«Je le connais c'est un juif !»

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« Un jour, à Bielany, j’ai rencontré dans le tram un camarade de classe d’avant-guerre. Il m’a attrapé par le bras et s’est écrié : “Je le connais, c’est un Juif !” J’ai frappé sur sa main pour lui faire lâcher prise et je suis descendu du tram. C’est vraiment dramatique car, pendant l’Occupation, […] quand je sortais dans la rue, je craignais plus de rencontrer un szmalcownik polonais qu’un Allemand. »

Entre 1939 et la destruction planifiée du ghetto de Varsovie en mai 1943, toute une population de maîtres chanteurs, de délateurs, d’escrocs et d’antisémites patentés ont pris pour nouvelle activité professionnelle la traque des Juifs qui s’aventuraient hors de la « zone d’épidémie » (1939-novembre 1940) puis après novembre 1940 hors du ghetto. Les fugitifs étaient remis à la Gestapo contre récompense. Mais, le plus souvent, ils faisaient l’objet d’un chantage qui les contraignait à payer le silence de leurs délateurs, et ce jusqu’à épuisement de leurs ressources.

C’est à cette humanité-là, à ces szmalcownicy, que l’ouvrage de Grabowski, qui s’appuie en grande partie sur les lettres de dénonciation, donne à voir. Grabowski est témoin de l’émergence en Pologne d’une nouvelle génération d’historiens polonais prêts à mettre en lumière tous les aspects, y compris les plus sordides, des longues et complexes relations judéo-polonaises, avant et pendant la Shoah.

Publié le : mercredi 26 mars 2008
Lecture(s) : 37
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782702146064
Nombre de pages : 176
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« Un jour, à Bielany, j’ai rencontré dans le tram un camarade de classe d’avant-guerre. Il m’a attrapé par le bras et s’est écrié : “Je le connais, c’est un Juif !” J’ai frappé sur sa main pour lui faire lâcher prise et je suis descendu du tram. C’est vraiment dramatique car, pendant l’Occupation, […] quand je sortais dans la rue, je craignais plus de rencontrer un szmalcownik polonais qu’un Allemand. »
Entre 1939 et la destruction planifiée du ghetto de Varsovie en mai 1943, toute une population de maîtres chanteurs, de délateurs, d’escrocs et d’antisémites patentés ont pris pour nouvelle activité professionnelle la traque des Juifs qui s’aventuraient hors de la « zone d’épidémie » (1939-novembre 1940) puis après novembre 1940 hors du ghetto. Les fugitifs étaient remis à la Gestapo contre récompense. Mais, le plus souvent, ils faisaient l’objet d’un chantage qui les contraignait à payer le silence de leurs délateurs, et ce jusqu’à épuisement de leurs ressources.
C’est à cette humanité-là, à ces szmalcownicy, que l’ouvrage de Grabowski, qui s’appuie en grande partie sur les lettres de dénonciation, donne à voir. Grabowski est témoin de l’émergence en Pologne d’une nouvelle génération d’historiens polonais prêts à mettre en lumière tous les aspects, y compris les plus sordides, des longues et complexes relations judéo-polonaises, avant et pendant la Shoah.
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