L'amour conjugal comme "totalité" et "espérance"

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Bibliquement, l'univers est l'œuvre créatrice de Dieu. En cela, il ressort que Dieu a créé l'homme et la femme en amour propre, intelligence et liberté comme une « seule chair », c'est-à-dire, comme une communion et une totalité, de telle manière que c'est finalement Dieu qui s'est converti en un « nous personnel » de la créature humaine. C'est donc en considérant le principe humain de la communication et de la totalité qui se réfère au couple humain que ce livre redéfinit la nature humaine sous le regard de Saint Augustin.
Publié le : dimanche 15 novembre 2015
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EAN13 : 9782336396880
Nombre de pages : 210
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L’amour conjugal comme « totalité » et « espérance »
Godefroid-Léon KHONDE
Au-delà de toute la confusion générée par les théories
de l’évolution par la sélection naturelle et le Big Bang,
bibliquement, il est révélé que l’univers est l’œuvre créatrice
de Dieu. En cela, il ressort que Dieu, en d’autres termes, le
« nous trinitaire » a créé l’homme et la femme en amour L’amour conjugal comme propre, intelligence et liberté comme une « seule chair »,
c’est-à-dire, comme une communion et une totalité, de telle « totalité » et « espérance » manière que c’est nalement Lui, Dieu, qui s’est converti en un
« nous personnel » de la créature humaine. Celle-ci atteint la
plénitude de ces prémices seulement lorsque, par le biais de Une lecture patristique
l’amour, de l’intelligence et de la liberté, elle s’inscrit à former à la lumière de Saint Augustin
une communion et une totalité. Cela est sans doute pour
que l’homme et la femme, chacun selon son identité propre,
arrivent à se dé nir et à élever l’amour qui les unit jusqu’à sa
plénitude, c’est-à-dire comme participation à l’œuvre de la
création divine. C’est donc en considérant le principe de la
communion et de la totalité qui se réfère au couple humain
que nous avons pensé redé nir la nature humaine sous le
regard de saint Augustin.
Godefroid-Léon KHONDE est né en 1960 en République
démocratique du Congo. Diplômé en philosophie en
1983 et en théologie en 1986, il fut ordonné prêtre en
1987 à Matadi en RDC. Professeur et Curé de paroisse
de 1987 jusqu’en 2000 il obtient la Licence en mariage
et famille en Espagne. Docteur en théologie morale à
l’Académie Saint Alphonse de Liguori de l’Université Pontifi cale de
Latran à Rome en 2008, Godefroid-Léon KHONDE est actuellement
curé de trois paroisses et professeur de Morale Sociale et Doctrine
Sociale de l’Église à l’I.S.S.R. San Damaso à Tortosa en Espagne.
Illustration de couverture :
© Hemera - Thinkstock
ISBN : 978-2-343-07806-9
21,50 € théologique & spirituelle théologique & spirituelle
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L’amour conjugal comme « totalité » et « espérance » Godefroid-Léon KHONDE









La plénitude de l’amour conjugal
comme « totalité » et comme
« espérance » dans l’Amour de Dieu

Lecture patristique à la lumière
de saint Augustin
















Godefroid-Léon khondé








La plénitude de l’amour conjugal
comme « totalité » et comme
« espérance » dans l’Amour de
Dieu

Lecture patristique à la lumière
de saint Augustin











L’Harmattan





























© L'Harmattan, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-07806-9
EAN : 9782343078069






Sommaire


Introduction générale .................................................. 7

Chapitre I
L’homme créé à l’image et ressemblance de dieu
selon saint Augustin .................................................. 13

Chapitre 2
La création de l’homme en deux étapes selon saint
Augustin (De Gen. ad litt. 6, 8) ................................ 33

Chapitre 3
L’application à l’homme et à la femme de
l’expression : « être créé à l’image de Dieu » (De
Gen. Alla litt. 6, 19. 20) ............................................ 67

Chapitre 4
Le corps humain et ses caractéristiques .................. 103

Chapitre 5
Adéquation ou inadéquation de l’analogie trinitaire
du couple homme et femme .................................... 143

Conclusion générale................................................ 169

La bibliographie ...................................................... 175

Table des matières .................................................. 203

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Introduction générale


L'ouverture de nos vies à la plénitude de la loi est
d'aimer Dieu et le prochain. Dans le mariage, deux
vies s’ouvrent pour s’unir et marcher dans la même
direction. L’amour conjugal qui est la pièce
maîtresse de leur union a toujours été considéré
comme la communion d’un « nous personnel » de
deux personnes, l’homme et la femme, depuis la
création. C’est le Créateur, Lui-même qui a mis la
plénitude de la loi dans l’amour POUR Dieu et pour
le prochain.
Le premier couple humain avait, dès la création,
bénéficié de cette communion d’amour trinitaire de
trois personnes divines : Père, Fils et Esprit-Saint de
telle manière que le « nous trinitaire » s’est converti
en « nous personnel » de chaque créature humaine
de Dieu. Dès lors le « nous personnel » ne peut se
réaliser qu’à travers l’amour, don de Dieu trinité
depuis la création.
C’est dans l’expression « être une seule chair »
que nous voyons impliquée la notion de la
communion, l’amour conjugal, la totalité et la
sociabilité. C’est en considérant le principe de la
totalité qui se réfère au couple humain, homme et

femme, depuis la création que nous avons décidé de
lire la pensée de saint Augustin sur la création. Nous
allons nous atteler à exploiter quelques-unes de ses
œuvres qui parlent de la création pour tenter de
retrouver le « nous » par amour qui conduit à la
catégorie de la totalité.
Le thème de la création va être l’objet de notre
réflexion. Nous nous sommes interrogés sur
l’identité propre de l’homme et en quoi elle consiste,
car à l’heure actuelle elle est devenue très ambiguë.
L’homme ne se reconnaît plus avoir été créé par
Dieu par peur de perdre sa liberté qui lui permet de
vivre sa vie selon ses goûts, ses sentiments et sa
sensibilité. Dans la logique de l’homme actuel, il
faut tuer Dieu pour être libre et vivre dans le
« bonheur ».
Dans l’histoire passée, il a été observé qu’un
grand nombre de gens attribue à Dieu l’origine de
l’univers et de l’homme en particulier. Il y a eu dans
la suite du temps, bien d’autres défenseurs qui
considérèrent l’univers et l’homme comme faisant
partie d’un donné matériel et factuel, c’est-à-dire un
univers qui aurait son fonctionnement d’abord
proprement mécanique, puis évolutif et, enfin, qui se
développerait dans une production de l’ensemble de
l’univers.
On a beaucoup pensé que cet univers-là
fonctionne selon des lois totalement séparées et
indépendantes de la volonté divine. C’est en ce sens
que l’homme actuel est convaincu qu’il peut avec le

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temps arriver à maîtriser les lois qui régissent
l’univers et, enfin, se passer pour maître du monde.
Notre préoccupation consiste de redéfinir la nature
humaine sous le regard de saint Augustin.
Il y a une nécessité de reposer encore la question
de jadis homo, « tu, es qui ? » à partir de la Bible,
une des sources historiques les plus anciennes. Nous
nous efforcerons de lire la pensée des quelques
Pères de l’Église, qui ont été, dans le temps passé,
de grands spécialistes en ce domaine, spécialement
saint Augustin chez qui la création est un sujet d’une
importance capitale. Il va d’ailleurs le présenter dans
deux œuvres différentes : De Genesi adversus
Manichaeos et De Genesi ad litteram.
Les deux œuvres précitées peuvent nous aider de
manière plus conforme à faire une lecture patristique
afin de retrouver les traces véritables de l’origine de
l’homme et le but de son existence. Parlant de
l’homme, nous voulons simplement faire allusion à
celui qui se réalise dans la masculinité ou la
féminité. C’est dans cette logique qu’il nous plaît de
montrer en quoi consistent la masculinité et la
féminité de l’être humain, créature de Dieu.
En d’autres termes, nous voulons donner une
explication comme saint Augustin de cette
masculinité et féminité qui se fusionnent par amour
pour former une seule personne comme au
commencement. Cela est sans doute pour que
l’homme et la femme, chacun selon son identité
propre, arrivent à se définir et à élever l’amour qui

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les unit comme une mission participative à l’œuvre
de la création divine.
Nous sommes, à ce sujet, intéressés à faire une
analyse comparative de ces deux œuvres à partir
desquelles nous voulons retrouver la signification
« être à l’image et à la ressemblance de Dieu »,
l’application de cette expression à l’homme et à la
femme, l’inadéquation de l’analogie trinitaire de la
famille. Nous appuierons notre réflexion, sans
doute, sur certaines autres œuvres de saint Augustin.
Cette réflexion, nous pensons l’articuler en cinq
chapitres.
Dans le premier chapitre, il s'agit d'indiquer le
sens et le signifié que nous donnons à
l'interprétation être créé « à l'image et la similitude
de Dieu ». Le deuxième chapitre parlera de la
création de l'homme dans ses deux étapes selon saint
Augustín. Il s'agit de l'homme antérieur sans la
distinction de sexe, à laquelle s'applique l'expression
« être créé à l'image et la ressemblance de Dieu » et
de l'homme naturel dans son corps et son âme dans
lequel l'implication de la Trinité à l'œuvre de la
création est plus active.
Dans le troisième chapitre, nous aborderons
l'application à l'homme et à la femme de l'expression
« être créé à l'image et la similitude de Dieu ». C'est
une donation à l'homme et à la femme de ce qui est
propre à la Trinité : l'intelligence, l'amour et la
liberté. Le quatrième chapitre concerne l'homme et

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la femme dans ce qu'ils ont de commun et de
différence : l'âme et le corps.
Le dernier chapitre consiste en ce qu'on parle de
l'adéquation ou de l'inadéquation de l'analogie
trinitaire au couple homme-femme sans sortir
cependant du contexte et de l'esprit de saint
Augustin.

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Chapitre I

L’homme créé à l’image et
ressemblance de dieu selon saint
Augustin


Introduction
Les interprétations sur la création de l’homme qui ont
été faites par beaucoup de Pères de l’Église jusque-là
paraissent être plus conformes et plus proches de la
vérité sur la question des origines de l’homme. Elles
sont des interprétations qui sont dans l’orthodoxie
chrétienne catholique en ce sens que Dieu seul est
reconnu comme l’origine de toute chose créée, visible
et invisible. Nous faisons allusion aux interprétations
faites par Origène, Grégoire de Naziance, Clément
d’Alexandrie, saint Jean Chrysostome, Grégoire de
Nice et saint Ambroise.
À ces premières interprétations s’ajoutent d’autres
qui viennent de quelques chrétiens indépendants
comme Prudence, Mario Vittorino, Diadoco, Fulgence

di Ruspe, Jean Cassiano, etc.… Si les premières
interprétations faites par les pères de l’Église étaient de
saveur sociologique en ce sens qu’ils ont fait une étude
rationnelle et critique de la société humaine, saint
Augustin, par contre a fait une analyse non seulement
sur l’origine de l’homme et de la femme, mais aussi
sur leur constitution vitale et sur leur comportement
mutuel.
Nous voulons à partir de cette interprétation nous
inspirer pour faire notre réflexion. Toutefois,
l’interprétation de la création de l’homme faite par
saint Augustin dans son sixième livre de La Genesi II,
La Genesi alla lettera, est celle qui nous intéresse. En
effet, de toutes les créatures, l’homme seul est capable
de se donner une identité non seulement parce qu’il est
être qui existe, mais encore parce qu’il est doté aussi
des facultés lui permettant de chercher d’où il tire son
origine et pourquoi est-il différent des autres créatures.
Considérant sa position vis-à-vis du Créateur et des
autres créatures, l’être humain peut se rendre compte
qu’il est vraiment au centre de la création. Vis-à-vis du
Créateur, il n’existe pas seulement comme une nature
pure qui serait en marge du surnaturel, il existe comme
un être appelé à vivre une communion avec son
Créateur, c’est pour cela qu’il ne peut trouver sa
plénitude qu’en Dieu et on ne peut trouver en aucun

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être humain une expérience naturelle neutre ayant
relation à son destin futur puisque sa nature a été
pleinement assumée par Dieu, le Créateur à travers son
1Fils notre Seigneur .
C’est de cette manière que l’humanité présente et
future est considérée comme n’ayant de sens que dans
le Créateur : Dieu. D’ailleurs, saint Augustin, dans sa
prière, dit que l’être humain fut créé corps et âme par
2et pour Dieu . Ce qui revient à dire que l’homme ne
peut se comprendre profondément qu’en rapport avec
son Créateur. Dieu, par justice, est le premier et le
dernier recours.
En effet, la Bible enseigne que l’homme a été créé
« à l’image de Dieu », pour qu’il soit capable de
connaître et d’aimer son Créateur. Dieu l’a créé et l’a
constitué seigneur de toutes les créatures terrestres,
pour les dominer et pour s’en servir, en glorifiant
3Dieu .

1 CONCILIUM OECUMENICUM VATICANUM II (1962-1965),
Constitution pastorale Gaudium et spes, 22 ( 7-XII-1965):AAS
58 (1966) 1120.
2 Cf. AURELIO AGOSTINO, Confessiones : P.L., 32, 659 - 869
(Traduction espagnole: Las Confessiones, I, 1, 1. Edit. San
Pablo, Madrid, 1998). “nos hiciste, Señor, para ti, y nuestro
corazón está inquieto hasta que descanse en ti”.
3 Cf. Ps. 8, 5-7

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1. 1. Les deux grandes sources sur la
création chez saint Augustin
Parmi toutes les œuvres de saint Augustin, deux de
ces œuvres ont été destinées aux manichéens. En effet,
saint Augustin cherchait à corriger leurs erreurs sur la
mauvaise interprétation que les manichéens faisaient
de l’Ancien Testament au sujet de la nature de Dieu et
4celle de l’homme . Il s’agit de De Genesi adversus
Manichaeos et De Genesi ad litteram. Dans ces deux
œuvres précitées, saint Augustin traite sur douze livres
le thème de la création depuis le commencement
jusqu’à l’expulsion d’Adam du paradis c’est-à-dire de
tout ce qui vient de Dieu.
Ce traité sur la création, en fait, n’est rien d’autre
qu’une interprétation de Genèse de l’Ancien Testament
que saint Augustin va regrouper dans les livres
intitulés : La Genesi alla lettera expliqué non dans le
sens allégorique, mais dans le sens propre des faits
5historiques . Il y parle de la création depuis l’acte
créateur de Dieu dont on voit l’action de la Trinité déjà

4 Cf. ANGELO DI BERARDINO ( Ed.), Patrologia. Dal Concilio
di Nice (325) al Concilio di Calcedonia (451). I Padri latini. III
vol. Marietti (s.a), p. 357
5 Cf. AURELIO AGOSTINO, La Genesi II. La Genesi alla lettera,
Ritrattazioni 2, 24. 1, Città Nuova Editrice 1989 (Traductions,
notes et indices par L.Carrozi).

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dans le monde spirituel divin. L’action créatrice divine
se poursuit jusqu’aux œuvres de la création dans leur
diversité et leur distinction.
Bien que l’homme ait des traits communs avec les
bêtes, il est cependant différent des autres créatures par
la raison et la conscience qu’il prend de sa liberté et de
son sentiment d’amour. C’est ainsi que chez saint
Augustin on peut voir l’homme occuper la place
centrale. L’homme apparaît ainsi comme le sommet de
toute la création. À partir de l’homme se crée tout un
ensemble de rapports avec le Créateur et les autres
créatures.
Toutefois, dans la création de l’homme, nous
décelons tout un processus dynamique et continu,
lequel est visible à toute la création. Si dans la
première œuvre, saint Augustin parle de l’homme
intérieur qu’il identifie à l’esprit, on doit dire que dans
la seconde œuvre, il fait plus allusion à l’homme
corporel, celui que Dieu a modelé de ses propres
mains. En effet, jamais les créatures sont nées de Dieu,
mais elles sont toutes faites par Dieu à partir de rien.
De Genesi adversus Manichaeos libri se présente
comme une exégèse allégorique, mais elle est aussi une
interprétation littérale ou scientifique de la création.
Elle est exégétique dans la forme puisque

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l’interprétation que fait saint Augustin sur la création
dans la Genèse est quelque peu obscure dans son sens
et dans sa portée. Par exemple, lorsqu’il affirme que la
création tout entière dans sa nature et dans son essence
est l’œuvre de la Trinité, c’est-à-dire du Père, du Fils et
du Saint-Esprit.
Mais il semble qu’il y a comme un détachement
visible des personnes divines dans l’œuvre de la
création, lorsque Dieu crée toute chose par et pour le
Fils, Verbe de Dieu. Le Verbe est présenté comme le
Principe de la Sagesse de Dieu. Il paraît ici obscur
l’indication du rôle de Père et du Saint-Esprit dans
l’œuvre de la création. En plus, lorsque saint Augustin
évoque le sens qu’il accorde à l’expression « Faisons
l’homme à notre image et ressemblance »,
l’interprétation exégétique qu’il en fait est totalement
allégorique.
Elle est, en effet, allégorique en ce sens que les
éléments narratifs et concrets « image » et
« ressemblance » correspondent à un détail dont le sens
est abstrait. Ils renvoient à l’idée que l’homme n’est
pas à l’image de Dieu, mais qu’il devient image de
Dieu par Jésus Christ. saint Augustin donne ainsi l’idée
de croire que l’homme est image de l’image parfaite de
Dieu. L’image originale et parfaite de Dieu est Jésus
Christ dont l’homme est comme une photocopie.

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Toutefois, l’expression « être à l’image de Dieu »
prétend symboliser certaines caractéristiques de Dieu
comme la raison, l’intelligence, la liberté, l’amour de
Dieu tandis qu’« être à la ressemblance de Dieu »
symboliserait la participation de l’homme à la
divinité. Dès lors, nous trouvons que l’interprétation
qu’on peut faire à ce qui précède est variée. Elle ne
doit pas seulement être allégorique puisque saint
Augustin a tenté aussi de faire une interprétation
littérale dans De Genesi ad litteram liber imperfectus
même s’il va l’abandonner subitement.
C’est pourquoi d’ailleurs, on rencontre beaucoup
de difficultés dans l’interprétation littérale de cette
œuvre. Cette œuvre est aussi apologétique ou
polémique par son contenu. En effet, elle est une
discussion contre les thèses fondamentales des
manichéens. Elle est en fait destinée à priver les
manichéens des arguments contre la Genèse. Nous
notons la polémique plus sereine dans la profondeur
de sa pensée où nous voyons saint Augustin prévenir
les catholiques contre l’erreur en leur offrant des
arguments solides qu’ils devront utiliser lorsqu’ils
sont en discussion avec les hérétiques.
Bref, l’auteur présente son discours dans ces
deux œuvres de manière à obtenir un résultat. C’est
pour cela que les concepts qu’il emploie et la forme

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de les présenter laissent penser que l’auteur était
d’une finesse d’esprit et d’un savoir encyclopédique.

1. 2. Quelques interprétations de
l’expression « être créé à l’image et
ressemblance de Dieu ».
Cette expression est tirée de la Genèse lorsqu’on
parle de la création de l’homme. Et Dieu dit :
« faisons l’homme à notre image et ressemblance ».
Elle a été objet de beaucoup d’interprétations depuis
les Pères de l’Église jusqu’à nos jours. Nous allons
ici donner quelques interprétations faites par saint
Augustin, qui nous aideront à comprendre sa pensée
sur la création de l’homme. Dans le premier Traité
de la création, saint Augustin définit ce qu’il entend
par être créé à l’image de Dieu.
Il définit cette expression par un autre
synonyme : la similitude. Il s’agit d’une similitude
qui est due par l’effet de la ressemblance, car selon
lui, tout ce qui est semblable participe à la
6ressemblance . Cependant dans le second Traité de la
création, saint Augustin se contente d’expliquer
comment et pourquoi l’homme est créé à l’image et

6 Cf. AURELIO AGOSTINO, De Genesis c.i Man. 16, 57-58.

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