Formation et ministère propre des catéchistes au Mai-Ndombe

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L'auteur voit la crise que traverse en ce moment l'Église africaine comme le résultat d'un catéchisme cérébral et notionnel déconnecté du vécu socioculturel. C'est aussi la vision de l'évêque MGR Jan Van Cauwelaert et de l'abbé Basile Mputu à qui l'on doit la construction d'un Institut de Pastorale Catéchétique pour la formation des agents pastoraux laïcs. La démarche ainsi proposée comporte en elle-même une exigence d'avenir : des nouvelles structures, des catéchistes toujours en activité ou en recyclage permanent.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336394237
Nombre de pages : 288
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JosephBELEPE

Formation et ministère
propre des catéchistes
au Mai-Ndombe

L’héritage de l’abbé Basile Mputu Nzemba

Eglises d’Afrique

Formation et ministère propre des catéchistes
au Mai-Ndombe

Joseph Belepe

Formation et ministère propre des catéchistes
au Mai-Ndombe

L’héritage de l’abbé Basile Mputu Nzemba

© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05681-4
EAN : 9782343056814

DEDICACE

A l’abbé Basile Mputu,
Atous lesassistants pastorauxqui nous ontprécédés dans l’Au-delà,
Paix à leurs âmes.

REMERCIEMENTS
Jetiens à remercier infinimentl’abbé Albert Kenkfuni pour nous
avoir encouragés tous à honorerd’une manière oud’une autre nos aînés
prêtres décédés.Comment ne pas nous en souvenir partantd’exemples
d’abnégation etde fidélité?
1
L’histoire estla mémoire d’un peuple.C’est cette quête existentielle
comme à rebours du temps sans cependant arrêter le temps.
J’exprimerai cette même gratitude à MgrAndré Mongo pour les
diverses suggestions et corrections apportées au manuscrit.
Je me sais redevable à plus d’untitre à Jérôme de Sentenac età
Dominique, son épouse pour le sacrifice consenti et le plaisir partagé
dans la révision du texte et de sa présentation. Le contexte particulier
de notre rencontre et celui de nos échanges ont contribué à en faire
plutôt une expression profonde etsincère de notre amitié. Qu’ils en
soient vivementremerciés dufond de mon cœur.

Je remercie égalementdetoutmon cœur leRévérend père Georges
Vandenbeusche pour avoir accepté de préfacer cet ouvrage et pour le
temps qu’il a dûconsacrer à la lecture età l’appréciation dumanuscrit.

Enfin, remercier restera toujours un devoir de délicatesse même à
distance. Que Son ExcellenceMgr Philippe Nkiere trouve dans ce
projetenfin réalisé l’expression distinguée de ma profonde gratitude.
Que «Ma Ndumba» Marie-JeanneMpembe soit de la mêmemanière
honorée pour sa contribution à la mise en pagede cetravail età l’envoi
par courriel des textes bruts.

« Last but not least », puissentl’abbé Hervé Nsele, la sœur
MarieJeanne Mboko etl’assistantpastoral Jacques-Louis Boke trouver
égalementici l’expression de masincère gratitude pour leur fructueuse
collaboration.

1
KI-ZERBOJ.,Histoire générale de l’Afrique.Vol.I,Méthodologie et préhistoire
africaine, Paris, Unesco, 1980, p. 23.
9

PREFACE

Au nom de beaucoup de lecteurs je tiens à remercier le pèreJoseph
Belepepour son ouvrage sur l’héritage de l’abbé Basile MputuNzemba.

Avec ma minuscule expérience de catéchèse et de formation de
catéchistes dans l’extrême Nord du Cameroun, je me suis aperçu des
talents, des trésors de créativité et de fidélité de tant de mes
prédécesseurs, dans cette petite région du Cameroun.

En cherchantà comprendre, j’ai bienvuque bien des régions
d’Afrique ontprofité du zèle etde l’intelligence pastorale de beaucoup
de leurs pasteurs. Mais malheureusementsouventc’estpar le
témoignage de catéchistes, des sœurs, des confrères que l’on approche
ce foisonnementpastoral, sans autre ressource que leur parole. C’est
pour cela que je suis redevable au pèreBelepe de ce travail, nous avons
besoin de recevoir cestémoignages de l’histoirevivante de l’Eglise.
Commentavancer sans savoir d’oùl’onvient?

Certains penseront que ce travail est nécessaire uniquementpour les
diocèses duCongo etd’Afrique. Ils ont tort. Aujourd’hui notre monde
tourne si vite que les intuitions catéchétiques duMai-Ndombe hier,
peuvent nous nourrir ici et maintenant.

C’estcomme cela que j’ai lucetouvrage. Bien sûr aussi, parce que
mon expérience de catéchèse en pays Mafa (NordCameroun) a
renouvelé ma compréhension de la transmission de la foi, et cela
compte dans mon ministère de prêtre en France. L’importance, en
particulier, de la prise en charge évangélique de la culture dans laquelle
l’on baigne.

J’espère que cetravail en appellera d’autres, pour que nous puissions
découvrir comment en des lieux et des pays si divers la transmission de
l’Evangile s’est vécue, car cela sera sans douteune belle source
d’inspiration pour notre Eglise.

PèreGeorges Vandenbeusch
Diocèse de Nanterre / Ile
deFrance.

1

1

SIGLES ET ABREVIATIONS

AAS :ActaApostolicae Sedis
AG: Ad Gentes (Décretsur l’Activité missionnaire de l’Eglise)
CENCO :ConférenceEpiscopale Nationale desEvêques duCongo
CEZ :Conférence épiscopale du Zaïre (Ancienne dénomination)
CICM :Congregatio ImmaculataeCordis Mariae (Pères de Scheut)
DV :Dei Verbum (Constitution dogmatique sur la Révélation divine)
EN :Evangelii Nuntiandi (Exhortation apostolique)
EIA:Ecclesia inAfrica (Exhortation apostolique)
ISSR : Institut Supérieur des Sciences Religieuses
KA: Kizito-Anuarite (Groupe apostolique des enfants en âge de raison)
LG: Lumen Gentium (Constitution dogmatique sur l’Eglise)
RDC: RépubliqueDémocratique duCongo
RH : Redemptor Hominis (Exhortation apostolique)
RM : Redemptoris Missio (Exhortation apostolique)
SC: SacrosanctumConcilium (Constitution sur la Sainte Liturgie)

1

3

I.

INTRODUCTION GENERALE

Bref aperçu historique et actualité du sujet

L’engagementdes catéchistesdans l’annonce etl’enracinementde
la foi enAfrique est un fait indéniablement attesté dans les annales de
2 3
la Mission .Beaucoup d’écrits aujourd’hui ne cessentde rendreun
vibrant hommage à cette générationinégalée des auxiliaires d’apostolat
au niveau local, pour leur zèle et leur dévouement sans mesure.

Figures émergeantes des communautés nouvellement converties au
christianisme, les catéchistes enAfrique ont accompli un ministère
4
irremplaçableessentiellementbasé sur l’encadrement, la croissance et
l’affermissement des débutants.

Recrutés par les missionnaires eux-mêmes et formés à cette tâche
sans grand besoin de technicité, ceux-ci se sont montrés comme étant à
la fois le maillon indispensable et la plaque tournante de la dynamique
missionnairede l’EgliseenAfrique.

5
Les catéchistes sont à piedd’œuvre au«cœur de l’Afrique». Ils
encadrent et initient à la vie chrétienne des enfants et des catéchumènes
6
adultes .Eux-mêmes sont modèles pour leurs communautés restreintes.
Dans ce contexted’initiation, ils devraient davantage ainsi exercer leur

2
Actesde la VIe assemblée plénière de l’EpiscopatduCongo, (20 Novembre-2
Décembre),Congo-Léopoldville,Edition: Secrétariatgénéral de l’Episcopat, 1961,
p. 202-203.
3
Ibidem, p. 244; AG, 17 ;Cf. MATENKADIFINIFINIA.,Lescatéchistes, aucœur
desEglisesd’Afrique.A la lumière du canon 785 du Code de 1983, Kinshasa,Editions
Le Sénevé, 1998, p. 134 ; MOERSCHBACHER M.,Les laïcs dans uneEglise
d’Afrique.L’œuvre duCardinal Malula (1917-1989), Paris, Karthala, 2012, p.
240242 ;KUMBU KI KUMBIE., « LeCatéchiste-Agentde l’Evangélisation: Un
nouveau ministère laïc ? », in MALOLOF. et alii,Pour une institution des laïcs dans
l’Eglise.AfricainsetEuropéensenquête derenouveauconciliaire, Paris, Le
Harmattan, 2004, p. 215-240.
4
Directoire général pour laCatéchèse, 156.
5
Cf. MATENKADIFINIFINIA.,Op.Cit.,p. 130.
6
Actes de la VIe assemblée plénière de l’EpiscopatduCongo…,p. 203 et 316.
15

ministère pastoral à contre-courant des certaines coutumes et croyances
7
traditionnelles irréductibles à la nouvelle religion chrétienne.

Pratiques fétichistes, magie et sorcellerie, polygamie, prostitution,
danses obscènes, guerres intertribales, croyances animistes et culte des
esprits, voilà donc le sommaire des mœurs païennes réprimées par le
christianisme en pays de mission.

La conversion des populations entières était souvent obtenue au prix
de cette pastorale de répression. Mais rien cependant ne justifiait la
politique de la «tabula rasa».

Car les africains avaient par ailleurs beaucoup de considérations
pour les unions monogamiques fondées sur la fidélité des époux et la
procréation ; certaines autres valeurs comme l’hospitalité etla solidarité
claniques, l’accueil inconditionnel des étrangers, de laveuve etde
l’orphelin ainsi que le respectdes morts étaientdes principes sacrés.

Il en était de même pour certaines de leurs croyances : la croyance
àl’Etre suprême, lavénération des ancêtresau «cœur droit», une
visionunitaire dumonde d’ici-bas etde l’au-delà, le sens sacré de toute
vie humaine, même après la mort.

Sans une connaissance approfondie des us et coutumes africaines,
on se livrait assez facilement à des condamnations abusives et à faire
de l’amalgame.

Il a fallu ainsi tout aux côtés des missionnaires pionniers, des
catéchistes bien insérés dans leurs milieuxd’origineconnaissant plus
ou moins bien les us et coutumes locales et capables par conséquent, de
servir des relais à l’entreprise missionnaire.

Bien plus, les catéchistes ont joué, quant à eux, un rôle de premier
plan à la fois comme guides éclaireurs et interprètes du missionnaire
itinérant partout où ils devraient se rendre. Leur familiarité et leur

7
L’un des aspects positifs durenouveaucatéchétique actuel, c’estcette prise en
compte de la dimension sociale de la foi. La foi est parfois aux prises avec des cultures
nouvelles et de leurs ambiguïtés.Cf.Directoire général de laCatéchèse…, 20.
16

proximité avec les réalités de la base avaient un impact psychologique
sur les destinataires de l’annonce évangélique.

L’évangélisation pritdans ce contexte particulier l’aspectd’unvrai
processus permanentde découverte, d’échange et de dialogue avec
8
l’autre etsans cesse, de quête de l’autre etde son identité foncière.
C’estpeuà peuque l’évangélisation sortitainsi d’un schéma préconçu
9
et des certains préjugés défavorables.

C’estde cette manièreen effet que les missionnaires s’adonnèrent
sans plus tarder àl’étude des coutumes locales. Ils ressentirenten
euxmêmes la nécessitéet le bien-fondéd’une approche critique de chaque
peuple et des caractéristiques propres à chaque milieu.Ceci dut
influencer par ailleurs la traduction du catéchisme latin en langues
vernaculaires, et même la liturgie et le cérémonial latin en une langue
compréhensible par le peuple.

Des méthodes d’évangélisationont étéégalement révisées. On prit
ses distances avec le catéchisme notionnel, le catéchisme
«questionréponse» étant donné que les africains sont plus réceptifs avec des
exemples concrets, des contes et épopées légendaires, des maximes
ancestrales et des tournures proverbiales tirés du patrimoine culturel
africain.

Le contenu et le schéma fixiste des énoncés de foi furent davantage
exprimés sous une formulation plus existentielle et narrative, en se
servant des images et des symboles plus prégnants dans la culture
locale.

8
«L’autre estceluiqui me manque pour que jesoismoi.Il m’achève etme guéritde
ma finitude.L’autre estceluiqui me faitcommunieràDieulorsqu’avec lui je
m’efforce derencontrerle projetduPère.Il m’estenvoyé autant que je luisuis
envoyé.La mission c’estd’habiterchezlui pouraccompliravec luiun mandatdivin
qui nousfaitpartenairesdifférentsmaiségauxdans uneœuvre commune» ;Cf.
LEFEBVREP., «L’Autre dans latradition missionnaire récente », inSpiritus168
(2002), p. 341.
9
Lire KAMANA, «L’Afrique chrétienne à l’heure de la mondialisation. Repenser les
orientations de la mission », inSpiritus166 (2002), p. 11-26.
17

Ces diverses pratiques rénovatrices avaient déjà trouvé un écho
e
favorable à la VIAssemblée plénière de l’épiscopat duCongo et dès la
10
convocation duConcile Vatican II.

10 e
La VIAssemblée plénière des Evêques s’estdéroulée à la foisdans une atmosphère
de troubles politiques au niveau national maisaussi dansun contexte d’espoiret des
attentes suscitées par la convocation d’un Concile œcuménique par le Pape Jean
XXIII.Un indice de ce climatde préparation etd’anticipation duConcile Vatican II,
e
c’estla requête formulée par la VIAssemblée pour la canonisation des Martyrs
d’Ouganda. On peutretenir durantcette préparation duConcile deuxpoints:
- Lesréactions des africains au moment de la convocation duConcile
- Les«vota» desEglises d’Afrique notammentcelle duCongo en réponse à
la pré-consultation duCardinal Tardini
Pour cette digression dans notretravail, nous n’allons pastrop entrer dans les détails.
Nous nous référons néanmoins nous-mêmeà l’étude fouillée etdocumentée de l’abbé
BwidiAlfred ; de même que nous y renvoyons aussi tout lecteur intéressé (Cf.BWIDI
KITAMBALA A.,LesEvêques d’Afrique et leConcile Vatican II. Participation,
contribution etapplication jusqu’au Synode desEvêques de 1994, Paris, Le
Harmattan, 2010).
1° Les réactions des africains au moment de la convocation duConcile
De même que c’estconnudans l’histoire de l’Eglise que Jean XXIII fut un «Pape de
la transition», à cause de son âge avancé, de même aussi furent surprenantes la
convocationetl’ouverture sous son pontificatduConcile Vatican II. Concile qu’il
convoqua mais qu’il n’a puclôturer lui-même.
Pour l’Eglise duCongo en particulier, le Concile étaitarrivé comme à pointnommé.
C’étaitle premier Concile auquel devraientparticiper des jeunes Eglises d’Afrique
qui n’avaientà peineque quelquesannées d’existence etdontla Hiérarchie était à
peine établie. L’Afriquevoulaitsaisir cetévènementhistorique commeun momentde
grâce ; un moment idéal pour vivre la catholicité réelle.C’estcetoptimisme etcet
espoir que reflètent les quelques réactions des africains telles que reprises ici dans
notre propos.
Du côté des prélats duCongo, deux réactions ont retenu notre attention :
Mgr Bakole, évêque émérite de l’archidiocèse de Kanaga et ancien vice-recteur de
l’université Lovanium (Université de Kinshasa) : «L’Afrique, qui prend peuà peusa
place dans le concertdes nations, qu’il lui permette de découvrirégalementsa place
et sa vocation propre ausein de l’Eglise universelle.Une place qui lui permette de
mettre àterme l’ère desmissionsétrangèrespourouvrircelle de l’Eglise africaine
(…).L’Afrique attend spécialement unerevalorisation de l’épiscopat, non pas
tellement l’épiscopat individuel, mais de l’épiscopat collégial,sur le plan régional,
national et continental.Cette autorité collégiale de l’épiscopat devraitêtre
concrétisée dans des institutions.Les adaptations ultérieures de la pastorale aux
réalités africaines en seraient grandement facilitées» (BWIDI,Op.Cit., p. 63).
Mgr VanCauwelaert, évêque émérite duDiocèse d’Inongo: «Nous attendons du
Concile de directives courageuses pour un renouveau de la liturgie.Toutes les
cérémonies du culte doivent être une expression de la communion de toute la
communauté des croyants avec leChrist.Dans ce but, les directives doivent être
simples, claires, populaires.Rien ne doit, dans le culte, engendrer une séparation
18

Ainsi il fut vivement recommandé aux Ordinaires de créer dans
leurs diocèses respectifs ou au niveau régional des instituts de formation
11
etd’encadrement.des catéchistes

A cetégard, l’expérience particulière duDiocèse d’Inongo pourrait
bien nous servircommeunvrai cas d’école.

La formation catéchétique futl’une des préoccupations majeures du
premier évêque d’Inongo, MgrJan VanCauwelaert.Des sessions de
formation des catéchistes organisées déjà à cette époque dans certaines

entre le prêtre, qui préside au nom du Christ, et le peuple fidèle. Tout doit pouvoir
êtrecompris.Alorsil ne sera pas difficile de donnerà l’enseignement de la foi sa
pleine signification d’annonce du salut dans le Christ. L’isolement du clergé sera
définitivement brisé et le peuple retrouvera, dans laHiérarchie qui dirige, le mystère
duChrist, tête duCorpsMystique, par lequel tout le corps, soutenu par les
articulations et les muscles, croîtjusqu’à la maturité divine (Cf.Col. 2,7)»,Lire Van
CAUWELAERTJ., « VaticanumII: le Concile de l’Unité», inEglise etMission
(1962), p. 4.
Dans la rubriquedes attentes etespoirs suscités par latenue d’un Concileuniversel,
nousterminons par cette intervention hors duCongo, de l’archevêque de Yaoundé,
Mgr Zoa : «La formation du laïcat, voilà mon souci majeur…L’Afrique est en
mutation…Que leConcile nous aide à trouver une pastorale adaptée au monde
moderne etaccueillante aux valeurs africaines. L’Afrique sent sonretard, elle se
presse de lerattraper.Si nous ne sommes pas aidés, l’Afriquerisque de chercherson
progrès en dehors deJésus-Christ» (BWIDI,Op.Cit., p. 63).
Ces prises de parole individuelles ont été relayées, explicitées ou complétées par les
consultations organisées à l’échelle planétaire par la commission ducardinal Tardini.
Nous relevons globalement les « vota» (vœuxousouhaits) de l’épiscopatafricain.
2° Les «vota» des Eglises d’Afrique
Un des points intéressants pour les nations africaines devenues indépendantes, c’est
la demande formulée par l’Episcopatpour que le DroitCanon soitrévisé etadapté à
la situation de jeunesEglises d’Afrique. Les évêques ont demandé que soient
renforcés les facultés et les pouvoirs desEvêques résidentiels pour éviter trop des
recours à Rome.Dans la ligne des réformes, lesEvêques africains ont souhaité par
ailleurs l’introduction etl’usagedes langues vernaculaires dans la liturgie pour la
conversion des peuples et de leur culture.Dans la rubrique des requêtes pastorales, les
Evêques formentlesvœuxdevoir s’ériger des institutsuniversitaires de formation
d’un laïcatqui soitcapable de contribuer à l’implantation solide de l’Eglise età
l’enracinementde l’Evangile dans la culture africaine etdans l’économie moderne.
La requête de canonisation des Martyrs d’Ouganda est untémoignage éloquentet un
appel universel à la sainteté qui ne concernerait pas seulement le Pape, lesEvêques,
les prêtres etles religieuxmais l’ensemble dupeuple de Dieu.
11
AG, 17.
19

paroisses sont la preuve sans conteste de son soucietde l’urgence d’une
12
évangélisation en profondeur.

D’autres initiatives plus stimulantes etmieuxadaptées au contexte
culturelafricainvontcompléter son agenda pastoral pour l’avènement
d’une Eglise locale solidement enracinée dans la foi et dans la culture
africaine.

Dans cette nouvelle dynamique missionnaire, on ne peut passer sous
silence le contexte historique particulier du Mai-Ndombe.Contexte que
nous pouvons considérer avec le recul du temps comme étant la
«Mission» avant les missions.

Fermé en effet à toute action évangélisatrice jusqu’à l’année 1907
et au commercejusqu’en 1910,toute larégion du Mai-Ndombe avait
13
subiles affres de l’exploitation du «Domaine de la Couronne». Il
s’agissaitbien d’un régime deterreur etdetyranniegénéralisée qui
avait réussi à rendre obligatoire par la force et par toute sorte de
14
représailles, la récolte quotidienne du caoutchouc de liane et du copal.
15
Des mesures sévères étaientprises à l’encont.re des récalcitrants

Le ravage économique et écologique provoqué dans cette contrée
par cette administration sans cœur ni foi eut pour conséquence le
dépeuplementprogressif de la région etl’exode massif de la population
16
loin des zones infectées par cette politique de spoliation.

12
Cf. MONSENGWO L. et MPOTOB.,Mgr Jan Van Cauwelaert Pasteur et
visionnaire,Bruxelles,CEPESS, 1999, p. 89-95 ; lire aussi VanCAUWELAERTJ.,
Rapport synthétique des réponses au questionnaire de la P.F(PropagandaFide)sur
lescatéchistes, Rome, 1970, 42 p.Du même auteur, « Notes sur les catéchistes en
Afrique, enAsie et enOcéanie », inEuntes6 (1973), p. 434-447.
13
Cf.De SAINT MOULIN L., « Objectifs de la Mission du Kwango et esquisse de
l’itinéraire missionnaire de la compagnie de Jésus auCongo», inDe SAINT
MOULIN L. et MUYEMBEO.,Un siècle d’évangélisation du Bandundu, Bilan et
perspectives, Kinshasa-Cepas, 2005, p. 18.
14
Le «Domaine de laCouronne »était déclarée une terre domaniale, vacante et
propriété exclusive duRoi. D’où, l’impôten nature imposée auxhabitants.
15
Cf. VANGROENWEHE D.,Du sang sur les lianes.LéopoldIIet sonCongo,
Bruxelles,Didier Hatier, 1986, p. 97-119.
16
Voici un extrait de la correspondance du P. Van Hencxthoven à son confrère :
«Après tout, pourquoi les indigènes ne pourraient-ils pas tirer profit des richesses de
leur pays ?Pourquoi les condamner à rester éternellement esclaves ?Si, durant votre
séjour enBelgique, vous pouviez trouver les moyens de constituer, entre nos aînés, un
20

C’estplus précisémentà Wombali que beaucoup d’autochtones du
lactrouvèrentrefuge etdurents’inscrire non sans empressementau
catéchisme de Wombali.Ce qui était un exil forcé se transforma en une
pérégrination spirituelle, en quête du baptêmeetenvue d’une libération
plus en profondeur.

Les autochtones du Mai-Ndombe s’installèrent dans le village de
Wombali, tels des pèlerins venus de partout et de nulle part. Oubliant
leur milieud’origine etmoins affables d’horribles souvenirs dupassé,
ces derniers impressionnèrent pourtant les missionnaires jésuites basés
17
à Wombali par leur enthousiasme et leur ferveur.

Les premières vocations sacerdotales et religieuses du nouveau
18
Vicariat du Kwango sortirent étonnamment de ce petit reste.Cette
nouvelle pentecôte des nations fit des rescapés du Mai-Ndombe les
premierstémoins dans l’annonce de la Bonne Nouvelleau
MaiNdombe, unefois renvoyés dans leurs milieuxd’origine.

C’estde cette manière que le catéchisme de Wombali s’est
providentiellement répandu au Mai-Ndombe bien avantl’arrivée des
19
missionnairesC.I.C.M .C’estbienlàl’un desrares casoùl’on ne voit

petit syndicat de commerce etd’industrie,vous auriez renduà la mission un immense
service…Je suis de plus en plus indigné à la vue de ce qui se passe. Chaque année,
la Belgique tire des millions dece pays ; quelle part est employée au relèvement des
indigènes ?Je vous en prie, cherPère, prenez en main les intérêts des pauvres noirs,
que l’on dépouille d’abord de leurs terres et de leurs biens, et à qui l’on vient dire:
Maintenant, payez-moi des impôts !Rendez-moi possible la création d’un syndicat
entre noirs, et je mourrai content»,Cf. VAN HENCXTHOVENE., « Lettre au Père
Cus du 11 avril 1905 », in LAVEILLE E.,L’Evangile au cœurde l’Afrique,
LouvainBruxelles, 1926, p. 376.
17
Le Supérieur de Wombali, Charles Lauwers entreprit unvoyage jusqu’à Inongo
pourvisiter la région et voir commentouvrirun poste sur place. L’administration
soupçonna vite cette visite inquisitoire.JacquesMpiaBekina note que celle-ci avait
craint la présence des jésuites «trop regardants» pour ce qui s’ypassait. Cf.BEKINA
MPIAJ.,L’Evangélisation du Mai-Ndombe auCongo-Kinshasa.Histoire, difficultés
présentes et inculturation, Paris, L’Harmattan, Collection «Etudes africaines », 2010,
p. 20.
18
L’Abbé ClémentNgonga, la Sœur Lwata…, etc. Cf. MUKOSO N’GIEBIR,«Sœur
Lwata, maman des « sans mamans », inTelema21(Janvier-mars 1980), p. 5-14.
19
Voici les premières impressions du Supérieur de Wombali sur le dévouement
missionnaire des populations venues du lac : «Ces gens travaillent mieux que la
21

pasl’entreprise missionnaire comme venue sous la bannière coloniale
20
etdirectementassociée à l’i. Nousdéologie civilisatrice occidentale
avons nettementl’impression d’êtreplutôt en présence de deux réalités
distinctes avec des objectifs tout aussi différents.

D’un côté, leDrapeau colonial oul’emblème d’un nationalisme
triomphantetdominantsur des pauvres indigènes etde l’autre, la Croix
missionnaire, symbole de la radicalité d’unDieu crucifié pour la cause
21
des exploités et des marginalisés.

C’està ce niveau que devient plus éclairant le lien historiquement
22
nécessaire que beaucoupd’auteursétablissent plutôt entre la Mission
évangélisatriceetl’Incarnation rédemptrice duVerbe. L’Incarnation est
l’attestation historique fondamentale que Dieu s’est rendu présent
23
désormais «au cœur» des réalités du monde etde l’histoire humaine.
Il n’estplusuniquementleDieu transcendant la condition humaine, «
24
omniscient», «tout-puissant» et inaccessible.

MgrJosephDoré nous fait remarquerque la foi en l’Incarnation
implique aucontraire qu’«on est obligé de professer et d'élaborer une
conception deDieu suivant laquelle il se manifeste proprement comme
Dieu, non dans l'extrême distance, mais dans l'extrême proximité par
rapport à l'homme et à son monde.C'est dans le partage de la

population qui nous entoure et leur activité a certainement relevé le niveau de
l’activité générale duposte», cf.De SAINT MOULIN L., « Objectifs de la Mission
du Kwango et esquisse del’itinéraire missionnaire de la compagnie de Jésus auCongo
»…, p. 18
20
D’après Shorter Aylward., la Mission quelque fois suivaitl’expansionnisme
colonial occidental, cf. SHORTERA.,Cross andFlag inAfrica.The « White
Fathers » during theColonial Scramble (1892-1914), Maryknoll, New York, Orbis
Books, 2006, p. 24 : « However, in the missionary expansion that took place within
the colonies after annexation, the cross frequently followed, or accompanied, the
flag ».
21
Les missionnaires scheutistestoutcomme les jésuites belges n’ontpasvouludès le
départs’associer à l’œuvre duRoi Léopold II qu’ils estimaient truffée detrop
d’ambiguïté etde profitpersonnel. Les missions n’ontpuque difficilementdifféncier
l’œuvre de l’évangélisationdes ambiguïtés de la «situation coloniale» ;Cf.
BONTICKF., « La 2e évangélisation du Zaïre », inTelema22 (1980), p. 39.
22
De nombreuses études missiologiques reviennentsur le propos de ce qu’estla
« Mission». C’estl’auto-communication deDieu par Lui-même et en Lui-même.
23
Cf.DOREJ., «Incarnation-Mission-Ministères », inSpiritus129 (1992), p. 471.
24
Ibidem, p. 471.
22

corporalité de l'homme qu'il fait la preuve de sa spiritualité, dans la
soumission aux faiblesses humaines qu'il fait éclater sa puissance,dans
l'assomption du péché du monde qu'il fait montre de sa sainteté et
témoigne son amour, dans le passage par la mort humaine qu'il s'avère
25
puissance de vie impérissable»., etc...

II.

Délimitation du sujet et objectif principal

Le Diocèse d’Inongo correspond à la circonscriptionterritoriale
dénomméeDistrict du Mai-Ndombe qui couvre une étendue de 128.000
Km². Il fait frontière au nordavec l’Archidiocèse de
MbandakaBikorol’es; àt, avec le Diocèse d’Idiofa, de Kole et de Kikwit ; au
sudest avec leDiocèse de Kenge ; et enfin au sud-ouest, avec
l’Archidiocèse de Kinshasa.

LeDiocèse d’Inongo estnon seulementaucarrefour des chemins,
mais il est aussi une mosaïque de différents peuples avec, en toile de
fond, leur diversité culturelle. Une situation qui rend du coup difficile
et particulièrement complexe une évangélisation en profondeur.

Bordé de multiples rivières et confluents se déversant dans le grand
lac Mai-Ndombe oudrainantleurs eauxjusqu’aufleuve Congo, le
Diocèse d’Inongo offrepar ailleurs un paysage inouï et diversifié
s’étalantsur d’épaisses forêts etdes savanes impressionnantes, au sud
de la zone équatoriale.

26
Le lac Mai-Ndombe lui-même, est un lac de type résiduel. Il est
très peu profond, ayant une altitude moyenne de 320 m au-dessus du
27
niveau de la mer ; et couvrant 2.325 Km² de superficie totale.

De par l’intitulé de cette recherche, «Formation et ministère propre
des catéchistes au Mai-Ndombe. L’héritage de l’abbé Basile Mputu»,
nous nous situonspar rapportà notre domaine d’action qui n’estrien
d’autre que la Mission de l’Eglise auMai-Ndombe.Cette mission n’est
pointneutre. Ellevise latransformation radicale de l’homme dans sa
culture, dans ses croyances et plus radicalement dans ses aspirations.

25
Ibidem, p. 472.
26
VANDENABEELEM. et VANDENPUT R.,Les Principales Cultures du Congo
Belge,ClarenceDenis,Bruxelles, 1956, 3è édition, p. 17.
27
Ibidem, p. 17.
23

Nous savons d’expérience que le Mai-Ndombe, malgré la mosaïque
des tribus et des cultures qui le forme, tend à devenir un grand village,
une nation unifiée et un seul peuple.

Nous avons ainsi faithommage àtantd’efforts entrepris depuis
l’époque des missionnaires pour que le Mai-Ndombe
soitl’EgliseFamille de Dieu. Même auniveaupolitique, l’aspiration à l’unité est
une donnée de base parce quela tendance actuelle observée chez la
plupart de nos représentants politiques, c’estde revenir au«Grand
28
Mai-Ndombe».Cette entité territoriale qui comprenait autrefois
l’actuel Districtduplateau, sans oublier le reste des territoires du
District du Mai-Ndombe actuellement (Kutu, Kiri, Inongo et Oshwe).

Nous voudrions quant à
d’investigation, préciserque
formation des catéchistes au

nous, après avoir délimité notre champ
notre réflexion porte essentiellement sur la
Mai-Ndombe.

Lorsque nous parlons descatéchistes, on ne peuts’empêcher devoir
directement le travail apostoliqueremarquable qu’ils accomplissent
dans les différents villages sans routes carrossables, enclavés et très
souvent éloignés de grands artères.Bref, nous voudrions mieux mettre
en relief leur rôle et leur propre implication pour la survie de ces
communautés retranchées. Nous y reviendrons donc.

Et comme dit un proverbe africain, «la sauce à base d’huile de
palme est bien succulentemais ceci n’est point uneraison pouroublier
le coupeur des noix de palme». C’estbien lui le héros à admirer etdont
on se doitde féliciter puisqu’il montetoujours plus haut, à ses risques
et périls,pour couper le régime des noix de palme.

Cet homme, dans le contexte de notre recherche actuelle, c’est
l’abbé Basile Mputuqui nous a quittésvoilà plus de10 ans passés mais
dontl’engagementremarquabledans la formation des catéchistes
marquera longtemps encorenos esprits. Pour nous, c’estplus qu’un
simple souvenir.

28
LeDistrict du Lac Léopold II a été créé par arrêté royal, le 17 juillet 1885. Il a été
ensuite scindé en deux districts, celui des Plateaux et celui du Mai-Ndombe.
24

1

.

Un devoir de mémoire

En Afrique noire, d’éminentes personnalités nous apprennentque
lorsqu’unvieillard meurt, c’est touteune bibliothèque qui brûleet un
musée réduit en cendre.

L’abbé Basile nous a laissédans le domaine de sa spécialité un
héritage sans précédent. Sa méthodologie catéchétique et sa pédagogie
pastorale ne sont plus à prouver.

Il a contribué énormément par ses cours de pastorale et de catéchèse
au grand séminaire à Mayidi, à SaintJean XXIII à Kinshasa et à Saint
Cyprien dans leBandundu, à former les séminaristes à la dimension
essentiellement catéchétique de la mission de l’Eglise.

Pour cette même raison, nous sommes en effetredevables à plus d’un
titreà l’abbé AlbertKenkfuni qui, dansun opuscule sur l’abbé Ignace
29
Ngazain ,avait lancé un vibrant appel à tous les confrères prêtres du
Diocèse d’Inongo, pour qu’un chacun se mette à écrire sur l’un ou
l’autre de nos aînés prêtres décédés, pour letravail gigantesque qu’ils
ont abattu durant leur ministère.

La plupart de nos aînés prêtres et selon la politique prônée par Mgr
Jan VanCauwelaert,s’étaientspécialisés dansune branche d’étude en
30
Anthropologie, enLiturgie, en Philologie ou en Théologie.

Un proverbeEkonda dit : «Bosopi bolo, baïna b’ingamb’îkala».
Littéralement, «Le ver de terre qui se déplace, creuse un sillon derrière
lui. Tel est le chemintracé oul’orientation devie suivie parles
Anciens».En d’autrestermes, nos aînés ne nous quittent jamais sans
testament ou sans une recommandation pour les générations futures.

29
KENKFUNIA.,En hommage à l’Abbé Ignace Ngazain Zone.Biographie,
entretiens et témoignages, Kinshasa,Editions Kérygme RDC,Coll. «
Souvenezvous », 2013.
30
Sciences bibliques, Théologie dogmatique, Théologie morale,Catéchèse,
Sociologie, Anthropologie, Philologie classique, liturgie, sciences de l’éducation…,
etc. Une planification des études qui indiquait très tôt déjàla ligne d’orientation à
suivre pour préparer l’avenir pastoral duDiocèse d’Inongo. Cf. MONSENGWO L. et
MPOTOB.,Op.Cit., p. 125.
25

Les sociologues et les anthropologues parlent de la Tradition
ancestrale ou de la «Mos maiorum». C’estle socle de l’histoire d’un
peuple; le pilier des normes d’une culture qui demeure pour ainsi dire
inchangé d’une génération à une autre.

C’estla raison pour laquelle, en Afrique, à côté des coutumes
ancestrales établies depuis la nuit des temps, lesAnciens avaient
comme anticipé l’histoire en laissantauxgénérations àvenir des
repères, sous forme des maximes («nsaï»), des contes et des légendes.

Cette «mémoire collective» est un des moyens de préserver son
passé,de l’entreteniret de le rendre vivant pour les générations futures.
31
Toutefois elle n’estguère«rationnelle» pour la simple raison que la
mémoire demeure cette faculté qu’a l’homme de sélectionner parmi les
faits vécus ceux qui seraient importants ou supposés comme tels.

C’est toutà faitnormal que la mémoire parfois oublie oucarrément
32
rejette .«L’histoire, par contre, comme le souligneJoëlMolinario,
ordonne, recycle les rebuts et les restitue à la conscience qui devient
33
historique».Toutefois Joël Molinario poursuiten disantqu’à
l’épreuve de certains faits, «cette position de principe ne résiste
34
pas…». « La distinction entre la tradition orale de la mémoire et
35
l’écriture historienne ne saurait être accentuée».La mémoire aussi
36
« participe decette histoire avantl’histoire».

37
Cette mémoire collective, «spontanée» n’estpas dénuée de raison.
Elle ne s’efface pas.Elle porte en elle «l’épaisseurdu temps»et de la
38 39
« durée».Elle se dit «au présent».

31
MOLINARIOJ.,Joseph Colomb et l’affaire duCatéchisme progressif. Un tournant
pour la catéchèse,Paris,Desclée deBrouwer, Coll. « Théologie à l’Université »,
2010, p. 30.
32
Ibidem,p. 30.
33
Ibidem,p. 30.
34
Ibidem, p. 30.
35
Ibidem, p. 31.
36
Ibidem, p. 31.
37
Ibidem, p. 29.
38
Ibidem, p. 30.
39
Ibidem, p 30.
26

L’appel pathétique de l’abbé AlbertKenkfuni n’estpas qu’une
démarche historique au sens nostalgique du terme. Il nous faudrait
plutôt le considérer comme un appel qui pousse au questionnement de
l’histoire età raviver le souvenir d’une manière critique.

L’histoire sera encore à rappeler non seulementdans ce que nous
savons de mémoire ou par certains témoignages écrits mais aussi dans
ce qui demeure encore inédit ou à redire. Cetappel de l’abbé Kenkfuni
qui consiste à revisiter notre passé est une invitation à sortir notre
histoire du registre de la pure oralitépour passer àun acte d’écriture
critique.

2.

La Formation permanente des catéchistes

Le tout dernier motif qui a inspiré notre démarche, ce n’estrien
d’autre quelanécessité d’uneformation permanente des catéchistes
dans le contexte socio-culturel actuel du Mai-Ndombe.

Pour les étudiants, futurs agents pastorauxauDiocèse d’Inongo,la
formation reçue durant un cycle complet de trois ans à Inongo est
appelée à se parachever au niveau du contact des réalités quotidiennes
de la vie au Mai-Ndombe.C’estbien là qu’ils sontpionniers d’une
évangélisation nouvelle.C’estcette forme d’annonce qui faitcause
commune avec le sort des opprimés et des déshérités en même temps
qu’elle estappelée àtranscender cetteseule dimension historique pour
ouvrir l’homme à sa finalité dernière. L’Eglise faitaujourd’hui de
l’expérience quotidienne de lavie des africains le lieud’accueil de la
Bonne Nouvelle et également un lieu de synergie et de créativité pour
40
une humanité nouvelle.

Un tel objectif nous
monde négro-africain
est un microcosme qui

fait clairement voir lacomplexité d’approchedu
dansses inconciliables dimensions. L’individu
appartient à la fois au monde visible et invisible.

40
L’Eglise catholique enAfrique est en majorité composée des personnes baptisées
dans l’enfance mais qui, pour la plupartd’entre eux, n’ontpointrenoncé à ce que leur
prescritd’autre part la coutume. Ils vivent cependant leur foi moins en conformité
avec les normes de l’Evangile qu’en référencetoujours des normestraditionnelles.
C’està euxqu’une ré-évangélisation est non seulement nécessaire mais exigée par la
nature même de la vocation baptismale.
27

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