Je crois mais parfois autrement

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L'auteur nous fait part très simplement de l'évolution de sa foi en nous parlant de lui et de son parcours. Ce n'est pas la réflexion abstraite d'un intellectuel, mais la recherche d'un homme qui a donné une très grande importance à la foi et à l'intelligence du christianisme et qui, à la fin de son parcours - il a 80 ans - veut rendre compte de ce qu'il croit et de ce qu'il ne peut plus croire, de ce qui est encore crédible et de ce qui l'est de moins en moins. Il en appelle à une réforme des formulations traditionnelles du christianisme, réclame un aggiornamento courageux et un pluralisme généreux, à la mesure de l'évolution culturelle contemporaine, pour sauvegarder au christianisme l'avenir qu'il mérite.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296168299
Nombre de pages : 158
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JE CROIS
mais parfois autrement

Chrétiens autrement Collection dirigée par Pierre de Givenchy
Appel aux chrétiens: Croyons-nous comme avant? Croyons-nous tout ce qui est affirmé dans les églises? Que disons-nous? Nous sommes nombreux à souhaiter nous exprimer en toute liberté, dans des groupes de réflexion, dans des associations diverses de chrétiens, mais aussi dans des revues et des livres. Beaucoup désirent aussi célébrer leur foi chrétienne dans des cérémonies qui tiennent compte de la culture moderne. Nous proposons à ceux qui le désirent d'écrire leur livre personnel, de participer à des livres collectifs pour dire publiquement une foi chrétienne digne du XXIe siècle. C'est le but de cette collection, laisser la liberté de parole à tous ces chrétiens en recherche.
Déj à parus

Réginald DUMONT, L'église démantelée, 2004. Claude CASANA VE, Le ciel est rouge, il fera beau. D'une histoire sainte à une histoire de salut, 2004 Claude LION, Une vie en quête de sens, 2003 ZARAL, Gloria ou un Chemin, 2003. ONIMUS Jean, Le destin de Dieu, 2003. JANVIER-MODESTE Jean-Claude, Pa rentré trop ta, missié (ne rentre pas trop tard, monsieur), 2003. Patricia GRAVATT, L'église et l'esclavage, 2003. Gérard WARENGHEM, La joie de vivre en communauté en Afrique ou en Europe, 2003 OGÉ Yvonne, Et après... ?,2002. MARCON Auguste, L'Eglise et les pauvres. Journal d'un travailleur manuel, 2002. ONIMUS Jean, Portrait d'un inconnu, 2002. DOM HELDER CAMARA, Les Conversions d'un évêque (entretiens), 2002. MARCON Auguste, L'Eglise et les pauvres. Journal d'un travailleur manuel, 2002. aNIMUS Jean, Portrait d'un inconnu, 2002. DOM HELDER CAMARA, Les Conversions d'un évêque (entretiens), 2002.

~ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-3129-5

PAULABELA

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mais pcnfois

autrement
PREFACE XAVIER DE DE CHALENDAR

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

FRANCE

L'Harmattan Konyvesbolt 1053 Budapest Kossuth L.u. 14-16 HONGRIE

L'Harmattan ItaIia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALlE

DU MÊ~

AUTEUR

Chantier pOlir l'Eglise à venir (Ed.), Le Cerf: 1984

Une politique pour l'emploi, Desclée de Brouwer, 1994

"Parler de Dieu aujourd'hui dans le langage des premiers siècles c'est se condamner à n'être pas compris et c'estfaire courir à Dieu le péril d'apparaître comme un mythe à reléguer au musée des antiquités"
Maurice Zundel

En terminant cet ouvrage, je me dois de remercier les amis qui m'ont encouragé à le rédiger et qui ont contribué à des mises au point rédactionnelles, notamment Hervé de Font Réaulx, Bernadette de Léobardy et Hélène Marmottin

PREFACE C'1elavaut la peine de se poser la question: comment J'e crois? Cela vaut la peine d'écrire, de trouver des mots qui expriment avec J"ustesse ce que l'on croit ce que l'on ne croit pas, ce que l'on ne croit plus, ce que l'on croit autrement. Un tel texte est touJ"ourssigné. Quelqu'un dit 'j"e".La foi est un acte personnel. On n'en est pas l'inventeur, on a reçu un message, on a entendu une bonne nouvelle on a vu des hommes et des femmes vivre de leur foi. Il y a un discours officiel sur lafoi chrétienne. On l'apprend au catéchisme. On le lit dans des livres de théologie ou d'histoire. On le récite ou on le chante dans le Credo. Mais les termes communs à tous ont toujours besoin d'être traduits, compris, interprétés; on ne peut se contenter d'un "lu et approuvé" comme on en signe sur les contrats d'assurance. Chacun est invité à développer l'intelligence de sa foi, à trouver pour l'exprimer des mots qui ont sens pour lui.
-

Un tel texte est touJ'ours daté. On n'aurait pas écrit la même chose il y a dix ans, il y a quarante ans. Les différences de conviction et d'expression

s'expriment par les renouvellements de la culture, par d'autres façons de poser les problèmes de la vie, par de~~événements personnelsf ou collectifs qui ont surgi et influencé le regard sur le monde, sur soi-même, sur Dieu. La foi de chacun s'inscrit dans une his1toire. La foi et la façon dont on l'exprime sont influencées par la foi ou la non foi des autres et par lafaçon dont ils en parlent. On a lu, on a entendu, on a échangé des paroles sur la foi. On a perçu les difficultés, les objections, les refus. On a entendu des formules heureuses, stimulantes, qui ont aidé à mieux percevoir ce qu'était l'acte de croire. Paul Abela, dans ce livre, témoigne bien de cela. Il évoque sa propre histoire et l'époque où il vit. Il commente et critique quelques formules essentielles de la foi catholique et cherche des mots pour les traduire en termes intelligibles aujourd'hui. Sa foi ne serait pas la même s'il n'avait pas rencontré Maurice Zundel et Marcel Légaut. L'avenir de la foi, l'avenir de l'Eglise l'intéressent au plus haut point en ce début de millénaire. La seconde partie de son ouvrage est pleine de critiques, mais surtout de propositions. Il lance un appel, il fait des suggestions pour une réforme, un renouveau du langage et des structures de l'Eglise.

x

Cela vaut la peine d'entendre, de lire ce qu'un autre exprime. Lecteur, on peut être émerveillé et nourri par telle phrase, par telle formule où l'on retrouve ce que l'on perçoit mais n'arrive pas à bien exprimer. Chacun peut aussi ne pas être d'accord avec telle formule, telle expression: il ne dirait pas cela. Il pense autrement, mais cela l'intéresse de lire, de savoir ce que l'autre pense. Cela le stimule pour s'engager lui aussi dans ce travail de réflexion sur sa foi aujourd'hui. même s'il n'a pas le temps, le talent ou le courage d'écrire un livre, la lecture de Paul Abela le fait réfléchir et l'aide à mieux situer sa propre façon de dire sa foi et d'en vivre. Il est essentiel de percevoir que l'unité n'est pas l'uniformité. Il faut reconnaître en même temp~'j la valeur de la diversité et celle de la communion. Et, avec Paul Abela, souhaiter de profonds renouvellements et y contribuer, chacun pour sa part.
Xavier de Chalendar

XI

INTRODUCTION

Pourquoi

ce témoignage

Persuadé de la valeur du christianisme dans ce qu'il a d'essentiel et pas moins persuadé que, sous sa présentation actuelle, il n'a plus beaucoup d'avenir, je voudrais apporter une contribution à son actualisation, aussi radicale qu'il me paraît nécessaire. Lorsqu'à 80 ans on pense utile d'écrire CE QUE L'ON CROIT, ce n'est pas pour réciter le Credo. Pour exprimer l'essentiel de ce que je crois je ne me réfère pas aux fonnules dogmatiques. Mais je dirai d'abord en termes neufs les convictions acquises à mon âge. Je dirai ensuite comment je partage avec une dizaine de personnalités un courant novateur et réformiste et pourquoi, malgré les réserves et les critiques sur lesquelles je m'étendrai ensuite assez longuement, je partage avec le catholicisme, plus qu'avec toute autre confession, l'essentiel de mes convictions. Très brièvement, ce que je crois 1. Je crois en une destinée de vie éternelle qui se déroule comme une fusée à trois étages, dont chacun rend possible le suivant: - un 1er étage de maturation passive et dépendante, dans le sein maternel;

- un 3e étage, au-delà, où l'on accède de façon impossible à imaginerl.

- un 2e étage de maturation active et interdépendante,

c'est cette vie ;

1 Kant nous prévient nous ne pouvons rien imaginer qui ne soit spatiotemporel, et Zundel considérait que La morl n'est plus que la rampe de lancement de I'immorlelle fusée (La liberté de lafoi, 1%0, p. 166

2. Je crois en un Dieu merveilleux de bonheur et de joie, qui nous met collectivement dans des conditions telles que nous puissions être co-créateurs de notre destinée, en union à sa vie. Mais, en ayant fixé les règles avec une composante de hasard, il n'intervient plus2. 3. Je crois que notre destinée est à la fois individuelle et collective. Le corollaire c'est la solidarité3.Tout au long de nos vies, nous avons à partager les moyens dont nous disposons pour moins de malheur et plus de bonheur pour tous. 4. Je crois que dans l'histoire humaine, Jésus est un des révélateurs les plus précieux et les plus purs. L'Eglise en transmet d'âge en âge diverses interprétations dogmatiques, morales et pratiques dont certaines sont toujours valables~ et d'autres sont devenues caduques et méritent d'être repensées à frais nouveaux. 5. Je ne peux pas croire qu'il puisse y avoir de révélation parfaite, la perfection ne nous est pas accessible. Car tout être humain, quelles que soient son intelligence, son honnêteté, sa générosité, quels que soient ses charismes, ne peut éviter de se tromper pour une part de ses jugements. Il y a des intuitions et des interprétations de valeur inégale et d'intérêt provisoire.

2

du moins dans le monde physique

3

Chaque ego est co-extensif à [' univers-entier" (Teilhard, o.c.VII, p.226) 2

Accepter les limites de l'Église et contribuer à la réformer
L'Eglise est inévitablement imparfaite, mais d'lUlepart, c'est mieux que rien, il y a pire (soit dans les sectes, soit dans l'absence de tout repère) et d'autre part elle est constamment réfonnable et nous pouvons y contribuer. Mais je suis sans illusion: lorsqu'on parcourt les erreurs, les querelles et les zizanies dont est pleine l'histoire de l'Eglise*, l'erreur que nous faisons, C'est quand, par idéalisme, nous sommes étonnés de la trouver imparfaite. Il s'agit de voir clair et de s'organiser, il ne faut pas en sous-estimer la difficulté. L'institution n'est pas toujours crédible, elle ne peut pas l'être totalement, de sorte qu'inévitablement elle se discrédite de temps en temps et l'on se trompe
lorsqu'on est stupéfait d'y voir tant d'imperfection ** .

Je reste dans l'Eglise, non par soumission ou en faisant abstraction de tout esprit critique, mais par réalisme et miséricorde et pour contribuer à sa réfonne, dans l'intérêt du bien commun. Des réformes en plusieurs étapes Par réalisme je distingue dans ce que je souhaite comme changements, d'abord ce qu'il me paraît possible d'obtenir à court tenne, notamment en tenant compte des principales remarques de Maurice Zundel: De quel Dieu s'agit-il ? Quel Dieu prions-nous? Puis ce que je souhaite obtenir à moyen terme: c'est avant tout une réforme des structures de l'Eglise, et en particulier de confier les ministères presbytéraux aussi bien à des femmes qu'à des hommes, célibataires ou mariés. On peut aussi envisager la remise en question du dogme du péché origineL des dogmes mariaux et du dogme de l'infaillibilité. Enfm à plus long tenne, comme une utopie, une nouvelle composition des termes du Credo, la conception virginale, l'adoptianisme de Jésus et réduire la Trinité à un simple modalisme.(voir p. 95) * ZlUldel et Légaut n'essayent pas de masquer ces nombreuses et graves erreurs. En 2000, le jubilé a été l'occasion d'une immense repentance, en particulier pour l'inquisition, les croisades, les querelles théologiques, les excommunications, les duretés envers les hérétiques, l'injustice envers les femmes, etc. ** En 1521 Luther avait déclaré qu'il ne croit ni à l'infaillibilité du Pape, ni à celle des Conciles: ''puisqu'ils se sont souvent trompés et contredits". Dans son ouvrage Oser être chrétien aujourd'hui publié en 2000, Pierre de Locht fait remarquer que la prétention à l'infaillibilité n'est pas conciliable avec la condition humaine (p. 53).

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