique, enracinée dans l’humanisme et essentielle-ment pratique, tendue vers le réel, une spiritualité qui conduirait l’Église à la victoire à travers la nécessaire conversion personnelle de ses membres.
Exercices et tradition médiévale Quand la première édition, latine, desExercitia spi ritualiad’Ignace de Loyola fut publiée à Rome chez Antonio Blado en 1548, elle s’inscrivait dans un courant de publications, en latin et en langue vulgaire, qui,
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