Introduction à la théologie kimbanguiste

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Aujourd’hui, tout kimbanguiste comprend qu’il y a débordement, vide doctrinal dans les prédications, dans la célébration sacramentelle car il y a manque d'unité du kimbanguisme idéologique. En ce XXIèmesiècle, le kimbanguisme se présente encore comme un tout confus sans spécificité, avec une tête ignorée substantielle, avec des membres monstrueux et un tronc vide. Il se présente comme un mouvement sans objectif.
Cet ouvrage crée une brèche importante et réaliste pour la précision, la détermination et la structuration. C'est un travail de régulation. Le souci de l'auteur est de montrer à l’opinion que la théologie kimbanguiste ne se constitue pas en marge mais qu'elle est une suite logique, une spécificité de la théologie chrétienne, qu'il pense incomplète.


Publié le : lundi 26 octobre 2015
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EAN13 : 9782332962898
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ISBN numérique : 978-2-332-96287-4

 

© Edilivre, 2015

Préface

Cet ouvrage qui n’est qu’introduction à une science très sensible vient intervenir quand l’église veut porter à la connaissance du monde la nature de Simon Kimbangu, l’initiateur d’un courant chrétien qui apparaît aux yeux du monde comme novateur, comme initiateur d’une ère nouvelle dans l’histoire mondiale. Vu l’universalité du kimbanguisme, il s’agit bien d’une théologie kimbanguiste que nous voulons étudier et non d’une théologie des kimbanguistes qui s’avérerait contradictoire au message de 1921. A cause de son message, ce Simon Kimbangu fut arrêté et condamné à vie par le pouvoir colonial belge avec la complicité des missionnaires catholiques et protestants.

Si Simon Kimbangu a prêché l’évangile au même titre que les missionnaires, une question serait alors la bienvenue : pourquoi l’ont-ils arrêté ? Et pourtant il utilisait la bible comme livre de base de ses enseignements. En sa qualité de catéchiste protestant il avait, sans nul doute, la maîtrise des écritures qu’il a associée aux actes de puissance, il a fait un retour aux premières ères du christianisme pour enfin créer une science nouvelle au XXe siècle en éclaircissant certains points doctrinaux jusqu’alors obscurs : la doctrine de la trinité, la doctrine du Saint-Esprit, la chute de Satan, le péché originel, le paradis, le séjour des morts, le royaume des cieux, l’enlèvement, la fin des temps, le jugement dernier… Il a rappelé le temps de Jésus-Christ et les débuts du christianisme. Son message contient de la théologie que cet ouvrage entreprend de ressortir.

La théologie kimbanguiste contient dans le catéchisme « Biuvu ye Mvutu » et « Ntezi a ntangu » conçu par sa grandeur Dialungana Kiangani Salomon Paul alors deuxième chef spirituel adjoint et publié en 1958 à Nkamba, dans les principes et méthodes élaborés au concile de Matadi Mayo et publiés en 1958 à Nkamba, dans les discours de son éminence Diangienda Kuntima Joseph alors chef spirituel, dans les témoignages des sacrificateurs et apôtres de Simon Kimbangu et enfin dans les cantiques kimbanguistes qui sont directement captés par leurs auteurs, tout étant bibliques. Ce sont tous ces messages que l’auteur de cet ouvrage a systématisés en rapport avec les écritures saintes, avec la tradition biblique et apostolique et avec les sept conciles œcuméniques pour constituer le chantier d’une éventuelle théologie kimbanguiste et d’une nouvelle science théologique qui naîtrait de l’étude du discours de ce Simon Kimbangu et celle sur ce Simon Kimbangu.

Ce chantier théologique en quête de logique formelle pour la foi qui est certes précurseur, vaut de la peine pour non seulement la scientificité du kimbanguisme mais aussi pour son universalité puisque ce message (de Simon Kimbangu) se veut une civilisation de nouvelle ère en fortification du christianisme. Les experts de tous abords y sont en effet invités volontiers pour la réussite de ce pari.

Rév. Bienvenüe KAMBONAKO N’KUMPISA

Avant-propos

Avant toute chose, nous voulons rappeler les lecteurs que l’église kimbanguiste est une communauté chrétienne pentecôtiste, prophétique et évangélique avec une histoire impressionnante du salut. Elle parait comme un terrain propice sur lequel peut se prévoir réaliser toutes les promesses divines énoncées dans la bible.

Bien que traitant directement de l’introduction à la théologie kimbanguiste ce livre est une réponse à la question de la troisième personne de la trinité. Ce travail que nous réalisons ne pourra devenir une introduction à la théologie s’il est mené à la fois selon les sources et principes généraux théologiques classiques, s’il est appuyé d’une approche épistémologique de théologie positive et si celle-ci suit le cours normal de la théologie comparée. Alors elle sera kimbanguiste si on adjoint l’expérience humaine et spirituelle des kimbanguistes, les cantiques autopistiques typiquement kimbanguistes, et le tout devra être mené sans que cette théologie soit réduite à une simple expression d’église locale.

Autrement dit, pour que ce travail soit réellement théologique l’on devra se baser sur des sources matérielles, documentaires et formelles de la théologie, sur des principes théologiques et sur des méthodes appropriées en théologie. Il faut que cette théologie s’exprime à travers les théologies traditionnelles et que la comparaison avec d’autres théologies soit compatible et honnête. Car pour qu’un enseignement devienne une théologie scientifique, il devra utiliser les données de théologie classique et celles de théologie comparée pour étudier les faits théologiques de façon à en déduire des dogmes. Un enseignement est donc théologique quand il y est traité Dieu également à partir de la bible, de l’histoire, des expériences humaines et naturelles et à partir du monde ambiant.

Cette introduction est une nouvelle édition de la première partie du livre « Simon Kimbangu est-il le Saint-Esprit ? ». C’est une édition revue, corrigée et ajoutée pour répondre à une catégorie des demandes. Elle n’est nullement une kimbangologie qui est une étude de Simon Kimbangu, elle est une introduction à la théologisation des enseignements kimbanguistes, de la façon dont on interprète les gestes et paroles de Simon Kimbangu en rapport avec Dieu. Ce travail est alors une démarche d’interpréter les enseignements kimbanguistes à travers la bible et un effort de les situer dans la logique de la parole de Dieu. Il est une régulation des discours kimbanguistes.

Dans ce travail nous apportons quelques éléments nouveaux pour rendre ce premier chapitre plus explicite et disponible aux chercheurs. La kimbangologie est une suite de la pneumatologie classique pour rendre la doctrine de la trinité beaucoup plus complète et finie. Par contre l’introduction à la théologie kimbanguiste est une conséquence doctrinale de la kimbangologie. Voilà pourquoi nous les avons séparées.

Ce travail comporte trois chapitres après une introduction. Le premier chapitre présente la structure de la théologie, des théories générales, la définition, la subdivision, les sources et les principes généraux, le sujet et l’objet de la théologie. Nous allons également parler des tâches et de l’utilité de la théologie, de la cause et des raisons d’être d’une faculté de théologie et d’une théologie comme doctrine structurée.

Au deuxième chapitre, nous parlerons d’une éventuelle théologie kimbanguiste, du théologien et de son rôle, de l’apport de la théologie sur une église. Ce deuxième chapitre est une reprise profondément fouillée pour convaincre davantage sur l’importance des théologiens objectifs dans l’église car cette dernière est théandrique. Elle est passible de déviationnisme.

Au troisième chapitre nous allons traiter des thèmes théologiques et de la spécificité des enseignements kimbanguistes en rapport avec la bible et la tradition chrétienne sur la trinité, sur le royaume de Dieu, sur la parousie, sur l’eschatologie, sur le séjour des morts, sur la réincarnation, sur le jugement dernier, sur le péché originel, sur les sacrements et rites, sur le culte et enfin sur la foi.

Introduction

Il est impérieux qu’on s’efforce à formuler et à finaliser la théologie kimbanguiste. Une église sans théologie ne peut se réclamer telle quelle, sa place est parmi les sociétés philanthropiques ou sectaires. Une communauté se veut église si la théologie s’y constitue comme fondement, source et pratique du pouvoir, si elle est une structure de règlementation pour cette communauté.

La théologie est une avenue de contemplation, une expérience mystique de l’esprit, une quête de la vérité. Cette quête est en définitive quête de Dieu. Depuis les sept conciles œcuméniques de l’église indivise qui ont défini les dogmes essentiels, l’ecclésiologie est devenue le pivot de la pensée théologique. L’église se constitue et le doit dans l’amour et la liberté, dans la communion de tous, et non selon les principes humains.

La définition de l’église passe de l’idée abstraite de l’église universelle à la réalité concrète de l’église locale, lieu où se célèbre les sacrements présidés par le pasteur consacré ou le prêtre consacré. C’est l’église locale qui réalise la pleine catholicité de l’église. Et par conséquent, l’église universelle devient la communion des églises locales. D’où la conviction que la théologie doit être au service d’église, elle doit trouver sa source dans la nature profonde de l’église, dans le culte et les sacrements, d’une part, et dans la tradition des chefs spirituels, d’autre part. En principe, la théologie liturgique comme la théologie mystique devront être bien régulées pour conserver l’unité sacramentelle de l’église universelle. Il faut que les experts d’église parviennent à surmonter la coupure dommageable entre théologie et spiritualité. Cette observation vaut autant pour l’église kimbanguiste qui se refuse instantanément d’être prise pour une secte par les communautés sœurs. C’est en prenant à cœur cette épreuve que les experts de l’église kimbanguiste s’efforcent à construire ou du moins à réguler la théologie kimbanguiste.

Cependant si nous voulons que le stade du projet de cette construction théologique pour l’église kimbanguiste soit dépassé, il est impérieux que la théologie kimbanguiste ne puisse être à la quête d’une doctrine non seulement œcuménique mais elle devra rechercher une fidélité créatrice la plus stricte à l’héritage de Simon Kimbangu et de ses fils (-apôtres).

Les fils de Simon Kimbangu et leur successeur constituent de la théologie à la manière de leur père et grand-père. Leur enseignement est entrain de rester une prédication et constitue par voie de conséquence une théologie kérygmatique kimbanguiste même quand elle est soutenue des arguments syllogistiques. Cette dite théologie reste liée à la foi et à l’expérience spirituelle. Elle se veut être inséparable de la vie chrétienne, depuis les apôtres, les pères et les conciles, pour avoir la force de persuasion.

Car, si elle est séparée de la tradition apostolique, patristique et conciliaire, cette théologie kérygmatique kimbanguiste sera devenue une dialectique vide et creuse, un bavardage vain privé de toutes conséquences existentielles et spirituelles.

C’est seulement en ce sens que la théologie kimbanguiste pourra être prêchée ou annoncée (prêchée à la chaire et annoncée aussi par la parole de la prière et dans les saints offices). C’est seulement en ce sens que la théologie kimbanguiste sera manifestée vraisemblablement dans la synthèse tout entière de la vie chrétienne de tous et ne sera séparée de la vie de prière et d’action vertueuse.

Si la théologie kimbanguiste est bien conçue, elle marquera l’avènement vraiment d’une nouvelle ère de l’histoire. Il est en outre vrai que la théologie n’est jamais un système évident mais elle réclame toujours une certaine contemplation de la foi vers l’évidence. Ainsi pour donner la signification à la théologie, il s’enseigne toujours ce que nous avons vu et ce que nous avons entendu, évitant pour ce fait le pronom indéfini « on » ou les expressions d’incertitude « il paraît, il semble… ». Il faut que l’information soit authentique et véridique.

Le kimbanguisme est une pensée chrétienne avant d’être toute autre doctrine car il est un enseignement, un kérygme de Simon Kimbangu sur Jésus-Christ dont il se réclame l’envoyé. Le kimbanguisme doit prouver à travers les textes sacrés qui existent qu’il procède du judaïsme antique et du christianisme primitif. A cet effet, il doit s’en dégager une théologie à la fois comme enseignement c’est-à-dire fondement, source et pratique du pouvoir, et comme structure de règlementation. C’est cette démarche bien menée qui finirait par devenir de la théologie kimbanguiste.

De peur de le limiter, nous étions autrefois tentés d’intituler ce travail, introduction à la kimbangologie. L’intituler introduction à la théologie kimbanguiste serait une façon d’élargir le terrain d’approches épistémologiques et de partir des bases plus scientifiques et beaucoup plus révélatrices.

Par contre une introduction à la kimbangologie se réduirait plus à un travail de pneumatologie car là il est plus question d’appuyer le dogme Simon Kimbangu Saint-Esprit. La théologie kimbanguiste est spécifique et exige qu’elle soit traitée selon ses spécificités. Elle est une conséquence théologique de l’identification du Saint-Esprit et de la détermination de la nature de Simon Kimbangu. Ce travail est une entrée dans le monde théologique, une vraie relance des débats théologiques sur des questions fondamentales qui composent l’église.

On ne peut prétendre faire de la théologie kimbanguiste si l’on ne connaît pas la genèse de la théologie ou du moins l’histoire de la naissance de la théologie comme science. La théologie, à ses débuts, n’était pas conçue comme une discipline scientifique. Elle se limitait à une démarche humaine de comprendre Dieu, de l’interpréter et de le lier à notre existence. L’homme par rapport à ses conditions, à ses limites et à ses potentialités a toujours réfléchi sur l’existence d’un être suprême qui serait à la base de sa délicate position vis-à-vis de la nature : il naît, il grandit et il meurt. C’est dans ce contexte qu’on a toujours parlé des pensées sur Dieu ou des pensées théologiques chez de grands penseurs anciens comme Socrate, Platon, Aristote, les penseurs égyptiens, juifs et ceux d’autres peuplades. C’est des réflexions de ces penseurs qu’est née la religion. C’est le questionnement sur l’existence et sur le rapport avec l’invisible qui a engendré la religion : « Quelle attitude faut-il adopter vis-à-vis de cet être invisible ? ».

L’homme se cherchait sans issu sûr jusqu’à l’avènement de Jésus-Christ pour réaliser concrètement l’existence de cet être suprême. Il va commencer à élaborer une approche épistémologique pour atteindre cet être qu’il n’a jamais vu et qu’il va appeler « Dieu ». C’est Jésus de Nazareth comme penseur qui va exhaustivement parler de cet être suprême, il va le décrire, le décomposer et le recomposer pour enfin le faire comprendre à l’homme dans les moindres détails. Quand Jésus dit, ne savez-vous pas que vous êtes des dieux ? (cf. Jean 10 :32) « … Moi qui vous parle, que vous voyez, que vous touchez, suis fils de Dieu… Je suis un avec le Père… » Il avait une vision pédagogique sur Dieu. Tous ces discours de Jésus avaient pour objectif de rapprocher l’homme de Dieu, de rendre ce Dieu invisible visible.

Ainsi, c’est à travers l’histoire des enfants d’Israël et des peuples voisins d’Israël que la théologie va se préciser avec Christ. C’est en étudiant profondément les écritures que les pères de l’église vont poser des bases dans des conciles, dans des conférences-débats, dans des réunions pour une compréhension facile de Dieu. Cette démarche va aider l’homme à mieux appréhender cet être suprême et à mieux l’aimer. Alors à travers, les travaux de Saint Augustin de Tagaste et de Saint Thomas d’Aquin en passant par les travaux d’Albert le grand, d’Abelar, de Bonaventure… c’est-à-dire leurs réflexions sur des questions sur Dieu, leurs réponses à certaines questions sur la connaissance et l’amour de Dieu, leurs démarches pour exprimer Dieu (leur logique) ont donné naissance à la science théologique.

Alors de ces différentes analyses, nous avons conçu ce qu’on peut appeler aujourd’hui « de la théologie classique ». Il s’agit des notions basiques qu’on doit préalablement maîtriser pour faire de la théologie pure, pour réfléchir sur Dieu :

1. Définition, sujet et objet de la théologie.

2. But et division de la théologie.

3. Sources et principes de la théologie.

4. Rôle du théologien dans la société.

5. Méthodologie de la théologie.

6. Histoire de la théologie ou Etude approfondie de grands penseurs angéliques sur Dieu : les pères de l’église, les sept conciles œcuméniques, Saint Augustin de Tagaste et saint Thomas d’Aquin.

Cette démarche reste générale et valable pour toutes les théologies qu’elles soient judaïque, islamique, bouddhique ou chrétienne catholique, protestante, orthodoxe et kimbanguiste.

Dans notre livre, nous tâcherons d’envisager les aspects de la théologie classique, de l’enseignement théologique comme de la structure en théologie… Nous allons parler de l’importance d’une faculté de théologie et des théologiens bien formés dans l’église telle kimbanguiste, et enfin nous présenterons une liste des sujets théologiques kimbanguistes qui méritent bien une attention soutenue des experts.

Il est vrai que cette présentation sera également un briefing des sujets théologiques kimbanguistes pouvant servir de piste aux chercheurs de toute tendance confondue. Ce travail théologique ne peut être définitif dans la mesure où toutes les questions fondamentales n’ont pu être abordées. Notre souci majeur est que la théologie kimbanguiste ne constitue pas une problématique de plus au musée des essais sympathiques, et qu’elle ne soit pas rapidement oubliée. Sur ce nous la voulons bien régulée et bien portée par une dynamique ecclésiale.

Ainsi le chercheur kimbangologue ou le théologien kimbanguiste (voire le prétendant prêcheur kimbanguiste) devra pour atteindre son objectif passer par trois étapes indispensables : de l’observation à la théorie, de la théorie à la prospection et de la prospection à la compatibilité entre la théologie classique et la nouvelle théologie. Sans cette démarche le résultat à produire serait éphémère et sans fondement logique. L’insistance est de rigueur, étant donné que l’église est dynamique, les enseignements ou les prédications kimbanguistes devront être également dynamiques, respectant la ligne de temps, des apôtres en passant par les pères et les conciles jusqu’à Simon Kimbangu et ses fils. La théologie kimbanguiste devra être une continuité historique et non une science ex nihilo – étant donné que Simon Kimbangu est l’envoyé de Jésus-Christ – pour espérer une chance de se bousculer dans le panorama des théories théologiques.

1° De l’observation à la théorie.

Cette étape est une vision qui anime tout chercheur passionné de la nouvelle science. Pour ce faire, nous proposons un schéma d’exposition, un guide de recherche et un cadre pour l’usage de résultat. En dépit de tout, il s’y pose un problème de la méthode car on doit savoir ce que l’on cherche avant de se demander comment on le trouvera.

La renaissance de la théologie voudrait qu’on saisisse les problèmes dans toute l’épaisseur de leurs tissus multiples et dans tout le réseau de leurs interactions. Il s’y est multiplié les interrogations foisonnantes et désordonnées. Le théologien constate un droit de curiosité presque universel car ses investigations ne suivent aucun axe et ne sont pas limitées.

Pour évoluer la théologie, il ne suffit pas que les analyses soient conduites de l’extérieur, avec cette multiplicité d’approches mais nous pensons que les analyses doivent partir d’un point central de référence. C’est la simple logique de toute méthode : partir du connu vers le moins connu puis vers l’ignoré ; de l’assuré vers le probable ou l’incertain. Cette logique nous permet de faire le départ entre ce qui est déjà acquis et ce qui reste à chercher.

D’où on s’apercevra qu’il n’existe pas de méthode particulière de la théologie. Une méthode propre qui ne s’appliquerait qu’à elle. La théologie appartient aux sciences humaines et à cet effet elle utilise toutes les méthodes utilisées par celles-ci pour sa constitution voire son essor.

Toute cette démarche constitue les investigations du premier degré lesquelles ne s’imposent pas au théologien mais que le théologien constate telle qu’elles lui sont fournies par l’histoire et la sociologie. De ces éléments pré-analysés, le théologien ne fait pas de synthèse mais il pratique sur eux une sélection, disait toujours Madame Cochois dans ses enseignements. Choisir au sein de la réalité ce qu’il faut retenir, séparer dans une sauce de l’eau et l’huile, car à l’égard des mêmes donnés de fait, peuvent se manifester des intérêts très divers. Un paysage n’est en substance qu’un ensemble d’éléments divers entre lesquels seule qui établit un rapport c’est la personne de l’observateur. Ce paysage n’a du tout le même sens pour le peintre qui y voit un ensemble de couleurs ou de lignes. Devant le même paysage, le poète y trouve la traduction d’un état d’âme, pour le général il y cherche la meilleure utilisation tactique, le géologue à son tour, sous le sol, devine les couches de roches ; le cultivateur se demande s’il doit semer du blé ou mettre en pâture ce paysage. Tous ces choix sur un même paysage sont légitimes et simultanément valables.

De même, le théologien ne se considère pas comme le propriétaire d’un domaine spécialement mesuré et borné mais comme un enquêteur à travers tout le social et le spirituel. C’est la réalité socio-spirituelle que le théologien découvre mais il le regarde d’une manière différente et lui porte un intérêt qu’il est le seul à avoir. De cet intérêt sélectif se substitue une conception active, un esprit d’enquête et de découverte. Ce n’est qu’une information et non déjà une science qui est chargée d’ordonner et d’organiser les faits observés directement ou indirectement. La recherche des faits se fait généralement dans le désordre apparent avant qu’il intervienne la réflexion renforcée des hypothèses scientifiques qui conduisent à l’établissement de la vérité.

Certes, le théologien ne peut se prétendre connaître tous les faits et facteurs socio-spirituels qu’il aura à interpréter, il est aussi limité. C’est cette interprétation diverse, qui suggère la construction de grands courants théologiques, les systèmes dominants, les systèmes dialectiques du pouvoir et de la puissance en matière de forces et de comportements.

Ces théories sont peut-être provisoires, passagères étant donné qu’une science ne peut être le résultat d’une addition, ses divers éléments doivent s’intégrer dans une théorie générale qui serait la théorie théologique pure voire scientifique pure. Elles doivent empêcher la déviation ou la dislocation. Mais elles sont encore provisoires à telle sorte que l’on ne peut s’y fier pour une quelconque déclaration.

2° De la théorie à la prospection.

La théologie n’est pas seulement descriptive et explicative mais aussi prospective. La théologie ne se contente pas d’être simplement la connaissance rendue intelligible de ce qui se passe ou de ce qui s’est passé ou encore de ce qui se passera. Elle prétend éclairer la route devant elle de façon à éviter des déviations doctrinales.

Pour corroborer notre argumentation, nous citons Gaston Berger dans son article « méthode et résultats » publié dans l’ouvrage intitulé « Prospective ». Selon lui, la prospective est une réflexion sur l’avenir qui s’applique à en décrire les structures les plus générales et qui voudrait dégager les éléments d’une méthode applicable à notre monde en accélération1.

Il doit demeurer objectif et tout lire à travers les écritures saintes, à travers les textes doctrinaux de l’église : le catéchisme (biuvu ye mvutu et ntezi a ntangu et sono ya velela), l’essence de la théologie kimbanguiste tirée du kimbanguisme de Simon Kimbangu publié par son éminence Diangienda Kuntima alors premier chef spirituel de l’église kimbanguiste dans son livre intitulé « l’histoire du kimbanguisme » dit « livre vert », les principes et méthodes du kimbanguisme et le fuka ya bundu. Les documents renfermant le kimbanguisme authentique.

En sus de ces documents, le théologien se doit lire les déclarations des chefs spirituels lesquelles se réclament ex cathedra de par leur caractère prophétique et révélateur.

Cette étape consiste à rassembler les donnés, à réunir les informations pour les traiter, les examiner minutieusement afin d’en constituer un document digne d’être apprécié, digne d’être comparé avec le classique. Ce n’est pas encore l’étape finale, car la compatibilité reste indispensable pour la finalisation de la science. Or pour passer à cette étape finale, il s’exige que les deux premières étapes soient menées avec beaucoup de délicatesse.

3° De la compatibilité entre la théologie classique et la nouvelle théologie.

Quoi de plus difficile que de constituer une nouvelle science. Tous les grands savants peuvent nous en dire quelque chose. L’histoire nous apprend qu’Albert Einstein (1879-1955) fut refusé à deux reprises dans son université allemande quand à l’acceptation de sa théorie sur les atomes. C’est beaucoup d’années plus tard que ses aînés comprendront qu’il avait raison. De cette histoire nous ressortons qu’Albert Einstein était sûr de sa troisième étape. Et il était bien certain qu’il n’y avait pas inadéquation entre ses recherches et la physique classique.

Toutefois quand les deux premières étapes ont été bien négociées la troisième ne fait que confirmer l’existence de la science nouvelle.

Généralement la prospection conduit le scientifique à recourir aux notions classiques de sa science, aux théories classiques déjà existantes, du moins dans le domaine sur lequel il veut fonder sa discipline. Elle ouvre la porte à la démarche empirique. Cette démarche reste sine qua non pour ne pas s’éloigner de la raison.

En ce qui nous concerne, la prospection devra conduire le théologien ou le para théologien ou le pseudo à recourir droit aux notions classiques de la théologie, aux sources et aux principes théologiques. La bible faisant partie des principes de base reste un critérium inéluctable pour la scientificité d’une théorie théologique. Sachant que la bible elle-même échappe aux principes fondamentaux de la science, nous recourons à l’histoire, à l’anthropologie, à la sociologie et à la géographie pour rapprocher notre exégèse biblique à l’exactitude. Entre-temps, l’histoire générale devra toujours être évoquée en premier lieu pour servir de témoignage et de garde-fou, puis pour aider le théologien à se rappeler les hérésies et les apostats. En sus, on recourt aux autres documents fondamentaux (catéchisme et principes fondamentaux) régissant l’église.

Et c’est l’adéquation de cette comparaison qui régularise la science et qui se constitue en science. Si les trois étapes sont bien portées, la science est effective et se conteste moins2.

En sciences humaines, on veille indéfiniment à ça, autrement le travail fourni sera éphémère, fragile, subjectif.

La théologie est toujours vue comme un pays étranger et inaccessible, une propriété privée dont les non-initiés préféreraient garder distance. Dans l’église, utiliser le mot « théologie » apparaît comme un tabou car la théologie se présente comme synonyme à la magie, à l’occultisme bref à une science occulte par conséquent dangereuse pour l’église. On a vu son éminence Diangienda Kuntima, le fondateur de cette faculté peiner à la recherche d’arguments pour se faire accepter ou se valoir auprès des conservateurs kimbanguistes interprétant mal la déclaration de maman Muilu Kiawanga, l’épouse de Simon Kimbangu, alors un des co-fondateurs du kimbanguisme : « … quand les intellectuels gagneront cette église, ça sera regrettable… car ils vont introduire de nouvelles doctrines », ignorant que maman Muilu voulait parler de la confusion doctrinale, de la course au pouvoir, de l’interférence de mission…

Aujourd’hui, tout kimbanguiste comprend qu’il y a débordement, qu’il y a vide doctrinal dans les prédications, dans la célébration sacramentelle, dans l’argumentation voire dans l’administration bref il manque de coordination dans le kimbanguisme tant idéologique, sociétal comme administratif, c’est le rôle du théologien seul. En ce vingt et unième siècle le kimbanguisme se présente encore comme un tout confus sans spécificité avec une tête ignorée substantielle, avec des membres monstrueux et avec un tronc vide. Le kimbanguisme se présente comme un mouvement sans objectif.

Cette introduction créera une brèche importante et réaliste pour la précision d’abord, pour la détermination ensuite, pour la structuration enfin. Notre souci est de montrer à l’opinion que la théologie kimbanguiste ne se constitue pas en marge mais elle est bien une suite logique de la théologie chrétienne que nous pensons incomplète.

Il s’agit aussi d’une spécificité qu’on envisagerait de la théologie chrétienne. La plupart des sujets abordés en cette introduction à la théologie kimbanguiste sont soit de complément d’idées qui existent déjà, soit des explications de visions obscures de leurs auteurs. Ce travail de régulation et de structuration est une conséquence de la kimbangologie.


1. Cf. Gaston Berger, « Méthode et résultats », in Prospective, N°6, Nov. 1960, Paris, PUF.

2. Cf. Bios BAZIZIDI, Simon Kimbangu, une nouvelle ère de l’histoire, Paris, Ed. Coriprof, 2012

Chapitre 1
La théologie classique

Dans ce chapitre nous parlerons de structure de la théologie et des enseignements théologiques. La théologie est une et indivisible. D’où elle doit respecter un certain nombre des principes. L’on doit se préserver d’entamer sa logique quant à se constituer des enseignements théologiques particuliers.

1.1. Des théories générales de la Théologie comme structure.

Ce chapitre traite de la définition de la théologie et de l’historique de ce concept, de la division de la théologie, des sources et principes généraux de la théologie, de la foi, du sujet et de l’objet de la théologie, des tâches et de l’utilité de la théologie, de l’importance d’une faculté de théologie pour une église.

1.1.1. La définition de la théologie.

En grec antique, théologie (θεολογία) veut dire discours sur la divinité ou sur le divin, le θεός qui veut dire dieu. C’est l’étude des réalités considérées comme divines, des faits religieux et l’interprétation des textes sacrés.

Le mot « théologie » étant étymologiquement l’étude de Dieu qui est source et principe de tout pouvoir dans l’église, éveille toujours les susceptibilités et froisse l’amour propre de l’opinion. A l’heure actuelle, on pense que la théologie est une impasse qui, par le fait même, constitue un danger pour la foi.

C’est pourquoi pour répondre à cette problématique nous pensions partir de trois grandes questions bien qu’inégalement fournies, que nous croyons fondamentales avant de présenter un éventuel bilan du rapport entre la théologie et l’église, de l’influence de la théologie dans l’église, à savoir : la définition de la théologie, ses tâches et son utilité dans l’église ; ce qu’est un théologien pour une église et enfin l’apport de la théologie.

Chaque fois que le mot « théologie » est employé, il l’est souvent au sens très large et il en résulte toujours des confusions et des malentendus, des emmêlements de conceptions solidifiées et figées au fond contradictoires entre elles. Voila pourquoi nous venons d’opter pour un plan aux allures superflues que nous souhaitons dynamique d’interpeller les consciences.

La vie religieuse serait impossible si les individus étaient abandonnés à l’appréciation de chacun. Le monde serait en pleine anarchie absolue et la société humaine serait une véritable foire. Car la théologie se réclame être vue comme étude des réalités considérées comme divines et du fait religieux ainsi que l’interprétation des actes dits sacrés. Comme toute personne est capable d’expérimenter ces réalités et ces faits sacrés, il s’est développé deux théologies, une subjective l’autre objective.

La théologie subjective est le droit accordé à un individu de reconnaître une divinité et d’en user librement. Par contre la théologie objective est l’ensemble des règles socio-religieuses qui fixent la théologie subjective, qui déterminent même la possibilité d’existence de cette théologie dans l’intention de faire régner l’ordre et la justice dans une société vue comme créature du « theos ». Ces règles constituent donc la source de la théologie subjective. La théologie objective est une réglementation, une structuration, elle est une systématisation donc une science au sens strict du terme.

Historique du concept « théologie »

En structure résumée la théologie se présente selon Platon, selon Aristote comme les premiers savants à parler du concept théologie. Depuis un temps les spécialistes ont commencé à parler de la théologie révélée, de la théologie négative, de la théologie philosophique ou naturelle, de la théologie juive, de la théologie islamique, de la théologie athéologique…

Platon est le premier savant qui a employé le mot théologie dans son discours sur La République pour parler de la mythologie. Il présente la théologie comme une épuration philosophique de la mythologie. Par contre Aristote reprend ce terme dans son œuvre sur la métaphysique pour distinguer des philosophes, chercheurs rationnels des principes, des théologiens ou théologues, narrateurs des mythes. Toutefois Aristote subdivise sa philosophie dite théorétique en trois parties : la mathématique, la physique et la théologie qu’il définit comme connaissance des substances séparées de la matière.

En sus, nous évoquons aussi le problème de l’ontothéologie, la théologie philosophique vue par Aristote qui est opposée à la théologie poétique vue par Platon. Dans l’ontothéologie, la théologie philosophique est une investigation rationnelle sur les substances divines, une philosophie première ou une science de l’être. Cette pensée subit une évolution avec les péripatéticiens, les néoplatoniciens, les spécialistes juifs, chrétiens et musulmans pour fonder et justifier l’existence d’une théologie qui va s’inspirer des textes sacrés sur l’idée philosophique d’un principe premier de toutes choses. C’est donc le passage de l’hellénisme aux monothéismes juif, chrétien et islamique.

Plus tard, Varron, un philosophe latin va parler de la théologie mythique, de la théologie physique et de la théologie politique. Aux premiers siècles, l’utilisation de ce terme suscitait une méfiance de la part des chrétiens car ce terme était plus lié à la mythologie païenne. Peu après, la théologie va désigner les écritures saintes ou la foi chrétienne en Orient, tandis qu’en Occident c’est le mot latin « sacer » signifiant sacré qui remplaçait le mot théologie. Et c’est le départ des débats sur la définition de la théologie. Les uns y voient un discours sur la divinité en général, les autres sur la divinité de Christ seulement.

C’est à partir du 16e siècle que le mot théologie sera employé par tout le monde sans revendication pour désigner la connaissance de Dieu ou sur Dieu, avant que le christianisme s’approprie du terme.

1.1.2. La division de la théologie.

Confrontés à la phénoménologie du mot « théologie », nous nous sommes sentis contraints d’aborder cette question définitionnelle si délicate soit-elle en deux volets :

– théologie comme positive.

– théologie comme sagesse, art et pratique.

Ces volets seront présentés à la fois comme problématique de l’exercice de cette profession dans l’église et dans la société, et comme apologie de cette science. L’on se posera également la question de savoir si faut-il parler de la théologie ou des théologies. Ainsi une mise au point s’avère indispensable pour que l’opinion soit fixée sur ce qu’est « théologie » à juste titre.

1.1.2.1. Théologie positive.

C’est la considération scientifique de la théologie. On parle d’une théologie positive ou cataphatique et celle négative ou apophatique. Les deux théologies se différencient seulement au niveau de la méthodologie. La première suit une démarche directe et la deuxième part de la négation pour défendre ce qu’est Dieu. La théologie apophatique dite négative définit Dieu par des attributs négatifs.

On pense que le langage des hommes est inadéquat pour traiter dans toute leur dignité les attributs divins. On évite d’objectiver Dieu, de lui prêter des propriétés, il faut seulement énoncer ce qu’il n’est pas, jamais dire ce qu’il est vraiment. Cette théologie est largement défendue par Wittgenstein3 (ce dont on ne peut pas parler il faut le taire). Mais nous estimons dans cette rubrique soutirer l’aspect scientifique de la théologie.

La théologie positive, c’est de la théologie philosophique ou naturelle. Une discipline philosophique traitant de la nature de Dieu et de ses attributs connus par la seule raison sans recourir à la révélation directe. Elle explique les propriétés de Dieu de manière argumentée et déductive. Donc elle part dans ce cas de la nature qu’on a bien maîtrisée, et c’est là un discours, la science théologique.

Théologie vient de deux mots grecs : « theos » qui veut dire Dieu, divinité et « logos » signifiant science, discours, étude. La jonction de ces deux mots veut dire science de Dieu ou discours sur Dieu ou étude de Dieu.

Or, elle parvient au niveau de science quand elle est d’abord investigation, réflexion et explication, puis quand elle est comprise et présentée selon une méthodologie bien élaborée et/ou enfin quand elle est apprise à l’école, enseignée par des maîtres selon une approche dite épistémologique et selon des principes académiques. Les sciences connexes font d’elles une science véritable et lui confère un caractère scientifique. A cet effet, il y a lieu d’établir un rapport de cause à effet entre école (maître et étudiant) et matière enseignée (contenu du cours).

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