L'Eglise-Famille de Dieu en Afrique

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Dans cet ouvrage, l'auteur montre que "c'est vers la Parole de Dieu que convergent tous les rapports dans l'Eglise-famille de Dieu et c'est à partir d'elle que se constituent de vrais liens de fraternité aux dimensions universelles". Il en ressort que l'Eglise-famille de Dieu enracinée dans le terreau de la culture africaine est le lieu où le Christ-Proto-Ancêtre et Parole de Dieu incarnée occupe le centre des rapports et de la vie communautaires.
Publié le : dimanche 1 novembre 2009
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EAN13 : 9782296234925
Nombre de pages : 318
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L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU
EN AFRIQUE
Selon Luc 8. 19-21
- Problèmes deFondements-@ L'HARMATTAN 2009
5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairiehannattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
hannattan 1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-09703-2
EAN:9782296097032ROGER HOUNGBED]I, O.P.
L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU
EN AFRIQUE
Selon Luc 8. 19-21
- Problèmes de Fondements -
Préface de Barthélemy ADOUKONOU
L'Harmattan
~ditions UCAO
08 BP 22 ABIDJAN 08{COTE D'IVOIRE); FAX: (225) 22 44 1593 .,f.maü :
public.ucao@laposle.nelCollection EGLISES D'AFRIQUE
Dirigée par François Manga-Akoa
Depuis plus de deux millénaires, le phénomène chrétien s'est
inscrit profondément dans la réalité socio-culturelle,
économique et politique de l'Occident, au point d'en être le fil
d'Ariane pour qui veut comprendre réellement les fondements
de la civilisation judéo-chrétienne. Grâce aux mouvements
d'explorations scientifiques, suivis d'expansions coloniales et
missionnaires, le christianisme, porté par plusieurs générations
d'hommes et de femmes, s'est répandu, entre autres contrées et
à différentes époques, en Afrique. D'où la naissance de
plusieurs communautés ecclésiales qui ont beaucoup contribué,
grâce à leurs œuvres socio-éducatives et hospitalières, à
l'avènement de plusieurs cadres, hommes et femmes de valeur.
Quel est aujourd'hui, dans les domaines économiques,
politiques et culturels, le rôle de l'Église en Afrique? Face aux
défis de la mondialisation, en quoi les Églises d'Afrique
participeraient-elles d'une dynamique qui leur serait propre?
Autant de questions et de problématiques que la collection
« EGLISES D'AFRIQUE» entend étudier.
Dernières parutions
Armand Alain MBILI, D'une Eglise missionnaire à une
Eglise africaine nationale. L'observatoire du grand
séminaire d'Otélé (1949-1968).
Jean Paulin KI, Michel BELEMGOUABGA, Abraham
ZERBO, Lutter contre la pauvreté en Afrique par
l'Évangile,2009.
Jean-Baptiste SOUROU, Comment être africain et
chrétien? Essai sur l'incu/turation du mariage en Afrique,
2009.
Jean-Claude DJEREKE, Les évêques et les évènements
politiques en Côte d'Ivoire (2000-2005), 2009.DEDICACE
A ma fim:s et soeurs daminiains oeumuJt etJ Am~ ck l'Ouest et i
tous ceur qui jour et nuit, peinent pour ~ r Am~ écoutz et vive ck
h Parole ck Dieu.PREFACE
Voiciun ouvrage remarquable par son contenu etpar sa
conduite méthodologique. L'auteur, qui met à son actif la
clarté et le bonheur de l'expression, jouit également d'une
puissance d'argumentation qui force la conviction de son
lecteur.
L'Eglise-Famille de Dieu en Afrique selon Lc 8, 19-21,
dans la constellation des ateliers qui jonchent le chantier
d'édification de cette Eglise depuis une douzaine d'années,
s'annonce d'emblée comme l'un des plus prometteurs. Tout
en étant un travail de grande rigueur scientifique, cet
ouvrage peut en effet déjà servir dans les cercles d'ani-
mation biblique, et à beaucoup de passages se prêter à la
Lectio Divina. C'est dire que tout l'éventail du peuple de
Dieu trouvera son compte. Son originalité qui est son
apport le plus appréciable ne se laisse pas chercher lon-
guement ,. elle est dans lefait que l'ouvrage soit centré sur
la définition de sa famille par le Christ lui-même.
Le SCEAM, depuis le Synode Africain de Pâques 1994,
s'applique à approfondir la théologie de l'Eglise-Famille
de Dieu. Il suffit pour s'en convaincre, de lire ses deux
principales lettres pastoralesl. Mais il n'a pas procédé de
manière aussi christo logiquement centrée. Il en est de
même de la CERAO.
Avec le présupposé tout à fait juste que l'Epître aux
Ephésiens est l'épître par excellence de l'Eglise-Famille de
Dieu, la CERAO s'efforce plutôt de méditer la scène de la
1 L'Eglise-Famille de Dieu issue de l'Assemblée de Midrand (1997) et
l'Eglise-Famille de Dieu, lieu et sacrement de pardon, de réconciliation
et de paix -" Christ est notre Paix" (Eph 2).8 L'EGLISE-FAMILLE DE DŒU EN AFRIQUE
Mère du Seigneur et de St Jean au pied de la Croix comme
le lieu de naissance historique de l'Eglise-Famille de Dieu,
dont l'acteur principal est bien le Christ en Croix. Dans
son Deuxième Plan d'Action (PAC2), elle développe l'idée
fondamentale qui est au principe Novo Millennio Ineunte
de Jean-Paul II, à savoir: Repartir du Christ et le prendre
lui-même comme méthode. L'ouvrage que voici vient à
point pour la concentration christo logique souhaitée, tant
au plan de la théologie que de la pastorale et de la
mission.
Roger Houngbédji part des synoptiques pour fonder
l'Eglise comme Famille de Dieu dans la "parole écoutée" :
c'est là son mérite essentiel.
Une bonne maîtrise de la sémiotique lui a permis de
restituer le texte de St Luc 8, 19-21 dans toute sa clarté et
de faire nettement émerger "l'écoute" comme la pointe
avancée où la révélation et la vision africaine de lafamille
se touchent et s'articulent, grâce à une dialectique rigou-
reusement élucidée par l'auteur, même s'ilfaut reconnaître
qu'elle a été un peu rapide.
On peut se poser la question de savoir si le détour par
E. Lévinas était nécessaire pour arriver à l'extension
universelle voulue. Ce détour laissait attendre un rappro-
chement des deux dramatiques historiques -lajuive dans la
Schoa et l'africaine dans la traite négrière qualifiée àjuste
titre par Jean-Paul II d'holocauste noir -pour donner au
"Tu ne tueras pas" ou "Ne me tue pas" la centralité qui lui
revient dans l'éthique métaphysique dont la portée
universelle éclate. Mais il n'en a rien été encore dans le
présent ouvrage. L'auteur, de toute évidence, n'a voulu que
prendre rendez-vous pour l'approfondissement ultérieur
d'une réflexion qui concerne l'homme noir au plus haut
point. Dès l'instant en effet où l'Eglise d'Afrique dans ses
représentants les plus qualifiés est allée en pèlerinage au
2 Jean-Paul II, Entrez dans l'Espérance.PREFACE 9
"sanctuaire de la douleur de l'homme noir"3 pour une
double confession - celle du retard incommensurable mis
par l'Eglise Catholique à condamner le "crime énorme"4,
celle de notre structure anthropologique qui a rendue
possible la participation active de nos ancêtres à ce
traitement indigne de nos propres frères et sœurs - une
théologie africaine de la rédemption est attendue, pour la
libération en profondeur de l'homme noir. Les évêques
d'Afrique et des Caraibes sont repartis de cet acte de
purification de la mémoire avec le projet d'une pastorale
de renaissance de l'homme noir. Ce projet lui-même
appelle un développement et un approfondissement
théologiques que le détour par E. Lévinas permet, comme
du reste Adorno, estimant toute la philosophie n'être qu'un
morceau de technique (ein Stück Technik) - entendons un de pensée instrumentale-, si elle ne se fait pensée
de rédemption. L'auteur nous fait ainsi attendre un
développement prophétique très souhaité de la théologie
africaine de la renaissance de l'Homme africain.
L'analyse faite sur le corpus biblique est en tout cas
digne de laplus grande attention. Elle s'est appuyée sur les
ressources de la sémiologie dans la première partie,. elle
a su également tirer partie de "l'hayatologie" de H.
Miyamoto pour marquer la différence fondamentale entre
la structure à risque identitaire du ''Xo'' (parole) au
fondement de la famille africaine fon et l'essence"
extatique" du ''Xo'' aufondement de la Famille de Dieu.
L'analyse faite du corpus africain fon a pris en compte
la thèse de théologie de B. ADOUKONOU et quelques
publications du Sillon Noir. Elle ne montre pas le trai-
tement que fait l'intellectuel communautaire de la
coexistence articulée des familles/clans.
3 Jean-Paul II, Discours à Gorée, février 1992
4 Pie il, dans une lettre à un évêque missionnaire qui partait pour la
Guinée en 1462
(cE Jean-Paul il Discours à Gorée, février 1992).10 L'EGLISE-FAMILLE DE DmU EN AFRIQUE
Ainsi, pour des raisons de concision, cette analyse n 'a-
t-elle pas concentré la pointe de la constitution symbolique
de la société sur la puissance de nomination (ylo do), qui
constitue l'essence du "mê" (personne). Les textes ma-jeurs
qu'il eût fallu analyser à fond auraient pu être ceux qui
tiennent en haleine le Sillon Noir depuis si longtemps:
"Mê wê no do e sin nub' ê no sin nu" : Il faut une puis-
sance personnelle de nomination pour que le signe accède
à sa valence de symbole liant.
"Mê wê no ylo do Vodun bê no nyi Vodun" : Il faut une
puissance personnelle de nomination pour que le vodun
devienne icône de transcendance. Autrement dit l'homme
doit s'apporter au rendez-vous du signe sacré (cosmique,
temporel, anthropologique, métaphysique) pour que celui-
ci ouvre sur le Transcendant, appelé "Mawu, Sêgbo-Lisa,
Mêto-Lonfin", etc.
"To do te e 0, mê.xwe mê.xwe nê ali klando ,. .xwe ka do
te e 0, mêxomê mêxomê wê ali klando" : Si le royaume tient
debout, c'est grâce aux chemins différents qui conduisent
dans les enclos parentaux des divers lignages. Et si les
enclos parentaux tiennent debout, c'est grâce aux chemins
différents qui conduisent dans les cases différentes.
Nous trouvons dans le dernier texte, un texte culturel
qui exprime le plus large spectre du procès de différen-
ciation et d'existence en autonomie tolérable pour la
capacité d'intégration sociale en culture vodun. Le texte
peut être sollicité soit au niveau de la pluralité des
royaumes requérrant une intégration dans un espace
supérieur qui régule la coexistence pacifique des royau-
mes. Mais parce qu'il n'en est pas ainsi et que le roi livre
des guerres de conquête à d'autres rois et commet des
razzias, il a besoin d'une source de purification: ce sera le
grand-prêtre de l'ancêtre de la dynastie royale, Agasu. Ce est voué à la continence à vie et expie les
fautes et souillures du roi dans la gestion politique du
royaume.PREFACE 11
En sollicitant le texte au niveau le plus infime vers la
liberté individuelle, on l'ouvre également sur la conscience
de chaque personne humaine, ce qui entraîne une existence
éthique sur la base d'une mystique de la parole - oracle
qu'est chacun. La quête de l'identité du "Mê"(''xo''J
Transcendant qui a proféré le ''xo'' qu'est chaque personne
humaine n'est pas sans balises et c'est au prêtre du Fa que
chacun recourt, depuis le roi jusqu'au plus petit dans le
royaume. Le statut de cette "Encyclopédie de savoir
mythique" reste problématique, quand nous savons que le
Sage intellectuel communautaire, fatigué de tous les
recours au magico-sorcier et aux astuces de l'idéologie du
Fa lui-même dit:
"Mi nyi gbêsu, bo jo bo do" : Observez les lois
d'alliance constitutives de la vie et laissez choir le magico-
sorcier.
n ditplus clairementau sujet du Fa : ''Atê Fa hun, tê ayi" :
Lorsque tu consultes le Fa, consulte ton propre cœur, ta
propre conscience.
Il existe bien d'autres textes culturels que nous pouvons
évoquer et commenter pour montrer comment le dialogue
avec le sage intellectuel communautaire pourrait être
ouvert à partir de la belle thèse que nous avons sous les
yeux. Mais nous nous en tenons à ceux-là, pour dire à
l'auteur nos vives félicitations, en même temps que lui
suggérer une deuxième direction possible de fécondité
ultérieure de son travail.
En faisant l'analyse de tels textes, on peut mettre plus
clairement en lumière que la fermeture identitaire n'est
qu'un risque. L'Eglise Famille de Dieu comme acte majeur
d'inculturation, fondé dans l'écoute de la Parole du Dieu
révélé dans le Christ mort et ressuscité, pourra alors
s'attester comme lieu de convergence et d'articulation de
la double parole féconde etfondatrice de la création et de
la rédemption où nous avons accès au Dieu Amour: Père,
Fils et Esprit Saint. La thèse de Roger Houngbédji, telle12 L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU EN AFRIQUE
quelle se présente, juxtapose l'identitaire et l'extatique et
l'on dirait qu'il faudrait sauter de l'un à l'autre. A notre
avis, la création et sa dynamique constitutive aUestée dans
la culture restent inaliénablement ouvertes sur l'incarna-
tion de Dieu et la divinisation de l'homme, même si le
péché n'était pas intervenu, comme le pensent les Pères
orientaux.
Nous pouvons retenir que cette thèse nous offre une clef
méthodologique pour ouvrir plus largement le chantier de
la théologie africaine de l'inculturation, qui reste à l'ordre
du jour et qu'on ne saurait simplement délaisser pour
porter lepoids de la réflexion sur les problèmes de société.
Seule la conversion enprofondeur de la personne et de son
enveloppe primordiale qu'est la structure de parenté per-
mettra de renouveler la problématique de l'ordre écono-
mique, social et politique et d'avancer dans leur résolu-
tion. CeUe thèse en est un jalon des plus importants.
Nous remercions etfélicitons son auteur.
Abbé Barthélemy ADOUKONOU
Secrétaire Général de la CERA 0SIGLES ET ABREVIATIONS
ACFEB: Association Catholique Française pour
l'Etude de la Bible
(ad loc.) : Ad locum
BETL: Bibliotheca Ephemeridum Theologica
rum Lovaniensium
CADIR : Centre pour l'Analyse du Discours
Religieux
Cahier bibI. : Cahier biblique
CERAP: Centre d'Etudes et de Recherches en Arts
Plastiques
C£ Se référer à
COLL BIBL.: Collana Biblica
Edit. : Editions
(éd.) : Editeur( s)
ETR: Etudes Théologiques et Religieuses
EvTh: Evangelische Theologie
FCK: Facultés Catholiques de Kinshasa
ICAO: Institut Catholique de l'Afrique de
l'Ouest
INADES : Institut Africain pour le Développement
Economique et Social
NRTh: Nouvelle Revue Théologique
NTS: New Testament Studies
OBO: Orbis Biblicus et Orientalis
o.R.: Osservatore Romano
p. : Page
pp. : Pages
PUF: Presses Universitaires Françaises
Q.I.c. : Quartier de l'Intellectuel Communautaire
RSR: Recherches de Science Religieuse
RevBib: Rcvista Biblica
RB: Revue Biblique14 L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU EN AFRIQUE
RICAO : Revue de l'Institut Catholique de
l'Attique de l'Ouest
SEDOS : Servizio di Documentazione e Studi
SPCK: Society for Promoting Christian
Knowledge
ss: Et suivants
1:: Tome (s)
U.B.S.: United Bible Societies
UTCP: The University of Tokyo Center for
Philosophy
VTS: Vetus Testamentum Supplements
Vol. : Volume (s)AVANT-PROPOS
L'Baboration de cette œuvre a éd pour nous l'occasion
de nous rendre compte que les ~ de fraternid am:
tiITn("11.~ions universelles qtÜ sous-tendent l'esprit d'E21ise-
famille ne sont fas un simple rêve mais tme réa1itl Le
présent travail n a en dIet pu voir le jour que pe lia
collaboration de plusieurs personnes qui, tout au long de
notre recherche, nous ont accompagn~ en~ stimuU
et soutenu l tout point de vue. Nous voudrions à travers ce
mot du début leur aprimer notre profonde gratitude.
D'abord qu'il nous soitp~ d'adresser nos remercie-
mena au Frère Adrian SChenker, o.p., ~. ma1gr~ses
multiples autres o~ations a accepd de ~er jusqu'au
bout la th~e qui a aDouti.lia publication de cet ~e,
tache qu'il a accomplieen faisant preuve de disponibilité et
d'ouverture fraternelle. Ses pertinentes observations,
5!Jgg~ons, corrections (allant même jusqu'am: menus
d&aiJsl) nous ont été tr~ prkieuses. n nous aura arpris que
tout travail de recherche est une tache lia fois engeante et
exaltante, notMnTnf'ntlorsqu'on ~e l toutes les personnes
qui pourraient en tirer parti. n y a Il pour le cherœeur une
invitation l s'dIorcer d'être daVantage !Ïgoureux, pr~ et
clair dans la pens~ et l'~ession. QU'il soit vivement
remerci~ du fâit d'avoir &eill~ en nous cet esprit tout au
long de notre recherche. Dans la même ligne, nous disons un
gmnd merci au frère Guido Vergauwen, o.p., dont la
les questionsP!Ommté,les encouragemenaet l'intérêt }>O';tt
africaines nous ont stïmul~ dans notre traVail.
Notre gratitude va ~a1ement l l'endroit du frère
François G~ o.r., et au regrdd frère François Martin,
avec lesquels s est e:ffectuœ notre initiation au travail
~~ 'otique pendant les ann~ de notre formation. 01acunL'EGLISE-FAMILLE DE DIEU EN AFRIQUE16
d'eux a manifesti un intéret partiadier i notre recherche et
a apporti de quelque manière une contribution i son é1.abo-
mt1.on.
Nous remercions ~galement les professeurs de
l'Université Catholique dë l'Attique de l'Ouest (DCAO),
qui durant nos mn~ de formation th~logt.que ont
rënforc~ en nous le souci d'une réflexion incu1tur& uk sur
les ~tions africaines. Plusieurs parmi eux nous ont, au
cours de notre investigation, encourag~ suggéd des ~tes
de recherche et partagé avec nous nos préoccupations
majeures. Q,t'ils trouvent ici l'expression de notre gratitude.
Nous nous permettons de faire aussi mention de l'appcft
combien fra.ttrnel et r~confortant reçu des frùes et sœurs de
l'Ordre des Precheurs, durant les mn~ d'aaborati.on de ce
' cu.1rere lestravail. D'abord, nous remercions ~ façon
frères Timothy RadcJiffe, o.p., et Carlos iroz Costa,
o.p., collaborateurs du Conseilti &aJice,les
~:~t::osautres de 1aCurie des Dominicains (Santa Sabina),
où nous avons pass~ plusieurs mn~ au semce de l'Ordre.
L'attention fratémelle et l'intéret que les uns et les autres ont
manifestés i notre travail (dont nous assurions 1arédaction
en lien avec le service dè l'Ordre), nous ont fortement
encourag~
Dans 1a même ligne, nous remercions les monastères et
autres commnn2lltéS dominicaines où nous nous retirions
par moments pour ~ofondtt l'un ou l'autre point de
notre recherche. L'accüëil chaleureux, le climat de prière et
l'ambiance fraternelle trouv& dans ces commnn:atIUs nous
ont éti propices i plus d'un titre. De ce point de vue, nous
ne saunons omettre de mentionner l'accueil ~ nous a
r&erv~ le couvent Saint-Etienne de l'Ecole Bibli~ de
J&usa1em, pour un con~ scientifi~e. L'ambiance £rater-
ite11eet acalikni~ l'aCcès i 1a bililiothèque et les cours
organis& par l'ECole nous ont ~ement apporté. Nous
pensons !galement aux frères du Vicanat R~giona1
a'Afrique de l'Ouest, qui durant l'aaborati.on de ce travail,
ont toujours éti i nos c&t& et nous ont, de diverses17AVANT-PROPOS
manières, encourag~ stimul~ tout en acceptant aussi notre
longue absence au Vicariat. Qu'ils trouvent tous ici
l'expression de notre profonde gratitude.
Enfin, merci 1 tous ceuz qui, de pr~ ou de loin et de
multiples manières, ont ~ leur contribution 1 la
réalisation de cette œuvre d'Eglise-famille.INTRODUCTION GENERALE
Originalité de l'étude
L'Assemblée spéciale du Synode des évêques
d'Afrique qui eut lieu à Rome du 10 avril au 8 mai
1994 semble avoir été le moment fort où le thème de
l'Eglise-famille fut choisi comme un des lieux d'inad-
turation du message évangéligue sur le continent. La
rencontre a été vécue sous le signe d'tm kairos, tm
moment favorable pour l'Eglise d'Afrique de faire le
bilan du chemin parCOUtU en matière d'évangélisation
depuis la première réception de la Bonne Nouvelle, voir
comment relever les nouveaux défis et mettre en place de
nouvelles stratégies ouvrant à tm nouvel avenir et visant
à tm meilleur enracinement de la vie évangéliqueI.
Dans la perspective d'une telle restructuration de la
vie d'Eglise en Afri~, tme des options majeures
adoptéeS par le SynoCle fut l'inadturation, enVISagée
comme une voie s~que en vue d'une évan~atl.on
en ~fondeur, ~eIle ne manque pas de retombées sur
le plan sociatz. Dans le même ordie d'idées, l'~e de
f.uDillechoisie comme un point d'application de cette
1Lire daDs ce sem la tùa de KA MANA, La lJDU'Ve11e ~OD.
al 148-159. Pour am uneAfrique. Paria-Y~ KarthaJa-al, 2000, P.
ùUe da tbàna majeun aborda lors du Synode; avecun tepd critique sur
sel'msrmbJe da 011 i l'~ dé R. LUNEAU,~ ~ ~
Paroh. et si/mas àu s~ Jiiain (1989-1995), Paria,Karthala,1997.
~Cf.KAMANA. Op. tit. p. 153-154. Pour l'auteur, l'inadn~ tdle que
l'aniaageait le Synode," signifiequela l1OU'ft1le ~OD est une ustJ:uc..20 L'EGLISE-FAMILLE DE DŒU EN AFRIQUE
œuvre d'inadturation vise à une profonde rénovation de
l'homme à é~éliser, dans la mesure où elle touche à
ce qu'il y a de J'lus fondamental dans la adture et la
tradition amcames3. La famille en effet apparatt en
Afri~ comme une réalité viscéralement li~ à l'épa-
nouissement de l'homme. Ce dernier ne~eut pleinement
réussir sa vie et etre épanoui ~e lorsgu il est 3.caaeiIliet
intégré à la commf1nauté, œne-ci étant le lieu où se
vivent les valeurs telles l'attention à l'autre, laCI':Ie
solidarité, la chaleur des relations, le dialogue, l'accueil
et la confiance mutuelle. L'Eglise à construire en
Afrique doit eUe le lieu où se vivent pleinement ces
valeurs dans la mesure où le Christ en rejo~t chaque
homme et adture vient porter à leur achèvementchaque
les valeurs qw. les structurent et façol'.nent leur eUe
profond.
Le reve d'édifier en Afrique une Eglise-famille
s'inscrit donc dans la d~que d'une évangélisation
qui rénove en profondeur l'homme amain et sa adture.
Vu l'urgence et l'ampleur de la tkhe à accomplir, le
turatton fondammtlJe de l'ensemble de la culture afiicain,. où la scmmce de
1'EvanRi1epos& pat Dieu lui-meme daDs sa parok, rmOYe la daJiû afiirqilV'
dont eUe fiÏit un nouveau lieu de la r&Qation CIel'humain, une chance l10ltVdJe
œc:evra de l'Afi:iquemuta Ja tk~ que Dieu apour l nn,.ni~ ~ Y
en we dë bitir un moncfe seloD son cc:eut.RenouveUe par l'EvangïJeCUpos&s
qu'eUe ta10Uftlle i SODmur pour l'offiir mric::hii l'ensembledeSci-riJisations
et des ~ l'Afrique appmtt r&.U CODDDe la nOU'ft11e~ du
Cuist, noUvelle possi6iJiti 4'eue et de vie pour tout a&icain. EnDgQiser la
soà&i selon Ja perspectiva de l'incu1t:utatiOD,c'est annoncer le anut COIDIIIe
~on dunOUftaU cœur de la culture am.,iIV' quan4 c:dJe...ci s'~
daDsle meiJleurde sesrichasa et prmd touœ la maure de ce que sa tdation
i Dieu sigoifie pour l nn,.ni..Uion du monde. n ne s'. pas d'annoncer, au
cœur de l'Africiue, une ftriü sans racines dans notœ PeQp1e,maïa de faiœ
cUcouvrirCOD~ la ~ de la vl:rit£buÎDaine dont DOtI:e
culture a6ic:aine c:betcbef:ïvre pmfOndaDmt, s'accomplitdans la pasonne.
le la vieet let&e deJ- deNaDreth n.~~3cr JHAN-PAUL II, 11JJortatiOIJ l1a:1esü iD.Ama, n° 43.apostoliqueINTRODUCTION GENERALE 21
Synode a fortement suggéré que des réflexions théologi-
ques soient é1abodes pour soutenir ce projet'.
Notre présent travail s'insait dans ce sens : il se veut
une ébauche de réflexion visant 1 trouver les fondements
bibliques au projet d'une Eglise-famille en Afrique.
Les travaux sur l'Eglise-Famille de Dieu
Dans la foulée des éaits théol~ ~ ont vu le
jour sur le continent par ra~ au thème de l~
f:amt11p., nous pouvons felever trois grandes tendances. La
~ère ~'on ~t caractériserde "concordiste"
soutient qu'il existe dans la culture africaine des valew:s
profondélnent mar~ées par l'esprit de famille et
auxque!!es~ndraient les valeurs évangéli~.
Dans l'opti~e Ge cette théologie, les valeurs de
solidarité, de fraternité et de communion ~ caractéri-
sent la famille africaine se présentent comme des "pierres
d'attente" par rapport au message ~élique ~ vient
les parachëver. Bien que cette réflenon cODS1dè:re la
famiIte comme une donnée fondamentale 1 partir de
~ peut s'élaborer une ecclésiologie inadturée, sa
seUledifficulté semble résider dans le fait qu'elle tend 1
ttcanoniser" au préalable les £dtendues vaIeürsafricaines
sans prendre en compte tous les enjeux impliqués dans le
processus de l'inculturation. Tout en prenant acte des
nous de voiracquis d'une telle approche, il s'agira ~
comment aller pluS 10in dans le cadre d'une réflexion
d'inculturation plus équilibrée.
La deuxième tendance, ~t 1 elle, considère le
Pour lesconcept de famille comme inadapté 11'¥se.
tenants de ce courant, l'Eglise est une réalité sumaturelle,
4Ibitkm. n° 63.~
22 L'EGliSE-FAMILLE DE DIEU EN AFRIQUE
un mystère CJ!.IÏ ne saurait se confondre avec la famille
plutôt consïaérée comme une réalité socio-culturdle
~ppée d'imperfection et de limites de toutes sortes. Par
ailleUrs,du point de vue ex~éti~ le modèle qui
semble sous-tendre l'image de famille est patriarcal, ce
qui donne lieu à une daIité d~ dOnt les effets
pour une ecclésiologiedè communion et de~
relations de fraternité ne sont pas des moindres. n en
et la famille sontressort cette approche que l'Eglise.
fonci~t distinctes qu'on ne pourraitdeux ~~
en auame mamtte concilier. Un Fojet d'incufturation
qui tendraitrdre comme modèlel'imagede famille
conduirait. ~12hlement à dénaturer la réalité de
l'E21isedans son essence.Cette tendance théologique a le
m&Ïte de faire entrevoir la réalisation du projetque
d'une ~-famille en A&ique nécessite une réflexion
très approfondie. E11esemble taut de même, à notre
am, tributaire d'un point de vue tron~é qui ne permet
pas de prendre la mesure de toutes les richesses que
recèle l'~e de famille et d'en tirer les conséquences
pour une vie d'Eglise plus dynamique et fraternelle.
semble vouloir ~ondre leC'est à ce man~ ~
troisième courant oont la perspective paraît positive
quant à l'usage de l'~e de famille. Pour les tenants de
.ta nouvelle approche, l'image de famille reste une
donnée pertinente pour la réflexion sur l'Eg1Jse-famille
dans la mesure Où elle renvoie à des dimensions
constitutives de l'bu1T121n. L'une de ces dimensions est le
rapport à la parole, une donnée qui dans la vie de
l'lïomme africain et de la famille a une pJacede choix.
La parole dans la mentalité africaine est en effet
productrice de vie,laquelle vient de Dieu et cirade entre
les meothres, comprenant les vivants et les marts (en
l'occurrence les ancêtres). La famille africaine toutINTRODUCTION GENERALE 23
comme l'E2lise-famille ne peut donc se construire ~
sur la base Ciela parole gui fonde les rapports. Le mérite
de cette troisièriie tendance théologique est d'avoir su
relever l'élément clé à partir du<{1:!ef peut s'élaborer une
réflexion inadturée sans que œD.e-cisoit pour autant
déconnectée des réalités socio-histori~ actuelles où
s'inscrit l'homme à évangéliser. ~aant, au-delà des
~ves fort pertinentes suggéréespar ce courant de
pensée, il n'existe pas encore, à-notre connaissance, de
travail systémati~e donnant lieu à une réflexion
d'inadturation sur 1'Eg1ise-famillefondée sur la parole.
C'est à cette tic:he que nous consacrons notre inves-
~ation. Celle-ci se veut un travail de recherche des
fondements bibliques et ecclésiologiqt1es de l'idée de
l'E2lise-famille, avec l'aide des disciplines exégétique,
th&>logi~ philosophique et ant:hropol~que, néces-
saires à l'éIaDoration d'une pensée tliéologi~e inad-
turée. n s'agit là d'une entreprise sans doute ardue, dans
la mesure où il nous faudra artiaùer ces différentes
disciplines, de fa50n à faire émerj~. une ~ée
théofo;que répondant à notre projet. Malgré la Ndesse
de la tâclie, nous nous proposons éIenous y engager.
Perspective
Notre ~spective étant dans la ligne d'une théologie
biblique, il nous a paru d'abord impor:tant de trouver
l'enracinement scri~ à partir duquell'E2lise-
famille fondée sur la parole peut prendre un sens. Oe ce
~int de vue, la péric~ de Luc 8, 19-21 nous a semblé
très pertinente. ElIe indique en effet l'attitude
fondamentale à partir de laqUdIe eeut se construire la
famille de Dieu, à savoir: l'{coute (le la Parole de Dieu
et sa mise en pratique. L'écoute de la Parole de Dieu-24 L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU EN AFRIQUE
intrinsèquement liée Asa mise en prati~ -se présente
comme ce qu!. fonde les rapports d.ë fraternité aux
dimensions universelles au sein ëiela famille tdle ~ l'a
voulue Jésus. Ce1le-ci, dans la p&icope, est définie
comme distincte de la famille de sang (la famille
nature1le de Jésus), ~e est appelée aussi l s'insaire
dans la dyn3mi~ de l'écoute. n ressort de la P-éricope
lucanienne que l'écoute est au fondement de la vraie
famille de Dieu : on n'accède A celle-ci ~e dans la
mesure où on accueille la Parole de Dieu en la mettant
en pratique.
Dans la per.spective du travail d'inculturation A
conduire, cette dOnnée sc:riPturairenous parait un point
de #part important. n s'agit en effet de voir comment
la faniiJ1ede Dieu fondée sur l'écoute peut s'implanter
dans un contexte culturel où la p-arole.(et son Ecoute)
est au cœur de la constitution de la vie ~mili21e. Notre
étude ici portera particulièrement sur l'aire culturelle
Adja-Eon au Bénin où il. apparait que la réalisation de
l'homme au sein de la famille exige l'écoute du ":1:0"
arole) dont le "mêxo" (l'ancien) et le "mêxO:l:O"
'ancêtre) sont des cUrositaires. La iéférence Ala parole
~ l'ancien et de l'ancetre conduit ceeendant l'inaïvidu
Aentretenir au sein de la famille des réIations de parenté
de type cloisonné et identitaire, ce qui semble remettre
~t en cause l'épanouissement de l'homme
en milieu pmi1i21, Le recours Al'écoute insaite dans la
~que delarévélation-et c'esten celaque consiste
notre hypothèse -semble in~ensable pour permettre
Al'homme Eon de sortir du cloisonnement dans lequel
l'écoute du ":1:0"tend Al'enfermer. La famille Eon ne
pourra etre le lieu où vient s'implanter l~-famille
Ge Dieu ~e dans la mesure où s'oPè.!e Al'mtérieur du
":1:0" culturel une Profonde transformation faisantINTRODUCTION GENERALE 25
ra~ de type identitatte à desrelationsdeeudes .
té aux àimensions universelles. La relecture de la
du Christ comme Proto-Ancêtre nous permettra~
dë voir conaètcm.ent comment s'effectue ce passage,
dans le cadre de notre travail d'inadturation.
Méthode
Du point de vue méthodoloWque, nous subdivise-rons
le travail en deux gran~lartles. La première, consacrée
exclusivement à tme exégétique et théologique,
vise à trouver l'enracinement saipturaire du thème de
l'écoute, et subsidiairement celui de la famille. n s'~a
de montrer comment de l'écoute comme condition
d'accès à la famille de Dieu on en vient à l'idée même de
celle-ci et à la constitution des liens de 6liation et de
fraternité.
Le premier chapitre de cette première ~de section
consistera en tme étude exégétique de Luc 8, 19-21 dans
la perspective d'en dégager le sens voulu par l'auteur et
ses premiers lecteurs, sens dont dépendia toute notre
argumentation. L'approche ici sera historico-aitique et
visera à situer la pErice>p:e de Luc dans son contexte
proche et lointain, voire aans tout l'évangile de Luc. La
recherche des sources gdce à la comparaison synoptique
et la aiti~ de la rédaction nous conduiront ensuite à
voir la diéologie propre de Luc quant au thème de
l'écoute.
Le deuxième chapitre nous conduira, 8ri:ce à tme
approche synchronique basée sur la métllode sémio-
tique, à considérer Lc 8, 1-21 comme tm tout
permettant de dé2a2er de nouveaux aspect:s de sens
relatifs à notre th1me. Parmi ces aspects de sens, le26 L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU EN AFRIQUE
rapport de l'h~~ain à la ~le (y comFis tout ce qui
est en jeu dans la réception de cette parole) nous sanDie
fondainental dans fa nouvelle approdte envisagée.
L'étude ici devra aboutir à un tiWleau récapitulatif
permettant de systHn~tiser les nouveaux aspects de sens
en lien avec le thème de l'écoute.
Quant au troisième chapitre, il portera surtout sur
une réflexion théologique dü thème de l'écoute. TIs'agira
ici de mettre en valeur les soubassements théolo~~
en lien avec l'attitude d'écoute, tdIe que notre ~
exégétique l'aura dégagée. Cette recherche nous
conauïra dans un premier temps à faire, à partir d'un
philosophe moderne, une étudé p'hénoméno1ogi~ de
l'écoute, ce qui nous permettra ëie relever les présup-
posés antbro~-philosOt>hiques sous-jacents à l'écoute
comme ~ence de Foi. Cette étUde nous semble
importante dans la mesure où elle apporte un ~e
sur les liens indéniables entre anthropologie et
théologie, dans la ~ve d'un travail d'inCultu-
ration.-Dans un deuXièmetemps, il nous incombera de
réfléchir sur l'enracinement saipturaire du thème de
l'écoute, notamment dans une perspective vétérotes-
tamentaire.
Le ~trième chapitre qui constitue le dernier
maillon de la ~ère section nous ~ de
montrer comment de l'écoute (comme lieu d'un rapport
à la parole aue), on en vient à l'idée de la famiJIe": La
figure d'Abraham manifestée dans les saintes Eaitures
constituera ici la base de notre réflexion. L'expérience
~ marque la vie de foi du patriarche nous œvèle en
effet tout le ~cessus de constitution des liens de
&atemité et dé filiation à p~ de la parole écoutée.
Cest au cœur de cette ~ence abra1ïamiqueque se
définit pour tout croyant l'établissement ~ liens de27INTRODUCTION GENERALE
filiation et de fratemi~ au seinde la famillede Dieu. La
recherche consistera ici à faire (à travers l'évangile sdon
saint Jean et les épttres pauliniennes) une rdecture
néo~meJ1taire de la ~ d'Abraham en montrant
comment la parole crue (lieu de l'écoute) est ce qui
permet d'être non seulement6Js d'Abraham.mais aussi
fi1sde Dieu, frère de Jésus et frère de tous les hommes.
La deuxième partie de notre parcours consistera
surtout en une réflexion d'inadturation dont le but est
de montrer comm~t la famille de Dieu fondée sur
l'écoute (telle celle manifes~ par la Révélation) ~t
ptel!dre l'orme en A&ique pour devenir E21ise-taüWle
tie Dieu. n s'~a en d'autres t"erD1es à'étabIir les
conditions de ré31isation de 1'Eg1ise-famille en A&iqt!e
sur la base des données bibliques manifes~ dans la
première partie.
Le premier chapitre de cette secti~ ~a essen-
tiellementsur la genèse du projet de l'~e-f~e en
nohnnment de voir ia les différentesAfrique. n s'~
étaj>es qu! ont donné lieu à l'idée de l~e-famille en
Afiique, les réflexions théologiques et ecclésiologiques
qui ont éû élaborées sur ce tlième et les interroganons
que celles-ci soulèvent.
Le deuxième chapitre sera le lieu d'une ~sition
d'un cas spécifique d'inadturation à partir de ta adture
fon du Bénin. n s'agira de montrer comment l'homme
inséré dans cette aire culturelle réalise son être
communautaire à travers l'écoute de la parole définie
comme "%0". La recherche ici devra conduire à
manifester comment la famille iOn tire son fondement
et sa constitution de l'écoute du "%0" et dans quelle
mesure elle constitue le terreau dans lequd vient
s'implanter l'EgIise-famille de Dieu.28 L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU EN AFRIQUE
Enfin le troisi~ chapitre sera l'aboutissement de
notre réflexion d'inculturation. A partir de 1a thémati-
~e de l'écoute relevée comme point fondamental dans
ta rencontre entre le donné révélé et le donné culturel, ü
de rapports en jeus'~ d'une part de Préciser les ~
daDs les detD: mouvements d'écoute, d'autre part de
montrer en quoi l'écoute selon 1aRévélation constitue 1a
norme à ~eUe doit se référer 1a famille fon pour
atteindre sa pleine finalité. La réflexion dans ce chapitre
s'achèvera par 1a Pr0p'osition du nouveau p~age que
pourra PfeI1dre en Afrique l'Eglise-famille fOndée sur
l'écoute.PREMIERE PARTIE
L'ECOUTE SELON LA REVELATION01apitœI
L'ECOUTE DE LA PAROLE,
FONDEMENT DES RAPPORTS DE
FRATERNITE AUX DIMENSIONS
UNIVERSELLES
L'o~ectif de cette ~ère partie de notre travail est
de saisir le texte de Luc dans une ap}'!oche historico-
aitique, c'est-à-dire soumise à des réstles scientifiques
"sui generis"l. En effet, le corpus biblique est non
seulement une véritable bibliothèque mais aussi le fruit
d'une évolution littéraire dont il faut remonter le cours
de l'histoire à l'aide d'une méthode scientifique bien
1. afin de parvenir au sens La méthodeprécise original
est donc historique et aitique parce qu'elle étudie un
texte historique, c'est-à-dire un texte venu du passé.
Pour le ~dre il faut le resituer dans son nUlieu,
ce en quoi consiste la tâche de l'histoire.
L'investigation est ici aiti~ dans la mesure où elle
em~te une démarche scientifique. DqMs l'introduc-
tion de l'exégèse historico-aitique daDs l'étude des
textes bibliques jusqu'à nos jours, nut n'ignore qu'elle a
1Le mot Biblemm du tame p Bib_ lima ", d'OI\lemotqui veut dire "
biblio~
~ Pour panmir au saJS orip1 da t:rms qui ont suivi tIDe mwtion
sehistorique l traftI:a le tanps (diadmmie), la m&hode bist:orico-crit
en diveaa itapes: c:ritiquetat:'udk. critique 1itt&aire,critique da~
foDna et c:ritiquede la ddartioa.

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