Hommage à une mère

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En découvrant ce texte écrit pour la Lettre aux Amis de La Roche d’Or 2012, nous avons tous été profondément touchés de la force de ce témoignage de Françoise Porte sur les derniers moments vécus avec Hélène, sa maman.

Qui de nous n’a été imprégné de la beauté-bonté de cette relation d’une mère avec sa fille et d’une fille avec sa mère ? Inoubliables instants où la tendresse du ciel rejoint celle de la terre...

Réconfort profond, force d’espérance, voilà ce que beaucoup ont reçu à la lecture de ce cri du cœur, écrit dans un jaillissement de reconnaissance.
Publié le : mardi 1 mai 2012
Lecture(s) : 5
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782913390485
Nombre de pages : 64
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Extrait

Nous sommes le 18 avril, il est 5 heures 20 du matin et, de mon balcon où j’ai littéralement été attirée, j’ai vu à l’ouest un coucher de lune, les joues à peine rosies par la clarté du soleil se levant à l’est. J’avais mon appareil de photos à la main mais, à peine m’étais-je entendue m’exclamer « Oh ! », que déjà la lune toute ronde s’effaçait dans le ciel à peine bleuté… Je la devinais dans le lointain. Malgré mon regard fixé à l’endroit de la très douce apparition, celle-ci avait tout naturellement et avec beaucoup d’élégance disparu de ma vue. J’avais beau fixer l’endroit, je ne la voyais plus. Mon bras me tombait le long du corps. Je venais de comprendre que l’on ne peut saisir, capter « le mystère », c’est lui qui s’empare de vous, et vous conduit. Mes yeux voilés de larmes étrangement sereines, se sont laissés glisser lentement vers l’est et ont découvert une ligne rouge à l’horizon, caressant la surface d’une mer dont les vagues légères venaient s’asseoir noblement sur le sable.


Cet instant restera ineffaçablement lié au moment bouleversant de la « disparition » de ma mère que, le 13 mars dernier, j’ai vue « s’enfoncer » dans le ciel, avec la même discrète élégance dépouillée que cette lune rose, s’évanouissant dans les nuées encore laiteuses et pourtant d’une transparence inouïe. Comme pour souligner ce que je viens d’écrire, deux tourterelles se sont posées sur le bord de mon balcon quelques secondes et, de la même manière que la lune, se sont envolées dans l’espace. Cela me marque profondément ! J’ajoute, car je crois nécessaire de le préciser, que je n’aime guère le romantisme et ne suis nullement adepte des croyances en la réincarnation.

Ce que je viens de voir clairement, c’est, simplement, qu’il n’y a aucune ligne de démarcation entre la terre et le ciel, seuls les non-dualistes, les « voyants-Dieu dans le réel » (comme Florin Callerand aimait à le souligner) pourraient saisir la portée mystique de cet humble vécu matinal.
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