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Albert REYHenri Reymond (1737-1820)
Avec la collaboration de Jacques Rogé et Gilles-Marie Moreauévêque constitutionnel de l’Isère (1793-1802),
évêque concordataire de Dijon (1802-1820)
Dauphinois né à Vienne en 1737, Henri Reymond est d’abord élève au collège
des Jésuites et à l’Université de Valence. Professeur de philosophie, puis curé de Henri Reymond (1737-1820)
Saint-Georges à Vienne, il est un ardent défenseur du bas-clergé, auteur d’un
livre sur les droits des curés qui connaît un grand retentissement. Il présente évêque constitutionnel de l’Isère (1793-1802),en 1789 un programme de réforme de l’Eglise. Elu évêque constitutionnel de
l’Isère à la fn de 1792, il s’eforce de pourvoir au service des paroisses jusqu’à évêque concordataire de Dijon (1802-1820)
son incarcération pendant la Terreur.
Libéré après treize mois de prison, il se dépense pendant six années pour
tenter de faire revivre une Eglise à bout de soufe, divisée en deux camps. Ses
priorités sont la formation doctrinale, la régénération du culte, le combat pour
l’unité (qu’il conçoit à sa manière), le mouvement synodal, tant à l’échelon
diocésain que national. Lors du séjour de Pie VI à Grenoble en 1799, il tente
sans succès de rencontrer le Pape.
En 1801, la condition posée par Bonaparte, et acceptée par Pie VII, en
vue du Concordat, est la démission de tous les évêques, constitutionnels ou
non. Reymond accepte de démissionner, sans renoncer à ses idées gallicanes.
Nommé évêque de Dijon, il est intronisé en juin 1802 et s’attelle aussitôt à la
reconstruction du diocèse : expliquant ses projets, visitant tous les cantons,
consultant largement en vue des nominations, s’eforçant d’éradiquer les
germes de discorde. De nombreux documents témoignent de son zèle
catéchétique, de son talent oratoire, de son admiration sans bornes pour
le génie de Napoléon (ce qui lui vaudra quelques ennuis au moment de la
Restauration). Son souci des pauvres transparaît dans son enseignement
comme dans sa vie personnelle. Il meurt à Dijon le 20 février 1820.
Albert Rey, né en 1923, est prêtre du diocèse de Grenoble depuis
1948. Il a été professeur au Grand Séminaire, puis au Centre
Téologique de Meylan (CTM), avocat à l’Ofcialité Régionale
de Lyon, et délégué diocésain pour les communautés religieuses.
Il a publié en 1998 Du Séminaire au Centre Téologique :
300 ans d’histoire, et déposé aux Archives diocésaines et à la
bibliothèque du CTM plusieurs dossiers d’histoire locale, notamment L’Eglise de
Préface de Mgr Guy de KerimelGrenoble dans la Révolution (abrégé de l’étude d’Aimée-Marie de Franclieu), et
évêque de Grenoble et VienneItinéraire d’un Chartreux : dom Valéry Rey (1842-1906).
Postface de Mgr Roland MinnerathCouverture : Anonyme français, Portrait de Mgr Henry Reymond, inv 2126-6. Photo François Jay.
© Musée des Beaux-Arts de Dijon. archevêque de Dijon
ISBN : 978-2-343-05088-1
24,50 euros
RELIGIONS-ET-SPIRITUALITE_PF_REY_HENRI-REYMOND.indd 1 24/11/14 14:38
Albert REY
Henri Reymond (1737-1820)Henri Reymond Religions et Spiritualité
fondée par Richard Moreau,
Professeur émérite à l'Université de Paris XII
dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse,
Professeur émérite à l'Université de Louvain

La collection Religions et Spiritualité rassemble divers types
d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions
fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes
inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus.
La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue
inter-religieux.

Dernières parutions

Gérard LEROY, A la rencontre des pères de l’église, L’extraordinaire
histoire des quatre premiers siècles chrétiens, 2014.
Martine DIGARD, Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu, 2014.
Véronique GAY-CROSIER LEMAIRE, Plongée dans l’enseignement
social de l’Église, 2014.
Francis LAPIERRE, L’évangile oublié. Nouvelle édition revue et
corrigée, 2014.
François ORFEUIL, Approches de la bible. Un orthodoxe lit des
textes, 2014.
Francis WEILL, Le jour où Dieu pleurera, Conte philosophique sur
l’absence de Dieu, 2014.
Sameer MAROKI, Les trois étapes de la vie spirituelle chez les Pères
syriaques : Jean le Solitaire, Isaac de Ninive et Joseph Hazzaya,
2014.
Don-Jean BELAMBO, La réception de la théorie de l’évolution dans
ela théologie catholique du XX siècle, 2014.
Anne-Claire MOREAU, Peuples, guerres, et religions dans
l’Amérique du Nord coloniale, 2014.
Francis WEILL, Dictionnaire alphabétique des versets des douze
derniers prophètes (2 vol.), 2014.
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2014.
Ataa DENKHA, L’imaginaire du paradis et le monde de l’au-delà
dans le christianisme et dans l’islam, 2014.
Frère Etienne GOUTAGNY, La manne du désert : petit dictionnaire
des noms communs bibliques à la lumière des Pères du désert, 2014.
Michel SALA, YHWH ou l’économie du sang : une lecture
girardienne de l’Exode biblique, 2014. Albert REY
avec la collaboration
de Jacques Rogé et Gilles-Marie Moreau
Henri Reymond (1737-1820)
évêque constitutionnel de l’Isère (1793-1802),
évêque concordataire de Dijon (1802-1820)
Préface de Mgr Guy de Kerimel
évêque de Grenoble et Vienne
Postface de Mgr Roland Minnerath
archevêque de Dijon









































© L'HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05088-1
EAN : 9782343050881 Préface
En mettant à disposition du public les documents, rassemblés
dans cet ouvrage, concernant Mgr Henri Reymond, évêque
constitutionnel de l’Isère puis évêque concordataire de Dijon, le
Père Albert Rey et Monsieur Gilles-Marie Moreau font connaître
une forte personnalité qui a œuvré à sa manière pour adapter
l’Eglise Catholique en France à un changement profond de société,
à la fin de l’Ancien Régime. Nous avons ici des documents de
première main qui éclairent l’histoire troublée de l’Eglise durant la
tourmente révolutionnaire et l’amorce de sa pacification au tout
début du XIXème siècle avec l’instauration du concordat de 1802.
Le jeune abbé Reymond, prêtre de l’archidiocèse de Vienne
supprimé à la Révolution, s’est très vite fait des ennemis, comme il
l’écrit lui-même, par les procès qu’il a intentés pour faire valoir ses
droits à disposer des moyens matériels nécessaires à ses besoins et
à l’exercice de son ministère. De même, particulièrement sensible à
l’injustice que générait le système des bénéfices, qui concentraient
les ressources de l’Eglise aux mains de privilégiés dont une bonne
partie n’assumait pas la charge du ministère, il a pris la défense du
bas clergé réduit à la « portion congrue », c’est-à-dire la plupart
des curés nommés par les bénéficiaires pour exercer le ministère,
qui ne recevaient qu’un très modeste traitement. Il est vite repéré
comme un chef de file du bas clergé.
Autant dire que l’annonce de la convocation des Etats Généraux
et les assemblées préparatoires qui en ont précédé la réunion l’ont
trouvé enthousiaste et engagé, et le font rêver d’une réforme en
profondeur de l’Eglise. L’Assemblée Constituante opère très vite
des modifications importantes dans l’organisation de l’Eglise en
1France (appelée souvent, à l’époque, l’Eglise Gallicane ),
supprimant des diocèses, des offices ecclésiastiques, changeant les

1 Il ne faut pas la confondre avec l’actuelle Eglise Gallicane, qui n’est pas en
communion avec Rome.
5modes de nominations des évêques et des curés, désormais élus.
Henri Reymond adhère tout de suite à la Constitution civile du
clergé promulguée durant l’été 1790. Il s’oppose à son ancien
archevêque et à l’évêque démis de Grenoble pour défendre le
bienfait de cette Constitution. Dans ces écrits pour contrer les
condamnations de la Constitution civile du clergé tant de la part
des évêques démis que de la part du Pape Pie VI, Henri Reymond
se montre habile et rusé, instillant le doute sur l’authenticité de ces
condamnations. Sa réfutation de la lettre pastorale de Mgr d’Aviau,
archevêque démis de Vienne, pour le Carême 1791, sera diffusée
dans toute la France.
Après la mort du premier évêque constitutionnel de l’Isère, il
est élu évêque de l’Isère et s’emploie immédiatement, sans succès,
à se faire reconnaître du Pape. Ce point est à noter : l’Eglise en
France, fortement marquée par le gallicanisme, veut défendre ses
libertés et une certaine autonomie vis-à-vis de Rome, tout en
reconnaissant le Pape comme successeur de Saint Pierre et Chef
suprême de l’Eglise ; c’est de lui que les évêques devaient recevoir
l’institution canonique. L’Eglise Gallicane, c’est-à-dire l’Eglise
catholique en France, ne veut pas de la rupture avec Rome. Henri
Reymond cherchera toujours à entrer en contact avec le Pape,
particulièrement lorsque celui-ci, prisonnier du Directoire, passera
à Grenoble, avant de mourir à Valence.
Cependant, un schisme de fait s’instaure, le Pape refusant de
reconnaître les évêques constitutionnels ; et au sein même de
l’Eglise en France, une séparation s’opère et la division s’installe
entre les prêtres jureurs, qui ont prêté serment, et les prêtres
réfractaires refusant la Constitution civile du clergé et ne
reconnaissant que les évêques d’avant la Révolution. Les fidèles
eux-mêmes sont partagés.
Dans ce contexte, Mgr Reymond se met à la tâche de la
réorganisation de ce nouveau diocèse de l’Isère et à exercer son
ministère de pasteur, prêchant, écrivant, organisant. Moins d’un an
plus tard, il est dénoncé et emprisonné ; c’est la période de la
Terreur, durant laquelle il faillit être conduit à l’échafaud. Libéré
après la mort de Robespierre, il reprend son ministère, soucieux de
l’éducation dans la foi de ses diocésains et de la réorganisation du
culte, après l’épisode du culte de la Raison : les troubles de ces
années n’ont pas permis de catéchiser correctement les jeunes
6générations, de nombreuses paroisses se sont trouvées sans prêtres,
et en conséquence, les fidèles ont été privés des sacrements.
L’évêque est prêt à se déplacer sur le terrain pour catéchiser et
préparer aux sacrements. Mgr Reymond cherche aussi la
pacification de l’Eglise en France, divisée par le schisme, en
dénonçant l’erreur des évêques démis et des prêtres réfractaires ; il
souhaite convaincre les réfractaires de leur fausse route. Dans toute
son action pastorale, il se veut toujours fidèle à l’Evangile et au
pouvoir établi.
Le concordat négocié entre Bonaparte et Pie VII amènera la
pacification de l’Eglise en France. Signé le 15 juillet et ratifié par
Pie VII le 15 août 1801, il entre en vigueur le jour de Pâques,
18 avril 1802. Avant cela, tous les évêques, ceux démis par la
Révolution et les constitutionnels, sont invités à donner leur
démission. Henri Reymond s’exécute le 12 octobre 1801. Le
9 avril 1802, il est nommé évêque de Dijon et prend possession de
son siège le 6 juin suivant. Il y accomplit une vraie œuvre de
pasteur et de pacificateur.
Il sera toujours un fervent défenseur du pouvoir en place, et
particulièrement de Napoléon, dont il soutiendra toutes les
initiatives ; ce qui peut nous paraître de la versatilité de sa part, lors
de la Restauration, puis des Cent-Jours, puis du retour de
Louis XVIII, ne remet pas en cause sa ligne de conduite : fidélité à
l’Evangile, qui reste toujours première, et fidélité au pouvoir établi,
voulu par Dieu.
Cependant, après l’épisode des Cent-Jours, il sera mis à l’écart
de son diocèse pendant un an, placé sous surveillance à Paris, sans
en connaître vraiment la cause.
La lecture de ces pages donne un éclairage sur une personnalité
controversée, aspirant à des réformes légitimes, rêvant d’une Eglise
plus évangélique, plus proche des premières communautés
chrétiennes, faisant preuve de certaines initiatives courageuses et
d’autres plus audacieuses et discutables, toujours soucieuse
d’accomplir sa tâche pastorale. Elle éclaire aussi sur la manière
dont l’Eglise traverse des crises et doit s’adapter à des temps
nouveaux.
Le Père Albert Rey a souhaité évoquer en parallèle du schisme
de 1791 deux autres schismes plus récents qui sont plus lents à
7résorber que celui de la Révolution Française : la division de
l’Eglise en Chine et le schisme de Mgr Marcel Lefebvre.
Ce dernier est lié au Concile Vatican II et donc au travail de
l’Esprit Saint et des Pères conciliaires pour adapter l’Eglise aux
temps nouveaux qui s’annonçaient, et qui peuvent être caractérisés
schématiquement comme la sortie de chrétienté. De ce point de
vue, on pourrait rapprocher la crise de l’Eglise dans la Révolution
Française, de la crise de l’Eglise dans la crise de société en France
(mai 1968, ses prémices et ses conséquences) : comment l’Eglise
s’adapte aux temps nouveaux, à travers les vicissitudes de
l’histoire, dans la fidélité à l’Evangile et au Christ son Chef et son
Pasteur, en communion avec le successeur de Pierre ?
Merci au Père Albert Rey pour le soin qu’il a, depuis des
années, de rassembler et de conserver des documents précieux pour
l’histoire. Merci à Monsieur Gilles-Marie Moreau pour son intérêt
pour les trésors contenus dans les archives et son souci de les faire
connaître.
† Guy de Kerimel
Evêque de Grenoble-Vienne
8Liminaire
Ce livre est le fruit d’une découverte fortuite et d’une double
collaboration. Il y a quelques années, un ami prêtre qui s’intéresse
à l’histoire me communiqua une liasse de documents trouvés dans
le grenier d’un presbytère du diocèse. Il s’agissait de l’édition
originale, imprimée à Grenoble en 1797, des V UH WW /H UDOHV SDVW
d’Henri Reymond, évêque constitutionnel de l’Isère pendant la
Révolution. J’achevais alors l’inventaire des documents légués au
Séminaire par Aimée-Marie de Franclieu et la rédaction d’un
abrégé des trois tomes de son étude sur OD RQ FXWL HUVp XVH JLH OL UH
GDQV OH QW UW HPHGpSD GH VqUH O? . Or cette étude, publiée
il y a un siècle et précieuse pour la documentation qu’elle fournit,
ne s’intéresse guère à l’Eglise constitutionnelle et se montre sévère
à son égard. Il m’a donc semblé utile de la prolonger à partir des
écrits de cet évêque qui a de fait gouverné le diocèse pendant près
de dix ans. D’autres informations ont pu être recueillies aux
Archives départementales ou diocésaines, ainsi qu’à la
Bibliothèque Municipale de Grenoble.
Restait à découvrir la partie dijonnaise de ce ministère épiscopal
peu banal : Mgr Reymond est en effet l’un de ces évêques, qui,
ayant donné leur démission à la demande de Pie VII, ont été
nommés à un autre évêché (en l’occurrence Dijon) à la suite du
Concordat de 1801. Une démarche auprès de l’archiviste de ce
diocèse eut un effet inattendu, au-delà de toute espérance. Non
seulement une abondante documentation, soigneusement classée,
fut mise à ma disposition, mais une amicale collaboration
s’instaura avec M. Jacques Rogé, à qui je tiens à rendre hommage.
Réalisé il y a quelques années, ce travail n’était pas, tout
d’abord, destiné à la publication. Il ne prétend pas être une
véritable biographie, ce qui aurait demandé d’élargir la recherche,
tant sur l’Eglise constitutionnelle que sur l’Eglise concordataire ou
sur le contexte historique. Il est une mise en ordre de documents,
reliés entre eux et le plus souvent introduits ou commentés. Tel
9
,SRquel, il permet cependant de se faire une idée assez précise de la
personnalité d’Henri Reymond et de son action pastorale. Sa forte
personnalité se manifeste déjà alors qu’il est curé à Vienne et qu’il
prend la défense des curés. Elle apparaît plus encore dans la
polémique qu’il soutient avec Mgr d’Aviau, puis avec Mgr Dulau.
Quant à son action pastorale, elle se déploie dans des circonstances
particulièrement difficiles à Grenoble comme à Dijon, avec une
priorité pour la catéchèse, le souci des pauvres, un désir de justice.
On peut certes s’interroger sur sa participation au schisme
constitutionnel, sur sa sévérité vis-à-vis des prêtres réfractaires, sur
son refus de toute rétractation au moment de sa nomination à
Dijon. Ce serait l’objet d’une autre étude, pour laquelle beaucoup
d’autres données seraient à prendre en considération.
Malgré ses limites, ce dossier a paru apporter suffisamment
d’éléments à l’histoire de notre diocèse pour appeler une
publication. C’est pourquoi j’ai accepté la proposition que m’a
faite M. Gilles-Marie Moreau au nom des éditions de l’Harmattan.
Je le remercie vivement pour son importante contribution à la
réalisation de cet ouvrage.
Albert Rey
101
Le curé de Saint-Georges de Vienne
(1770 – 1792)
Un mémoire autobiographique
Pour évoquer la période viennoise de la vie d’Henri Reymond,
commençons par la première partie du mémoire autobiographique
rédigé par l’intéressé lui-même en 1816. Ce document, publié dans
une H QLTX &KUR HXVH HOLJL en 1820, a été écrit par Mgr Reymond,
devenu évêque de Dijon, alors qu’il était assigné à résidence à
Paris après la chute de Napoléon, en raison de ses sympathies
affichées pour l’Empereur. Ne sachant pas exactement les motifs
de cette mesure, et soucieux de se faire connaître des personnes qui
auraient à s’occuper de son affaire, il se décida alors à rédiger un
mémoire justificatif de toute sa conduite, soit avant, soit après la
Révolution. Ce document, même s’il revêt la forme d’un plaidoyer
, est intéressant, non seulement pour les informations
qu’il contient sur le parcours du futur évêque, mais plus encore
pour ce qu’il révèle de son caractère, de ses préoccupations et de
son influence dans le clergé à la veille de la Révolution. On le fera
suivre de quelques réflexions, inspirées par la confrontation avec
d’autres sources, et de divers compléments concernant la période
viennoise du futur évêque constitutionnel de l’Isère.
Le texte reproduit ici ne contient pas l’introduction, qui
explique les motifs de cet écrit, et que l’on trouvera reproduite au
chapitre 12. On y a ajouté des sous-titres, pour en faciliter la
lecture.

1 Bibliothèque Municipale de Grenoble, cote E 23495, tome IV, pp. 364-394.
Egalement consultable aux Archives diocésaines de Grenoble, cote RT 218
(photocopie). Il ne faut pas confondre cette , publiée à Paris,
avec la &KURQ'LR LT FqVH'LMR G LHXVH OL HUH , qui fut créée en 1865.
11
JGQXUQHX
UH LHXVH OLJ &KURH LTX
GRPR SUR(Etudes, nominations, procès)
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2 Sic. Cette date de naissance figure également sur son acte de décès dans les
registres d’état-civil de Dijon. En réalité, son acte de baptême à la paroisse
SaintMartin de Vienne indique qu’Henry Reymond naquit le 16 novembre 1737, et fut
baptisé le lendemain 17 novembre (la date, quoique raturée, est bien lisible). Il
était le fils de Paul Reymond, , et de Marie Reymet.
Cf. Archives départementales de l’Isère, cote 9NUM2/AC544/5. (G.-M. Moreau)
3 D QWXY DV GDQV QLSL Q TXHEOSX XUSR XQ
MD Vp LVWHV
4 Il s’agit de la paroisse Saint-Georges, dépendance de l’abbaye Saint-Pierre de
Vienne. Contiguë à l’église abbatiale, l’église Saint-Georges, elle-même un ancien
oratoire mérovingien, a été désaffectée à la Révolution. Cf. Reynaud
(JeanFrançois) : .
, vol. n° 72 (1977), pp. 44-69. Voir aussi Pelletier
(André) : . Editions
Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Lyon, 2012. (G.-M. Moreau)
5 L’abbaye Saint-Pierre avait été sécularisée en 1616, et ses moines étaient alors
devenus chanoines. Le 8 juin 1768, le prêtre Antoine Rochette avait été mis en
possession de la paroisse Saint-Georges, mais deux compétiteurs gradués se
présentèrent, dont Henri Reymond. Un premier procès devant le vibailli tourna à
l’avantage de Rochette, mais la sentence fut cassée en appel par le Parlement de
Grenoble le 18 septembre 1769, cette fois au profit de Reymond. Cf. Cavard
(chanoine Pierre) : GH/?6DLLHQW . Blanchard frères, Vienne, 1982.
(G.M. Moreau)
12
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(Deux écrits qui font du bruit)
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Vous vous êtes toujours arrêté où le
doute commence, il n’y a rien de répréhensible, absolument rien ; mais n’espérez
pas, ajouta-t-il, d’obtenir l’approbation des censeurs, à cause de la partie du
temporel qui touche de trop près le clergé décimateur.
14
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(Une requête des curés)
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L’EGLISE SAINT-PIERRE DE VIENNE.
Cliché G.-M. Moreau.
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15
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(Député à Paris)
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7
« M. Reymond, curé de Vienne,
s’étant mis à la tête des curés du Dauphiné » !
16
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W(La confiance de l’archevêque)
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Oui, Monseigneur, OXL MH VSRQGLUp , si elle était toute composée
d’évêques, et d’évêques qui vous ressemblassent… Mais les
nombreux députés du second ordre, tous décimateurs ! Mais
l’intérêt personnel dont tous les hommes en général sont toujours
fort occupés ! Mais l’inutilité des démarches faites ainsi par les
curés de Provence ! mais le vœu de tous mes commettants, l’avis
des avocats de Paris dont je n’ai pu m’écarter, etc.
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(Un problème canonique)
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QFH SUpVH XQ H G? Q YrTX QFLH GDQV Q DWLR UV RQYH Nous
appelions votre premier ouvrage, intitulé LW'UR V FXUpV W V
, le livre bleu
FRXYH LHU SDS GH WH FRXOHXU , vous y enseignez que les
vicaires n’avaient pas besoin, pour être placés dans les paroisses,
d’être approuvés par les évêques. Je n’ai jamais enseigné cela,
MH LVUpSRQG vous avez dû lire dans cet ouvrage, dont j’ai encore
un exemplaire, qu’il appartenait aux curés, d’après les canonistes,
de choisir les vicaires, et aux évêques de les approuver ; que le curé
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/Hayant fait son choix, l’évêque pouvait refuser de l’approuver ;
qu’en ce cas, le curé devait en faire un nouveau, et qu’il n’était pas
à présumer, comme le dit d’Héricourt, que l’évêque refusât
constamment son approbation. $ OD LQ GH OD Q WLR UVD HW
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(L’assemblée de Romans)
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