Journal hors le temps

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« Un coup d’oeil en biais, un clic intempestif, et nous
voici propulsés au beau milieu d’une gigantesque toile
d’araignée et, n’en doutons pas, dans un coin sombre à
l’abri des regards, quelque maudit insecte guettant sa proie
d’un oeil gourmand. La première conséquence en fut que
je n’en finissais pas de brailler : du matin au soir et du
soir au matin – les poètes sont de grands menteurs, ça,
vous le savez, mais, par bonheur, à jamais exonérés du
péché originel par la grâce de leur état – bref je ne cessais
guère de verser larmes sur larmes, jusqu’au moment où,
sur le coup de mes sept ans, la raison me vint et que ce fut
bien pis encore : comme si des vannes s’ouvrant brus -
quement tout le flot s’en était déversé d’un coup entraînant
tout et lui-même dans la dévastation… »

Publié le : mardi 1 janvier 2013
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EAN13 : 9789999988979
Nombre de pages : non-communiqué
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LES DESIDERATA DU CLOWNPAPAUn pet de travers, un clic intempestif, et nous voici propulsé au beau milieu d’une gigantesque toile d’araignée avec, n’en doutons pas, dans quelque recoin dissimulé, quelque maudit insecte qui guette sa proie d’un œil gourmand. La meilleure, si l’on peut dire, c’est qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’essai : une fois déjà, précédente de peu, j’avais été bruta-lement débarqué sur cette satanée planète surnommée « la belle bleue » ignorant tout des circonstances qui m’avaient valu de me retrouver là plutôt que dans un ailleurs moins soumis aux rigueurs du temps. La première conséquence en fut que je n’en finissais pas de brailler du soir au matin et du matin au soir… Sept années durant, je ne cessais guère de verser toutes les larmes de mon corps jus-qu’au moment où la raison me vint, et que ce fut bien pis, comme si des vannes s’ouvrant brusquement, tout le flot s’en était déversé d’un coup. Et c’est la raison pour laquelle je vous demande hum-blement, posément : mesdames et messieurs, mes bons amis, à quoi peut en être réduit un pauvre gars qui, en possession de tous ses moyens, n’a plus assez de larmes pour en faire la démonstration. Par chance un brave père curé, ayant eu vent de ma détresse, me tapa sur l’épaule et me dit : « Ne t’inquiète, mon petit bonhomme, de larmes j’en ai à revendre, je te prêterais volontiers quelques-unes des miennes, et pour la suite, dès que rendus au Paradis nous règle-rons nos petits comptes en bons amis que nous serons devenus. » J’en devins tout bouffi, rouge de honte et ne m’en départis point. J’avais réalisé d’un coup dans ma cervelle d’oiseau l’ampleur de la combine qui sévissait entre le Ciel et la Terre, lesquels en était réduits à un échange de larmes. C’est alors que réalisant l’incongruité de la
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chose, dressé sur mes ergots, du plus haut que je pus et de toute ma force, qui est considérable, je lançais un joyeux cocorico à la face des Cieux qui, d’émotion, et d’un trop-plein d’amour, en pissèrent dans leur froc.
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Bref, vous êtes là à chercher une voie qui vous mène dans un ailleurs plein d’agrément et vous vous retrouvez cheminant par d’étranges détours, main dans la main, avec un grand de ce monde doté du nom abominable de Monsieur Microsoft qui vous souffle à l’oreille des mots d’une tendresse à mourir de rire… DE LA CURIEUSE FAÇON QUE LESDIEUXONT DE SE REPRODUIREComment ne pas nous apparaître comme suspecte cette atten-tion soudaine que nous ont récemment portée les dieux, après avoir dédaigné notre espèce des millions d’années durant ? Certains me diront : vous avez mal choisi votre moment, cher ami, pour agiter pareille question, nous sommes dans les temps de l’avent, d’un instant à l’autre peut nous naître un jeune dieu nommé « Jésus » – car comme vous le savez peut-être, toute chose devant être nommée en ce monde afin d’assurer le règne du Fils de l’Homme. Déjà la parturiente de nature semi-divine et semi comme vous et moi, mais belle à vous arracher des sanglots, est à l’ouvrage ; elle aurait, à l’heure qu’il est, perdu ses « eaux », un signe qui ne trompe pas, dit-on, et déjà, l’âne, le bœuf et le bon saint Joseph retiennent leur souffle comme de vaillants guerriers fourbissent leurs armes à la veille de livrer bataille. Le spectacle que se disputent à parts égales la pénombre, le fourrage et le grand éclat, est tout bonnement époustouflant et l’émotion à son comble, de quoi chauffer à blanc nos esprits et stimuler nos imaginations pour les siècles des siècles à venir.
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Il n’empêche qu’en cet instant où semble se décider l’avenir de nos terres et de tant d’autres de par le monde, une question se pose ardente comme un buisson d’épines entrées en pleine effervescence : comment mettre bas un gros bébé joufflu sans atteindre à la Virginité de la Maman. Il est vrai que le Créateur se créant lui-même en tout ce qu’il crée, est censé de ce fait même remplir tout l’espace, il peut aussi aisément passer discrètement par le trou d’une serrure que franchir en grande pompe le portail béant d’une cathédrale. Ce sont là ce qu’on appelle, avec beaucoup d’à-propos desmystères, car à défaut d’arguments, ils répondent admirable-ment à leur fonction qui est de suppléer à la logique avant qu’elle n’aille à se perdre dans quelque délire qui pourrait lui être fatal… D’aucuns penseront : c’est là une façon comme une autre de noyer le poisson une fois que l’imprudent a mordu à l’hameçon, à quoi, en tant que fin pêcheur de gardons, j’ajouterai qu’ils ont agi selon les règles de l’art, car c’est bien d’un « art » qu’il s’agit, sans contre-dit possible,l’art suprême du mensonge dont seuls disposent les descendants d’homo sapiens en cet univers de par une grâce qu’ils ne doivent qu’à leur prodigieuse industrie. QUANDDIEU SADRESSE AU PEUPLE ÉLUAVEC SA FOUGUE HABITUELLE,LES OISEAUX EN PLEIN VOL BRÛLENT COMME DES TORCHESIN MEMORIAMSerait-il à-propos, voire charitable de le rappeler, mais la der-nière fois qu’un dieu a voulu se mêler de trop près des affaires d’homo sapiens, et folie pure et simple, à visage découvert s’il vous plaît, cela s’est soldé par un échec cuisant. Manque de sang-froid ou quoi, sans doute ignorait-on là-haut dans la demeure du Père éternel que l’homme est tout de temps et de prière, qu’on ne mé-lange pas les torchons et les ser viettes et que lorsqu’il y a confusion il y a fatalement rétro-vision.
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Eh oui ! ce ne fut une fois de plus sur ce fameux chemin de Damas, ni plus ni moins voué à la lumière que n’importe quel autre, que je fus brutalement jeté bas de ma monture. Un rapide regard de droite et de gauche, rien : le désert dans toute son aridité, rien de rien, sinon un maigre buisson d’épines d’où semblait s’échapper un peu de fumée légère. Légère, pas de quoi, me dis-je, jeter à terre un cavalier confirmé. De là, j’en conclus qu’il me fallait consulter. Depuis, mon guérisseur, après qu’il m’ait eu pris la tension artérielle et examiné le fond de l’œil avec une attention soutenue, me recommanda le port permanent d’un chapeau à large bord et d’une paire de lunettes teintées. « Simple hallucination » qu’il me fit, due à la chaleur exubérante d’une part et au surmenage intellectuel d’autre part, ajoutant : « La fixation d’image sur la rétine est un classique de ces vastes zones perdues dans leur nudité ; la vue ne sachant plus que faire de son état, se retourne sur elle-même comme un mort se retourne dans sa tombe. » À noter cependant que ce praticien, par ailleurs apprécié pour ses diagnos-tiques réputés infaillibles, est un sacré damné matérialiste et qu’il convient, en conséquence, de demeurer circonspect. Pour mon compte, je conclus de tout ce micmac qu’on m’avait quelque part comme désigné du doigt, et que peut-être même quelque entité malfaisante ayant du temps à perdre me suivait du regard, qu’il pouvait s’agir d’un propos délibéré voire d’une conspiration sur-naturelle, or il se trouve que je considère le surnaturel comme du naturel de mauvais goût. En tout cas, pas de quoi en faire un fromage, songeais-je, et pas question d’aller non plus sur la place publique haranguer le peuple, histoire de lui prouver que je ne suis pas plus bête qu’un autre mais que j’évite simplement de le faire valoir. OK ? COMMENT IL MA ÉTÉ DONNÉ DE VOIR UN MIROIRSE FROISSER SOUS LES EFFETS DUNE QUESTIONQUUNE DAME LUI AVAIT POSÉE(Énième petite réserve d’idées pour les jours de disette.)
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« Les âneries nous avaient solidement structurés ; on pourrait dire solidifiés, me disait un chrétien pur sang, ces sortes de gens d’une grande délicatesse qui prennent le mors aux dents pour un pet de travers. » Frère Lui du Léon Un monsieur, gentleman de la fine pointe de ses moustaches à son gros orteil, ne me confiait-il pas, il y a peu : « Nous autres, libres penseurs… » ? À ces seuls mots j’eus comme un sursaut, un bondissement de l’âme, une espèce de délire lent qui s’installait en majesté : « libre penseur », à peine en marche nous voici face à un prodige. Comment s’y prendre, me dis-je, pour mériter un titre aussi flatteur, alors que de toute évidence nos pensées nous mènent par le bout du nez au gré de leurs fantaisies ou autres fantasmes. J’étais si jeune, si jeune en ce temps-là – à peine né comme dirait Claudel – ; depuis les choses ont bien changé, je suis vieux à ne plus savoir qu’en faire (diminuendo, diminuendo– hélas, je n’écris pas avec des noires, des blanches, des dièses et des bémols à la clé ; il me faut faire avec les mots, ces sortes de signes très misérables). Dieu Tout-Puissant, toi qui peux tout, et ne fais rien, toi qui sais tout et ne sais rien, ne pourrais-tu faire de sorte que ton vieux pote élabore ses farces et attrapes avec des blanches et des noires, des croches et des doubles croches, des points d’orgue et des soupirs, et à partir de là on pourrait parler de miracle avec un peu plus de sérieux.
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« Les dieux sont la partie immergée de notre conscience. » Sœur Marie Montaigu-le-Brisette Je vous demande un peu : qu’y a-t-il de plus fatal qu’une idée qui vous vient à l’esprit ? Je ne verrai guère pour départager les consciences enfiévrées qu’un bon petit panneau savamment disposé au beau milieu de notre cerveau précisant : pensées libres, tourner à droite ; pensée engagées, tourner à gauche. Mais ne voyez-vous pas
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que nous sommes coincés sous des amas de ferraille, j’en entends qui hurlent et alors, faites comme moi, « démerdez-vous » et soit dit en passant, c’est à ces sortes de remarques appuyées qu’on recon-naît le mieux la dure façon d’enseigner ce que certains appellent la « Bonne Parole », contrairement à d’autres qui ne sont que des saute-ruisseau.
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Dieu nous parle de nouveau de sa grosse voix de morne plaine : « Ô frères très humains, ne prendrez-vous jamais la mesure du tort que m’a causé votre manie de penser à tort et à travers ? On ca-quette, on rouscaille, on revendique même, on émet des idées dans un nuage de postillons et je sens ma silhouette se former et se déformer au gré de vos élucubrations, mieux vaut, je vous jure, élever de petits singes que de grands hommes, d’autant si leurs regards se tournent vers le métier des Belles Lettres. »
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Une pensée, c’est comme le cours d’un fleuve : qui ne pourra jamais l’empêcher d’aller se perdre dans la mer, au risque de voir celle-ci s’enfler comme la grenouille de la fable ?
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« Toute combinaison mathématique de la plus simple à la plus hasardeuse n’est là que pour cacher l’échec du : un et un font deux, dont on serait bien en peine d’expliquer le terrible mystère qui se cache là derrière… » Frère Carmin du Boisvelu « Pure spéculation ! » J’en entends hurler dans la salle – et alors, quoi d’autre ce pourrait être, à partir du moment où l’intelligence s’en mêle ? – et d’autres et d’autres toujours de surenchérir : « Mais de quoi se mêle cet avorton, est-ce une façon de prouver quoi que ce soit que se conduire comme un chien dans un jeu de quilles ? Demeurons des imbéciles, mes chers frères, c’est notre seule chance et recherchons à tâtons la porte de sortie. »
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Or chacune de nos pensées n’est-elle pas, en elle-même, une tentative d’évasion, si vaine soit-elle ?
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« Il y en a comme ça dont le destin serait frappé au fer rouge et, vois-tu fiston, je crains fort d’être l’un d’eux. De plus en plus mon royaume est au carré, là où partout ce ne sont que rondeurs et falbalas. » Ainsi s’exprimait Dieu récemment au cours d’un grand meeting où toutes les fourmis venues des quatre coins du Ciel avaient tenu forum. DE LA SAINTETÉOU DES RISQUES DU MÉTIERQu’en serait-il des dieux hors du langage des hommes ? Sans doute vagiraient-ils encore dans quelque recoin ténébreux des Cieux, ignorés de tous et d’eux-mêmes. Ô mes très chers et très vénérés compatriotes des temps immémoriaux, vous qui durant des mil-lions et des millions d’années, avez porté notre espèce à bout de bras, dédaignant le froid, la faim et les griffes des bêtes sauvages, il n’y eut jamais parmi vous, en dépit de votre courage et de vos innombrables mérites, ni saints, ni saintes affichés au palmarès des Cieux. Qui jamais ne pourra corriger une pareille forfaiture ? Que chacun se fasse un devoir à cette heure qui sonne, d’honorer la vertu de ces braves gens, garçons et filles qui, pas à pas, mot à mot, construisirent dans la froidure et la peur un vocabulaire et une syntaxe sans pareille qui permettent à l’heure qu’il est, aux plus dégourdis d’entre nous, de pérorer gaillardement sur la place pu-blique.
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Les dieux ne seront jamais qu’un succédané de notre langage avec Lui : ils apparaissent d’une façon quasi naturelle et avec lui disparaîtront par un mouvement tout aussi naturel.
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Et pour vous en convaincre si besoin était, il suffit d’effacer de votre répertoire le mot « dieu » et de faire le constat de ce qu’il reste de la « chose » : pas même un peu de poussière dans l’air plombé du plein été.
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Réponse des clercs avisés : « Sachez, monsieur, qu’il nous im-porte bien peu de ce genre de mecs-là que vous évoquez, le passage duRédempteura tout balayé. Ils avaient leurs affaires qui traitaient de leur relation avec le démon ; nous avons les nôtres qui ont l’avantage d’être bénies par la grâce de monseigneur l’évêque, un homme très comme il faut, pas du tout ce guignol endimanché comme on le prétend dans certains milieux anticléricaux. Crénom, qu’il y a de méchantes gens sur cette Terre, à un tel point que notre bon Lucifer ne sait plus où donner de la tête ! »
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Notre destin est si dramatique que le seul fait de devoir l’affron-ter tout au long d’une existence, nous dispense de tout autre critère d’appréciation, le bien et le mal ordinaires n’étant que de misérables comparses n’ayant plus cours, rendus à ces hauteurs de vue… Laissons à la discrétion des citoyens dans les basses-cours de justice de juger du pour et du contre,sûrs qu’ils seront d’être dans l’erreur. Car le pouret lecontresont deux cavales fougueuses qui ne se laissent pas maîtriser par le premier venu.
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Y en eut-il jamais un, un seul parmi les beaux parleurs de ce monde et reconnus comme tels par ses pairs, pour adresser le moindre signe de reconnaissance à ceux auxquels ils doivent d’être
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en mesure d’assembler deux idées et de pouvoir les exposer au grand jour et à grand éclat de voix sur la place publique parmi tous ces innombrables : Abraham, Moïses, Platon, Socrate, Aristote, tous ces demi-dieux parfois bavards comme des pies, parfois muets comme des carpes : les Pierre, les Paul, les Jacques, les Jésus, les Socrate, les Augustin, les Pascal, les Friedrich – ah ! les Friedrich –, et sans qu’il y paraisse, tous ceux-là du grand cirque des lettres, qui n’aient eu à l’égard de ses concitoyens d’un autre temps – auxquels il doivent tout de leur renommée – un moindre signe d’amitié ou de reconnaissance.
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Je laisse le soin d’aller plus loin à ceux qui pratiquent l’art de développer un sujet, je me déclare, pour ma part, inapte à ce genre d’exercice. À chacun son métier : aux uns de défricher, et de se salir les mains, aux autres de herser, ratisser. et en dernier lieu aux plus malins les soins de la récolte.
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L’abomination de la désolation, pour sûr que ça existe ! Et le péché originel en est un des plus glorieux spécimens ! Quelle honte, grand dieu quelle honte ! Quel manque de considération pour l’Être en soi – et là c’est bien le cas de le dire – qui ne saurait s’ex-traire de l’innommable carcan qu’au prix d’un reniement de son état tel que voulu par le Créateur. En tout cas, une façon indigne d’asseoir son autorité.
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Quelles sottises n’irons-nous pas débiter au saint nom de la très Sainte Trinité – encore une de cesinventionsbarbares en vue de rendre un peu plus à merci le peuple des innocents. Déjà pas facile d’agir contre l’esprit, mais quand il se fait saint par son propre décret – un décret de lui-même, songez un peu ! Tous ceux-là qui voudraient que face à face à ce terrible destin qui nous accable, tous et sans discernement d’un même accablement, les uns aient eu un plus grand mérite que les autres… Une ignominie pure et simple,
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et pire, unefaute, une terrible bavure. L’esprit chèrement acquis, ni plus ni moins acquis, réduit à de la crotte de bique… SAUT DE LUNE,SAUT DE PUCE ET SAUTE-RUISSEAU« Est-ce ma faute à moi si, à la grande assemblée des élus, je pré-fère le menu peuple des fourmis. »Frère Dieu Chacun est en droit de se poser la question : qu’en serait-il de ce monde sans bornes imaginables, si je n’étais là moi, insecte déri-soire, pour témoigner de son immensité ? Si exorbitante qu’elle paraisse, la question n’en demeure pas moins posée.
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À tous ceux qui considèrent notre entendement comme un don du Ciel, c’est oublier que la conscience ne peut se concevoir sans vocabulaire et que le vocabulaire, tel qu’il se présente, est un total acquis d’homo sapiens, quand bien même ce serait à partir du sifflement du serpent ou du coassement de la grenouille. En atten-dant, dans cette heureuse perspective, sa devise demeure : « Pour vivre heureux, vivons cachés. Et agissons sans désemparer. Dans l’ombre propice. »
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Laconscience: le terme est pompeux à souhait. Elle a fait de nous des êtres sans autre exemple connu. Sont apparues avec elle les notions, entre autres celle d’être à même de distinguer le beau et le laid, le meilleur et le pire. En un mot tout ce qui fait de nous des hommes en état de penser et de discutailler le bout de gras avec ses congénères par la seule grâce de ses vaillants ancêtres qui, pas à pas, mot à mot, bâtirent un empire capable de rivaliser littéralement avec les quatre éléments.
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