L'Afrique sera-t-elle catholique ?

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Dans la perspective du prochain synode africain, des religieux et religieuses de la famille de l'Assomption, issus de quatre continents, s'interrogent sur l'avenir du christianisme en Afrique. Leurs analyses croisent l'anthropologie, l'histoire, la théologie. Soucieux de promouvoir un dialogue entre la foi et la vie, ils ont voulu communiquer les résultats de leur recherche.
Publié le : lundi 1 octobre 2007
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EAN13 : 9782336262512
Nombre de pages : 284
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L’Afrique sera-t-elle catholique ?

© L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-04016-8 EAN : 9782296040168

Sous la direction de Marie-Paulette ALAUX, o.a., Jean-François PETIT, a.a., Isabelle ROUX, r.a.

L’Afrique sera-t-elle catholique ?
Des religieux s’interrogent

Préface du Père Julio Navarro Román, a.a. Assistant général des Assomptionnistes

Actes de la 3e Rencontre internationale de l’Assomption pour le dialogue (Nairobi, juillet 2006)

L'Harmattan

Les auteurs
Béatrice CHURU, Kenyane, est professeur de philosophie de l’éducation à Ekima College, à Nairobi (Kenya). Pierre DIARRA est malien. Il enseigne l’anthropologie à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle et à l’Institut catholique de Paris. Il est directeur du service de documentation des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) à Paris et rédacteur en Chef de la revue « Mission de l’Église ». Il a publié notamment Proverbe et philosophie, Karthala, 2002. Benoît GUILLOU est rédacteur en chef de « La chronique », le mensuel d’Amnesty international. Il est par ailleurs membre de la Commission épiscopale Justice et Paix-France. Mgr Josaphat LEBULU est archevêque d’Arusha en Tanzanie, président des conférences épiscopales d’Afrique de l’Est. Jan LENSSEN, Père Blanc, est le secrétaire exécutif de la commission œcuménique de la conférence épiscopale kenyane. Oswald LUSENGE est prêtre assomptionniste congolais, ancien responsable de la Commission Justice et Paix du diocèse de Butembo (RD-Congo). Il prépare actuellement une thèse de philosophie à l’Institut catholique de Paris. Josée NGALULA TSHIANDA, Congolaise, est religieuse de saint André. Elle enseigne actuellement la théologie dogmatique à l’Institut saint Eugène de Mazenod (Kinshasa) ainsi qu’aux Facultés catholiques de Kinshasa. Elle est notamment l’auteur de La mission chrétienne à la rencontre des langues humaines (Kinshasa, Médiaspaul, 2003) ; Dieu dénonce et condamne les violences faites à la femme Mont Sinaï, 2005) ; Éditions (Kinshasa,
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avec Jean IKANGA : Ces femmes qui peuplent la Bible. Anthologie de références et thématiques sur les 250 femmes de la Bible (Kinshasa, Éditions Mont Sinaï, 2006). Jean-François PETIT assomptionniste, enseigne la philosophie à l’Institut catholique de Paris. Il est notamment l’auteur de Assise, capitale de la paix (Lethielleux, 2002). Il est l’actuel président du bureau de la RIAD. Alphonse QUENUM est prêtre béninois, historien, théologien et recteur de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest. Il est notamment l’auteur de Les Églises chrétiennes et la traite négrière atlantique du XVe au XIXe siècle, Karthala, 1993 ; Évangéliser hier et aujourd’hui, une vision africaine, ICAO, 1999. Jean-Paul SAGADOU est prêtre assomptionniste burkinabé. Il est l’auteur de À la recherche des traces africaines du Dieu-Trinité. Une approche narrative du mystère trinitaire, l’Harmattan, 2006. Sidbé SIMPORE est né à Ouagadougou (Burkina Faso) en 1938. Il a enseigné l’exégèse et la théologie au grand séminaire d’Ibadan (Nigeria), à l’Université catholique d’Afrique de l’Ouest à Abidjan (Côte-d’Ivoire), au Collège des Dominicains d’Ottawa (Canada), à l’École de la foi et des ministères de Fribourg (Suisse). Membre de l’association panafricaine des exégètes catholiques, il a organisé plusieurs colloques sur l’afro-christianisme. Il est conseiller de la revue « Concilium », où il a publié de nombreux articles. Nicolas TARRALLE est président de la Commission Justice et Paix de la province de France des assomptionnistes, auteur d’un mémoire de DEA intitulé « Bruno Chenu, tiers théologien : au service de l’Église une et fraternelle ».

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PRÉFACE
Au nom des Supérieures générales et Supérieur général de nos cinq Congrégations de l’Assomption – il faudrait dire maintenant, des nos « six » Congrégations – puisque les Missionnaries Sisters of the Assumption participent aussi pour la première fois, je souhaite la bienvenue à toutes les sœurs et à tous les frères qui sont venus si nombreux pour participer à cette session de la RIAD 2006. Je rappelle que RIAD veut dire « Rencontre Internationale de l’Assomption pour le Dialogue interreligieux et œcuménique ». Cette rencontre de Nairobi fait suite à celles de : Valpré (Lyon, France, 2002), qui avait pour thème le dialogue avec les grandes religions, telles que le Bouddhisme, l’Hindouisme, l’islam, etc. ; Durau (Roumanie, 2004), qui nous a permis de découvrir l’orthodoxie, la vie monastique orientale, les Églises catholiques de rite slave et le devenir du dialogue œcuménique. Et maintenant, à Nairobi (Kenya, 2006), nous voulons aborder le défi de découvrir l’Afrique comme « une culture de dialogue entre la foi et la vie » (thème de notre rencontre). Je vous rappelle aussi les trois objectifs majeurs de nos RIAD. 1. C’est un temps de partage, d’échange d’expériences
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et de convictions entre frères et sœurs de la Famille de l’Assomption (un jour, il y aura aussi des laïcs…), engagés dans le dialogue œcuménique ou interreligieux ou qui se préparent pour ce ministère. Ce premier but de notre rencontre sera particulièrement souligné cette fois-ci, d’abord parce que tous les continents sont pour la première fois bien représentés, et ensuite parce que nos sœurs et frères d’Afrique ont beaucoup à partager à partir de leur culture et leurs expériences d’Église. 2. Un autre objectif de la RIAD est la formation des participants. Nous venons tous pour apprendre un peu plus. Nous voulons « aller plus loin dans la réflexion et la pratique ». Pour cela, les organisateurs de la session ont eu le souci d’inviter des intervenants de grande qualité, qui pourront beaucoup nous apporter, non seulement au niveau de la réflexion théorique, mais aussi à partir de leur propre expérience. Cette session présente une caractéristique spéciale : parmi les participants, il y a un grand nombre de sœurs et de frères assez jeunes, qui viennent précisément pour s’ouvrir à une réflexion plus approfondie et plus universelle ; ceci vaut pour les frères et les sœurs africains, mais aussi pour ceux qui découvrent l’Afrique peut-être pour la première fois. 3. Le troisième but de nos rencontres RIAD est en lien avec un aspect fondamental du charisme de la Famille de l’Assomption : notre souci pour l’unité de l’Église, pour l’œcuménisme, et aussi pour la promotion de la justice et de la paix dans notre monde actuel, au moyen du dialogue. Et nous voudrions que chaque participant, chaque participante
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à cette rencontre devienne un agent multiplicateur, un animateur, un promoteur, dans nos communautés, nos Provinces et nos Églises locales de cet aspect de notre charisme. Pour terminer, je remercie les Frères et les Sœurs du Bureau RIAD (Isabelle Roux, Marie-Paulette Alaux, Michel Kubler, Jean-Daniel Gullung, Jean-François Petit, René Mihigo), qui depuis deux ans préparent cette rencontre, avec grand dévouement, avec grand enthousiasme et initiative aussi, et surtout, je crois, avec un grand amour pour l’Église et l’Assomption. Merci aussi aux Frères et Sœurs de ce que nous avons appelé le Bureau local, qui ont été et seront les collaborateurs discrets et cachés pour nous venir en aide dans les mille détails d’organisation pratique. D’avance, un grand merci à nos traductrices, Marianne et Tessa. Merci à vous tous, qui êtes ici pour vivre ensemble cette aventure d’une RIAD en Afrique. Père Julio Navarro Román, a.a. Assistant général des Assomptionnistes

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MOT DE BIENVENUE AUX PARTICIPANTS DE LA 3e SESSION DE LA RIAD
Qu’il vous plaise, à vous tous et toutes ici rassemblés par l’amour du Christ Jésus, de me voir devant vous prendre la parole pour vous adresser quelques mots de bienvenue. C’est pour moi un grand honneur de parler au nom de tous les missionnaires, hommes et femmes, de la grande famille de l’Assomption oeuvrant sur cette terre d’Afrique, une terre que nous tenons gracieusement de Dieu à travers nos ancêtres. À tous et à toutes, je souhaite la bienvenue ! Vous êtes chaleureusement invités à vous sentir chez vous ici chez nous en Afrique et particulièrement au Kenya, à Nairobi de façon plus particulière encore. Que cette terre d’Afrique, réputée hospitalière sans pareille, vous le reste pendant tout votre séjour parmi nous et pour toutes les fois que vous voudrez vous y rendre dans l’avenir avec un et seul objectif, celui d’y renforcer la vie. J’espère que vous n’avez pas éprouvé des difficultés pour l’obtention de vos visas auprès de nos ambassades respectives implantées en Occident ou ailleurs pour arriver jusqu’ici ! Tous et toutes ici nous ne pouvons perdre de vue le mobile de notre rencontre qui aura, je l’imagine, un caractère très international. Il s’agira pour chacun, chacune d’entre nous de prendre une part effective à cette 3e Session de la RIAD consacrée spécialement à l’Afrique. Je vous remercie de votre présence ici et d’avoir répondu favorablement et massivement à l’invitation qui vous a été adressée par les supérieurs généraux de nos congrégations.

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Par ailleurs, je salue tous ceux et celles qui, de loin comme de près, se sont dévoués et vont continuer à se dévouer corps et âme pour le bon déroulement de cette session qui a pour ambition de nous ouvrir les horizons sur les réalités africaines. Qu’ils soient tous et toutes assurés de notre gratitude ! Qu’un hommage soit de nouveau rendu à vous nos frères et sœurs en Christ qui n’êtes pas issus de ce continent pour l’intérêt que vous avez pour nous et que vous ne cessez d’avoir sur l’Afrique. Bien que celle-ci se retrouve pour certains « hors-série » ou « hors-jeu » sur les plans socioéconomique ou politique, vous ne vous lassez pas de compter sur elle, de vous intéresser à elle et de collaborer avec elle pour tout ce qui est profitable à tout être humain. Cela prouve que vous avez compris que la personne humaine peut être démunie de certaines choses matérielles, sans doute, mais jamais elle ne le sera jamais de tout. Avec et par vous, nous allons, certes, nous connaître davantage. Sommes-nous capables de relever progressivement les défis concernant les secteurs vitaux en Afrique ? Malgré ses difficultés réelles, ce continent ne peut être effacé de la carte du monde. Il ne peut mourir prématurément. Tel est notre rêve, tel est sans doute aussi votre rêve à vous qui l’aimez. Au reste, que dire encore, sinon vous souhaiter à tous et toutes un bon travail et une participation active à cette session ? Père Vincent KAMBERE, a.a. Provincial d’Afrique des Assomptionnistes Nairobi, le 28 juillet 2006

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DIEU CHANGE EN AFRIQUE

DES RELIGIEUX ET RELIGIEUSES EN QUÊTE DES SEMENCES DU VERBE EN TERRE AFRICAINE C’est avec joie qu’il me revient d’avoir le rôle de fil rouge de cette 3e Session de la RIAD. Le Père Julio en a précisé le contexte et l’historique. Il m’importe d’en préciser maintenant l’orientation. Le titre de notre session « L’Afrique, une culture entre la foi et la vie » mériterait en tant que tel d’abondants commentaires. Il est certain qu’aujourd’hui, plus aucun africaniste sérieux ne se risque à traiter l’Afrique dans sa globalité. Comme le Christ a « 100 visages », il y a aujourd’hui « 100 Afriques ». Ayant établi ici notre tente à Nairobi, c’est-à-dire en Afrique anglophone, les francophones parmi nous sont déjà invités à une première conversion. C’est tant mieux car nous allons nous mettre à la recherche d’une Afrique qui n’est déjà plus celle du XXe siècle. Si vous prenez l’excellent ouvrage de référence, L’Afrique au XXe siècle d’Elika M’Bokolo, vous pouvez déjà mesurer la distance qui nous sépare d’une Afrique qui appartient au passé ou qui n’est que celle de notre imaginaire, de nos représentations spontanées et pas tellement celle de la fidélité au réel, de l’analyse argumentée et de la conviction éprouvée. Or nous avons tous à faire un effort d’actualisation. Comme le dit un proverbe malinké « C’est le chien d’aujourd’hui qui sait comment attraper le rat d’aujourd’hui ». C’est sûr, le Kenya offre de multiples occasions de nous faire rêver. C’est peut-être l’un des pays africains qui a le plus inspiré les romanciers, tel Joseph Kessel ou Karen Blixen. Et quand nos débats s’enliseront, le souvenir des images somptueuses du film « Out of Africa » nous aidera à retrouver la beauté de ce continent. Car l’Afrique, ce n’est pas qu’un concentré de problèmes : les guerres, les famines,
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le poids de la dette, la désertification, le sida, l’urbanisation incontrôlée, les 40 bidonvilles ici autour de Nairobi… Nous ne pourrons faire l’économie de ces réalités. Mais en plaçant cette 3e RIAD sous le signe du dialogue entre la foi et la vie, nous nous orienterons résolument du côté de l’Afrique qui bouge, qui lutte, qui prie et qui grandit. Il ne s’agira pas pour autant de sombrer dans un « afrooptimisme », tout aussi dangereux que « l’afro-pessimisme » de bien des africanistes actuels. Notre rôle sera plus modestement d’être des « veilleurs » et des « éveilleurs », des « guetteurs ». Nous sommes réunis ici parce que nos raisons d’espérer de l’Afrique sont plus grandes que celles d’en désespérer. Nous sommes ici parce que nous voulons faire l’expérience de l’écoute commune, de la réflexion partagée, de l’interpellation fraternelle, ce qui, en tant que tel, est déjà une forme « d’œcuménisme pratique ». Dans quelques mois, nous aurons célébré le 20e anniversaire de la rencontre interreligieuse d’Assise, l’une des initiatives les plus importantes du pontificat de Jean-Paul II. Lors de la publication de mon ouvrage sur le sujet, le Père Goulven Madec, grand connaisseur de saint Augustin, m’avait dit : « le dialogue interreligieux, c’est bien, le dialogue intra-religieux, c’est mieux ! ». Il n’avait pas tort, tant il est vrai que nous aurons besoin, surtout dans les ateliers de l’après-midi, de bien tenir compte de nos expériences respectives, de nos approches personnelles, de respecter nos formations, nos insertions, nos congrégations et nos missions. Nous sommes pour la plupart loin d’être des spécialistes de l’Afrique, mais nous avons le désir de pénétrer dans le sérieux des analyses qui la concernent.
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Nous ne sommes pas tous africains, mais ce n’est pas pour autant que nous devons rester muets sur ce qui se passe sur ce continent. Nous ne sommes pas tous enfin théologiens ou universitaires de métier, mais nous sommes prêts à suivre des personnes un peu plus avancées que nous pour nous guider sur le chemin de nos découvertes. Il y a donc quelque chose d’initiatique dans ce que nous allons vivre durant ces quelques jours ensemble. Initiatique dans le sens d’un passage assumé dans notre vie d’hommes et de femmes, de religieux et de religieuses, en quête de Dieu à travers l’écoute des semences du Verbe disséminées en terre africaine. S’il fallait reformuler le titre de cette 3e RIAD, je l’intitulerais volontiers « Dieu change en Afrique ». Oui, Dieu change en Afrique et les cinq portes d’entrée retenues par l’équipe d’animation qui a travaillé depuis plus de deux ans pour préparer cette session nous donneront de le comprendre. Nous ferons tour à tour – même si ce sont de bien grands mots – de l’anthropologie, de la sociologie, de l’ecclésiologie, de l’œcuménisme, de la théologie Nous le savons, l’Afrique, c’est 50 % de la population de moins de 15 ans, c’est une cinquantaine d’États, c’est un synode à nouveau en chantier. Comment ne pourrions-nous pas être les témoins de cette vitalité étonnante, mais aussi les spectateurs engagés de ces bouleversements en raison même de notre vocation de religieux et de religieuses, de laïcs en Assomption ? La question qui va guider cette session me paraît donc simple : quelle peut être notre contribution, modeste, mais résolue, au développement personnel et spirituel des
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Africains et ainsi, de participer à la construction d’un monde de justice et de fraternité entre les peuples ? Vous me permettrez de terminer cette introduction par une évocation personnelle, du Burkina-Faso, un petit pays d’Afrique de l’Ouest où j’ai vécu et avec lequel j’ai gardé pas mal de liens. Quand vous vous promenez dans les nouveaux quartiers de la capitale, Ouaga 2000, vous trouvez de grandes avenues, où les voitures circulent rapidement, sans guère faire attention aux piétons. Notre RIAD peut avoir la tentation de s’engager comme si elle était à Ouaga 2000, pressée et inattentive. Par contre, si vous prenez le temps de flâner vers la place des cinéastes, du côté des petits maquis ou des nouveaux cybercafés, là vous risquez d’y trouver le cœur d’une ville qui bouge, qui fraternise, qui danse, qui travaille. À nous tous de faire en sorte qu’ici, à Nairobi, notre RIAD aille vraiment à la rencontre de cette Afrique-là ! Jean-François PETIT, a.a.

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QUE SIGNIFIE « VIVRE HUMAINEMENT » EN AFRIQUE ?
(Extraits de l’intervention de Pierre Diarra)

Je voudrais tout d’abord vous remercier de m’avoir invité à votre session, merci aux organisateurs et à René Mihigo que je connais un peu plus. Merci de me donner ainsi l’occasion de connaître un peu plus les Assomptionnistes et de découvrir le Kenya, cette partie de l’Afrique que je ne connais que dans les livres… Mais je ne vous cacherai pas l’hésitation que j’ai eue quand j’ai commencé à réfléchir sur le sujet que les organisateurs de cette session m’ont demandé de traiter, même si par ailleurs je suis très heureux de rendre ce service aux Assomptionnistes. En effet, je travaille aux Œuvres Pontificales Missionnaires – Coopération missionnaire et j’ai eu l’occasion de donner un cours à l’Institut catholique de Paris sur un sujet semblable. De plus, j’ai connu Bruno Chenu qui reste pour moi un ami… Enfin, en tant qu’enseignant à Paris III – Sorbonne Nouvelle et rédacteur en chef des hors-série de la revue Mission de l’Église, je travaille dans la presse, la communication, et je sais que les Assomptionnistes sont attentifs à ces domaines. Pourquoi ai-je eu quelques hésitations quand j’ai commencé à réfléchir sur le sujet, à savoir : Une introduction générale sur l’anthropologie africaine traditionnelle : rapport homme/femme, mort, sacré/profane, rapport à l’environnement, au cosmos, aux ancêtres… ? D’abord parce que le sujet est très vaste et j’ai eu peur que mon intervention soit soldée par une frustration générale. Ensuite, je me suis demandé si, en peu de temps, une matinée de réflexion
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théorique et une après-midi de partage, d’échange d’expériences et de convictions, nous ne serions pas obligés d’effleurer simplement les questions anthropologiques de ce grand continent. Enfin, je me suis demandé si réellement je pourrais utiliser la méthode chère aux anthropologues, à savoir un bon terrain, pour vous faire sentir la complexité des analyses anthropologiques. À cette question de méthode s’ajoutait un double problème grave : prendre dans un premier temps le risque de parler de tous les Africains en me basant sur quelques cas glanés ici et là, et, dans un second temps, laisser croire que l’anthropologie africaine traditionnelle existe et qu’elle est aujourd’hui accessible. Le risque d’aller glaner des éléments anthropologiques dans tous les coins d’Afrique, c’est prendre le risque d’être incohérent !… Les consignes des organisateurs m’ont rassuré, car, selon ce que j’ai compris – et j’espère que je les ai bien compris… – il s’agit de rappeler quelques éléments anthropologiques familiers à la plupart des participants, pour leur donner des orientations afin qu’ils puissent aller plus loin. L’aspect théorique et les échanges d’expériences devraient donc vous enrichir conjointement, étant entendu que les intervenants sont invités à illustrer leurs propos de nombreux exemples concrets. D’abord, en Afrique, que signifie « vivre humainement » ? I. « VIVRE HUMAINEMENT » ? Observez le comportement quotidien de certains Africains (en ville comme au village), et vous constatez qu’ils vivent dans un monde animé, plein d’esprits et d’êtres vivants de toute sorte. L’homme, un être parmi les autres, paraît bien petit et bien faible dans un monde plutôt hostile, où il doit apprendre à vivre en liant de bonnes relations et en sachant compter sur les autres.
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1. Un cosmos où il faut savoir lier des relations L’ensemble des êtres visibles et invisibles, tout ce qui a été créé et qui forme l’univers, co-existent. Et ce n’est pas toujours la paix qui règne ! Les plus forts et les méchants tentent de faire régner leur loi. L’homme a donc intérêt à lier de bonnes relations avec les uns et les autres1. Bien vivre, ce sera savoir lier de bonnes relations. 2. Vivre, ce sera avant tout respecter l’ordre cosmique L’ordre cosmique semble préétabli par le créateur. On pense souvent que les existants (ou les étants, pour parler comme certains philosophes), l’homme y compris, sont classés selon une hiérarchie. Quand celle-ci est troublée, le créateur peut y remettre de l’ordre. On pense qu’il ne veut pas que ses créatures dés-harmonisent le cosmos. Les Bwa du Mali et du Burkina, par exemple, pensent que celui qui appelle Dieu à son secours attendra longtemps avant qu’il parvienne jusqu’à lui. Un proverbe le dit très bien « Si Dieu est ton sauveur, il arrivera quand tu auras beaucoup souffert ». Il est sous-entendu que l’homme doit prendre sa responsabilité, s’insérer dans le cosmos et prendre les moyens de se défendre, en liant de bonnes relations avec les plus forts, en respectant la nature et tous les êtres qui peuplent l’univers. Ainsi, un autre proverbe dit : « Si tu demandes à Dieu 1000 F, toi cherche les 500 F »2.
Julien BONHOMME, Le miroir et le crâne. Parcours initiatique du Bwete Misoko (Gabon), Paris, CNRS Éditions/Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2005. L’initiation instaure un autre type de rapport à soi et à autrui par le biais d’une série de pièges qui opèrent une recomposition de la relation aux aînés, aux êtres invisibles, aux sorciers, aux femmes, aux ancêtres… Le rituel est peut-être moins une affaire de croyances et de symboles qu’une affaire de contextes, de relations et d’ironie. 2 Cf. Cécile LEGUY, Le proverbe chez les Bwa du Mali, Paris, Karthala, 2001 ; Pierre DIARRA, Proverbe et philosophie, Paris, Karthala, 2002 ; Pierre DIARRA
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3. Vivre, c’est aussi lutter Quand l’inquiétude, l’angoisse et les soucis viennent provoquer le découragement, certains Africains ont tendance à céder au fatalisme. D’autres, au contraire, pensent que cette situation doit être un stimulant dans la lutte pour la vie. Le proverbe suivant semble le signifier : « Le perroquet dit : je ne vais pas enfanter au moment de l’abondance ; mon petit en viendrait à ne pas supporter la faim ». Pour ne pas être dupe, il est sage de se conformer à la tradition, aux coutumes qui ont fait leur preuve. En s’y conformant, on s’intègre dans le groupe de vie et la peine est partagée. L’homme sait qu’il n’est jamais seul pour mettre le toit d’un grenier (je paraphrase un proverbe). Il sait que l’unité et la vie se créent autour de la recherche de la nourriture (ce qui entre dans la bouche), mais aussi autour de la parole proférée et accueillie (ce qui sort de la bouche) ; la vie communautaire est basée sur l’union des bouches (nourriture – besoins – et paroles) et l’union des têtes et des cœurs (projet – désirs, souhaits... – et pensées) ; l’expression « a nyû a do » des Bwa semble le résumer. 4. Vivre, c’est surtout conclure des alliances Les Bwa du Mali aiment dire : « Un chien a beau être méchant, il ne va pas se mordre le cou ». En fait, les relations, les alliances, les amitiés et la fraternité sont les meilleurs remèdes contre la méchanceté des êtres visibles et invisibles. Pour vivre, l’homme doit s’entourer de nombreux « médiateurs » ; d’où l’importance de la solidarité. En Afrique la famille (la grande famille) est importante et elle inclut les défunts ; des liens quasi-familiaux unissent les habitants d’un même village, les personnes de la même classe
– Cécile LEGUY, Paroles imagées, Rosny-sous-Bois, Bréal, 2004.

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d’âge (ils ont été initiés ensemble), les familles alliées, les familles à plaisanterie, les amis, sans oublier toutes les personnes qui peuvent apaiser l’ennemi ou réconcilier l’ami ou l’allié, qu’ils soient visibles ou invisibles : la multitude des êtres invisibles auxquels de nombreux Africains érigent des autels. Ainsi, une réconciliation importante ne peut être faite sans l’association des ancêtres, avec le sacrifice approprié. Ce n’est pas seulement l’affaire des vivants visibles. II. ET DIEU DANS TOUT ÇA ? Il n’est pas souvent question de Dieu dans les pratiques cultuelles quotidiennes des Africains, sauf au niveau des salutations, des souhaits. Cependant les Africains sont en relations avec Dieu : qu’il s’agisse de sacrifice aux ancêtres ou aux Esprits, ils ne manqueront pas de citer en premier lieu le nom de celui qu’ils considèrent comme le dieu unique. Nous pouvons nous référer au Nande ou au Wanande du Congo et de façon plus générale aux Bantous. Nyamuhanga serait un être absolu et tout autre3. Le préfixe « Nya » veut dire « celui qui donne la vie à, l’Auteur, le dispensateur, le créateur » ; ce préfixe a aussi le sens de seigneurie et d’autorité du maître en soulignant l’idée d’antériorité du fondateur par rapport à sa descendance. Le morphème « mu » est le déterminatif de la catégorie des personnes dans les langues bantoues. En kinande, il pourrait se traduire par « quelqu’un, une personne » douée d’intelligence, de conscience, de volonté, ayant un esprit qui lui permet d’agir en propre. « Hanga » pourrait signifier « créer » à la forme interrogative. Nyamuhanga serait donc une périphrase
Cf ; Abbé Waswandi Kakule NGOLIKO, « Nyamuhanga : la conception de Dieu chez les Nande du Zaïre », Cahiers des religions africaines, vol 19, n. 38, juillet 1985, pp. 249-268 ; P. Lieven BERGMANS, Les Wanande, t. 2 : Croyances et pratiques traditionnelles, Butembo, Éditions A.B.B., 1971.
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interrogative qui pourrait se traduire par « Qui-l’Auteur-decréer ? » ou encore « Qui-le-créateur ? » Nyamuhanga seraitil le créateur pas excellence ? Ce Dieu, en tout cas, a une multitude d’attributs que l’on peut décliner par rapport à son mode d’existence (l’Esprit suprême), par rapport à son rôle de Créateur et de Providence (celui qui a la totalité de la sagesse et du savoir-faire ; le toutpuissant qui a la force, le Maître du possible et du futur ; celui qui crée la chance, la Providence ; celui qui arrange la vie, l’Ordonnateur ; le Façonneur, le Potier par excellence ; le Père, l’Ancien qui vit depuis toujours), par rapport à la vie quotidienne des hommes (le maître de l’abondance, Dieu de la multiplication des richesses ; le gardien par excellence, le berceur ; le pasteur par excellence, le maître des troupeaux ; celui qui se penche sur les malheurs des hommes ; le consolateur fidèle, celui qui fait attendre pour les bonnes choses ; celui qui suscite les souvenirs, celui qui rectifie et promet une vie à naître ; celui qui nous tire du danger, le sauveteur, le sauveur ; celui qui fait grandir les hommes, le maître de la jeunesse masculine ; le protecteur de la jeunesse féminine) ; par rapport aux événements de l’histoire (le justicier, celui qui atteste, celui qui voit et compromet tout ; le vaillant guerrier, la lance qui défend les hommes ; le pacificateur ; le Dieu maître des eaux ; celui qui commande aux éboulements) ; par rapport au gouvernement de l’univers (le premier qui est déjà là, celui qui est au complet, le saint ; le roi de tous les pays, le seigneur de la terre, le bienfaiteur des agriculteurs ; le souverain universel ; le victorieux du tambour ; celui sur qui personne n’a dit un dernier mot). Cette floraison de noms de Dieu ou d’attributs renvoie bien sûr à la vie africaine nande, à des analogies sociales et cosmiques : roi, artisan, père, enfant, éboulement… Prenons le temps de lire une page sur le grand sacrifice au Dieu Nyamuhanga (cf Abbé Waswandi Kakule NGOLIKO, « Nyamuhanga : la conception de Dieu chez les Nande du
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Zaïre », Cahiers des religions africaines, vol 19, n. 38, juillet 1985, p. 267). Dieu, c’est éminemment celui qu’il faut remercier notamment après une naissance chez les Ba-Luba4 : « Seigneur nous te remercions : Tu nous as réjouis avec les nombreuses naissances Que tu nous as données. Rien de ce que nous t’offrons N’est digne de toi. Ainsi nous te donnons seulement Cette petite quantité de bière : Nous te remercions. » À moins d’associer diverses compréhensions occidentales du terme « religion »5 celui-ci s’applique mal aux pratiques cultuelles et à la « vie religieuse » des Africains. Les religions africaines renvoient à une conception du monde, à une philosophie et à une morale, avec bien sûr des aspects spécifiquement religieux, des croyances, une organisation sociale, une foi peut-être, et cela avec différents aspects culturels, diverses traditions6. Un problème de terminologie
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Cf. Th. THEUWS, « Croyance et culte chez les Ba-Luba », Présence Africaine, 18-19, févr-mai 1958, p.32 ; cf. Louis-Vincent THOMAS et René LUNEAU, avec le concours de J.-L. DONEUX, Les religions d’Afrique Noire. Textes et traditions sacrés, Paris, Fayard/Denoël, 1969, p. 44). 5 Pour les Africains, la religion n’est pas seulement une « croyance en des êtres spirituels » (Tylor), ni seulement « un désir de l’homme qui se manifeste luimême par la prière, le sacrifice et dans la foi » (Feuerbach), ni « le soupir de la créature aliénée » (Marx) ou encore « l’illusion névrotique » (Freud) ; elle se rapproche de la conception du terme religio des Romains : « un ensemble de croyances et de pratiques traditionnelles propres à une société humaine particulière, qui honore ainsi ses dieux » (Michel MESLIN, L’expérience humaine du divin, Paris, Cerf, 1988, pp. 26-27 ; cf. Quarante idées de religion, dans Michel DESPLAND, La religion en Occident. Évolution des idées et du vécu, Coll. Héritage et Projet n. 23, Montréal, Fides, 1979, pp. 537-542). 6 Cf. Louis-Vincent THOMAS et René LUNEAU, La terre africaine et ses religions, Paris, L’harmattan, 1980.

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se pose, même si des aspects culturels et religieux sont communs aux peuples africains. Je préfère utiliser les termes « peuples » et « groupes humains » à la place du terme « ethnies » qui pose question à certains anthropologues. Ces derniers pensent qu’on a usé et abusé de la notion d’ethnie, sans toujours préciser ce qu’on entendait par ce terme qui ne rend pas vraiment compte de la réalité qu’il désigne7. Est-on « incurablement religieux » en Afrique ? Les anthropologues l’ont pensé que l’Africain. Ce point pourrait être un des aspects importants qui rassemblent tous les Africains. Mais il faut savoir que le sens du mot religion a été déterminé à partir des grandes religions passées et actuelles : hellénique, latine, chrétienne, islamique, extrême-orientales. Souvent, les religions africaines traditionnelles ou religions des Ancêtres sont absentes des grands débats mondiaux sur les rapports entre christianisme et les autres religions8. Certes, il n’y a pas d’autorité officielle des traditions religieuses d’Afrique ni de théologiens attitrés. Et pourtant, les adeptes de ces religions sont estimés à plus de 350 millions de personnes (cf. Michel MESLIN, dans son livre L’expérience humain du divin (1988, p. 24-25) : une anecdote fondée sur un événement historique qui pose bien le problème de la terminologie). Dans les années 1950, Victor Turner a analysé les rituels des Ndembu de Zambie il a expliqué qu’au niveau de la croyance, « la religion ndembu comporte quatre principales composantes : 1. La croyance en un Dieu suprême, Nzambi, personnage nonchalant qui aurait laissé aller le monde à sa guise après
7 Jean-Loup AMSELLE et Elika M’BOKOLO, Au cœur de l’ethnie. Ethnie, tribalisme et État en Afrique, Paris, La Découverte/Poche 1985 ; Jean-Loup AMSELLE, Logiques métisses, Paris, Payot, 1990. 8 Cf. Concilium n. 203 (1986) intitulé : « Le christianisme parmi les religions du monde ».

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l’avoir créé. Son nom n’est jamais mentionné dans les prières ou dans les rites ; on l’associe plus ou moins au temps qu’il fait et à la fertilité ; au dire de certains Ndembu, les esprits des ancêtres intercèdent auprès de lui en faveur de parents frappés par le malheur. 2. La croyance en l’existence d’esprits des ancêtres ou « ombres » ayant le pouvoir (ng’ovu) d’accorder à leurs descendants les bienfaits de l’existence ou de les leur reprendre. Cette composante a une si grande importance que la religion ndembu doit être considérée comme une religion à caractère animiste ou domestique plutôt que théiste. 3. La croyance en l’efficacité intrinsèque de certaines substances animales ou végétales que la littérature désigne généralement sous le nom de « médecines ». Ces médecines ont une action bienfaisante ou malfaisante à condition d’être préparées et utilisées par des praticiens qualifiés dans le cadre du rituel (…). 4. La croyance dans le pouvoir destructeur et antisocial des sorcières et des magiciens (… « destructeurs pervers de la vie »). Sorcières et magiciens possèdent des esprits familiers qui agissent tantôt comme instruments de leurs maîtres ; tantôt, passant ou à la volonté de ceux-ci, pour leur propre compte. »9 Plus loin, Turner précise que chaque type de rite comporte une multitude de symboles ou un système de symboles, un symbole désignant « un objet qui, de l’assentiment général, en signifie un autre le représente ou le rappelle par analogie ou par association d’idées ou de fait ». Les symboles dits rituels sont multivoques, c’est-à-dire ont plusieurs sens10.
Victor W. TURNER, Les tambours d’affliction. Analyse des rituels chez les Ndembu de Zambie, Paris, Gallimard, 1972, p. 25 ; Victor W. TURNER, Le phénomène rituel. Structure et contre-structure, Paris, PUF, 1990. 10 Victor W. TURNER, Les tambours d’affliction, p. 28.
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Dans les années 1960, Vincent MULAGO écrivait : « Si l’on veut ébaucher une description de la religion de nos trois groupes de Bantu, on pourrait dire que la religion est l’ensemble cultuel des idées, sentiments et rites basés sur : - la croyance à deux mondes, visibles et invisibles ; - la croyance au caractère communautaire et hiérarchique de ces deux mondes ; - l’interaction entre les deux mondes, la transcendance du monde invisible n’entravant pas son immanence ; - la philosophie de l’homme Muntu s’intègre dans la religion et inversement. Sa philosophie, comme toute sa vie, est religieuse, et sa religion est une philosophie vécue. »11 En fait, un premier problème est donc lié à la définition du terme « religion ». On peut penser aujourd’hui que la religion est l’expression vivante, sociale et individuelle d’une relation à « quelque chose » ou « quelque réalité » qui dépasse et englobe l’homme et le monde, s’accomplissant dans une tradition et dans une communauté (dans la doctrine, l’ethos – éthique, morale – et le plus souvent dans le rite). Il peut s’agir de Dieu, de l’absolu, du nirvâna, du tao, des ancêtres, etc. Ces aspects sont importants pour l’homme africain tout comme la tradition et la communauté qui le structurent, donnant sens à sa « doctrine » religieuse, à son ethos, ses rites et la transcendance qui le font vivre. Le deuxième problème concerne la place que l’Africain accorde à sa religion ou à ses croyances. À en croire Eloi Messi METAGO, dominicain camerounais, auteur de l’ouvrage Dieu peut-il mourir en Afrique ? (Karthala, Paris, 1997), l’indifférence religieuse et l’incroyance se rencontrent de plus en plus en Afrique. Pour lui, la religion aurait peu de
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Vincent MULAGO, Un visage africain du christianisme. L’union vitale bantu face à l’unité vitale ecclésiale, Paris, Présence africaine, 1962, p. 83.

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