Jalons pour prier

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N’y a-t-il pas contradiction, à proposer un ensemble de Jalons pour prier tout en affirmant la non suprématie de la prière sur l’action, la relation aux autres comme premier rendez-vous de l’amour ? Eh non !

Ces jalons à la suite d’Ignace de Loyola font expérimenter, selon la dynamique des Exercices d’où ils sont tirés, un chemin à faire, une Parole qui nous travaille, une conversion de nos images et de notre relation à Dieu, Mais au cœur de ces moyens se vit déjà un amour en actes, une fidélité amoureuse, un dialogue intime : de notre part mais aussi de Dieu.

Au cours de cette route dans la foi, permettant de « sentir et goûter intérieurement les choses par soi-même », une douce transformation s’opère : la relation à Dieu se fait plus personnelle, et nous ouvre un quotidien où l’on peut « trouver Dieu en toute chose ».

Dans un langage clair et structuré, l’auteur livre d’abord les aspects essentiels de la prière ignatienne explicités dans leur sens et dans la manière de s’y prendre, ainsi que des points d’attention que son expérience personnelle et ses accompagnements ont mis en relief. Chacun peut ainsi se mettre lui-même à l’ouvrage, prier, s’exercer... Puis, elle propose un itinéraire avec quelques textes bibliques. La prière progressive sur ces textes, la relecture de ce qu’ils ont fait éprouver, et la relecture du quotidien peuvent faire l’objet d’un cheminement chez soi, ou en groupe.


Publié le : dimanche 10 avril 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782918975526
Nombre de pages : non-communiqué
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Bethy Oudot

Jalons pour prier

A l’école d’Ignace de Loyola


Vie chrétienne | Fidélité

47 rue de la Roquette 75011 Paris | 7 rue Blondeau 5000 Namur

ISBN 978-2-918975-52-6

Code article 380

© Éditions Vie chrétienne, 2014

47 rue de la Roquette 75011 Paris, France

viechretienne.fr

 

Nouvelle édition revue et augmentée.

Publié pour la première fois en novembre 1993 comme supplément à la revue Vie Chrétienne no380.

Photo de couverture : Droits réservés.

SOMMAIRE

Des jalons pour prier à l’école d’Ignace

PREMIÈRE PARTIE. LA PRIÈRE IGNATIENNE

1. Préalables

2. Les préambules

3. La méditation

4. Sentir et goûter intérieurement

5. Converser avec le Seigneur : le « colloque »

6. Relire son oraison

7. La prière de répétition

8. Contempler une scène évangelique

9. Application des sens

10. La relecture quotidienne ou examen

11. Trois manières de prier

12. Avec la liberté d’Ignace, inventer sa manière de prier

DEUXIÈME PARTIE. POUR S’EXERCER À LA PRIÈRE IGNATIENNE

Récapitulatif de la manière de s’y prendre pour un temps d’oraison à partir d’un texte de l’Écriture

1. Élie en marche vers l’Horeb (1 Rois 19, 1-16)

2. Tous mes chemins te sont familiers (Psaume 139 [138])

3. Dieu se révèle à Moïse au buisson ardent (Exode 3, 1-15)

4. Ton Dieu te conduit vers un pays heureux…

Garde-toi d’oublier ton Dieu (Deutéronome 8, 7-20)

5. Méditer le Principe et Fondement des Exercices de saint Ignace (Exercices spirituelsno 23)

6. Guérison de l’aveugle Bartimée (Marc 10, 46-52)

7. La parabole des deux fils (Luc 15, 1-3.11-31)

8. Jésus à Nazareth (Luc 2, 39-40.51-52 ; Marc 6, 3)

9. La demande des fils de Zébédée (Marc 10, 35-45)

10. La multiplication des pains (Marc 6, 30-44)

11. Les disciples d’Emmaüs (Luc 24, 13-36)

12. L’apparition du Ressuscité au bord du lac (Jean 21, 1-14)

DES JALONS POUR PRIER À L’ÉCOLE D’IGNACE


L’homme est capable d’entrer en relation, de s’adresser à l’autre ou au Tout Autre. Tout homme sait prier dans la mesure même où son humanité le rend capable de dire « je », « tu », et de se savoir mystérieusement plus grand, plus large, plus profond que la limite de son corps et de sa parole.

 

Dieu, l’Esprit de Dieu, est en nous le seul pédagogue de la prière, lui qui murmure vers le Père en « gémissements ineffables » et nous fait dire « Abba » (Rm 8) ! Dans la prière de Jésus à son Père, toute prière est déjà accomplie et retrouve sa source. Plus encore, dans la personne même de Jésus, relation à Dieu et vie selon Dieu coïncident. Ainsi, lorsque Jésus nous enseigne comment prier, il nous dit en même temps qui il est et comment vivre.

Si, dans la prière, comme dans notre quotidien, il nous revient de jardiner, retourner, désherber, préparer la terre, adapter le grain à son état, au climat, à la saison, seul Dieu, jardinier, donne la croissance et l’être. Oui, l’oraison comme l’action n’auraient ni sens ni existence hors du champ de Dieu et sans l’immensité de son travail.

 

Prière et action ne font qu’un. En chacune d’elles se mêle l’œuvre de Dieu qui donne et demande à l’homme d’œuvrer, recevoir et faire. L’illusion serait grande d’attribuer à la contemplation la forme idéale voire absolue de réceptivité et d’union à Dieu, en intériorité, tandis que l’agir quotidien serait le lot de notre pauvre humanité soumise à la contingence jusqu’à sa délivrance qui l’ouvrirait enfin à une béatitude passive dans l’éternité ! « Le Royaume de Dieu est au milieu de vous !» s’efforçait de nous faire comprendre Jésus qui, du reste, n’a pas passé tout son temps en oraison mais trente années à Nazareth au cœur du quotidien.

 

N’y a-t-il pas contradiction, me direz-vous alors, à proposer un ensemble de Jalons pour prier tout en affirmant la non-suprématie de la prière sur l’action ? On aurait mieux vu une introduction qui donne goût au silence et au recueillement, qui fasse déjà vibrer le Désir, des pistes de prière qui, rien qu’à la lecture, remuent déjà ce coin du cœur et du sensible et déclenchent la porte de l’intériorité où, bien sûr, Dieu se devrait d’être au rendez-vous ! Eh bien, non. Ces jalons à la suite d’Ignace de Loyola, prônent, selon la dynamique des Exercices d’où ils sont tirés, un chemin à faire, un travail de longue haleine, une conversion voire une purification de nos images et de notre relation à Dieu. Mais au cœur de ces moyens, un amour en actes, une fidélité amoureuse, de notre part mais aussi de Dieu. Le tout dans la foi et visant pourtant à « sentir et goûter intérieurement les choses par soi-même ».

 

On ne lit pas ce manuel, on l’expérimente, on l’éprouve. La forme littéraire serait d’ailleurs insupportable si chacun ne l’habillait de sa propre expérience, de son propre « je ». Il en va de ces jalons comme du conseil proposé par un professeur de gymnastique : rien de très séduisant dans son discours ni de très efficace, à moins que chacun ne s’essaye à ce qu’il dit et pas qu’une seule fois ! Alors s’instaurent de nouveaux réflexes, de nouvelles capacités physiques et mentales, une musculation et une respiration dont le retentissement est grand sur toute la vie de la personne, bien au-delà de la salle de sport…

 

Ainsi de la prière et de ses exercices pédagogiques : il en va d’une « musculation spirituelle », d’un apprentissage à « chercher et trouver Dieu en toutes choses ». Qui de nous n’a connu cet écartèlement du temps entre prière et vie, cette dichotomie de l’être entre attitudes dans l’oraison et attitudes dans la vie, cette contradiction entre le Dieu de ma prière et celui de ma vie ? Prier sur la Parole de Dieu et prier sur la vie est source d’unification. Ainsi la Parole s’incarne dans le quotidien qui devient, à son tour, lieu d’union au Christ, communion à Sa relation au Père, aux hommes et aux choses aujourd’hui. Alors, que je prie ou que je vive, il n’est plus qu’une Parole, qu’Un Souffle, qu’Une Vie, animant et la prière et l’action.

 

Bon chemin dans l’Esprit du Christ, par la grâce qui fut donnée un jour à l’Eglise en saint Ignace de Loyola !

Comment utiliser cet ouvrage ?

En respectant d’abord ce que vous êtes et votre étape spirituelle ! Mais en vous risquant aussi à quelques manières de faire qui, derrière leur aspect méthodique, traduisent et permettent des passages de croissance spirituelle et de connaissance de Dieu que la forme aride ne laisse pas soupçonner. A chacun d’essayer l’eau du bain, quand il s’y sent prêt.

Dans la 1repartie, les manières de faire

Vous trouverez des aspects essentiels de la prière ignatienne quelque peu explicités dans leur sens et dans la manière de s’y prendre, quelques points d’attention que l’expérience personnelle et d’accompagnement ont mis en relief.

• Les premières pages sur les préalables et les préambules sont indispensables pour soigner les commencements de la prière ; toute la suite en dépend. Il serait bon de s’y exercer d’abord.

• Suivent des conseils pour méditer ou contempler une scène évangélique.

• Une proposition didactique pour s’initier progressivement à cette clé ignatienne qu’est la prière de relecture quotidienne de sa vie.

• D’autres manières de prier en toutes circonstances.

• La manière et le sens de la relecture de l’oraison.

Dans la 2epartie, un itinéraire

• Quelques textes bibliques pour prier et s’exercer. Des pistes vous sont proposées, elles ne recouvrent en rien toutes celles que l’Esprit peut susciter par cette même Parole à son Eglise.

• Elles sont à utiliser ou à laisser selon qu’elles vous sont profitables aujourd’hui ou non.

• Beaucoup plus développées que ne devraient l’être des points donnés à la manière d’Ignace, elles gardent un langage de type « conseil » : regarder, voir, écouter etc. Fastidieux à la lecture, celui-ci ne vise qu’à favoriser la mise en expérience : il ne s’agit pas de se satisfaire de l’éclairage donné, il faut aller voir et goûter par soi-même ! Quitte à y découvrir plus ou autre chose. L’enjeu serait alors gagné. Mais pour cela, il est nécessaire de se mettre en oraison, en prenant le temps de regarder, d’écouter, de faire mémoire selon ce qui est proposé.

• L’ordre de ces textes n’est pas anodin : vécu dans cet ordre, sans négliger la prière de répétition, ils introduisent à une dynamique légère

de 4 ou 5 jours de retraite selon les Exercices. La prière progressive sur ces textes et leur relecture, jointes à l’examen quotidien, peuvent faire l’objet d’un cheminement chez soi, ou en groupe. On peut aussi en user très librement.

 

Choisir sa manière de prier. Selon ce que je cherche, selon ce que je peux. Imaginons une balade en forêt et 4 façons de la vivre comparables à 4 façons de prier :

1. Ou bien j’exécute une balade d’aération que j’estime salutaire, nécessaire, bénéfique mais sans avoir beaucoup de temps : marche rapide, mes pensées et activités restent l’objet de ma priorité. Ce serait le genre lecture rapide du texte du jour en partant le matin, « clin d’œil » au Seigneur au cœur de mes activités, Je vous salue Marie ou Notre Père en allant déjeuner, etc. Bien que louable, vous ne trouverez pas de modèle du genre dans cet ouvrage.

2. Ou bien je marche paisiblement, essayant de goûter l’air, le vent, la fraîcheur, la sensation physique, le paysage, je respire à fond ; mes pensées, ma mémoire, mon intelligence, mon cœur tirent profit de cette balade et s’y ressourcent. Ceci serait comparable à la méditation d’un texte que j’essaie de goûter et sentir intérieurement. Ou bien encore les trois manières de prier d’Ignace : pour respirer des paroles, prier à l’aide d’une suite de termes, de lieux…

3. Ou bien je pénètre lentement dans la forêt y goûtant déjà toute la saveur, et m’arrête longuement pour voir en détail tel arbre, contempler une fleur, un caillou, écouter les bruits, les oiseaux, regarder le mouvement des feuilles, sentir les parfums et toucher avec attention une écorce, etc. Sorti de moi, désencombré, je peux être tout entier à ce qui m’entoure et m’y reposer. Image de la contemplation d’un évangile.

4. Je peux aussi, dans le calme du soir, m’asseoir en bordure de forêt après une journée de travail, et là, à la faveur de ce climat paisible, restaurateur, laisser remonter les choses vues, entendues, vécues, mon histoire d’aujourd’hui et goûter le nouveau sens qu’elles prennent.

Climat comparable à celui de la relecture quotidienne à la lumière d’un Dieu amour, miséricordieux qui m’accueille et me renouvelle pour des lendemains avec lui.


PREMIÈRE PARTIE

La prière ignatienne

1

PRÉALABLES

Une rencontre, ça se prépare ! Horaire, lieu, objet de l’entretien, manière de s’y prendre, demandes à formuler, propositions. Puis s’habiller le cœur, se mettre en mouvement et arriver sur les lieux. En chemin peut-être, réaliser que l’autre m’attend et se prépare aussi !

C’est une image mais aussi une réalité de la prière du chrétien. Aller prier, c’est aller explicitement à une rencontre, où deux sont concernés : le Seigneur et moi ; et, par ricochet, tous les autres. Si la prière est d’abord et fondamentalement l’œuvre de l’Esprit en nous, celle-ci ne se fait pas sans nous. Il nous revient de nous rendre disponible en préparant la prière et en nous préparant.

I. Préparer la prière

Prévoir l’heure et la durée

• Prier seulement quand ça me plaît, ou quand « ça me prend » ? Dans ce cas, à moi les risques de confondre Dieu et mes envies, Dieu et mes humeurs ! A moi la tristesse quand je n’y trouverai rien de bien gratifiant ! Adieu prière quand mon emploi du temps sera plein — et il sera plein si je ne prie pas !

• Prier seulement si j’y ai du goût, ou que je ne m’y ennuie pas ? Merci pour Dieu ! La gratuité n’est pas de pouvoir prier quand je veux, c’est d’être là pour le Seigneur et non pour mon propre plaisir. C’est inscrire dans mes 24 heures quotidiennes ou mes 168 heures hebdomadaires un minimum de temps, donné au Seigneur pour risquer de Le reconnaître comme ma source, mon essentiel, et lui donner une chance de me convertir à sa vie.

• Donc prévoir le moment et la durée : pourquoi ne pas inscrire ce temps sur l’agenda, tout comme un autre rendez-vous ? Prévoir un moment favorisant la disponibilité intérieure. Fixer une durée suffisante surtout pour prier sur un texte : 20, 30 minutes, sans excéder 1 heure. Un temps trop court ne permet que d’entrer dans la prière, or il est bon de durer un peu (sur le texte par exemple) et de conclure.

Prévoir le lieu

« Quand tu veux prier, rentre dans ta chambre et prie ton Père qui est là, dans le secret » (Mt 6, 6).

• Le mieux est de s’aménager un endroit qui porte au recueillement, avec des moyens simples qui soutiennent la prière : croix, icône, bougie, à moins de profiter d’un lieu propice, proche du travail ou du domicile.

• Si je prie au milieu de mes dossiers, près du téléphone ou de ce qui pourra le plus me rappeler tout ce qu’il reste à faire, ne pas m’étonner des distractions, et du brouhaha intérieur…

Prévoir le support de la prière

• Autant il est bon de se rendre présent à Dieu en usant du cœur et de la foi, autant il serait néfaste de prier sans un support objectif : scène d’évangile, psaume, vécu de la journée, événement ou prière de l’Eglise (Gloire à Dieu, Notre Père…).

• Choisir à l’avance sur quoi prier.

• Quel texte ?

Ceux de la liturgie du jour ou du dimanche sont un moyen de prier au rythme de l’Eglise.

Une prière de l’Eglise connue permet d’en goûter davantage le sens.

Un texte biblique que j’aime, ou auquel j’ai pensé durant la semaine, ou qui peut éclairer ce que je vis ces temps-ci.

• Ne pas hésiter à prendre un même texte plusieurs fois (cf. aussi la

« répétition »)

• Le lire à l’avance, par exemple la veille ; préparer éventuellement les points sur lesquels il semblerait bon de m’arrêter, la grâce que je demanderai. Et lire les notes pour en être libéré !

• Prendre un support pour prier, c’est me reconnaître simplement humain, croire que Dieu se dit par des médiations, préférer l’objectivité

de la foi de l’Eglise à mes sentiments, mes habitudes, ou ma subjectivité.

Même une prière d’adoration, de cœur à cœur, ne peut se vivre qu’en usant de façon rythmée de silences et paroles, cadre et créativité, activité et passivité. Au Seigneur de nous amener plus loin que le texte, en Lui, si telle est sa grâce du jour.

II. Se préparer à la rencontre

M’habiller le cœur et me mettre en route

« A un ou deux pas de l’endroit où je dois contempler ou méditer, me mettre debout, le temps d’un Notre Père. L’esprit levé vers le haut, considérer comment Dieu notre Seigneur me regarde, etc. et faire un acte de respect et d’humilité » (Exercices spirituels no75).

• De cette manière de faire, proposée par Ignace, retenons ce petit temps d’arrêt préalable permettant de ne pas venir à la prière comme à une autre « chose à faire dans la journée », comme si j’enfilais des perles (même du Royaume !) ; il permet de prendre conscience de la grandeur de celui que je viens prier.

1. Il s’agit d’une rencontre vivante, avec le Seigneur vivant.

2. Il n’est ni un objet, ni un « copain », ni mon miroir : il est l’Autre, Seigneur, Ami… Dieu, Père-Fils-Esprit, C’est lui d’abord qui « me regarde » et moi, je croise son regard.

3. C’est tout mon être que je rassemble, et recentre sur Dieu. Chacun est invité à trouver sa petite liturgie qui le portera le mieux à la rencontre de son Dieu : geste ou parole pour saluer le Seigneur.

• Choisir l’attitude la mieux adaptée d’une part au respect que je veux manifester durant la prière, d’autre part à mon état physique ou psychologique.

Il ne s’agit pas de faire de l’ascèse durant toute l’oraison, ce qui serait un autre exercice.

Il ne s’agit pas de se prélasser dans les jardins bienheureux du Seigneur !

Il ne s’agit pas de rester bloqué, paralysé durant toute l’oraison dans l’attitude choisie : prier n’est pas se transformer en glaçon, en frigidaire. Prier, c’est continuer à vivre ! Simplement, humblement.

Il s’agit tout simplement de prier aussi avec son corps, dans ou par son corps.

Il s’agit de prendre les moyens les mieux adaptés à ce que je cherche.

Faire silence, physiquement (lieu, respiration)

Un silence de rencontre, de respect, celui qui s’instaure quand, pour de vrai, je suis là, présent à quelqu’un, avec tout ce que je suis, disponible. Image de la terre offerte… Tel que je suis et non tel que je rêve d’être. L’absence de bruit extérieur ne suffit pas. Il peut révéler d’ailleurs notre charivari intérieur. Il serait illusoire d’espérer vider notre esprit de tout ce qui l’encombre, par toutes sortes de techniques préalables. Prier n’est pas faire le vide ! C’est être vrai et présent. C’est rejoindre le Dieu vivant tel que je suis, avec tout ce que je suis et tout ce que je porte. Dieu ne nous rejoint pas dans un lieu « aseptisé » de nousmêmes. M’apaiser, faire silence et, dans la foi, reprendre conscience de Celui que je désire rejoindre, dans l’amour.

III. Se rendre présent à Dieu

Chose surprenante, Ignace ne parle pas de « mise en présence de Dieu » comme on en parle tant aujourd’hui ; il multiplie les conseils pour préparer la prière (points pour prier un texte, temps d’arrêt préalable) et en soigner le commencement à l’aide de plusieurs propositions actives qu’il nomme préambules et que nous allons décrire plus loin : prière préparatoire, se rappeler l’histoire, composition de lieu, demande de grâce. Cette manière de faire a l’avantage de montrer que la mise...

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